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ATEDD-Kivu. Des rencontres pour passer le relais...

ATEDD-Kivu. Des rencontres pour passer le relais...  

 

SIGNATURE DES CONVENTIONS

Dimanche 27 novembre 2022 à Bushushu. Cette 4ème cérémonie clôture les signatures de conventions avec les autorités locales pour que l'Action territoriale d'ATEDD perdure dans la durée.

 

 

Du 22 au 26 novembre se sont tenues dans chacune des 4 localités où intervient ATEDD des rencontres qui avaient deux objectifs : évaluer les résultats au moment où le projet dans sa phase pilote, se termine et mettre en place les conditions pour que l’Action territoriale se poursuive et s’organise dans la durée.

 

En effet la subvention obtenue du FID sera épuisée au 31 décembre et l’essentiel des moyens humains et financiers que le projet a mis au service direct des communautés prendront fin au 30 novembre. Le mois de décembre sera consacré à l’évaluation, à l’audit financier, à la clôture des comptes et à la rédaction des rapports opérationnels et financiers.

 

Mais si ces moyens s’arrêtent, l’Action territoriale continue en étant conduite et animée par les structures locales qui ont été mises en place dans cette phase initiale. Cette dernière s’est en effet concentrée, comme c’était son objectif principal, sur l’organisation des communautés pour agir face aux trois enjeux de la maîtrise des rivières, du reboisement et d’une agriculture durable.

 

Comment se présente donc la situation pour que cette continuité soit assurée ?

 

Tout d’abord les autorités locales prennent à leur compte l’Action. Très concrètement, elles ont été présentes à haut niveau lors de ces réunions. Les autorités locales dans le système décentralisé de la RDC sont les chefferies coutumières, dont émanent les Groupements et les Villages.

Elles ont accepté de présider en personne les réunions, de tenir des discours mobilisateurs et de signer un accord avec d’une part, une organisation du Consortium d’ATEDD et d’autre part le RIEH représenté par son secrétaire exécutif international.

Cet accord prévoit notamment qu’elles acceptent de consacrer une partie de leur budget annuel à des actions pour l’aménagement des rivières et le reboisement. Lien avec la convention d'accord à Bushushu

 

La seconde structure est un comité de pilotage d’ATEDD avec un Président. Celui-ci a la responsabilité opérationnelle de mettre en œuvre les actions composant l’Action territoriale. Pour que cette structure ne soit pas hors sol, elle est intégrée dans le Comité local de Développement qui est une structure légale.

 

La troisième composante comprend toutes les organisations qui se sont engagées à mener des actions dans les différents domaines d’intervention d’ATEDD : l’aménagement des rivières, le reboisement et les dispositifs anti-érosifs, l’agriculture durable. Dans chaque village il y a une quinzaine de ces organisations. Elles se sont engagées sur des objectifs courant au moins jusqu’à la fin de 2023.

Elles ont reçu des moyens d’ATEDD : essentiellement de la formation et des outils pour les travaux.

 

La quatrième composante est une des organisations du Consortium qui est présente physiquement de façon permanente dans chaque village. C’est en effet un acquis important que l’engagement pris par chacune d’elles d’assurer un suivi permanent auprès des autorités locales, du comité de pilotage, des organisations communautaires.

  • Pour Bweremana, c’est CADRE ;
  • Pour Minova la Fondation Matendo ;
  • Pour Kiniezire la Coopérative Muungano ;
  • Pour Bushushu le Groupe Espoir de Vivre qui a rejoint à cette occasion le Consortium.

 

Et enfin, dans chaque localité est désormais en place un groupe local du RIEH constitué par toutes les personnes et les organisations qui partagent « l’esprit » d’ATEDD qui est aussi l’esprit de l’Economie humaine.

Il veille à entretenir la dynamique fondée sur les engagements de chacune des parties prenantes. Chacun sait en effet que cette dynamique a besoin d’être entretenue dans la durée.

 

Voici donc les bases permettant qu’ATEDD-Kivu continue de ses propres ailes.

 

Même si l’oiseau est encore fragile. Et d’ores et déjà le RIEH, par l’intermédiaire de son association support Développement & Civilisations, cherche auprès du FID les moyens de poursuivre et surtout d’étendre la démarche engagée dans les quatre localités.

 
Mis à jour le 30/11/2022

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Avec Héritier Kisoho, Atedd en direct depuis Minova !

Avec Héritier Kisoho, Atedd en direct depuis Minova !  

 

ATEDD-KIVU en marche à Minova...

 

 

 

guillemets vert dégradés

 

 

 

ATEDD en marche à Minova ! Ce matin (samedi 26/11/2022)  une Forte mobilisation des jeunes, filles et femmes s'observe au bord du patrimoine mondial ( le Lac Kivu). Les jeunes dotés des matériels fournis par ATEDD sont très engagés et prennent leur destin en mains afin de maîtriser la rivière KABUNO. Elle traverse la cité de Minova et se jette dans le Lac Kivu. Propos tenus par Elisée Kabulungu, Président des jeunes entrepreneurs, Charbon vert. 

 

Voici les photos prises par l'association ADEC-asbl, membre du Groupe local Rieh Minova, pendant l'activité à laquelle ils ont participé avec enthousiasme :

 

 

 

 

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Mis à jour le 27/11/2022

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Charbon vert : Les jeunes ont enfin leur atelier à Minova

Charbon vert : Les jeunes ont enfin leur atelier à Minova  

 

inaug hangar 9 2022-11-24   inaug hangar 6 2022-11-24   inaug hangar 4 2022-11-24

 

Depuis presque 3 ans les jeunes producteurs de charbon vert à Minova cherchent un terrain pour construire l’atelier où ils peuvent travailler, l’entrepôt où ils peuvent ranger en sécurité leur matériel, des hangars pour sécher les déchets végétaux et les briquettes.

 

Un terrain appartenant au Groupement (Entité territoriale entre le Village et la Chefferie) était disponible, mais plusieurs organisations souhaitaient s’y installer et l’affaire n’avançait pas.

 

Finalement, la Reine Safi Sangara Bomboko, sensibilisée par ailleurs à ATEDD-Kivu et soucieuse que tous les talents du Groupement dont elle est la cheffe puissent donner lieu à la création d’entreprises a décidé de trancher et de mettre le terrain à disposition du groupe des jeunes.

 

La visite de Michel Tissier pour le RIEH et de Gilbert Masumbuko, Président de la Fondation Matendo qui soutient les jeunes et gère la subvention obtenue de l’Agence des micro-projets, a été l’occasion d’inaugurer la construction d’un hangar. Et trois jours plus tard, celui-ci était sorti de terre car tous les jeunes ont travaillé activement à sa construction.

 

Le terrain est mis à disposition des jeunes aussi longtemps que l’activité durera. Si elle s’arrête, il reviendra de nouveau au Groupement.

 

" Travaux de construction des hangars à Minova depuis avant hier. Ces hangars en cours de construction vont aider les jeunes de Minova d'avancer avec les activités de fabrication des briquettes à base des déchets végétaux. C'est dans une perspective de l'économie humaine que cette approche se visualise dans le groupement de Buzi à Minova. Utilisons le charbon Vert en remplacement de charbon de Bois pour protéger notre environnement." Propos tenus par Elisée Kabulungu, Président du groupe des Jeunes. 

 

"Mieux vaut tard que jamais ! Un hangar et un dépôt viennent d'être construits en faveur des jeunes entrepreneurs producteurs de charbon Vert à Minova. Le deuxième hangar sera peut être aussi construit d'ici là. J'appelle tous les jeunes de Buzi en général, ceux de Minova en particulier de venir nous emboîter les pas dans ce bon métier entrepreneurial, pour barrer la route de chômage et de la mendicité." ... " Seules les activités entrepreneuriales peuvent sauver le monde, l'Afrique et la RDC, chers amis. Tenons fort !". Appel mobilisateur sur WhatsApp d'Héritier Kisoho, point focal du Groupe local Rieh Minova.

 

 

 

Dès la semaine prochaine, les machines vont pouvoir être installées et la production devenir beaucoup plus régulière. Objectif dans un premier temps : produire 3 tonnes de briquettes de charbon vert par mois, puis dans un second temps 5 tonnes.

 

 

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Mis à jour le 27/11/2022

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ATEDD, un guide pour prendre soin ensemble des biens communs

ATEDD, un guide pour prendre soin ensemble des biens communs  

 

 

 

L’équipe d’ATEDD qui comprend aujourd’hui à la fois l’équipe projet et les comités de pilotage des quatre villages vient de produire et commence à diffuser un guide intitulé « Amis des rivières, des arbres et des sols » / « Marafiki wa mito, miti, udongo », en français et en swahili > cliquez sur l'image en bas de page.

 

Ce document fait la liste des « bonnes pratiques » que chacun doit adopter pour maîtriser le cours des rivières, reboiser les collines et entretenir la fertilité des sols. Il a été élaboré suite à des groupes de travail, puis validé par les autorités locales.

 

Il va être diffusé sous format papier mais surtout oralement par des hauts-parleurs les jours de marché, par les enseignants dans les écoles, les prêtres, les pasteurs et les imams dans les lieux de culte, lors des réunions communautaires dans les sous-villages.

 

L’introduction est signée par l’autorité coutumière, qui est ici dans son rôle à la fois d’exprimer la volonté collective et de donner des directives sur ce que chacun doit faire. Assortie le cas échéant de sanction pour ceux qui ne les respectent pas. Mais la plus grande pression est celle que la communauté exerce elle-même sur ses membres, au sein des familles, dans les relations de voisinage, dans les assemblées.

 

Le changement des comportements quotidiens et personnels n’est certes qu’un volet des plans d’action communautaires qui comprennent aussi les travaux d’aménagement des rivières, de reboisement, d’implantation de dispositifs antiérosifs ainsi que la formation et l’accompagnement pour des pratiques agroécologiques. Mais ce volet est très important car sans cette sensibilisation, cette « conscientisation », aucun changement n’est durable.

 

Les bailleurs et les théoriciens du développement nous demande souvent quelle est votre « théorie du changement ». Et bien ce guide et surtout la façon dont il est diffusé et alimente la vie communautaire constituent un élément de réponse.

 

couverture

Cliquez sur l'image

 

 

 

 

 

 
Mis à jour le 27/11/2022

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Un membre du RIEH reçoit un prix bien mérité

Un membre du RIEH reçoit un prix bien mérité  

 

 

Nous venons d’apprendre avec plaisir, la nomination d’un membre du réseau et partenaire d’ATEDD - la Coopérative Agricole Muungano - au Grand Prix de la Finance Solidaire FAIR-FINANSOL-LE MONDE, lauréate à l’international. Ce prix récompense une organisation bénéficiaire de la finance solidaire qui en fait un usage particulièrement exemplaire.

 

Située à l’est de la RDC, à Kiniezire (à 75 km de Goma sur la route de Bukavu), cette Coopérative est implantée sur les hautes terres volcaniques des bords du lac Kivu dans la Région des Grands Lacs. Un terroir de café reconnu pour ses arômes généreux et classé parmi les grands arabicas africain.

Elle a été créée au départ organiser des activités économiques pour les réfugiés de la guerre civile, qui dévaste la région depuis presque trente ans.

A l’époque dit Daniel Habamungu, son directeur-gérant : “chacun travaillait de son côté, sans organisation, sans coordination. Cela avait un impact négatif sur la qualité du café produit, L’absence de cohésion entre producteurs laissait la latitude aux acheteurs d’imposer un prix d’achat dérisoire. ”

 

Un projet collectif à la couleur de l’économie humaine

La coopérative se veut être un modèle dans la bonne gouvernance (transparence, respect des droits humains, promotion du genre, …). Elle est implantée sur 16 villages environnant appelés « secteurs ». Chaque secteur a un comité de membres au nombre de 7 personnes présents au Conseil d’Administration.

 

De 600 membres à ses débuts, Muungano (qui signifie d’ailleurs “union” en swahili) est passée à plus de 4 200 membres à ce jour, dont 1 736 femmes. 

La Coopérative a permis de mettre en commun à l’usage de ses membres, de nombreux services : traitement des cerises de café dans les stations de lavage pour révéler la qualité du grain ; équipement pour le processus de déparchage (séparation de l’enveloppe du grain) ; formations pour une montée en compétences en agroécologie, techniques de conservation, gestion ; accompagnement par des techniciens agricoles.

Elle bénéfice du label Fairtrade et Organique, ce qui lui permet d’exporter le café vers l’Europe et l’Amérique du Nord dans des conditions sûres et avantageuses.

Les membres ont pu multiplier leurs revenus par trois en 5 ans.

 

Mais le souci du bien commun ne s’arrête pas là. La Coopérative va plus loin en développant sa zone territoriale par la mise en place de projets communautaires : outre la création de 403 emplois fournis par la coopérative, création d’une petite centrale hydroélectrique qui alimente 65 villages et construction d’une maison de santé, ouverte à tous.

 

 

En participant activement à ATEDD  la Coopérative agricole Muungano a encore franchi un pas dans son engagement pour le territoire. Elle élargit son champ d’action à la maîtrise du cours des rivières dont les débordements causent des catastrophes et au reboisement des collines, des routes et des bords du lac au-delà même des champs de ses adhérents. Elle est aussi l’organisation support du groupe local d’économie humaine.

 

 

 

Pour en savoir plus? Cliquez sur l'image >

 

grand prix de la finance solidaire     mungano présentation CAM     site web muungano

 

    

 

 

 
Mis à jour le 13/11/2022

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ATEDD-Kivu. A Bweremana, les actions de reboisement sont lancées

ATEDD-Kivu. A Bweremana, les actions de reboisement sont lancées  

 

Le 12 novembre, les actions de reboisement ont été officiellement lancées à Bweremana, un des quatre sites de la phase pilote d’ATEDD-KIVU.

 

Toute l’action menée jusqu’ici a eu pour objectif de faire que ce reboisement soit durable, sachant que le plus difficile n’est pas de planter, mais de prendre soin des plantations jusqu’à ce que les arbres grandissent. Plusieurs éléments ont concouru à cet objectif :

 

  • C’est le représentant du Mwami, le chef coutumier, qui présidait la séance. C’est important, car pour la population, cette distribution n’est pas le fait d’une ONG, mais un moment clé d’une action portée par la communauté toute entière. Cette présidence signifie donne aussi du poids aux engagements écrits et oraux pris par les différentes parties prenantes. Si elles venaient à les oublier, l’autorité les rappellerait à l’ordre.

 

  • Le fournisseur de plantules est une association locale, l’UCED, à laquelle le Consortium ATEDD a transmis récemment la gestion de la pépinière qui a été créée avec les moyens financiers du projet. Cette transmission s’est opérée avec l’engagement de l’UCED de maintenir durablement cette pépinière en activité. Pour cela, elle s’appuiera au-delà de ses forces militantes, sur la vente des plantules aux particuliers, sur des commandes passées par les autorités locales ou des organisations internationales, sur le recours au travail des futurs bénéficiaires dans les phases exigeant un volume important de main d’œuvre comme le rempotage, sur le soutien financier apporté par la finance solidaire de proximité (Réunions d’Associations villageoises d’Epargne et de crédit, RAVEC).

 

  • Les bénéficiaires sont engagés non seulement à planter mais à entretenir les plantations. C’est en particulier le cas d’associations de riverains, créées à l’initiative d’ATEDD et auxquelles le projet a apporté son soutien en outillage et en formations.

 

  • Le service en charge de l’environnement, s’est aussi engagé à accompagner les bénéficiaires en conseils et en formations.

 

Ajoutons, qu’un comité de pilotage d’ATEDD-KIVU, sous la responsabilité des autorités locales fera chaque mois un suivi de l’exécution des engagements pris par les uns et les autres. CADRE, une organisation du Consortium participera à ces réunions de suivi. Le groupe local d’économie humaine qui s’est créé à l’occasion d’ATEDD-Kivu veillera aussi à la continuité de l’action.

 

Ainsi les conditions sont réunies pour que le reboisement s’opère de façon durable. Rendez-vous en juin prochain pour voir ce que sont devenus les milliers d’arbres ainsi plantés !

 

 

guillemet vert

 

societe civile Masisi 2Mot d'accueil par le Secrétaire de la Chefferie de Bahunde au centre suivi de l'allocution du Président de la nouvelle société civile Territoriale de Masisi
 
 
 
lancement de la distributionLancement officiel par le représentant du Chef de la Chefferie des Bahunde. La distribution peut commencer !
 
 
plantation 1ere plantuleDémonstration technique du Superviseur  environnement de la Chefferie de Bahunde, sur la bonne plantation d'un plan.
 
 
 
tjs les plantules 4
Tous attentifs aux gestes du Superviseur.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

PV DE DISTRIBUTION DES ARBRES AGRO FORESTIERS DANS NOTRE PEPINIERE DURABLE DE BWEREMANA

 

 

 

 

 

L’an deux mille-vingt deux, le 12ème jour du mois de Novembre, à Bweremana s’est tenu une activité pour lancer la distribution des plantules d'arbres agro forestiers issues de la pépinière durable. Une pépinière entretenue par l’Union Communautaire pour l’Environnement et le Développement UCED avec l’appui d’ATEDD et l’accompagnement de la chefferie de Bahunde.

 

Cette activité, lancée par le chef de la chefferie de Bahunde, représenté par son secrétaire administratif, était accompagné par les services techniques de la chefferie, notamment : le service de l’environnement, le CARG et le service de l’agriculture.

 

Etaient présents : la société civile, les entreprises des jeunes, la police nationale congolaise, les structures locales de développement, les op, l’institut supérieure agronomique ISEA MWESO, les riverains de la route, les concessionnaires, les riverains de la rivière Mweya, les directeurs des écoles environnantes et le représentant du FEC Bweremana.

