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ATEDD-Kivu. A Bweremana, les actions de reboisement sont lancées Toutes les actualités COP 27 Appel œcuménique à la sobriété

COP 27 Pour lutter contre le dérèglement climatique, coopération internationale plutôt qu’assistance
 

 

 

Parmi, les enjeux de la COP 27 qui se tient au Caire figure la revendication de transferts de fonds depuis les pays riches vers les pays pauvres. On parle de centaines de milliards qui devraient être transférés d’États à États. Et on met en avant la responsabilité des pays qui sont les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre.

 

Celle-ci est majeure en effet, mais la solution consiste-t-elle à constituer des fonds mondiaux distribués aux États ou finançant des grands projets « en faveur » des pays dominés ?

 

Notre expérience avec l’Action territoriale pour un développement durable au Kivu est qu’aucune action n’est possible et efficace sans la participation active des populations concernées. Dans la zone d’intervention beaucoup de projets ont été menés sur financements internationaux pour le reboisement. Aucun d’entre eux n’a eu d’effet durable. Parce que les causes du déboisement et de l’érosion sont intimement liées aux conditions de vie des habitants. Parce que la réussite du reboisement nécessite l’implication active de tous.

 

Il faut donc que les populations intéressées, territoire par territoire, avec toutes les forces (et les freins) qui les composent définissent leur propre plan d’action et soient en capacité de les mettre elles-mêmes en œuvre.

 

Pour cela il ne faut pas d’abord des financements, il faut une capacité collective à s’organiser. Il faut des compétences pour maîtriser les changements techniques à opérer dans la façon de produire et utiliser l’énergie, pour transformer les pratiques agricoles en conjuguant agroécologie et augmentation des revenus des agriculteurs.

 

Certes il faut des financements, mais qui soient dirigés vers des actions portées par les communautés et non pas pour des grands projets conçus de loin et qui font l’objet de multiples détournements. ATEDD nous a permis de mettre en œuvre ce mode de financement au plus près des besoins. C’est cette modalité qu’il faut démultiplier.

 

Ajoutons qu’il faut tout faire pour que le plus rapidement possible les financements pour opérer la transition écologique viennent des territoires eux-mêmes et ne dépendent plus d’une aide extérieure. Or cette capacité d’auto-financement dépend du développement global de ces territoires. Il ne s’agit donc pas de flécher les financements uniquement sur le changement climatique, mais d’adopter au niveau international des règles commerciales qui permettent aux pays menacés de tirer le meilleur parti de leurs ressources et de leur travail. Garantir aux producteurs du Kivu que le café qu’ils produisent sera acheté à un prix leur permettant à la fois de vivre décemment et de financer les écoles, les centres de santé, le reboisement et la promotion des pratiques agroécologiques est le meilleur moyen de lutter contre le réchauffement climatique.

 

Ainsi, il faut développer la coopération internationale plutôt qu’apporter une aide internationale. Et une coopération qui ne passe pas seulement par les grandes institutions internationales et étatiques, mais par les collectivités locales et par les organisations de la société civile. C’est ce que le RIEH commence à faire avec ATEDD et qu’il compte bien développer.

 

En mettant en avant l’économie humaine, le RIEH affirme que tous les êtres humains, riches ou pauvres sont égaux en dignité. La dignité, c’est d’abord la capacité à agir soi-même pour vivre de façon plus humaine. Les populations du Kivu sont pauvres, mais elles sont décidées à agir elles-mêmes pour une vie plus prospère, à mobiliser leurs propres ressources pourtant si faibles, à commencer par leur travail, à transformer aussi leurs propres comportements.

 

La transition juste n’est pas celle où les riches paient pour les pauvres, mais celle où les pauvres ont, ou plutôt prennent, le pouvoir d’être les acteurs de la transition.

 

Michel Tissier

Secrétaire executif du RIEH

06/11/2022

 

 

Version anglais

 

COP 27 International cooperation rather than assistance to combat climate change

 

Among the issues at stake at COP 27 in Cairo is the demand for transfers of funds from rich to poor countries. They are talking about hundreds of billions that should be transferred from one country to another. And the responsibility of the countries that are the biggest emitters of greenhouse gases is being put forward.

 

This responsibility is established, but is the solution to be found in setting up global funds distributed to states or financing major projects "in favour" of the dominated countries?

 

Our experience with Territorial Action for Sustainable Development in Kivu is that no action is possible and effective without the active participation of the populations concerned. In the intervention zone, many projects have been carried out with international funding for reforestation. None of them has had a lasting effect. Because the causes of deforestation and erosion are closely linked to the living conditions of the inhabitants. Because the success of reforestation requires the active involvement of all.

 

It is therefore necessary that the populations concerned, territory by territory, with all the strengths (and obstacles) that make them up, define their own action plan and are able to implement it themselves.

For this to happen, we need not only funding, but also and firstly strenthening the collective capacity to organise themselves. Skills are needed to master the technical changes to be made in the way energy is produced and used, to transform agricultural practices by combining agro-ecology with an increase in farmers' income.

 

It is true that funding is needed, but it must be directed towards community-driven actions and not for large projects conceived from afar and which are subject to multiple diversions. ATEDD has implemented this mode of financing as close as possible to the needs. It is this modality that must be multiplied.

 

In addition, everything must be done to ensure that the funding for the ecological transition comes from the territories themselves as quickly as possible and no longer depends on external aid. This self-financing capacity depends on the overall development of these territories. It is therefore not a question of directing funding solely to climate change, but of adopting trade rules at the international level that allow threatened countries to fund themselves from their own resources and their work. Guaranteeing Kivu producers that the coffee they produce will be bought at a price that allows them to make a decent living and finance schools, health centres, reforestation and the promotion of agro-ecological practices is the best way to fight global warming.