 

Le représentant de chef de la chefferie de Bahunde ouvre la cérémonie en remerciant le projet ATEDD de se donner corps et âme dans l’accompagnement des structures qui s’engagent dans le reboisement et l’agriculture rémunératrice et restauratriceet qui agit à travers les actions visibles sur le terrain et dans la communauté.

Il a ensuite remercié l’asbl UCED qui a mobilisé ses membres pour obtenir ces résultats palpables à travers la production de 16 000 plantules d’arbres agroforestiers à partir des essences de Caleandra, Leuceuna, Acacia, Cedrela, Grevellia, Casuarina et Eucalyptus.

 

Avant de passer à l’étape de la distribution, le Superviseur de l’environnement de la chefferie, a recommandé à la population bénéficiaire de bien entretenir ces plantules, de les suivre régulièrement car la restauration de l’environnement demande l’effort de tout un chacun.

 

Très touché par l’action d’ATEDD dans la restauration de l’environnement à travers son approche : pépinière durable, le superviseur de l’environnement de la chefferie de Bahunde  a offert 10 kg de sachets de semences, à UCED pour continuer ses activités.

 

Les personnes qui ont bénéficié des plantules ont été choisies parmi :

  • Les riverains de la route Bweremana Mweya,
  • Les concessionnaires à travers ses locataires,
  • Les riverains de la rivière Mweya, déjà organisés ou groupés en association,
  • Les autres membres de la communauté qui veulent planter des arbres dans leurs parcelles et à la limite des champs,
  • Les représentants des églises par l’approche "un chrétien un arbre",
  •  Les représentants des écoles par l’approche "un enfant un arbre".

 

Comme résultats partiels de cette activité :

  • 1 664 plantules d’Eucalyptus ont été distribuées et plantées
  • 3 937 plantules d’acacia distribuées et plantées.

 

La communauté de Bweremana et ses environs à travers ses représentants remercie le consortium ATEDD pour son soutien matériel, technique et financier dans son accompagnement des structures   pour atteindre les objectifs soutenus.

Quant à la chefferie de Bahunde, elle se dit prête, même après l'intervention d'ATEDD, de suivre toutes les actions engagées et mise en place par le projet, en mobilisant ses services techniques pour pérenniser les actions.

 

Rapporteur Delphin BAENI KABIONA

Superviseur axe Minova-Bweremana

Fait le 12 Novembre 2022

 

 

Pour aller plus loin > Mot de circonstance à l'occasion du lancement officiel de distribution des arbres forestiers et agro-forestiers par l'honorable mwami et chef de la chefferie des Bahunde à Bweremana.

 

 

 
Mis à jour le 26/11/2022
COP 27 Pour lutter contre le dérèglement climatique, coopération internationale plutôt qu’assistance

COP 27 Pour lutter contre le dérèglement climatique, coopération internationale plutôt qu’assistance  

 

 

 

Parmi, les enjeux de la COP 27 qui se tient au Caire figure la revendication de transferts de fonds depuis les pays riches vers les pays pauvres. On parle de centaines de milliards qui devraient être transférés d’États à États. Et on met en avant la responsabilité des pays qui sont les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre.

 

Celle-ci est majeure en effet, mais la solution consiste-t-elle à constituer des fonds mondiaux distribués aux États ou finançant des grands projets « en faveur » des pays dominés ?

 

Notre expérience avec l’Action territoriale pour un développement durable au Kivu est qu’aucune action n’est possible et efficace sans la participation active des populations concernées. Dans la zone d’intervention beaucoup de projets ont été menés sur financements internationaux pour le reboisement. Aucun d’entre eux n’a eu d’effet durable. Parce que les causes du déboisement et de l’érosion sont intimement liées aux conditions de vie des habitants. Parce que la réussite du reboisement nécessite l’implication active de tous.

 

Il faut donc que les populations intéressées, territoire par territoire, avec toutes les forces (et les freins) qui les composent définissent leur propre plan d’action et soient en capacité de les mettre elles-mêmes en œuvre.

 

Pour cela il ne faut pas d’abord des financements, il faut une capacité collective à s’organiser. Il faut des compétences pour maîtriser les changements techniques à opérer dans la façon de produire et utiliser l’énergie, pour transformer les pratiques agricoles en conjuguant agroécologie et augmentation des revenus des agriculteurs.

 

Certes il faut des financements, mais qui soient dirigés vers des actions portées par les communautés et non pas pour des grands projets conçus de loin et qui font l’objet de multiples détournements. ATEDD nous a permis de mettre en œuvre ce mode de financement au plus près des besoins. C’est cette modalité qu’il faut démultiplier.

 

Ajoutons qu’il faut tout faire pour que le plus rapidement possible les financements pour opérer la transition écologique viennent des territoires eux-mêmes et ne dépendent plus d’une aide extérieure. Or cette capacité d’auto-financement dépend du développement global de ces territoires. Il ne s’agit donc pas de flécher les financements uniquement sur le changement climatique, mais d’adopter au niveau international des règles commerciales qui permettent aux pays menacés de tirer le meilleur parti de leurs ressources et de leur travail. Garantir aux producteurs du Kivu que le café qu’ils produisent sera acheté à un prix leur permettant à la fois de vivre décemment et de financer les écoles, les centres de santé, le reboisement et la promotion des pratiques agroécologiques est le meilleur moyen de lutter contre le réchauffement climatique.

 

Ainsi, il faut développer la coopération internationale plutôt qu’apporter une aide internationale. Et une coopération qui ne passe pas seulement par les grandes institutions internationales et étatiques, mais par les collectivités locales et par les organisations de la société civile. C’est ce que le RIEH commence à faire avec ATEDD et qu’il compte bien développer.

 

En mettant en avant l’économie humaine, le RIEH affirme que tous les êtres humains, riches ou pauvres sont égaux en dignité. La dignité, c’est d’abord la capacité à agir soi-même pour vivre de façon plus humaine. Les populations du Kivu sont pauvres, mais elles sont décidées à agir elles-mêmes pour une vie plus prospère, à mobiliser leurs propres ressources pourtant si faibles, à commencer par leur travail, à transformer aussi leurs propres comportements.

 

La transition juste n’est pas celle où les riches paient pour les pauvres, mais celle où les pauvres ont, ou plutôt prennent, le pouvoir d’être les acteurs de la transition.

 

Michel Tissier

Secrétaire executif du RIEH

06/11/2022

 

 

Version anglais

 

COP 27 International cooperation rather than assistance to combat climate change

 

Among the issues at stake at COP 27 in Cairo is the demand for transfers of funds from rich to poor countries. They are talking about hundreds of billions that should be transferred from one country to another. And the responsibility of the countries that are the biggest emitters of greenhouse gases is being put forward.

 

This responsibility is established, but is the solution to be found in setting up global funds distributed to states or financing major projects "in favour" of the dominated countries?

 

Our experience with Territorial Action for Sustainable Development in Kivu is that no action is possible and effective without the active participation of the populations concerned. In the intervention zone, many projects have been carried out with international funding for reforestation. None of them has had a lasting effect. Because the causes of deforestation and erosion are closely linked to the living conditions of the inhabitants. Because the success of reforestation requires the active involvement of all.

 

It is therefore necessary that the populations concerned, territory by territory, with all the strengths (and obstacles) that make them up, define their own action plan and are able to implement it themselves.

For this to happen, we need not only funding, but also and firstly strenthening the collective capacity to organise themselves. Skills are needed to master the technical changes to be made in the way energy is produced and used, to transform agricultural practices by combining agro-ecology with an increase in farmers' income.

 

It is true that funding is needed, but it must be directed towards community-driven actions and not for large projects conceived from afar and which are subject to multiple diversions. ATEDD has implemented this mode of financing as close as possible to the needs. It is this modality that must be multiplied.

 

In addition, everything must be done to ensure that the funding for the ecological transition comes from the territories themselves as quickly as possible and no longer depends on external aid. This self-financing capacity depends on the overall development of these territories. It is therefore not a question of directing funding solely to climate change, but of adopting trade rules at the international level that allow threatened countries to fund themselves from their own resources and their work. Guaranteeing Kivu producers that the coffee they produce will be bought at a price that allows them to make a decent living and finance schools, health centres, reforestation and the promotion of agro-ecological practices is the best way to fight global warming.

 

Thus, international cooperation should be developed rather than international aid. And a cooperation that does not only go through the big international and state institutions, but through local authorities and civil society organisations. This is what the RIEH is doing with ATEDD and that it intends to develop.

 

By emphasising human economy, the RIEH affirms that all human beings, rich or poor, are equal in dignity. Dignity is first and foremost the ability to act oneself to live in a more human way. The people of Kivu are poor, but they are determined to act themselves for a more prosperous life, to mobilise their own resources, however weak they may be, starting with their work, and to transform their own behaviour.

 

The just transition is not one where the rich pay for the poor, but one where the poor have, or rather take, the power to be the actors of the transition.

 

Michel Tissier

06/11/2022

 

 

Version espagnole

 

COP 27 Cooperación internacional en lugar de asistencia para combatir el cambio climático

 

Entre los temas que están en juego en la COP 27 de El Cairo está la demanda de transferencias de fondos de los países ricos a los pobres. Se habla de cientos de miles de millones que deberían ser transferidos de un país a otro. Y se plantea la responsabilidad de los países que son los mayores emisores de gases de efecto invernadero.

 

Esta responsabilidad, en efecto, es clara, pero ¿la solución pasa por la creación de fondos globales distribuidos a los Estados o por la financiación de grandes proyectos "a favor" de los países dominados?

 

Nuestra experiencia con la Acción Territorial para el Desarrollo Sostenible en Kivu es que ninguna acción es posible y eficaz sin la participación activa de las poblaciones afectadas. En la zona de intervención se han llevado a cabo numerosos proyectos de reforestación con financiación internacional. Ninguno de ellos ha tenido un efecto duradero. Porque las causas de la deforestación y la erosión están estrechamente relacionadas con las condiciones de vida de los habitantes. Porque el éxito de la reforestación requiere la participación activa de todos.

 

Por lo tanto, es necesario que las poblaciones afectadas, territorio por territorio, con todos los puntos fuertes (y obstáculos) que las componen, definan su propio plan de acción y sean capaces de aplicarlo por sí mismas.

Para ello, no sólo necesitamos financiación, sino también y en primer lugar reformzamiento de la capacidad colectiva para organizarse. Se necesitan competencias para dominar los cambios técnicos que hay que introducir en la forma de producir y utilizar la energía, para transformar las prácticas agrícolas combinando la agroecología con un aumento de los ingresos de los agricultores.

Es cierto que la financiación es necesaria, pero debe dirigirse a acciones impulsadas por la comunidad y no a grandes proyectos concebidos desde lejos y que son objeto de múltiples desviaciones. La ATEDD ha permitido aplicar esta modalidad de financiación lo más cerca posible de las necesidades. Es esta modalidad la que debe multiplicarse.

 

Además, hay que hacer todo lo posible para que la financiación de la transición ecológica provenga de los propios territorios lo antes posible y deje de depender de la ayuda exterior. Esta capacidad de autofinanciación depende del desarrollo global de estos territorios. Por lo tanto, no se trata de dirigir la financiación únicamente al cambio climático, sino de adoptar normas comerciales a nivel internacional que permitan a los países amenazados aprovechar al máximo sus recursos y su trabajo. Garantizar a los productores de Kivu que el café que producen se comprará a un precio que les permita ganarse la vida dignamente y financiar escuelas, centros de salud, reforestación y promoción de prácticas agroecológicas es la mejor manera de luchar contra el calentamiento global.

 

Por lo tanto, hay que desarrollar la cooperación internacional en lugar de la ayuda internacional. Y una cooperación que no pasa sólo por las grandes instituciones internacionales y estatales, sino por las autoridades locales y las organizaciones de la sociedad civil. Esto es lo que el RIEH está empezando a hacer con ATEDD y que pretende desarrollar.

 

Al hacer hincapié en la economía humana, la RIEH afirma que todos los seres humanos, ricos o pobres, son iguales en dignidad. La dignidad es, ante todo, la capacidad de actuar uno mismo para vivir de una manera más humana. Los habitantes de Kivu son pobres, pero están decididos a actuar por sí mismos para tener una vida más próspera, a movilizar sus propios recursos, por débiles que sean, empezando por su trabajo, y a transformar su propio comportamiento.

 

La transición justa no es aquella en la que los ricos pagan por los pobres, sino aquella en la que los pobres tienen, o más bien toman, el poder de ser los actores de la transición.

 

 

Michel Tissier

06/11/2022

 

 
Mis à jour le 08/11/2022

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COP 27 Appel œcuménique à la sobriété

COP 27 Appel œcuménique à la sobriété  

 

 

A l’occasion de la réunion de la COP 27 au Caire, trois représentants des églises chrétiennes de France, catholique, protestante et orthodoxe ont communiqué au Président de la République une « adresse œcuménique » où ils expriment des positions que le Réseau international pour une Economie humaine fait tout à fait siennes.

 

En effet, le texte souligne que les changements à opérer pour que la terre reste habitable, la fameuse « transition », n’appelle pas seulement un ensemble de mesures techniques, mais une conversion, à la fois personnelle et collective, à la sobriété.

 

Cette dernière n’est donc pas une contrainte, imposée par les circonstances et qu’on voudrait passagère. C’est l’opposé de la démesure, de « l’hubris » qui fixe comme objectif et comme règle d’accumuler toujours davantage de biens et de pouvoir, sans prendre en compte la finalité de la vie de chaque personne humaine, de chaque société et de l’humanité toute entière.

 

Cette finalité, c’est ce qui constitue pour chacun personnellement et pour nous tous collectivement l’essentiel, ce pour quoi il vaut la peine de vivre et de mourir. Les définitions de ce qu’est l’essentiel varient selon les cultures et selon la vision et l’histoire personnelles. Et cette diversité doit être respectée. L’essentiel est dans la quête jamais achevée de ce qui est Vrai, Beau et Bien. Mais il n’est pas dans l’accumulation sans fin de l’argent, des biens et du pouvoir. Il n’est pas dans le gonflement de l’ego, personnel, tribal ou national mais dans la relation et la coopération. Pas dans l’exploitation de la nature, mais dans notre capacité à danser avec elle.

 

L’adresse fait une référence à l’« application d’indicateurs de prospérité et de bien-être alternatifs qui prennent en compte l’intégralité des conditions économiques, sociales et écologiques ». Définir ces indicateurs et agir pour leur évolution positive, voilà un beau programme pour les groupes locaux du RIEH, pour ses coordinations continentales et pour le réseau international dans son ensemble.

 

En s’exprimant ainsi, les responsables chrétiens français ne parlent pas pour leur chapelle, mais pour tout le genre humain. Le site du RIEH accueillera volontiers des expressions issues d’autres confessions, d’autres convictions et d’autres cultures. La conversion à laquelle appelle ce texte doit être celle de tous les citoyens de toutes les nations, dans leur pluriversalité. Qu’elle soit la plus profonde et la plus large possible est une condition pour que les chefs d’Etat prennent ensemble les bonnes décisions.

 

 

 

Laissons-nous tous interpeller :

 

guillemets vert dégradés

 

 

« Nous craignons qu’au-delà d’une écologie reposant avant tout sur une approche technique, ces premiers pas ne prennent pas le chemin d’un véritable et nécessaire changement de paradigme, d’une mutation culturelle qui changerait notre rapport utilitaire à la nature, notre définition économiciste du progrès et notre compréhension matérialiste du bien-vivre.


L’enjeu est plus profond. Pour que l’influence aujourd’hui première de l'être humain sur son environnement, notamment sur le climat et la biosphère, puisse contribuer à préserver une Terre habitable, pour respecter l’accord de Paris et son objectif de rester sous les 1,5°C de réchauffement, pour arrêter la sixième extinction de masse des espèces, une vraie « conversion » écologique est requise.


Si ce mot vient de l’Évangile, vous en saisirez l’esprit, qui parle à tous : changer de regard, retourner l’être, transformer le système et les modes de vie. S’il serait absurde de se priver de l’intelligence et de l’efficacité, il serait tout aussi vain de rester sourd au rappel à la finitude que nous adresse la nature avec le dépassement des limites planétaires. Nous devons embrasser la révolution de la sobriété.


Le Pape François, pour sa part, défend que « l’heure est venue d’accepter une certaine décroissance »1. Le Conseil œcuménique des Églises, rassemblant plus de 580 millions de protestants, d’orthodoxes, d’anglicans et d’autres Églises au niveau mondial, appelle, de son côté, à l’« application d’indicateurs de prospérité et de bien-être alternatifs, qui prennent en compte l’intégralité des conditions économiques, sociales et écologiques »2 .

 

Nous vous appelons à promouvoir la sobriété, non comme une pause exigée par le contexte géopolitique et une tension sur les ressources, mais comme une vision et une partie intégrale de la conversion, au visage vertueux, bénéfique et désirable.

La sobriété est promesse de nouvelles abondances. En inventant, dans un mouvement libre, des formes de frugalité choisies, responsables et solidaires, qui commencent avec ceux dont l’empreinte écologique est la plus lourde, nous trouverons un enthousiasme fécond. Car savoir jouir des choses simples, ralentir, partager, rendre des espaces, du silence et la nuit aux plantes et aux animaux, en cela résident plus de créativité, plus de liens, plus de profondeur, plus de gratitude, plus de vivants, plus de beauté, et au total, plus de joie. La modération n’est pas l’autre nom de la frustration, mais la chance de nouveaux épanouissements. 

 

 

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1 Pape François, Encyclique Laudato Si’, paragraphe 193, 2015.

Conseil œcuménique des Églises, The Living Planet: Seeking a Just and Sustainable Community, 2022

 

 

cliquez ici tampon

 

 

 

 
Mis à jour le 05/11/2022

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Georgio Sebregondi, acteur et penseur du développement en Italie, ami de Louis-Joseph Lebret

Georgio Sebregondi, acteur et penseur du développement en Italie, ami de Louis-Joseph Lebret  

 

 

 

Yves Berthelot a été invité début octobre au Centre culturel italien à Paris à la présentation d’un livre rassemblant les écrits de Giorgio Sebregondi, un des penseurs et animateur du Développement du Mezzogiorno dans le cadre de la Svimez, contraction de Sviluppo (développement) et Mezzogiorno. Il y avait Filiberto Sebregondi, fils de Giorgio et Giuseppe De Rita, 90 ans, qui avait travaillé à la Svimez avec Sebregondi et rencontré Louis-Joseph Lebret.

Dans son intervention, Yves écrit notamment :

 

Après sa venue en 1953 au couvent de La Tourrette, siège d’Économie et Humanisme,  Giorgio Sebregondi publie en 1954 dans la revue Économie et Humanisme un article intitulé « Le développement harmonisé, note pour une théorie » où il apporte de nombreux éléments qui enrichiront la pensée de Lebret et qui apparaîtront dans ses publications ultérieures, notamment dans « Dynamique concrète du développement (1961) » où le développement authentique est caractérisé par les qualificatifs continu, auto-entretenu, indivisible, homogène et cohérent,

 

1.  Continu car le développement ce n’est pas « l’obtention d’un niveau déterminé »    mais « la série indéfinie des niveaux successifs »


2. Indivisible, c’est-à-dire que « le développement d’un ensemble ne peut être séparé du développement, au moins potentiel, de ses membres » 


3. Auto-entretenu, car un développement continu « oblige à reconnaître l’existence d’un principe vital interne apte à engendrer le processus même du développement » de l’individu, de l’entreprise ou du pays qui se développe.  Sebregondi précise, à propos des investissements, qu’ « il ne faut pas  viser exclusivement les investissements en bonification des sols, routes, aéroports, énergie électrique, usines, équipements » et leurs prolongements d’ordre commercial, financier et fiscal, mais les combiner avec la formation des dirigeants et cadres politiques administratifs et professionnels, avec la transformation des habitudes et des incitations sociales au travail, au gain, à l’épargne, … Il écrit ailleurs « le passage à opérer dans les pays sous-développés, n’est pas celui d’une technique à une autre mais d’un changement de stade de civilisation à une autre ».

 

Voir l’intégralité de l’intervention de Yves.


Lebret et Sebregondi, une pensée d’hier pour aujourd’hui
Yves Berthelot


Parler du dominicain Louis Joseph Lebret à l’occasion de la présentation du livre de Giorgio Sebregundi sur le Développement de la société italienne est pertinent tant les réflexions de Lebret et de Sebregondi sur le développement se sont mutuellement enrichies et tant les deux hommes se sont appréciés.
Comme l’écrit Giovani Farese à propos de la première visite de Sebregondi à Lebret en 1953 « L’entente avec Lebret ne pouvait être qu’immédiate » et Lebret écrira en 1958 : « Nous voulons rappeler tout ce que nous devons, notamment en ce qui concerne la perception de la complexité et de l'interdépendance des phénomènes sociaux de développement, à notre regretté ami Giorgio Sebregondi ».


La vie de Lebret a été marquée par :

  • la découverte de la pauvreté des familles de pêcheurs bretons dès 1929,
  • la découverte de la misère dans les favelas du Brésil en 1947, puis dans bien d’autres pays qualifiés alors de sous-développés,
  • les réserves de l’Eglise catholique sur sa recherche des causes de la pauvreté et de la misère qui l’avaient amené à étudier Marx.

 

Son action pour les pêcheurs a abouti à une loi sur l’organisation corporative des pêches, adoptée en 1941, abolie à la libération et remise en vigueur en 1946.


De cette époque, Lebret a retenu une méthode : avant toute action, il faut comprendre les difficultés des gens et leurs attentes et pour cela les écouter, rechercher eux les causes de ces difficultés, bien connaître le contexte juridique, institutionnel et social dans lequel l’action serait menée, s’inspirer des solutions apportées à des problèmes semblables dans d’autres pays. Sur les pêches, il a visité six pays européens et l’Afrique du Nord.  En passant, notons qu’échanger des expériences n’implique pas de copier ce qui s’est fait ailleurs mais de s’inspirer du cheminement qui a conduit à ces expériences et l’adapter.
Son expérience avec les pêcheurs et sa lecture de Marx incitent Lebret à s’intéresser, au développement des communautés ou des sociétés. Avec des intellectuels catholiques qui partagent ses préoccupations, Il crée, en 1941, Économie et Humanisme avec pour objectif de réfléchir aux fondations d’une économie humaine conforme à l’éthique du christianisme et implicitement de faire évoluer la doctrine sociale de l’Eglise qu’il jugeait trop figée.
En 1950, Il publie un article dans la Revue Économique où il définit l’économie humaine comme une discipline de recherche et d’action pour le passage de structures encore inhumaines à des structures plus favorables à l’épanouissement universel des hommes.
 

L’économie humaine :


1. Est une économie ordonnée à la satisfaction des besoins humains, ce qui l’oppose à une économie du profit : besoins essentiels indispensables à la vie et à la santé ; besoins de dépassement qui donnent à la vie sa raison d’être (besoins d’admirer, de créer, d’inventer, de communier avec ses semblables), besoins de conforts qui sont couverts par les offres l’économie de marché. Les limites entre ces catégories évoluent (par exemple le portable)
2. A une structure communautaire composée d’organismes professionnels ou territoriaux, auxquels on ajouterait aujourd’hui les ONG, guidés par la recherche du bien commun, Elle est à même, pense Lebret, de résoudre le problème de la répartition équitable des tâches et des fruits
3. Est une économie harmonisée où les progrès humains marchent de pair pour éviter de graves déséquilibres entre progrès scientifique, technique, urbanistique, sanitaire culturel, moral, spirituel.

 

Après sa venue en 1953 au couvent de La Tourrette, siège d’Économie et Humanisme,  Giorgio Sebregondi publie en 1954 dans la revue Économie et Humanisme un article intitulé « Le développement harmonisé, note pour une théorie » où il apporte de nombreux éléments qui enrichiront la pensée de Lebret et qui apparaitront dans ses publications ultérieures, notamment dans   Dynamique concrète du développement (1961) où le développement authentique est caractérisé par les qualificatifs continu, auto-entretenu, indivisible, homogène et cohérent, qualificatifs inspirés de Sebregondi comme le constate  Vitalis Anaehobi dans le numéro spécial du Journal of Global Ethics d’août 2021 consacré à Lebret :


1. Continu car le développement ce n’est pas « l’obtention d’un niveau déterminé » mais « la série indéfinie des niveaux successifs »
2. Indivisible, c’est-à-dire que « le développement d’un ensemble ne peut être séparé du développement, au moins potentiel, de ses membres » 
3. Auto-entretenu, car un développement continu « oblige à reconnaître l’existence d’un principe vital interne apte à engendrer le processus même du développement » de l’individu, de l’entreprise ou du pays qui se développe.  Sebregondi précise, à propos des investissements, qu’il ne faut pas « viser exclusivement les investissements en bonification des sols, routes, aéroports, énergie électrique, usines, équipements » et leurs prolongements d’ordre commercial, financier et fiscal, mais les combiner avec la formation des dirigeants et cadres politiques administratifs et professionnels, avec la transformation des habitudes et des incitations sociales au travail, au gain, à l’épargne, … Il écrit ailleurs « le passage à opérer dans les pays sous-développés, n’est pas celui d’une technique à une autre mais d’un changement de stade de civilisation à une autre.»
Il n’est pas étonnant que Lebret ait été incité par cet article et ses échanges avec Sebregondi, à lui demander en 1955 de contribuer à la formulation d’une théorie du développement intégral harmonisé. Celui-ci a décliné l’offre dans une longue lettre, de 31 pages, où il affirme que « l’on ne peut trouver dans la science économique, dans la sociologie, dans les doctrines politiques, dans le droit, ni dans les conceptions philosophiques de l’homme et de la société, de fondements suffisamment surs pour permettre ces jugements et ces synthèses qui seuls peuvent conduire à une théorie générale ».
La lettre qui se termine par des recommandations sur ce qu’Économie et humanisme devrait faire : être le promoteur de la démocratie directe, choisir et hiérarchiser les besoins humains et proposer les moyens concrets de les satisfaire. Signe de la sagesse de Lebret, il a bien pris cette rebuffade et a suivis ces conseils.
Économie et Humanisme a continué d’échanger avec Sebregondi et l’équipe de la SVIMEZ. Lebret s’est consacré au développement des pays en développement, a conseillé de nombreux gouvernements et chefs d’États, participé à l’élaboration de nombreux plans de développement. Mais, sans doute le plus important, il a grandement influencé la pensée de l’Eglise sur le développement.
Son amitié avec le cardinal Montini l’a rendu acceptable au Vatican qu’il a représenté dans différentes instances onusiennes, notamment la CNUCED où son intervention au nom de la délégation du Saint Siège lui a valu une ovation. Il rappelle que le développement est « indivisible » et que « le progrès doit s’effectuer pour chaque catégorie de la population et sous tous les aspects » et qu’il « ne peut avoir pour objet premier que l’élévation humaine des populations ». Il y invite à la solidarité et affirme que « les privilégiés n’ont rien qui ne doive contribuer à l’instauration du bien commun.» Surtout, Lebret est l’auteur des premières versions de l’encyclique Populorum Progressio. On y retrouve des exhortations à être plus plutôt qu’à avoir plus.


La pensée de Lebret est aujourd’hui promue et mise en œuvre par le Réseau international pour une économie humaine, RIEH, qui rassemble sur les 4 continents des universitaires et des hommes de terrain et des associations.


Pour conclure. Alors que nous prenons conscience que les ressources matérielles de notre planète sont finies et que des sociétés trop inégalitaires sont instables, Lebret et Sebregondi, qui ont mûri leur pensée dans les années 1950, nous ont laissé des écrits, des analyses et des recommandations pour concevoir un développement durable aujourd’hui.
Fondamentalement l’idée qu’il faut répondre aux besoins de tout l’homme et de tous les hommes, besoins essentiels et besoin de dépassement de soi et non pas maintenir un système économique qui les incite à vouloir toujours plus. La question qui se pose à nous est qu’auraient proposé Lebret et Sebregondi et s’inspirer des réponses pour éradiquer la pauvreté et faire vivre notre planète,
 

 
Mis à jour le 12/10/2022

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Solidarité avec les étudiant.e.s. d'Iran

Solidarité avec les étudiant.e.s. d'Iran  

 

Notre correspondant Andrew Robert Cummings, du groupe RIEH d'El Salvador appelle à protester contre la répression que subissent les Iraniennes et les Iraniens qui manifestent après la mort en détention de Mahsa Amini.

 

Il dénonce particulièrement les violences subies par les étudiants de l'Université Sharif de Téhéran. Il relaie un appel de Paul Massaro, un universitaire comme lui.

Tous les membres du RIEH partagent son indignation et rejoignent chacun dans son pays les manifestations de soutien.

 

 

Pour en savoir plus, lien à suivre : https://twitter.com/AndrewRCummings/status/1576728744836071426?t=UHRgLZ_IENnn8e3eybAkMQ&s=08 

 

 

TWITTER ANDREWS FACE

 

Un message d'Andrews relevé sur son compte TWITTER et message relayé de son collègue Paul Massaro.

 

 

andrewstxt

ANDREWS PHOTO

 

 
Mis à jour le 14/10/2022

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ATEDD, sensibiliser la population : mode d'emploi...

ATEDD, sensibiliser la population : mode d'emploi...  

 

 

Dans le cadre de la mise en oeuvre des Plans d’actions communautaire (cf l’actualité sur les PAC), l’équipe projet a réuni à Bweremana le 29 septembre 2022 les organisations qui se sont portées volontaires pour mener des actions de sensibilisation de la population.

 

L'activité se divise en trois temps :

 

-1-

Le superviseur Delphin, explique les objectifs de l'activité :

GROUPE DE SENSIBILISATION

 

 

 

-2-

Les participants se répartissent dans les groupes thématiques :

 

tvx groupes participants 1

 

tvx groupes participants 2

 

tvx groupes participants 3

 

 

 

- 3 -

Présentation du résultats des travaux et validation par les participants :

 

PRESENTATION DES RESULTATS1

 

PRESENTATION DES RESULTATS2

 

PRESENTATION DES RESULTATS3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le nombre de participants était de 40 personnes représentant différentes structures engagées dans la sensibilisation en provenance de Bweremana et Minova soit 17 femmes et 23 hommes.
 
Chaque groupe, composé chacun de 13 personnes, a choisi une thématique : l’agriculture, le reboisement, l’énergie, les rivières ou l’érosion.
Ils avaient à définir le type de messages à transmettre et le choix des canaux à utiliser.
Après discussion en plénière, voici les résultats des différents groupes :

 

GROUPE 1 

 

Thème traité :  LES RIVIERES ET LES EROSIONS AVEC NOS FAMILLES  (Mito na miporomoka pamoja na jamii).

 

Message clés :

 

  • Evitons de jeter toutes sortes de déchets dans les rivières :

-  Les ordures ménagères,
-  Transformer les rivières en fosses septiques,
-  Les résidus de nos productions champêtres (Bihirigisi…).

  • Eviter de dénuder les bordures des rivières :

-  Respect de la distance entre les champs et les rivières,
-  Planter les arbres agroforestiers sur le bord des rivières.

  • Planter la pelouse à côté de nos maisons :

-  pour diminuer la pression de l’eau et le glissement de nos terres.

  • Apprenons à recycler nos différents déchets :

-  Les déchets biodégradables produisent le charbon vert,
-  Les déchets non biodégradables produisent des pavés,
-  Les ordures ménagères produisent des composts et l’alimentation pour les animaux domestiques.

  • Organiser et participer aux travaux communautaires (Salongo) :

-  Pour entretenir nos rivières,
-  Faire le curage de nos rivières.

 

GROUPE 2 

 

Thème traité :  REBOISEMENT ET ENERGIES RENOUVELABLES 

 

Message clés :

 

  • Mener des chantiers de reboisement : planter les arbres agroforestiers, d’ombrage, fruitiers (sur les collines, à côté des rivières, à côté des routes, au bord du lac, dans nos parcelles).
  • Vulgariser et diffuser très largement la loi sur l’importance de l’arbre et la protection de l’environnement avec comme message :

  - « je coupe un arbre, j’en plante 10 »

  • Passer dans des écoles, églises, ménages, aux marchés. Diffuser le message sur la protection des arbres :  l’utilité de l’arbre et son importance dans notre vie quotidienne et « soyons amis des arbres”.
  • Faire le plaidoyer auprès des grands concessionnaires et des petits exploitants, pour le reboisement sur leurs terres.
  • Enseigner aux différentes couches de la population, comment installer durablement des pépinières et les conditions de mise à disposition des semences appropriées.
  • Sensibiliser les ménages sur les techniques des foyers améliorés et l’utilisation du charbon vert.
  • Sensibiliser la population sur la production du charbon vert par la mise en place d’un système de collectes des déchets pour assainir le milieu et produire les briquettes de charbon vert à base de déchets végétaux afin de lutter contre l’abattage des arbres et la pollution de l’air (gaz à effet de serre).

 

GROUPE 3

 

Thématique traitée :  AGRICULTURE

 

Message clés :

 

  • Soyons amis du sol, protégeons le contre les intempéries, le soleil et les pluies, en les recouvrant d’herbe coupé,
  • Plantons des arbres fruitiers et des arbres agroforestiers dans nos champs pour protéger le sol,
  • Ne cultivons pas dans des pentes à plus de 45 °. Sur ces pentes, plantons des arbres
  • Plantons de bonnes semences améliorées
  • Lors de la récolte conservons des semences et stockons-les
  • Labourons avec des engrais organiques
  • Semons dans des sillons perpendiculaires à la pente (courbes de niveaux)
  • Utilisons des biopesticides

 

Moyens de transmission de ces messages

 

-  Sonorisation (Mégaphone, Baffle moderne, piles)
-  Médias (Emission radio diffusée)
-  Les églises
-  Les AVEC
-  Troupe théâtrale
-  Calicots
-  Dépliants
-  Aux marchés et les endroits « chauds » du village
-  Pancartes
-  Tee-shirts

 

Recommandations et conclusions

 

Les participants ont largement encouragés et félicités l’approche communautaire que le projet  ATEDD  utilise en la faisant participer à toutes les étapes du projet.

A également été salué le respect de la promesse donnée lors de la la dernière réunion, d’ appuyer les structures engagées dans le reboisement, l’agriculture et le curage des rivières.

Ils demandent également à ATEDD de continuer à soutenir leur effort en matérialisant l’appui aux structures qui s’engagent dans la sensibilisation. Cela pour permettre à la communauté de bien entendre et comprendre les messages liés à ces quatre problématiques que sont : l’ érosion, les rivières, l’agriculture et le reboisement.

 

 

Fait à Minova, le 29/09/2022

Pour ATEDD KIVU, Delphin BAENI

Superviseur Axe Minova-Bweremana

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Mis à jour le 14/10/2022

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les autorités locales soutiennent ATEDD

les autorités locales soutiennent ATEDD  

 

Visite d'une reine...