 

Thus, international cooperation should be developed rather than international aid. And a cooperation that does not only go through the big international and state institutions, but through local authorities and civil society organisations. This is what the RIEH is doing with ATEDD and that it intends to develop.

 

By emphasising human economy, the RIEH affirms that all human beings, rich or poor, are equal in dignity. Dignity is first and foremost the ability to act oneself to live in a more human way. The people of Kivu are poor, but they are determined to act themselves for a more prosperous life, to mobilise their own resources, however weak they may be, starting with their work, and to transform their own behaviour.

 

The just transition is not one where the rich pay for the poor, but one where the poor have, or rather take, the power to be the actors of the transition.

 

Michel Tissier

06/11/2022

 

 

Version espagnole

 

COP 27 Cooperación internacional en lugar de asistencia para combatir el cambio climático

 

Entre los temas que están en juego en la COP 27 de El Cairo está la demanda de transferencias de fondos de los países ricos a los pobres. Se habla de cientos de miles de millones que deberían ser transferidos de un país a otro. Y se plantea la responsabilidad de los países que son los mayores emisores de gases de efecto invernadero.

 

Esta responsabilidad, en efecto, es clara, pero ¿la solución pasa por la creación de fondos globales distribuidos a los Estados o por la financiación de grandes proyectos "a favor" de los países dominados?

 

Nuestra experiencia con la Acción Territorial para el Desarrollo Sostenible en Kivu es que ninguna acción es posible y eficaz sin la participación activa de las poblaciones afectadas. En la zona de intervención se han llevado a cabo numerosos proyectos de reforestación con financiación internacional. Ninguno de ellos ha tenido un efecto duradero. Porque las causas de la deforestación y la erosión están estrechamente relacionadas con las condiciones de vida de los habitantes. Porque el éxito de la reforestación requiere la participación activa de todos.

 

Por lo tanto, es necesario que las poblaciones afectadas, territorio por territorio, con todos los puntos fuertes (y obstáculos) que las componen, definan su propio plan de acción y sean capaces de aplicarlo por sí mismas.

Para ello, no sólo necesitamos financiación, sino también y en primer lugar reformzamiento de la capacidad colectiva para organizarse. Se necesitan competencias para dominar los cambios técnicos que hay que introducir en la forma de producir y utilizar la energía, para transformar las prácticas agrícolas combinando la agroecología con un aumento de los ingresos de los agricultores.

Es cierto que la financiación es necesaria, pero debe dirigirse a acciones impulsadas por la comunidad y no a grandes proyectos concebidos desde lejos y que son objeto de múltiples desviaciones. La ATEDD ha permitido aplicar esta modalidad de financiación lo más cerca posible de las necesidades. Es esta modalidad la que debe multiplicarse.

 

Además, hay que hacer todo lo posible para que la financiación de la transición ecológica provenga de los propios territorios lo antes posible y deje de depender de la ayuda exterior. Esta capacidad de autofinanciación depende del desarrollo global de estos territorios. Por lo tanto, no se trata de dirigir la financiación únicamente al cambio climático, sino de adoptar normas comerciales a nivel internacional que permitan a los países amenazados aprovechar al máximo sus recursos y su trabajo. Garantizar a los productores de Kivu que el café que producen se comprará a un precio que les permita ganarse la vida dignamente y financiar escuelas, centros de salud, reforestación y promoción de prácticas agroecológicas es la mejor manera de luchar contra el calentamiento global.

 

Por lo tanto, hay que desarrollar la cooperación internacional en lugar de la ayuda internacional. Y una cooperación que no pasa sólo por las grandes instituciones internacionales y estatales, sino por las autoridades locales y las organizaciones de la sociedad civil. Esto es lo que el RIEH está empezando a hacer con ATEDD y que pretende desarrollar.

 

Al hacer hincapié en la economía humana, la RIEH afirma que todos los seres humanos, ricos o pobres, son iguales en dignidad. La dignidad es, ante todo, la capacidad de actuar uno mismo para vivir de una manera más humana. Los habitantes de Kivu son pobres, pero están decididos a actuar por sí mismos para tener una vida más próspera, a movilizar sus propios recursos, por débiles que sean, empezando por su trabajo, y a transformar su propio comportamiento.

 

La transición justa no es aquella en la que los ricos pagan por los pobres, sino aquella en la que los pobres tienen, o más bien toman, el poder de ser los actores de la transición.

 

 

Michel Tissier

06/11/2022

 

 

1) Posté par Andrés Lalanne le 10/11/2022 à 15h20 (répondre)


Bravo. C'est une très bonne initiative Michel. Les sujets les plus importants pour la jeunesse et les territoires vulnérables sont reliés à l'écologie.

2) Posté par Ndi Euphrasia Ebai-Atuh le 15/11/2022 à 7h05 (répondre)


A good synthesis of what RIEH attempts to achieve and promote through ATEDD. The Triple Bottom Line approach of performance evaluation makes a similar call and evokes a rethink of capitalism. Our individual survival and thrive is dependent on our collective wellness and prosperity as demonstrated severally by both natural and man-made crises. We have seen how pandemics originating from China and wars in Europe destabilizes completely global trade, health, education etc. All for One, One for All! The African Ubuntu philosophy further drives home the point of our interrelatedness. The Human Economy truly presents a new and more sustainable approach to peaceful and prosperous co-existence of All living things.

Ndi Euphrasia Ebai-Atuh (Co-Coordinator, INHE Africa)



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