 

Le samedi 1er octobre, à Minova, nous avons eu l’honneur de recevoir la Mwami Kazi du Groupement de Buzi, l’autorité coutumière pour la presqu’île où est situé Minové. Elle souhaitait constater l’avancée des actions menées sur le terrain, pour les projets ATEDD et CHARBON VERT.

 

Sa première visite a été pour le projet Charbon vert à Minova. La reine SAFI SANGARA BOMBOKO DE BUZI appelée Mwami Kazi a félicité les initiateurs de ce projet : RIEH et la Fondation Matendo. Elle les remercie de guider ces jeunes dans une démarche socio-économique et de les encadrer pour l’assainissement de leur environnement et la réduction du déboisement.

 

Son discours plein d’éloquence a témoigné sa détermination à accompagner ces jeunes dans la recherche d’autres partenaires, l’acquisition d’une parcelle de Minova pour installer leur atelier de production mais aussi à encourager d’autres jeunes présents à les rejoindre dans leur action. S’adressant directement aux jeunes, elle a ajouté que cette activité va plus loin qu’une simple contribution locale de terrain, elle vise à l’encadrement de la jeunesse du territoire. D’ailleurs, depuis que le projet existe, on a pu constater une réduction sensible des vols de biens, du banditisme des jeunes et de la consommation abusive d’alcool.

 

Mwami kazi charbon vert 1

Mwami kazi charbon vert 3

MWAMI 2°envoi

Visite chez les jeunes entrepreneurs dans la fabrication du Charbon vert à Minova

 

 

En parlant aux élèves du Complexe Scolaire Matendo, elle a insisté sur l’importance de l’utilisation du charbon vert par les ménages et le reboisement des collines déjà nues dans le groupement Buzi. C’est pourquoi la formule : « un enfant de l’école, un arbre » prend tout son sens : « Il faut reboiser nos collines par des arbres agroforestiers et ATEDD offre une solution à ce problème à travers son appui technique et ses conseils ».

 

   Mwami kazi FM1   Mwami kazi FM2

   Visite de Mwami Kazi au complexe scolaire Matendo, devant un auditoire d’enfants attentifs

 

 

Puis, nous nous sommes rendus sur un deuxième site, visiter l’entreprise DJDR, une pépinière durable soutenu par ATEDD dans le village de Minova. Le Coordinateur de la structure M. ISHARA BONGELI a félicité l’approche ATEDD dont les actions enthousiasment la population.

 

Il a raconté qu’il avait participé deux fois aux activités qu’organisaient ATEDD dans le village de Minova sur les problèmes de l’érosion, des rivières, de l’agriculture et du déboisement. Il a pris conscience que si des actions de reboisement n’étaient pas menées sur nos collines, nos champs, notre village risquent de disparaitre un jour : « Je suis plus à même de juger pour prendre un engagement avant de mettre en place un chantier de reboisement ou une pépinière durable. » dit le coordinateur ISHARA qui poursuit en disant que l’appui d’ATEDD nous facilite le travail avec la communauté et les concessionnaires car une identification des bénéficiaires de ces plantules est en cours ainsi que leur achat.

 

Mwami kazi pepiniere durable 2   Mwami kazi pepiniere durable 1

Visite de Mwami Kazi : rencontre à la pépinière durable de Minova

 

Cette explication a attiré la curiosité de La Mwami Kazi du groupement de Buzi qui a félicité le consortium ATEDD de son approche communautaire et sa détermination à accompagner les structures qui s’engagent dans l’exécution des activités concernant le reboisement, les rivières, l’agriculture et les érosions. Selon Mwami Kazi, elle suit de loin comme de près les actions d’ATEDD et que même si le projet prend fin, elle est consciente qu’il est nécessaire pour elle de s’engager à suivre les structures qui se sont engagées pour la pérennisation de ces activités.

« Je suis prête à chercher d’autres partenaires qui peuvent appuyer ATEDD car c’est une organisation modèle dans notre groupement qui travaille sur les problèmes des rivières, de l’érosion, d’une agriculture restauratrice et le reboisement à travers les fiches d’engagement ».

 

Fait à Minova, le 01/10/2022

Delphin BAENI, superviseur ATEDD

 

 

 
Mis à jour le 05/10/2022

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Un chef coutumier s'engage pour une action territoriale inspirée par l'économie humaine

Un chef coutumier s'engage pour une action territoriale inspirée par l'économie humaine  

 

Un des fondamentaux de l'économie humaine est que l'ensemble des personnes vivant dans un territoire s'organise pour que chacun et tous vivent dans la dignité.

 

Au Kivu, cet ensemble de personnes qu'on désigne habituellement sous le terme de communauté s'incarne dans la personne du chef coutumier.

Même si certains profitent de cette fonction pour leur intérêt personnel et celui de leur famille, leur devoir est de servir le bien commun et d'exercer leur pouvoir, non pas de façon autoritaire, mais en s'assurant que les besoins de tous les membres de la communauté sont pris en compte.

 

A Bweremana, dans le territoire de Masisi et la province du Nord Kivu le chef de la chefferie des Bahunde est L’honorable Mwami Nicolas Kalinda Kibancha.

Dès le lancement du projet il a déclaré qu'ATEDD est l'occasion pour la population de maîtriser le risque que font courir les rivières, en s’appuyant sur son expérience car c'est elle qui les connaît le mieux.

Il continue de soutenir l'action et il est venu personnellement participé à l'atelier d'évaluation à mi-parcours qui s'est tenu les 20 et 21 août.

 

Le discours qu'il a tenu à cette occasion se retrouve dans une déclaration qu'il a publiée et que vous trouverez ci-dessous...

 

Joignant les actes à la parole, il vient de décider d'inclure dans le programme de la chefferie et dans son budget la plantation de 60 000 arbres !

 

 

le mwami des  bahunde       mwami photo de famille

Mwami

 

 

 
Mis à jour le 28/08/2022

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Bernard Lecomte nous a quitté...

Bernard Lecomte nous a quitté...  

 

Bernard Lecomte

 

 

Bernard Lecomte vient de nous quitter en ce mois d’août 2022.

Formé par et ayant travaillé avec le Père Lebret à l’orée des indépendances africaines, Bernard a été une ardente référence durant toute sa vie professionnelle et militante pour faire vivre les convictions portée par l’économie humaine et ce notamment par l’accompagnement à l’émergence et la consolidation du mouvement paysan en Afrique de l’Ouest.

La dernière mission qu’il s’était assignée a été de systématiser la parole paysanne.

Il revient au RIEH de poursuivre cette Œuvre.

Dominique Lesaffre. 

 

 

 

Dominique Lesaffre, son ami, nous livre avec émotion l'hommage qui lui a rendu lors de ses obsèques.

 

 

 Bernard,

 

Par quoi commencer et comment articuler un propos tant l’émotion nous emporte ?

La rencontre avec toi a été une quête de sens sur l’humain et au-delà de l’humain, et ce depuis le premier jour.

 

En juillet 1979, alors que je suivais un parcours au Centre de Formation pour le Développement avant de "partir en coopération" comme on le disait à l’époque, un intervenant à l’enthousiasme communicatif se présentant comme Ingénieur-Conseil nous exposait la portée de concepts considérés alors comme étranges tel que l’autopromotion ou que les cultures de contre-saison pouvaient animer et faire vivre la paysannerie africaine.

Déjà Bernard donnait à réfléchir sur le sens d’une démarche de volontariat.

A cette même session de formation, un grand échalas maigrichon était aussi présent, Mamadou Cissokho dont nous savons la présence et la pensée avec nous aujourd’hui.

 

En 1984, alors que je représentais un partenaire financier, je retrouvais Bernard … et Cissokho pour les concertations de bailleurs des 6S. Bernard nous exhortait alors de ses convictions :

Vous les bailleurs, n’intervenez pas, laissez-nous faire ! Et surtout… Laissez-les paysans faire car ils savent ce qu’ils font !

Là encore Bernard partageait avec force le sens qu’il portait sur les dynamiques paysannes qui émergeaient alors au Sahel.

 

Et puis, j’ai voulu en savoir plus, j’avais repéré que nous étions originaire de la même région laborieuse du Nord de la France, mais son parcours alors parfaitement atypique, ne manquait pas d’intriguer.

Bernard m’a alors dit : J’ai fait une rencontre qui a bouleversé ma vie et donné du sens à mon action : il s’agit du Père Dominicain Louis-Joseph Lebret, inspirateur de l’approche et de la pensée de l’Economie Humaine et rédacteur principal de l’Encyclique Populorum Progressio, qui a donné de la puissance à la doctrine sociale de l’Eglise après le Concile Vatican 2.

Bernard avait travaillé aux côtés du Père Lebret au Sénégal sur les questions de planification. Bien que n’étant pas de la génération de Bernard, j’avais lu quelques textes de Lebret et ces références me parlaient aussi.

 

Bernard témoignait ainsi de manière très concrète que des choix fondamentaux de Vie trouvent leur sens dans des références humaines fortes.

Dès lors, j’ai décidé de suivre, à ma façon et en y emmenant ma famille, une voie qui s’est aussi inspirée de celle de Bernard, les hasards de la Vie nous ont aussi amenés en 1989 à Bonneville où nous nous sommes installés. Tu as même été le baby-sitter diurne de notre dernier fils !

 

Comme pour de nombreuses personnes présentes aujourd’hui, tu as été Bernard un livre ouvert exprimant tes convictions, les mettant en débat et nous partageant tous tes contacts. Dans mes fonctions actuelles de responsabilité au service de l’investissement solidaire vers les pays du Sud, que tu m’as encouragé à prendre, c’est cette même quête de sens inspiré de ces convictions partagées qui trace les décisions institutionnelles que je dois prendre. Merci d’avoir été là, toujours présent lors de nos échanges périodiques.

 

Enfin, et avec un petit sourire, c’est aussi par ton inspiration que j’ai accepté de prendre la suite du Centre Lebret qui est aujourd’hui le Réseau International d’Economie Humaine.

 

Bernard, tu es vivant en nous pour très très longtemps, la trace que tu laisses est incomparable.

Parmi tant d’autres, celle à laquelle tu t’es attelée ces dernières années, tel un moine-copiste, de systématiser la parole paysanne n’est pas des moindres et laisse une matière précieuse pour la poursuite de l’action.  

 

Merci pour tout cher Bernard.

 

Dominique LESAFFRE, 11 août 2022

 

 
Mis à jour le 13/08/2022

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A Bweremana le PAC révèle des jeunes qui s'engagent pour l'économie humaine

A Bweremana le PAC révèle des jeunes qui s'engagent pour l'économie humaine  

 

 

Parmi les participants aux réunions publiques pour faire le diagnostic participatif et élaborer le Plan d’action communautaire de Bweremana, il y a des représentants des jeunes et notamment Willyfred, le vice-président du comité de pilotage d’ATEDD.

 

 

les jeunes de bweramana

Michel et Willyfred félicitent l'initiative des jeunes

 

gilet ATTED

Willyfred arbore fièrement le gilet ATEDD

 

 

LES PIEDS DANS LA BOUE

Les jeunes y mettent toute leur ardeur.

 

 

2022-06-17 PR2SENTATION pac mInova9Le livre des Chemins vers l'Economie humaine est mis à l'honneur par les jeunes.

 

 

En entendant l’appel à la mobilisation communautaire et connaissant l’expérience des jeunes de Minova engagés pour la production de charbon vert, ils sont venus d’eux-mêmes me trouver pour dire qu’ils veulent eux aussi s’organiser en groupe local du RIEH et développer des activités qui leur permettent d’avoir des revenus tout en étant utiles à la communauté. Je les ai encouragés et leur ai prêté le livre Chemins d’économie humaine.

Et lors de ma dernière visite sur place, ils m’ont invité à les retrouver près de la rivière Mweya, une de celles dont les crues causent souvent d’importants dégâts. A mon arrivée je trouve un groupe d’une vingtaine de jeunes en train de nettoyer une partie du cours de la rivière et d’en élargir le cours.

 

Ils ont pris d’eux-mêmes l’initiative de mener ce travail en apportant les outils dont ils disposent (les houes) et en en empruntant d’autres (des pelles). Ils me disent qu’ils sont prêts à faire ce travail régulièrement, mais qu’ils ont besoin d’outils car il leur faut aussi des pioches et des barres à mine. Et quand les outils qu’ils ont empruntés s’abîment, ils doivent payer les réparations. Ils ont donc besoin qu’ATEDD leur apporte ces moyens.

 

On voit que les besoins sont modestes. Ce ne sont pas des engins de chantier. Mais ces derniers coûtent cher et même si on fait venir un tel engin et que la rivière n’est pas ensuite régulièrement nettoyée, les inondations recommenceront. C’est ce qui fonde la démarche d’ATEDD et de l’économie humaine : la mobilisation de la population directement concernée est indispensable pour que le problème soit résolu. D’où l’importance que cette mobilisation soit organisée et durable et c’est pourquoi la mise en place d’un groupe local est à encourager. Ils me demandent ce qu’est l’économie humaine et je leur réponds que c’est ce qu’ils sont en train de faire : refuser de subir les situations indignes de l’être humain, décider d’agir ensemble pour que ces situations changent, développer ses compétences pour agir efficacement (ils ont besoin de conseils pour que les travaux qu’ils mènent soient vraiment utiles).

 

Au-delà de cette action pour entretenir la rivière, c’est aussi leur projet, tel qu’ils l’expriment : " nous sommes des jeunes et nous voulons nous en sortir sans tomber dans les dérives de l’alcool, de la délinquance, des groupes armés. Pour cela nous allons développer des activités qui dégagent des revenus. Ils sont particulièrement intéressés pour apprendre à produire les briquettes de charbon vert à partir des déchets végétaux." Et je leur dis que l’économie humaine c’est d’entreprendre ces activités en veillant à ce qu’elles ne se développent pas au détriment d’autrui mais servent au bien commun.

 

Ma foi, cette définition semble les satisfaire et les motiver pour s’engager. La photo finale montre cet enthousiasme. L’un d’entre eux montre le livre qu’ils veulent étudier et commenter.

 

L’objectif d’ATEDD en s’appuyant sur l’action pilote menée dans des localités comme Bweremana, ait que se mette en place une organisation durable pour que les problèmes des rivières, de la déforestation et de l’agriculture soient traités afin que la population puisse continuer à vivre dans cette zone menacée et améliore ses conditions de vie. Une organisation locale qui sache mobiliser les ressources venant de la Province et de l’Etat ainsi que de l’aide internationale.

 

Et la meilleure organisation ne peut durer et être efficace que si elle est animée et inspirée. Cette inspiration est celle de l’économie humaine. Espérons que ce groupe devienne à son tour un membre actif du réseau, capable d’en entraîner d’autres.

 

Michel Tissier, Goma, le 18 juin 2022

 

 

 
Mis à jour le 29/06/2022

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Une réunion décisive pour ATEDD

Une réunion décisive pour ATEDD  

 

Le mercredi 15 juin 2022 s’est tenue dans la grande salle de la chefferie de Bweremana une réunion qui marque une étape déterminante dans la mise en place d’une Action territoriale pour le développement durable dans ce village[1] qui est un des quatre sites retenus pour ce projet-pilote.

 

 

 

2022-06-17 PR2SENTATION pac mInova 6

Bweramana : Michel Tissier à la tribune, à sa droite le chef de groupement, à sa gauche : le secrétaire de la chefferie et le président local du CLPD.
 
 

2022-06-17 PR2SENTATION pac mInova8

Bweramana. Jean-Louis s'adresse à l'auditoire
 
 

2022-06-17 PR2SENTATION pac mInova 4

Bweramana : una assistance concernée, à l'écoute.
 
 

DELPHIN BAENI KABIONA

Delphin est présent en permanence sur le terrain.

 


Discours de Michel Tissier à la tribune :
 
image video 22-06-17 PAC A MINOVA

 

Présentation du PAC à Minova :
image video 22-06-17 Présentation du PAC A MINOVA

Crédit video :

Tito chomachoma

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le lieu est important. La chefferie est l’institution de base de l’organisation sociale et politique dans la région, jouissant d’une forte légitimité et autorité morale auprès de la population. Son chef, le Mwami, est un personnage respecté et influent. Le bâtiment de la chefferie des Bahunde est bien construit, sur une petite hauteur à l’entrée du bourg central quand on arrive de Goma. Il en impose dans un paysage où beaucoup de maisons ne sont pas toujours achevées ou ne peuvent pas être bien entretenues.

 

C’est une forme importante de reconnaissance pour ATEDD que cette grande salle de réunion avec les photos à la fois du Président de la République et des Mwamis qui se sont succédé depuis un siècle ait été mise à sa disposition. Les invitations ont été adressées par le Président du Comité Local Paix et Développement (CLPD) qui est une instance officiellement chargée d’assister le Mwami pour toute la politique de développement et de sécurité de la Chefferie. Elles ont visé une cinquantaine de personnes qui sont toutes des leaders de la communauté et même très certainement les leaders communautaires. Et presque toutes sont là un mercredi matin, de 10h à midi, alors qu’elles ont beaucoup d’occupations.

A la tribune le Président du CLPD, le chef de Groupement, instance administrative et coutumière qui compose la chefferie et comprend Bweremana, le secrétaire de la Chefferie qui représente le Mwami, ainsi que votre serviteur qui représente le Consortium à l’origine d’ATEDD et, de fait, le bailleur. La réunion commence et se conclut par le chant de l’hymne national.

 

Dans le message lu au nom du Mwami, celui -ci déclare que cette réunion « est d’une grande importance pour nous, car les enseignements dispensés vont aider la communauté pour son propre développement car les éboulements et érosions ont déjà fait beaucoup de victimes. Par exemple la mort d’hommes, la destruction des plantes, d’habitations, des routes des églises, écoles, centres de santé,…

En sa qualité de mère de développement en son sein, la Chefferie qui s’est toujours donné corps et âme pour chercher la paix et le développement de ses administrés promet d’accompagner cette initiative afin d’atténuer les souffrances de la communauté.

Je demande aux participants de s’approprier ce projet et de faire une large diffusion auprès de tous les paysans.

Je demande également à RIEH et ATEDD de continuer à soutenir la population par des conseils et techniques relatifs aux difficultés que traversent nos administrés ».

 

L’objectif de la réunion est de présenter le Plan d’action communautaire (PAC) élaboré suite à une enquête faire auprès de 100 ménages de Bweremana (400 pour les 4 villages) [2] et un Diagnostic participatif [3] mené avec la population.

Ce plan d’action porte sur les trois secteurs retenus par ATEDD : la prévention des risques d’inondations et de glissements de terrain, le reboisement, l’agriculture pour qu’elle soit plus rémunératrice et restauratrice.[4]

 

Ce PAC comprend plusieurs types d’actions : les études techniques, la planification, la sensibilisation de la population, la formation, les chantiers à conduire, le renforcement des organisations, le pilotage et le suivi, les plaidoyers pour faire évoluer le cadre réglementaire ou pour obtenir des financements.

 

L’essentiel, et c’est là une étape décisive pour ATEDD, c’est que ce plan n’est désormais plus celui du projet, mais celui de la communauté, soutenu temporairement par les financements qu’apporte le projet et durablement par les organisations membres du Consortium et par les groupes locaux du RIEH.

En effet pour chacune des actions sont citées les organisations communautaires qui sont responsables de les mener et les ressources qui peuvent être mobilisées. Et ATEDD figure parmi ces ressources. Et comme il a été dit et comme il a été visiblement compris ATEDD en tant que projet ne mènera seul aucune action. Ce sont des organisations de la communauté qui les mèneront avec l’appui d’ATEDD.

 

Pour concrétiser cette démarche il a été présenté un acte d’engagement qui implique une organisation communautaire, la chefferie, le CLPD et qui mentionne les moyens apportés par ATEDD. Le cas échéant une autre organisation intervenant sur la zone peut être associée [5]. 

 

Et d’ores et déjà au cours même de la réunion des organisations présentes se sont engagées à mener des actions de sensibilisation, à organiser des formations ou à mener des travaux.

 

Il faut maintenant entretenir cette dynamique. Ce sera à Bweremana le rôle de Delphin, un enfant du pays, membre de l’équipe projet présent en permanence à Bweremana et Minova, des animateurs locaux qu’ATEDD indemnise et encadre et de toute l’équipe projet conduite par Jean-Louis.

 

Cette réunion est un tournant, celui où ATEDD innove par rapport aux projets menés par des ONG qui viennent et se retirent. ATEDD, gardons le nom, n’est déjà plus le projet d’un Consortium, mais bien l’Action territoriale pour un Développement durable, prise en charge par la communauté, en incluant dans ce terme la population, les autorités locales et les organisations de la société civile.

 

Symboliquement, au nom du Consortium, je me suis tourné vers le Président du CLPD pour lui dire : nous vous confions les rênes d’ATEDD. J’ai aussi répondu aux organisations présentes désireuses de devenir parties prenantes d’ATEDD au même titre que les organisations du Consortium qu’elles avaient toute leur place, non pas dans le Consortium du projet, qui doit rester limité, mais dans le pilotage d’ATEDD.

 

Une réunion analogue s'est tenue à Minova et Kinesire. Une autre est prévue à Bushushu.

 

Michel Tissier, Minova, 17/06/2022

 

 

[1] Le mot « village » est celui qui est employé à la fois dans le vocabulaire administratif et dans le langage courant pour désigner une localité qui compte environ 20000 habitants, répartis entre un bourg central et un grand nombre de hameaux sur une surface de 40 km2

[2] Voir sur le site www.rieh.org l’article consacré à cette enquête

[3] Voir sur le site www.rieh.org l’article consacré à ce diagnostic participatif

[4] Voir sur le site www.rieh.org l’article consacré au PAC

[5] Voir sur le site www.rieh.org le formulaire d’engagement 1/en français   2/en swahili

 

 

 

 
Mis à jour le 25/06/2022
28 MAI 2022 pour 28 jours durant 5 jours…  Journée mondiale de l'hygiène menstruelle

28 MAI 2022 pour 28 jours durant 5 jours… Journée mondiale de l'hygiène menstruelle  

 

 

Chaque jours, environ 800 millions de filles et de femmes (source Médecin du Monde), en âge de procréer ont leurs règles à travers le monde.

C'est un fait, une réalité biologique universelle, pourtant entourée de tabous et encore pour certains, synonyme de vulnérabilité accrue.

Les menstruations sont une question de santé, de droit et de dignité, d'égalité et de sécurité.

 

28th May 2022 for 28 days during 5 days... World Menstrual Hygiene Day

Every day, approximately 800 million girls and women (source: Médecin du Monde) of childbearing age menstruate around the world. It is a fact, a universal biological reality, yet surrounded by taboos and still, for some, synonymous with increased vulnerability. Menstruation is a matter of health, rights, equality and dignity.

 

Menstrual Hygiene day, 28th May 2022

In commemoration of this years’ menstrual hygiene day, TeenAlive, Nkwenti’s Foundation, DIDA clothing (INHE) and Girls on Heels celebrated the day at Big Mankon and Mile IV respectively.

 

This event was marked by advocacy on menstrual hygiene under the theme “To create a world where no one is held back because they menstruate by the year 2030.

 

"Créer un monde où personne n'est pénalisé par ses menstruations et ce avant 2030".
Cette année,  pour commémorer la journée sur l'hygiène menstruelle, TeenAlive, la Fondation Nkwenti, DIDA clothing‌ (INHE) et Girls on Heels ont célébré cette journée officiellement à Big Mankon et Mile IV.
Cet événement a été marqué par un plaidoyer sur l'hygiène menstruelle sous le thème "Créer un monde où personne n'est pénalisé parce qu'il a ses règles et ce, avant 2030".                 

 

      Image1      Image2    

                 


Our goal is that by 2030, all young girls should be able to manage their cycle confidently without issues while going about their daily activities.

 

In a capacity building workshop that took place at Big Mankon and Mile IV Nkwen respectively, Ms. Ngonga Linda of TeenAlive Bemenda reached out to about 42 adolescent and university girls and boys.

 

After exchanges with them on menstruation, that is, their impression and challenges, Ms Ngonga explained that menstruation is a sign of maturity and a pointer to motherhood hence young girls should be proud, feel happy and be in control of their period.

 

Her focus was on reusable sanitary towels. She demonstrated how to manage reusable sanitary towels while maintaining proper hygiene before, during and after menstruation. She equally highlighted the advantages of reusable sanitary towels over the regular synthetic pads. Reusable sanitary towels are cheaper, environmentally friendly and more comfortable and affordable.

 

 

 

Notre objectif est que d'ici 2030, toutes les jeunes filles puissent gérer leur cycle en toute confiance et sans problème, tout en vaquant à leurs occupations quotidiennes.

 

Lors d'un atelier de renforcement des capacités qui s'est déroulé respectivement à Big Mankon et Mile IV Nkwen, Mme Ngonga Linda de TeenAlive Bemenda a sensibilisé environ 42 adolescents et universitaires, filles et garçons.

Après avoir échangé avec eux sur les menstruations, c'est-à-dire en recueillant leurs impressions et leurs défis, Mme Ngonga a expliqué que les menstruations sont un signe de maturité et un indicateur de la maternité ; les jeunes filles devraient donc être fières, se sentir heureuses et contrôler leurs règles.

 

Elle a mis l'accent sur les serviettes hygiéniques réutilisables. Elle a montré comment utiliser des serviettes hygiéniques réutilisables tout en maintenant une hygiène correcte avant, pendant et après les menstruations. Elle a également souligné les avantages des serviettes hygiéniques réutilisables par rapport aux serviettes synthétiques ordinaires. Les serviettes hygiéniques réutilisables sont moins chères, plus écologiques, plus confortables et plus abordables.

 

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After the talk, she gave room for questions and clarifications from the participants.

Après son exposé, elle a laissé la place aux questions et aux commentaires des participants.

 

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She concluded by saying that the goal is that by 2030 all young girls should be able to go about positively during their period because they are able to manage their cycle properly with the use of reusable sanitary towels.  

This exchange culminated with the sharing of some of these reusable sanitary towels and soap.

 Elle a conclu en disant que l'objectif est que d'ici 2030, toutes les jeunes filles puissent se comporter de manière positive pendant leurs règles parce qu'elles sont capables de gérer correctement leur cycle grâce à l'utilisation de serviettes hygiéniques réutilisables. 

Cet échange s'est terminé par le partage de certaines de ces serviettes hygiéniques réutilisables et de savon.

 

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Later in the afternoon, Ngonga Linda joined Girls on Heels at Mile 4 Nkwen for a similar event at the Social Affairs Office. She met and had another exchange with about 65 girls and boys who are mostly internally displaced.

Plus tard dans l'après-midi, Ngonga Linda a rejoint Girls on Heels à Mile 4 Nkwen pour un événement similaire au bureau des affaires sociales. Elle a rencontré et eu un autre échange avec environ 65 filles et garçons qui sont pour la plupart des réfugiés à l'intérieur du pays.

 

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Reiterating the use of reusable sanitary pads is very relevant at this material moment especially in our context since we are going through many hardships in the region. More so, it attempts to address the much talked about environmental degradation, which is becoming a call for concern. Hence, it was only germane that the International Network of the Human Economy Bamenda join the world to commemorate this day through an environmental perspective that is appropriate and within their context.

 

This serves as a call for society to contribute their quota by shunning cultures that promotes stigma during menstruation and equally mentor young girls on proper management of their period and how to cope with the challenges that comes with menstruation. This could be done through more capacity building sessions.

Réaffirmer l'utilisation de serviettes hygiéniques réutilisables est très pertinent en ce moment, surtout dans notre contexte, car nous traversons de nombreuses difficultés dans la région. De plus, cela permet de lutter contre la dégradation de l'environnement, dont on parle beaucoup et qui devient un sujet de préoccupation. Il était donc logique que le Réseau international de l'économie humaine de Bamenda se joigne au mouvement mondial pour commémorer cette journée dans une perspective environnementale appropriée et dans son contexte.

 

Il s'agit d'un appel à la société pour qu'elle apporte sa contribution en refusant les cultures qui favorisent la stigmatisation pendant les cycles menstruels et qu'elle enseigne aux jeunes filles la bonne gestion de leurs règles et la manière de faire face aux défis qui en découlent. Cela pourrait se faire par plus de séances de sensibilisation.

 

 

Groupe Local RIEH de Bamenda

 
Mis à jour le 17/06/2022

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ATEDD : Le Plan d'Action Communautaire de Minova

ATEDD : Le Plan d'Action Communautaire de Minova  

 

Toujours dans le développement des outils techniques collaboratifs, après le diagnostic participatif, voici le Plan d'Action Communautaire (PAC) élaboré avec le même groupe de travail : Le "Qui Fait Quoi" des acteurs en présence...


Le voici mis en forme.

La colonne du milieu identifie les organisations de la communauté qui sont invitées à prendre en charge les différentes actions citées. Si elles s'y engagent, ATEDD leur apportera des moyens.
Ainsi, il s'agit bien du Plan d'action de la Communauté soutenu par ATEDD et non pas du plan d'action du projet ATEDD. Ce PAC est approuvé par les chefs coutumiers, qui incitent la population à le mettre en œuvre.

La démarche vise à ce que ce Plan se prolonge au-delà même de la fin du projet. Car la plupart des actions n'auront un résultat qu'à moyen ou long terme. Quand on plante des arbres, il faut les entretenir.
L'aménagement des rivières ne peut pas non plus se faire en quelques semaines et, surtout, suppose ensuite que l'entretien soit régulier.
 

logo ATEDD

PLAN D'ACTION COMMUNAUTAIRE DE MINOVA

PAC 1 Reb.&Energies

 

VECTEUR 2 site Amén et prév.

 

VECTEUR 3 AGRI Site 

 
Mis à jour le 03/06/2022
ATEDD : Rapport sur le diagnostic participatif à Minova

ATEDD : Rapport sur le diagnostic participatif à Minova  

 

 

Le 25 Mai 2022 dans le village Minova, dans la salle du Parlement des jeunes s’est tenue la réunion de lancement du diagnostic participatif qui va durer deux jours.

25 personnes y ont participé de catégorie différente notamment : les agronomes, les représentant des confessions religieuse, les représentants des op, les représentant de la jeunesse, les agronomes du groupement, un membre de la société civile, les gens de service de l’environnement, les agents de la CARG (Conseil Agricole Rural de Gestion), les agriculteurs et les concessionnaires. On signale que les femmes y étaient moins représentées. L’objectif est d’analyser les causes des problèmes traités dans l’Action Territoriale pour un Développement Durable au Kivu (ATEDD-Kivu) et d’élaborer un Plan d’action communautaire (P.A.C.).

 

Ces problèmes sont :

- Les rivières qui débordent, causant des morts, emportant des maisons et des terrains,
- L’érosion qui cause des éboulements et entraîne la bonne terre vers le lac,
- Le déboisement qui met les collines à nu et prive la population de ressources en bois,
- L’agriculture non rémunératrice et destructrice de la fertilité des sols,

 

Le lancement a été fait par le représentant du Chef de Groupement, le Secrétaire du groupement de Buzi, M. Jean Paul.

Il a exhorté les participants à s’approprier le projet en faisant part de leur connaissance des problèmes et en émettant des idées sur les actions à conduire.

 

Diag participatif Minova photo 1      DIAG PARTICIPATIF mINOVA 2    > Enregistrement Equipe au travail 

Photo 1 : L'atelier de Minova. A gauche Michel Tissier, à son côté Delphin conducteur des activités Diagnostic participatif à Minova et assis le représentant de la chefferie.  

Photo 2 : Un groupe de l'atelier, au travail.

3 - Enregistrement de l'équipe au travail

 

Michel, représentant du Réseau international pour une économie humaine (RIEH), est intervenu au nom du Consortium qui a monté le projet et qui comprend également CADRE, la Fondation MATENDO, la coopérative MUUNGANO et le CEREIAD, centre de recherche rattaché à l’Université Catholique de Bukavu.

Il a expliqué qu’ATEDD ne vient pas apporter les solutions, mais soutenir la communauté pour qu’elle mette en œuvre ces solutions. Le projet apportera des moyens pendant les neuf mois qui viennent, mais les actions engagées devront continuer au-delà, sous la conduite du Comité de pilotage et avec le soutien des autorités. Les organisations du Consortium continueront à accompagner la communauté et à chercher avec elle des ressources pour poursuivre la mise en œuvre des actions du Plan.

Ces actions doivent se prolonger jusqu’à ce que les résultats soient atteints : les rivières ne débordent plus, il n’y a plus d’éboulements, les collines sont reboisées, la population peut cuisiner et construire ses logements tout en gardant les arbres, les paysans peuvent vivre décemment avec les revenus agricoles et la fertilité des sols est restaurée.

 

Héritier, coordinateur du Groupe local du RIEH, s’est engagé à ce que ce groupe local soutienne ATEDD.

Germain, le Président du Comité de pilotage d’ATEDD, a expliqué que ce comité adoptera le Plan d’action communautaire et fera le suivi de sa mise en œuvre avec l’appui de l’équipe projet et en particulier de Delphin, Superviseur d’ATEDD à Minova et Bweremana.

 

Quatre groupes se sont mis activement au travail.

 


déboisement 2

THÈME 1 : DÉBOISEMENT

Les arbres ont presque tous disparu des collines et des hauts-plateaux.

 

CAUSES

La cause principale est que la population coupe les arbres pour avoir du bois de chauffage ou pour construire les maisons sans en replanter ou sans respecter le temps nécessaire pour que les arbres repoussent.

L’arbre est une ressource à gérer sur le long terme alors que la population a des besoins à très court terme.

La famine et la pauvreté poussent les gens à utiliser le bois en urgence, sans penser au renouvellement des plantes et des arbres.

 

Ce problème est renforcé par :

- La croissance démographique du fait des naissances et de l’afflux des personnes déplacées. Cela incite à la déforestation pour avoir plus de terres cultivables et cela accroît la demande en bois de chauffage et en bois de construction ;
- L’absence de sensibilisation de la population sur la nécessité de bien gérer les arbres et de sauvegarder les forêts. Elle ignore la législation foncière en la matière ;
- Les maladies qui font dépérir les arbres ;
- La divagation des animaux d’élevage qui mangent les plantules et feuilles ;
- Beaucoup de terres appartiennent à des concessionnaires qui ont coupé les arbres au profit d’exploitations.

 

A cela ce sont ajoutés des pratiques malheureuses :

- Le projet ECOmakala* a encouragé la population à produire beaucoup de charbon de bois, sans replanter des arbres.
- Les agents de l’État font payer des taxes aux propriétaires des arbres.
- Pendant un temps, il fallait couper les arbres et éliminer la brousse, pour empêcher les voleurs de s’y cacher.
- Des projets ont incité la population à couper des arbres pour planter des bananiers.

 

CONSEQUENCES

  • L’absence des arbres accélère le changement climatique,
  • Les terres sont lessivées, l’érosion des terres s’accroît,
  • Les inondations sont plus fréquentes,
  • Le budget familial est très sollicité pour l’achat de bois, venu d’ailleurs,
  • La population est exposée aux risques d’asphyxie en cas de dégazage dans le lac Kivu.

 

  • Les endroits où planter les arbres :

- Sur les collines,
- Dans les champs,
- A côté de la route,
- A côté des rivières,
- Au bord du lac,
- Sur les limites de nos champs et nos parcelles,
- Dans les concessions des écoles,
- Dans les concessions des églises.

 

  • Espèces d’arbres à planter :

- Sur les collines : Eucalyptus, Bambou, Roseau ;
- Dans les champs : Les arbres fruitiers comme : Acacia, Flamboyant (Mutoro en lange locale), Grevillea ;
- A côté des rivières : Les bambous, les roseaux ;
- Dans nos parcelles et à côté de la route : Les arbres fruitiers (avocatier, manguier, goyavier, organier, …), les arbres d’ombrage.

 


 

Agriculture 2

THÈME 2 : AGRICULTURE

L’agriculture ne permet pas aux paysans de vivre dignement et les méthodes pratiquées dégradent les sols.
L’agriculture ne donne plus de bons rendements.

 

CAUSES

- Manque de terres à cultiver,
- Mauvaises pratiques culturales,
- Non-respect de la rotation des cultures,
- Non-respect du calendrier cultural, 
- Manque de semences améliorées,
- Manque d’arbres fertilisant dans nos champs et plantations,
- Les érosions dans nos champs,
- Divagation des animaux dans nos champs,
- Les maladies qui attaquent nos plantes,
- Non accompagnement par les services habilités de l’Etat.

 

Les problèmes se sont aggravés depuis 1994-1995 avec l’arrivée des réfugiés en provenance du Rwanda : manque de champs et de plantations à cultiver, abattage des arbres.

 

 


 

EROSION

THÈME 3 :  ÉROSION

 

CAUSES

- Le changement climatique, le vent
- Le déboisement de nos collines et de nos champs
- L’ignorance de la population
- Non-respect des conditions culturales
- La population ne plante pas les arbres.
- Non-respect de l'environnement, la population cultive sur les lieux accidentés.
- Constructions anarchiques
- Destruction par la population des espaces verts dans la zone
- Les résidus des plantés récoltés et autres saletés sont jetés dans la rivière
- Les plantes non adaptées au milieu
- Manque des semences des arbres et autres plantules qui peuvent soutenir le sol
- L’État congolais ne fait pas son travail pour la protection de l'environnement.

 

Les emplacements sur lesquels les érosions son observées :

Minova / Katale
Buganga / Camp buganga
Marangara
Mubimbi / Chez Muleherwa

 

CONSEQUENCES

  • Mort d'hommes,
  • Démolition des maisons,
  • Destruction de nos plantes, nos champs, nos plantations, nos infrastructures …
  • Mort de nos animaux,
  • Disparition des biens des ménages,
  • La pauvreté,
  • La famine,
  • Qu’est-ce que la population fait en cas de problème d’érosion,
  • La délocalisation de la population sur l'endroit accidenté,
  • Nous ne faisons rien par manque d'argent, des semences pour lutter contre ces éboulements ou érosion.

 

 

RIVIERES

THEME 4 : RIVIÈRES  

 

CAUSES :

La construction anarchique des maisons et l’exploitation des champs par la population, (non-respect de la limite des 10 mètres de rive),
La pratique des cultures au bord des rivières, et la coupe d’arbres au bord des rivières,
Le rejet des déchets, morceaux d’arbres, et tous autres résidus dans les rivières.

 

Les rivières touchées par les débordements sont entre autres :

  • La Rivière NYAMUKANGA   à BUGANGA
  • LULUNGA à KALUNGU / ces deux rivières se jettent dans la rivière MUBIMBI et augmentent le risque de débordement des eaux.
  • Les rivières GOKWE et BUGAKA à KALUNGU,
  • Les rivières   KABUNO et CHUNGIRI à Minova centre.

 

CONSEQUENCES :

 

Les conséquences graves du débordement des eaux des rivières sont :

- Pertes de vies humaines,
- Des maisons détruites et des plantes emportées par des eaux,

- Des produits des champs détruits et emportés par des eaux des rivières,
- Des bétails, volailles et autres élevages emportés par les rivières,
- La coupure de communication et circulation entre communautés à cause des eaux de rivières débordées,
- La famine explose dans la communauté car tous les champs sont détruits et les plantes emportées par les eaux des rivières,
- La population tombe dans la pauvreté.

 

MOYEN D’ALERTE :

Normalement il n’y a pas de moyen d’alerte quand il y a de telles catastrophes, c’est lorsque les dégâts sont déjà là que les gens découvrent qu’il y a un problème.

 

QUE FAUT-IL FAIRE POUR INFORMER LA POPULATION QU’IL Y A RISQUE DE DÉBORDEMENT DES RIVIÈRES ?

Pour que la population sache qu’il y a danger causé par le débordement des rivières, il faut instaurer un système d’alerte communautaire. Ceci implique la mise en place d'outils spécifiques comme par exemple : La sirène, les médias locaux, des moyens de communication téléphonique,...

 

BAENI  KABIONA Delphin, 

Conducteur des  activités Diagnostic participatif dans le village de Minova.  

 

 

 

 

 

(*) Projet ECOmalaka
Afin de protéger les ressources naturelles du Parc des Virunga et l’habitat du gorille, tout en soutenant les besoins des populations locales, le WWF-Belgique et ses partenaires ont mis sur pied en 2007 un projet innovateur de reboisement. Ce projet, intitulé ECOmakala, consiste à produire du charbon de bois durable, « l’éco-makala », dans les zones périphériques du parc.

 


DELPHIN BAENI KABIONA  BAENI KABIONA Delphin a 36 ans, marié et père de 3 enfants.  Licencié en Développement Rural depuis 2010 à l'Institut Supérieur de Développement Rural de Grand Lacs ISDR/GL, il habite en République Démocratique du Congo dans la Province du Nord Kivu, Ville de Goma, Commune de Karisimbi.

Nommé superviseur de l’Axe MINOVA – BWEREMANA dans le cadre du Projet ATEDD, pour le compte de la Fondation MATENDO. Il est également conducteur des  activités Diagnostic participatif, dans le village de Minova.  

 

 
Mis à jour le 31/05/2022

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Le diagnostic participatif, une étape essentielle d’ATEDD

Le diagnostic participatif, une étape essentielle d’ATEDD  

 

 

Du 11 au 14 mai 2022 a été conduit à Bweremana, un des villages d’intervention  d’ATEDD, un diagnostic participatif.

 

Pour le préparer, une équipe d’animateurs a été formée pendant deux jours par Big John, un praticien expérimenté du diagnostic participatif. Elle était composée de l’équipe projet d’ATEDD, des animateurs locaux, d’une consultante de CADRE, spécialisée dans la gestion des conflits, de membres du Comité de pilotage du village, de professeurs venus d’instituts et d’université de Goma.

 

Des invitations avaient été envoyées à des personnes considérées comme des informateurs-clés sur les quatre problèmes traités par ATEDD : les crues des rivières ; les érosions ; le déboisement ; une agriculture non restauratrice et non rémunératrice, avec un thème transversal : les conflits liés à ces problèmes.

 

Se sont ainsi rassemblées vers 9h du matin plus de 120 personnes, car la nouvelle avait aussi circulé par le bouche à oreilles et même les personnes qui n’avaient pas d’invitation pouvaient participer. Parmi les 120 participants il y avait des personnes vivants avec handicap, les jeunes qui étaient presque majoritaires, les femmes, les confessions religieuses, les OSC, les services publics de l’état (agronomes, environnement, développement rural) ; les ONG nationales, les pépiniéristes, les autorités coutumières, les animateurs du projet, les membres du comité de pilotage qui sont restées jusqu’à la fin de la séance. Le local qui a abrité les séances était prêté gratuitement par une Eglise locale.

 

Le chef de groupement, chef coutumier, a introduit le débat, en swahili bien sûr, en insistant sur la gravité de la situation : « si on ne fait rien, toute la terre fertile va descendre des collines pour se retrouver dans le lac et la région deviendra inhabitable. Nous sommes nés ici et nous voulons que nos enfants puissent toujours y vivre ». Il a ajouté que suite à ce projet, les populations seront sensibilisées sur l’importance des arbres et la loi sur l’environnement sera vulgarisée. Il sera soit exigé de toute la population de planter les arbres et une personne qui coupera un arbre devra en planter cinq.

 

Michel est ensuite intervenu pour présenter les cinq organisations qui animent ATEDD et insister sur le fait qu’ATEDD ne vient pas apporter la solution aux graves problèmes soulevés, mais soutenir l’action que la communauté va conduire pour les traiter. En traduisant, Jean-Louis, le chef de projet, explicite encore davantage : ATEDD n’est pas un projet, c’est une action territoriale, on peut dire aussi communautaire, pour arriver à des résultats qui améliorent de manière durable la vie de la communauté sur les quatre enjeux traités. Cette action se prolongera même quand ATEDD n’apportera plus son soutien.

Il explique aussi l’objet du diagnostic participatif. Permettre à la population de donner les informations utiles, d’analyser les causes des problèmes et de proposer des solutions.

 

L’assemblée est alors répartie en cinq groupes :

  • L’un raconte l’histoire du village par rapport aux rivières, aux arbres et à l’agriculture.
  • Un autre dresse la carte du village en situant tous les endroits importants.
  • Un autre établit la carte sociale de toutes les organisations existant dans le village avec leur action et leur interaction.
  • Un autre analyse les problèmes de l’agriculture au travers de l’établissement d’un calendrier saisonnier.
  • Le dernier décrit et analyse les conflits qui surgissent à cause des problèmes dans les quatre domaines traités.

 

Le lendemain les 5 groupes entreprennent un « Transect ». Il s’agit d’une marche d’observation dans le village, d’une durée d’environ deux heures, pour noter et photographier tous les signes par lesquels les problèmes traités se manifestent. Chaque groupe se consacre à un enjeu : les rivières, l’érosion (les éboulements), le déboisement, l’agriculture, les conflits.

 

Le troisième jour, les animateurs se retrouvent pour faire la synthèse des 5 groupes du premier jour et des 5 groupes du second.

 

L’ensemble est restitué le dernier jour lors d’une nouvelle assemblée communautaire rassemblant une centaine de personnes. Cette restitution se poursuit par des propositions de plan d’action sur chacune des thématiques en indiquant qui a la responsabilité de mener l’action. Toutes les propositions proviennent des participants et sont notées après d’éventuels amendements.

 

Elles constituent la première version du Plan d’action communautaire (PAC). Celui-ci a été ensuite précisé lors d’une réunion qui s’est tenue le 23 mai avec le comité de pilotage, les acteurs-clés. La nouvelle version fera l’objet de contacts bilatéraux avec les autorités locales, les services de l’Etat compétents pour les quatre domaines concernés, les responsables confessionnels. L’équipe d’ATEDD précisera les actions qu’elle prendra en charge et les moyens qu’elle apportera pour contribuer à la mise en œuvre du PAC.

 

L’ensemble sera présenté lors d’une grande assemblée communautaire, présidée par les autorités locales, qui se tiendra en juin.

 

Jean-Louis Mbusa, Chef de projet d’ATEDD

Expert en gouvernance Participative, Goma-Nord KIVU / RDC.

 

Crédit Photos de Jean-Louis Mbusa / RIEH​

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Figure 8 -  Diagnostic participatif : au bout du transect  : la forêt dévastée par les eaux !

 

VISITE TERRAIN 7

 
figure 1 - L'accueil des 120 invités dans une église locale prêtée pour l'occasion
visite terrain 1
 
figure 2 - Le chef  coutumier introduit le débat en swahili en insistant sur la gravité de la situation
visite terrain 2
 
Figure 3 - Le Secrétaire exécutif du RIEH  explique l'action territoriale du projet ATEDD
visite terrain 5
 
figure 4 - Le diagnostic participatif passe par le terrain et  l'observation
VISITE TERRAIN 3
 
figure 5 - Les dégâts ont dévasté le paysage, Exemple d'un glissement de terrain...
VISITE TERRAIN 4
 
figure 6 - Un groupe au travail

un groupe au travail

 

figure 7 - Retour de diagnostic  Synthèse des groupes

VISITE TERRAIN 6

 
Mis à jour le 30/05/2022

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Billet d'humeur : Rencontre opportune au Royaume de Buzi...

Billet d'humeur : Rencontre opportune au Royaume de Buzi...  

 

photo de la Mwamikasi avec Michel

 

Dans le petit hôtel simple mais bien tenu où je séjourne à Minova, j’ai été surpris de voir une policière en faction postée dans le hall. J’ai compris pourquoi, quand une femme majestueuse, qui étais de passage à l’hôtel et que j’avais simplement croisé depuis le dimanche, m’a demandé de lui parler...

 

Elle m’a présenté une carte de visite impressionnante : 

 

carte de visite de la mwamikasi

 

 

Le Mwami est le chef de chefferie, appartenant toujours à la famille régnante, qui est l’autorité coutumière locale.

La Reine Safi Sangara exerce la fonction de Mwamikazi, car elle était l’épouse du Mwami décédé et leur fils réside à l’étranger. Elle exerce donc, une sorte de Régence, en tant que Reine-Mère.

La République Démocratique du Congo a fait de la chefferie un échelon administratif décentralisé, à la fois enraciné dans le droit coutumier et intégré dans les structures de l’Etat moderne.

Le Mwami, et dans le cas présent la Mwamikazi, bénéficient ainsi d’une double légitimité, coutumière et républicaine. La chefferie perçoit certaines taxes, peut décider d’en instituer des spécifiques, elle dispose de services.

C’est donc un personnage incontournable si on veut comme ATEDD animer une action de développement local qui soit durable.

Sa Majesté n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler ses prérogatives.

Elle doit, selon la loi, connaître et autoriser toute action qui se mène sur son territoire.

Heureusement les organisations congolaises du Consortium d’ATEDD ont fait dès l’origine ce qu’il fallait et la chefferie et le groupement ont été informés aussi bien du projet Charbon vert que du projet ATEDD.

La veille encore j’avais été me faire enregistrer avec le chef de projet par les services du Groupement.

 

Mais la Mwamiza a reproché vivement à ses services de ne pas l’avoir informée.

Je me suis bien sûr empressé de lui donner toutes les informations et elle s’est montrée très intéressée.

Elle a demandé à recevoir des rapports réguliers sur l’avancée des projets.

 

Elle devrait présider les prochaines assemblées communautaires qu’ATEDD organisera.

Jean-Louis Mbusa, le chef de projet d’ATEDD, n’était pas présent, mais Héritier Kissoho, le coordinateur du Groupe local du RIEH à Minova a pu intervenir et se faire reconnaître. Il considère que cela l’aidera dans les démarches ultérieures qu’il aura avec les autorités.

 

Ces chefs traditionnels ont une réelle autorité. Quand ils demandent quelque chose à la communauté, ils sont écoutés. On ne peut pas opposer la communauté et ces chefs traditionnels. Ils font partie de la communauté.

 

Pour que notre projet réussisse, il faut que l’Action territoriale pour un Développement durable au Kivu soit la leur, non seulement qu’ils l’acceptent, mais qu’ils y participent.

 

 

Michel Tissier, Minova ce 24 Mai 2022

 
Mis à jour le 27/05/2022

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Le projet ATEDD enquête pour mesurer les progrès effectués...

Le projet ATEDD enquête pour mesurer les progrès effectués...  

 

Afin d'estimer le niveau des indicateurs sélectionnés pour le projet d'Action Territoriale pour le Développement Durable au Kivu (ATEDD-Kivu), une étude de base a été lancée.

 

Elle vise à préparer la mise en œuvre de l'intervention des activités du projet pour permettre de mesurer les progrès réalisés au regard d'une situation de départ connue.

 

Cette étude a été réalisée par le CEREIAD, Centre Régional d'Etudes Interdisciplinaires Appliquées au Développement Durable, rattaché à l'Université Catholique de Bukavu et membre du Consortium ATEDD.

 

luc

Luc CIMUSA KULIMUSHI

 

Luc, 30 ans, est expert en études environnementales et chercheur au centre CEREIAD-UCB.

Dans le cadre du projet ATEDD, il joue le rôle de référent environnemental.

Il a un grand intérêt et une grande passion pour la recherche scientifique dans son ensemble, notamment sur la dégradation des terres, la gestion des risques de catastrophes, l’aménagement des bassins versants, l'hydrologie et le changement climatique.

Il a publié de nombreux articles scientifiques dans des revues internationales de renom, dont vous trouverez les détails ici.

https://scholar.google.com   / citationsuser=ek8uay

0AAAAJ&hl=fr

 

 

 

Glissement de terrain à Bushushu avant

Glissement de terrain à Bushushu. (avant)

 

 

GLISSEMENT DE TERRAIN A bUSHUSHU

Glissement de terrain à Bushushu. (après)

 

Cette étude s'est concentrée sur les ménages en caractérisant leurs profils socio-économiques, en évaluant leur implication dans la gestion des risques de catastrophes, en comprenant leurs pratiques agricoles en général, mais surtout en évaluant leurs engagements en tant que communautés sur différentes questions. Cette enquête a eu lieu du 6 au 19 avril 2022 et s'est concentrée sur les villages d'intervention du projet, à savoir Bushushu, Kiniezire et Minova dans le territoire de Kalehe dans la province du Sud-Kivu et Bweremana dans le territoire de Masisi dans la province du Nord-Kivu.

La méthodologie utilisée était basée sur un échantillonnage aléatoire simple, et la distribution géographique était représentative (bas et hauts plateaux) car les villages ont été subdivisés en sous-villages, et tous ont été inclus dans l'échantillon.

L'enquête a impliqué la participation de 400 ménages composés de plus d'hommes que de femmes, pour la plupart mariés, avec une tranche d'âge de 25 à 39 ans, issus de leurs villages respectifs (environ 30% de déplacés), et dont la majorité n'a fréquenté que l'école primaire. L'agriculture est la principale source de revenus de ces ménages, avec un revenu mensuel moyen estimé à 60 $ cogéré par l'homme et la femme. Les ménages ont une taille moyenne de 8 personnes, dont au moins 5 sont des enfants de moins de 16 ans et environ 3 sont des adultes de plus de 16 ans.

Les résultats ont révélé que les catastrophes naturelles sont plus fréquentes mais à des intensités différentes. Les plus dangereuses en termes de pertes de vies humaines et de dommages matériels sont les inondations et les glissements de terrain (éboulements). Le niveau de vulnérabilité au niveau des villages est également diversifié, bien que tous enregistrent des cas d'inondations et de glissements de terrain. En haut de l'échelle de vulnérabilité se trouvent Bushushu, ≥Bweremana >Minova et en bas Kiniezire. Cette vulnérabilité est principalement le résultat de la forte exposition aux inondations dans les zones inondables ainsi que la topographie accidentée sujette aux glissements de terrains qui conduisent aux éboulements.

Il n'existe aucun plan de gestion des catastrophes dans tous les villages, aucune politique gouvernementale visant à réduire les risques et aucun système d'alerte précoce malgré le niveau de vulnérabilité de ces villages. En outre, la majorité des personnes interrogées ont déclaré que rien n'est fait au niveau local pour faire face à ces catastrophes en raison du manque de coordination, d'organisation et de prévention, ce qui est évident puisque 97% ont déclaré qu'ils obtiennent des informations sur les catastrophes après qu'elles se soient produites, et parfois à travers de rumeurs dans la communauté, comme l'ont déclaré 87% des personnes interrogées.

La superficie occupée par les forêts a considérablement diminué au fil des ans et aucun effort n'est fait pour inverser la tendance, et les communautés ne sont pas suffisamment informées des effets négatifs de la déforestation. Les ménages (100%) n'utilisent que la combinaison du bois de chauffage et des braises pour la caisson, c’est qui augmenterait la pression sur les ressources forestières, et d’ailleurs, la majorité (50%) ne connaît pas d'autres sources d'énergie alternatives d'où la nécessité de fortes sensibilisations.  

Les ménages ne connaissent pas les pratiques agroécologiques, peut-être en raison du manque de vulgarisation comme l'indiquent environ 71% des personnes interrogées, alors qu'ils pratiquent l'agriculture de colline et de petite montagne, ce qui a entraîné la baisse signalée de la fertilité du sol en raison de l'érosion et d'autres facteurs. La majorité des ménages (près de 64%) cultivent sur des parcelles de moins d'un demi-hectare et pratiquent l’association de cultures pour diversifier la production. Il convient de noter que la rotation des cultures n'est pas pratiquée dans ces zones. Les cultures les plus courantes sont: Le manioc, les haricots, le café et le maïs.

La majorité des répondants (54%) sont membres d'une association quelconque, mais ils déclarent également ne pas recevoir d'aide ou de soutien de la part des organisations. Ils souhaiteraient être formés dans divers domaines, notamment l'amélioration de la production agricole, la gestion des risques de catastrophes, l'organisation d'une association d'épargne et de crédit et la gestion des conflits. Les conflits fonciers restent les plus courants, comme l'indiquent près de 70 % des personnes interrogées, et la majorité d'entre elles ont eu à participer plus de deux fois à des séances de sensibilisation à la résolution pacifique des conflits.

Il n'existe pas de plan de développement local dans tous les villages interrogés, alors que les communautés souhaiteraient voir dans ce plan les secteurs prioritaires pour le développement de leurs villages, les infrastructures prioritaires, etc. La majorité des personnes interrogées ont également indiqué qu'il n'y a pas de séances de sensibilisation ou de réunions communautaires organisées dans leurs villages respectifs.

Ces lignes représentent en gros les résultats préliminaires de l’enquête, mais le rapport complet sera partagé dans les prochains jours..

 

 

Image1 enquête Luc

 

  Image2 Enquête Luc  Image3 Enquête Luc

 

De haut en bas et de gauche à droite :

Figure 1. Absence de la courveture végétale et mauvaises pratiques agricoles dans le sous village Ndumba du village Bweremana.

Figure 2.Figure 2. Des salles des classes abandonnées suite à la submersion due aux crues régulières de la Rivière Mweya.

Figure 3. Eboulement des terres sur les berges de la rivière Renga.

 
Mis à jour le 20/05/2022

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Billet d'humeur de Michel en Afrique

Billet d'humeur de Michel en Afrique  

 

Michel TISSIER à de nouveau repris son sac à dos, appelé par le projet ATEDD.  Tout en se promenant dans les rues de Bweremana en RDC, il tombe nez à nez sur cette fresque peinte au mur. Inspiré il nous raconte...

 

bweremana egalite equité

En marchant dans les rues de Bweremana, une bourgade située sur la côte ouest du lac Kivu, je découvre ce panneau d’information.

C’est d’abord le titre qui attire le regard et je me dis qu’il est étrange de vouloir présenter dans ce village où chaque personne se démène pour gagner le peu d’argent qui la fait vivre très péniblement la différence subtile entre deux concepts bien formels.

Puis je vois le dessin et je me dis que l’illustration est excellente pour expliquer cette différence. Un coup de chapeau au concepteur. A nous d’être aussi habile pour expliquer l’économie humaine, qui est une notion bien abstraite pour les personnes qui l’entendent pour la première fois.

Il y a là sans doute la trace d’un de ces nombreux projets portés par des ONG ou de grandes institutions internationales. Un projet de sensibilisation sur l’égalité de genre vraisemblablement. On rencontre beaucoup de panneaux de ce type dans les villages ou sur les routes. Chaque « projet », chaque bailleur veut laisser une trace de son passage. Mais qu’en reste-t-il vraiment dans les têtes et dans le cœur des passants ? Déjà la peinture est défraîchie et bientôt le panneau sera illisible. En fait, une part très importante des « politiques publiques » en RDC est ainsi prise en charge par les ONG, le plus souvent internationales. Pour être sûr d’avoir des participants aux ateliers de sensibilisation ou de formation qu’elles organisent, elles leur distribuent un petit pécule. Les projets succèdent aux projets, les panneaux et les pancartes s’accumulent. Mais les situations ne changent pas. A nous de savoir mieux faire. Ne laissons pas de panneaux ATEDD. Mais que les Plans d’action communautaires lancés avec ATEDD continuent d’être mis en œuvre.

 

Michel Tissier, billet du Kivu, 15/05/2022

 
Mis à jour le 15/05/2022

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L’équipe d’ATEDD rencontre le Directeur Général de l’AFD et l’Ambassadeur de France en RDC

L’équipe d’ATEDD rencontre le Directeur Général de l’AFD et l’Ambassadeur de France en RDC  

 

Une rencontre stimulante

photo groupe 30032022

Le mercredi 30 mars le consortium du RIEH qui pilote l’Action territoriale pour un Développement Durable au Kivu (ATEDD, voir ) a rencontré à Bukavu le Directeur Général de l’AFD, Rémy Rioux, accompagné de l’Ambassadeur de France en RDC, François Pujolas. L’AFD est le financeur du projet par l’intermédiaire du FID, Fonds d’innovation pour le Développement.

 

Notre délégation, forte de 7 membres, comprenait outre moi-même, Gilbert, de la Fondation Matendo qui préside l’instance de pilotage d'ATEDD, Célestine et Godefroid de CADRE, les profs Aimé et Dieudonné du CEREIAD et Daniel de la Coopérative agricole Muungano.

Etaient aussi conviés à cette réunion quatre autres organisations recevant des financements de l’AFD. En attendant l'arrivée de la délégation officielle, les invités ont pu échanger entre eux,  occasion pour nous de présenter l’approche de l’économie humaine et le RIEH. Trois organisations ont manifesté leur intérêt et deux d’entre elles ont déjà adhéré.

 

 

photo banderole avec FID

 

Comme vous le voyez sur la photo, notre banderole était bien visible dans la salle de réunion, car nous avions pris soin d’arriver à l’avance. 

 

La réunion a duré plus de deux heures, signe qu’elle n’a pas été purement protocolaire.

En effet, dès son introduction, Rémy Rioux s’est déclaré là d’abord pour écouter afin de connaître la réalité des problèmes et des actions menées par les participants.

 

Gilbert a donné la parole aux membres de notre délégation.

Godefroid a présenté le problème du gaz carbonique contenu dans les eaux du lac Kivu et qui menace d’exploser. Pour prévenir ce risque, il faut planter des arbres sur les rives et c’est une des actions que va permettre ATEDD.

Le prof Aimé a décrit le problème des rivières dont les crues sont destructrices et meurtrières et le prof Dieudonné celui d’une agriculture insuffisamment rémunératrice et qui doit s’articuler avec la lutte contre l’érosion et restaurer la fertilité des sols.

Daniel a montré comment la culture du café, si elle est pratiquée selon les règles de l’agroécologie et intégrée dans les relations du commerce équitable peut être très rémunératrice pour les producteurs.

Célestine a plaidé pour que le développement durable soit aussi celui des femmes dont le rôle déterminant n’est pas reconnu et qui sont victimes de discriminations et de violences. En réponse à une question de Rémy Rioux,

Gilbert a montré comment ATEDD pouvait contribuer à l’action contre l’insécurité : en procurant des revenus aux jeunes tentés par l’enrôlement dans les groupes armés et en gérant les conflits entre les communautés liés à l’usage des terres et des forêts.

Pour ma part, j’ai souligné qu’ ATEDD n’est pas un projet à durée déterminée, portée par une ONG extérieure au territoire, mais une action qui s’inscrit dans la durée, portée par des organisations déjà présentes sur le territoire et qui y resteront. Ses résultats seront à mesurer à 5 ou 10 ans avec des rivières au cours maîtrisé et des rives plantées d’arbres, des collines reboisées, des pratiques agroécologiques généralisées, des paysans pouvant vivre décemment de leur travail. Et des communautés bien organisées avec les autorités locales pour maîtriser elles-mêmes leur développement.

 

La teneur des débats, nourris par les nombreuses questions du Directeur de l’ AFD, montrait clairement qu’ ATEDD, projet pilote, devait avoir une suite avec une phase d’extension à une zone plus vaste et une inscription structurelle dans les politiques publiques et qu'au-delà du financement du FID, il y a d'autres instruments de financement français auprès de l'Ambassade ou directement auprès de l'AFD.

 

Les autres organisations présentes ont parlé de leur action dans le domaine de l’apiculture, de l’autonomie des femmes – avec une très belle expérience de coopérative de café tenue par des femmes sur l’ ïle d’ Idjwi  et celle d’une association qui accompagne les femmes victimes de violences et les femmes entrepreneures – et dans celui de la santé.

 

Au passage Gilbert n’a pas manqué l’occasion de parler d’un autre projet pour lequel le consortium sollicite un financement de l’ AFD, celui de l’Indication Géographique Protégé « Café du Kivu ».pour lequel nos interlocuteurs ont motré un vif intérêt.

 

En conclusion, la directrice régionale de l’ AFD et l’Ambassadeur ont invité les participants à présenter des projets à l’ AFD et au Service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade. Nous ferons en sorte que cet appel ait des suites concrètes ! 

Le Directeur Général de l’AFD a conclu par des propos qui sonnent très bien à nos oreilles : l’ AFD, à côté de la coopération avec les gouvernements, veut développer l’appui aux organisations de la société civile. Elle veut accompagner un développement de bas en haut (bottom up).

- « Ne vous laissez pas arrêter par la complexité institutionnelle. Dîtes-nous ce que vous voulez faire et c’est à nous de trouver les procédures pour répondre. »

Il a monté de l'intérêt pour pour la coordination entre différentes actions en insistant sur la coopération inter-universitaire et Gilbert a proposé une collaboration étroite entre les universités et les actions de terrain.

Il a terminé par une belle formule :

- « Je ne crois pas aux projets mais aux acteurs qui se mettent en réseau. Pendant cette rencontre nous avons formé un réseau ».

 

Un moment de grâce, donc. Même si nous savons bien que les réalités administratives et institutionnelles vont continuer à s’imposer, il est rassurant de savoir que tout en haut de cette grosse machine qu’est l’ AFD, il y a une tête et un cœur.

Montrons-nous à la hauteur des attentes qu’il nous adresse.

 

Michel Tissier, Secrétaire international du RIEH, Hôtel Orchids à Bukavu, mercredi 30 mars 2022

 
Mis à jour le 02/04/2022

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PARTAGEONS LA RENCONTRE EN VISIO-CONFERENCE AVEC INHE - ASIE SRI-LANKA  

Rieh-Asie a organisé le mercredi 16 mars 2022, une rencontre en visio-conférence pour présenter la situation sociale, économique et politique à Sri Lanka, au regard de NAFSO, une organisation membre du Réseau, témoin fort de l'économie humaine dans la région.

Voici le rapport de cette rencontre, riche d'enseignement et un lien vers le diaporama exposé à cette occasion.

Des présentations sur d'autres régions d'Asie du sud-est,  (même format en distanciel), sont en préparation... nous serons évidement là pour en faire écho.

N'hésitez pas à laisser vos commentaires !

 

 

Être humain est d'autant plus vital que les êtres humains sont mis à l'épreuve ...

Pour la première fois, une réunion en ligne INHE-Asia avec une approche territoriale axée sur le Sri Lanka (NAFSO) s'est tenue le 16 mars 2022 (mercredi). Diverses questions ont été délibérées pendant près de deux heures et demie. Au total, 19 participants du Sri Lanka, de l'Inde et de la Thaïlande représentant 10 organisations différentes ont pris part à la réunion.

 

 

 

PRÉSENTATION

La réunion a commencé par le discours de bienvenue de M. L A Samy, coordinateur d'INHE-Asia.

Il a expliqué les raisons de l'organisation d'une telle réunion et a également remercié tous les membres de s'être joints à cette initiative dans un délai très court.

La parole a ensuite été donnée à M. Herman Kumara, responsable de la NAFSO-Sri Lanka, pour la première partie de la présentation du Sri Lanka. Cette discussion en ligne a été modérée par M. Sundara Babu Nagappan, secrétaire exécutif d'INHE-Asia.

 

 

 

LA SITUATION POLITIQUE ET ECONOMIQUE ACTUELLE AU SRI LANKA

guillemet vert   M. Herman Kumara a fait une mise à jour générale de la situation politico-économique actuelle au Sri Lanka. Tout en abordant les questions politico-économiques, il a expliqué que la plupart des Sri Lankais se trouvent actuellement dans une situation difficile, qu'ils soient agriculteurs, travailleurs dans les plantations, pêcheurs, jeunes, étudiants ou travailleurs industriels puis insisté sur le problème actuel de la sécurité alimentaire.

 

Récession dans l'approvisionnement de produits essentiels 

Le Sri Lanka traverse actuellement une grave crise alimentaire. Les pompes à essence sont à sec, ce qui oblige les gens à faire la queue pendant des heures. Les tensions liées à la pénurie d'approvisionnement ont donné lieu à des violences sporadiques. Des personnes sont mortes en faisant la queue pour acheter du carburant sous une chaleur étouffante. Les pénuries d'articles essentiels tels que le carburant, la nourriture et les médicaments obligent même les gens, en particulier les travailleurs journaliers, à fuir le pays. Le Sri Lanka est également confronté à une grave crise de l'électricité. (Pendant que la présentation de M. Herman se déroulait, nous avons eu une panne d'électricité pendant la réunion).

 

Face à une crise économique démesurée...

Même qu'un jour, avant cette réunion en ligne, le 15 mars 2022, des dizaines et des milliers de personnes se sont rassemblées dans la capitale Colombo et ont protesté contre l'aggravation de la crise économique.

Le taux d'inflation global actuel s'élevait à 17,5 %, le plus élevé depuis 2015. L'économie sri-lankaise dépend des importations pour les produits essentiels. Or, elle a épuisé ses réserves de change, et ne dispose donc pas de suffisamment de liquidités pour payer les importations.

 

Le problème n'a pas commencé en 2022. Grâce à des cycles d'emprunts répétés depuis 2007, le gouvernement sri-lankais a accumulé une dette d'environ 12 milliards de dollars. En 2018, il s'est à nouveau endetté de quelques milliards auprès de la Chine et de l'Inde. Le Sri Lanka a loué son célèbre port de Hambantota à la Chine. Alors que le pays empruntait de toutes parts, les investissements directs étrangers (IDE) au Sri Lanka, n'ont cessé de diminuer depuis 2018.

 

Le Sri Lanka dépend fortement des revenus du tourisme. En effet, le tourisme représente 10 % de son PIB. Mais les attaques terroristes qui ont frappé le pays en 2019 ont entamé son secteur touristique. Le tourisme a chuté de 50 % après les attentats du jour de Pâques. Et pour ajouter de l'huile sur le feu, avec la pandémie de COVID qui a frappé le monde, le tourisme au Sri Lanka a encore ralenti.

 

De nouvelles exonérations fiscales ont été introduites en faveur des riches et ce, immédiatement après l'élection du nouveau gouvernement en décembre 2019.

  • La réduction d'impôts pour les riches a entraîné une perte d'environ 500 milliards de LKR pour le Trésor public. Le gouvernement nouvellement formé essayait de plaire à ses partisans politiques avec cela. Ainsi, le déficit budgétaire a augmenté de façon importante.
  • Deuxièmement, un éminent ex-Auditeur général du Sri Lanka a mis en garde contre la situation de la richesse du pays. Les actifs dont nous disposions valaient 2 trillions de roupies sri-lankaises (LKR), tandis que les investissements valaient 12 trillions de LKR. Qu'est-il arrivé aux 10 trillions de roupies sri-lankaises restants ? Cela montre clairement le niveau de corruption dans le pays.
  • Troisièmement, un ancien secrétaire du ministère des finances a mis en garde sur la manière de maintenir le niveau des réserves en devises étrangères. Elles devaient être d'au moins 5 milliards de dollars américains. Cependant, au début du mois de janvier 2022, le gouvernement n'avait que 1,6 milliard de dollars en sa possession. Le gouvernement était censé rembourser des prêts d'une valeur de 600 millions USD avant le 14 janvier. Plusieurs experts économiques ont conseillé au gouvernement de négocier une prolongation du remboursement du prêt afin de donner un répit à l'économie. Le gouverneur et le ministère des finances n'ont pas écouté les experts et ont remboursé le prêt et finalement terminé la réserve de devises étrangères restante avec 500 millions USD. Il n'y avait donc pas assez d'argent pour acheter du carburant, des produits alimentaires essentiels, des médicaments et du gaz pour la consommation locale de base.

Les principales devises étrangères du Sri Lanka, proviennent des transferts de fonds des travailleurs nationaux, du tourisme, des exportations de pierres précieuses et de vêtements. Seule l'industrie du vêtement a survécu à la pandémie, alors que tous les autres secteurs se sont effondrés au cours des dernières années. Le pays n'a donc perçu aucun revenu. C'est ainsi que la crise actuelle s'est aggravée dans la société sri-lankaise.

 

Et des problèmes environnementaux écrasants

Il y a trois zones climatiques différentes dans le pays : humide, intermédiaire et sèche. Le Sri Lanka compte 103 bassins hydrographiques naturels. En outre, le Sri Lanka compte environ 30 000 réservoirs à petite échelle d'origine ancienne ou réservoirs villageois mineurs, dont la majorité a été construite entre le 3e et le 12e siècle avant J.-C. Les eaux souterraines sont la principale source d'eau, en particulier dans les zones rurales, et on estime qu'environ 72% de la population rurale dépend des eaux souterraines pour tous les usages domestiques.

Une détérioration de la qualité de l'eau a été signalée dans certaines rivières. La principale cause de pollution de l'eau dans les zones urbaines est le déversement de déchets domestiques et industriels et d'eaux usées non traitées dans les cours d'eau. Dans les zones agricoles, les produits agrochimiques sont les principaux polluants.

La contamination par les nitrates et les bactéries dans les eaux souterraines et de surface, principalement due à un mauvais assainissement et à des eaux usées non traitées ou insuffisamment traitées, les produits chimiques toxiques provenant des activités industrielles et agricoles, et l'eutrophisation des lacs/réservoirs, sont les principaux problèmes de la crise de l'eau.

L'expansion des activités d'extraction de sable a également affecté la qualité de l'eau des rivières, en augmentant la turbidité, en diminuant le débit de l'eau et en accélérant l'intrusion d'eau salée. L'intrusion d'eau salée accélérée par les activités d'extraction de sable a affecté l'approvisionnement en eau potable et les affaires judiciaires concernant l'extraction de sable ont augmenté ces dernières années.

La déforestation est l'un des problèmes environnementaux les plus graves au Sri Lanka. La couverture forestière en 2018 était de 30% et dans les années 1920, l'île en comptait 49%.

 

 

Sans compter une crise agricole à endiguer

Un projet massif de culture d'Aloe Vera est mis en œuvre sur un terrain de 102 000 acres dans le district d'Anuradhapura, principalement pour l'exportation. Cette immense terre a été donnée à la société avec un bail de 30 ans. Un autre terrain de 21 000 hectares a été donné à une société basée à Singapour, SLI Development, avec un bail de 30 ans pour la production de sucre et la culture de la canne à sucre. Selon l'accord, l'usine sucrière de Kantale et les terres voisines ont été données à la société. L'eau nécessaire à la culture devait provenir de Kalu ganga, un affluent de la rivière Mahaweli. L'accord autorise également la société à importer du sucre non purifié, à le purifier ici et à le réexporter. Cela se fera sans pratiquement aucune surveillance. Les gouvernements précédents ont également conclu des accords qui ont conduit à des monopoles, comme celui du blé, et ceux-ci n'ont eu que des effets négatifs sur la population locale. Quelques personnes en profiteront aux dépens du pays.

 

De tels projets mettent en péril la sécurité alimentaire, l'environnement et la vie agricole du Sri Lanka. La protection de l'environnement est liée à l'agriculture, à la terre, au développement et à tous les autres secteurs d'un pays. Il est important de prêter attention lorsque certaines décisions politiques prises par le gouvernement entrent en conflit avec une autre série de politiques.

 

Puis l’accent a été mis sur les questions de changement climatique. Classé comme le 4e pays le plus touché par le changement climatique en 2016, la grande majorité des catastrophes naturelles au Sri Lanka est le résultat des variations climatiques. Par conséquent, il est nécessaire de renforcer la préparation aux catastrophes et de mettre en place des interventions appropriées pour renforcer la résistance au changement climatique. Environ 50 % des 22 millions de citoyens du Sri Lanka vit dans des zones côtières de faible altitude à l'ouest, au sud et au sud-ouest de l'île, et sont exposés à une future élévation du niveau de la mer.

En termes de conditions météorologiques, le mois d'avril était censé être le plus chaud. Cependant, il pleut actuellement dans plusieurs régions. Le temps devait être sec. De tels variations climatiques affectent et endommagent les cultures saisonnières. Le Sri Lanka a perdu plusieurs quantités d'étangs de pêche, de terres agricoles, de couverture forestière, etc.

 

Un autre problème important est l'augmentation des monocultures au détriment du bien-être des populations locales. Le Sri Lanka est déjà connu pour ses monocultures comme le thé, le caoutchouc, le palmier, etc. L'introduction de plantations à grande échelle entraîne souvent un transfert de propriété des communautés locales vers de grandes entreprises privées. Les priorités ne sont pas les populations locales dans les monocultures. La sécurité alimentaire locale, la santé et les autres besoins sont finalement ignorés.

 

M. Herman s'est ensuite attardé sur la politique des engrais et des pesticides. Le plongeon soudain du Sri Lanka dans l'agriculture biologique a récemment provoqué un énorme désastre. Le Sri Lanka a interdit les engrais chimiques sans préparer les agriculteurs, ce qui a provoqué une flambée des prix des aliments et des pénuries. En avril 2021, le gouvernement a interdit l'importation de plus de 600 articles, dont des engrais chimiques et des aliments comme l'avoine, le lait de soja, les produits laitiers et le jus de pomme. Le gouvernement a invoqué des problèmes de santé chroniques généralisés et la destruction écologique due aux produits agrochimiques pour justifier cette interdiction. Le gouvernement a invoqué l'utilisation excessive de produits agrochimiques pour expliquer l'augmentation des affections rénales, des cas de cancer et des maladies non transmissibles.

Ces mesures gouvernementales mal planifiées ont ajouté à la misère des populations locales.

 

Il a également exprimé sa profonde inquiétude quant au rétrécissement des espaces démocratiques dans le pays. Les organisations de la société civile ont également besoin de motivation dans la situation actuelle. Le gouvernement utilise des lois draconiennes pour cibler les travailleurs de la société civile et des droits de l'homme. Plusieurs violations illégales des droits des militants de la société civile et des journalistes se poursuivent. Les initiatives de syndicalisation sont totalement à la traîne. Au Sri Lanka, où l'espace civique a été précaire en raison de son histoire de conflit ethnique violent qui a pris fin en 2009, deux événements récents ont réduit le champ d'action civique : les attaques terroristes du dimanche de Pâques et la déclaration d'urgence qui en a résulté, et l'arrivée au pouvoir du président Gotabaya Rajapaksa, tous deux en 2019. Au Sri Lanka, le règlement d'urgence donne au président le pouvoir d'interdire les processions et les réunions publiques.

 

Depuis janvier 2020, les décisions du gouvernement sont prises sans aucun contrôle du Parlement. La société civile sri-lankaise craint que le groupe de travail présidentiel n'étende le contrôle militaire à la vie civile. Elle peut abuser de son pouvoir pour réduire les voix dissidentes jugées nuisibles à l'existence libre et pacifique de la société. Le déploiement accru de personnel militaire aux côtés de la police et l'usage disproportionné de la force contre des manifestants pacifiques, comme on l'a observé récemment, sont également alarmants. Le Sri Lanka est le deuxième pays au monde pour le nombre de disparitions forcées. Par conséquent, la société civile vit dans la peur en raison de ces intimidations.

 

 

NAFSO PROPOSE DES MOYENS D' ALLER DE L'AVANT, POUR OUVRIR LA VOIE A UNE ECONOMIE HUMAINE

M. Herman a enfin mentionné certaines des réponses de NAFSO à ces défis.

NAFSO a lancé des unités de production autosuffisantes. Environ 1500 jeunes ont reçu une formation sur les jardins familiaux et chacun d'entre eux a bénéficié d'un soutien. Des graines et du compost ont même été fournis. La formation a été accordée pour l'autosuffisance. L'idée était de lutter en priorité contre la malnutrition et la faim. Mais les problèmes et le défi de la génération de revenus pour les jeunes demeurent.

Nous avons également des problèmes d'accaparement des terres dans l'est et le nord du Sri Lanka. Partout, les gens souffrent à cause de politiques défectueuses. Il n'y a pas de direction appropriée, pas de programme de bien-être. Il y a un manque de vision. Le gouvernement développe de nouvelles villes portuaires, des ports, et la construction de nouveaux aéroports internationaux mais il n'y a pas d'argent dans les coffres. Le gouvernement est en faillite. En tant que pays à revenu intermédiaire, le remboursement des dettes représente un défi de taille.

 

M. Herman a transmis la présentation à un autre fonctionnaire de NAFSO, M. Gamini Thilakaratne, pour qu'il la poursuive.

 

guillemet vert   M. Gamini a présenté un exposé en power-point intitulé " NAFSO & the paths and experiences of human economy ". Ce diaporama est accessible en cliquant sur ce lien.

Elle traitait de la situation politique et économique actuelle du Sri Lanka, du contexte de la crise actuelle, de la situation contemporaine, des défis nationaux auxquels NAFSO est confronté, de la manière dont NAFSO tente d'intervenir dans la production agricole et des autres contributions apportées par NAFSO.

 

Après la présentation de M. Gamini, M. Dulip, du district de Galle, dans la province du Sud, a fait part de ses expériences en langue cinghalaise, qui ont été traduites en anglais.

Selon M. Dulip, les jeunes de la région traversent une période très difficile. L'éducation est très compétitive pour eux. Ils doivent suivre le meilleur système éducatif pour obtenir une formation universitaire. Même trouver un emploi est très difficile pour eux. Ils ont besoin d'une influence extérieure pour trouver un bon emploi. Cette situation les rend très malheureux.

La disponibilité de drogues illégales et d'alcool et l'implication des jeunes dans cette menace est devenue un problème critique dans la région. Les jeunes dépensent au moins 50% de leur revenu durement gagné en drogues et en alcool. C'est un problème très difficile à gérer pour une agence de développement social.

Les familles de pêcheurs de la région peuvent gagner un revenu substantiel grâce au secteur de la pêche. Malheureusement, faute de consacrer leurs revenus à la jeunesse et à l'éducation de leurs enfants, les familles gaspillent leur argent en alcool et en drogues. Les agences de développement social ont du mal à protéger les jeunes et les enfants dans ces conditions. La NAFSO a élaboré un projet visant à sauver les aspects environnementaux du lagon de Rathgama, qui est une zone très précieuse dans notre district. Les groupes de jeunes et d'enfants de la NAFSO travaillent dur pour protéger l'environnement. Mais nous n'obtenons pas un soutien suffisant de la part des agents du gouvernement dans la région. C'est très décourageant pour nos groupes de jeunes.

Le système éducatif du pays est très mécanique. Il ne développe pas la personnalité équilibrée des jeunes. Les parents et le gouvernement encouragent les jeunes à suivre une éducation conventionnelle.

 

guillemet vert   M. Saman, originaire de Kurunegala, dans la province du Nord-Ouest, a également partagé ses expériences en langue cinghalaise, qui ont été traduites en anglais.

Selon M. Saman, le système éducatif du Sri Lanka est totalement dépassé. Il ne donne pas la bonne direction à la jeunesse de notre pays. Il rend les jeunes très compétitifs les uns par rapport aux autres et détruit les valeurs humaines. Malheureusement, les parents et les adultes font la promotion des valeurs éducatives actuelles. Cette situation rend les jeunes très frustrés. Les jeunes de nos régions deviennent également fortement dépendants des drogues. Les groupes de jeunes qui étaient avec NAFSO pour des activités de bien-être social s'éloignent des initiatives de NAFSO. Il est regrettable que les jeunes s'adonnent à ces drogues nocives et à l'alcool et qu'ils détruisent leur vie, alors que la société a besoin de leur aide pour développer des activités sociales productives. NAFSO avait lancé un programme de jardinage domestique avec 50 familles afin d'augmenter l'approvisionnement alimentaire des familles et d'améliorer leurs revenus. Toutefois, les volontaires ne reçoivent pas de soutien approprié de la part des agences gouvernementales compétentes. NAFSO a encouragé les jeunes et les femmes de la région à soutenir ces initiatives. Mais aujourd'hui, nous ne recevons pas l'aide que nous attendions des jeunes, car ils sont très impliqués dans les activités d'éducation compétitive.

M. Saman a également évoqué les attaques d'animaux sauvages contre l'agriculture et les habitations. Il y a également une crise de l'eau dans les zones agricoles. Il y a des problèmes liés à la migration et aux déplacements forcés. Ces dernières années ont également été marquées par un nombre élevé de suicides et de problèmes de dépression mentale chez les jeunes.

 

guillemet vert   M. Herman a finalement résumé la discussion par ses idées et ses réflexions.

Il a mentionné les nouveaux défis dus à l'économie actuelle, centrée sur le profit et non plus sur l'humain.

Les "grands" dominent, et les "petits" sont marginalisés.

Les initiatives de NAFSO sont très petites par rapport à l'ampleur du problème.

Les efforts de la société civile ne sont pas valorisés, ni reconnus.

L'économie néolibérale n'a rien à voir avec le bien-être des Sri Lankais ordinaires. Elle a divisé les sociétés en encourageant la compétition et l'individualisme. Elle a ruiné les coopératives et le travail d'équipe entre les gens. L'accent est toujours mis sur les grands marchés, la "petite échelle" est systématiquement mise à mal.

Cependant, le côté positif du COVID est qu'il a révélé la farce du "village global".

 

En conclusion, il y a un besoin urgent de commencer quelque chose de "nouveau". Il faut développer une sorte d'unités autosuffisantes. Il faut insuffler plus d'humanité dans la société et promouvoir une économie solidaire. C'est là que l'idée et la perspective de l'économie humaine deviennent significatives. 

 

guillemet vert   M.L.A.Samy (AREDS) Comment rendre visible le "petit" ? Nous devons y travailler davantage en utilisant la vision de l'économie humaine.

 

guillemet vert   Mme Farhana (HDO) a parlé de l'existence d'une situation similaire dans le centre du Sri Lanka et des activités de l'HDO. Elle a parlé des efforts de sensibilisation et de subsistance de l'HDO. Elle a également parlé du travail effectué après le tsunami, en particulier sur les femmes. Elle a également mentionné l'autonomisation locale par le biais des élections au conseil provincial.

 

guillemet vert   M. Nicholas (IRDS) a apprécié la présentation de la NAFSO. Il a remercié l'équipe pour l'opportunité d'apprentissage croisé. Il estime que cette initiative devrait être poursuivie et couvrir tous les territoires.

 

guillemet vert   Mme Naiyana (RTRC) a indiqué qu'une situation similaire existe également en Thaïlande. Les jeunes sont très dépendants des téléphones portables et de la toxicomanie. C'est une grande préoccupation pour la société civile de ce pays. Il est nécessaire de faire preuve de solidarité entre les pays et l'INHE pour relever ces défis collectivement.

 

guillemet vert   M. Murthy (PCDS) a mentionné les tensions liées aux problèmes côtiers entre les communautés de pêcheurs du Sri Lanka et du sud de l'Inde. Il s'est interrogé sur le rôle de NAFSO dans la résolution de ces problèmes.

Il s'inquiète également de la concurrence entre l'Inde et la Chine au sujet du Sri Lanka.

Enfin, la discussion s'est orientée vers le thème " Comment reproduire les bonnes pratiques ? " et " Comment promouvoir la visibilité et l'espace pour que les voix soient entendues ?".

Les gouvernements n'ont pas été cohérents, d'un côté ils harcèlent la société civile et de l'autre ils cherchent à soutenir la société civile dans la résolution des problèmes du pays.

 

Tous ont souligné l'importance de maintenir les dialogues, l'apprentissage croisé et le partage d'expériences. Il faut encourager de plus en plus le dialogue de peuple à peuple. De nouvelles propositions pour de nouvelles actions sociales ont également été formulées par tous. L'importance de la formation dans une perspective d'économie humaine a également été ressentie par tous les participants.

 

Enfin, il a été décidé que le processus se poursuivrait avec la deuxième présentation du Sri Lanka, à savoir HDO, et que des initiatives communes seraient élaborées collectivement par le biais de discussions et de dialogues.

 

CONTEXTE 

L'idée principale derrière cette initiative de rencontre INHE Sri Lanka est la suivante :

 

Nous, INHE-Asie,

 

1  - Œuvrons pour créer un environnement d'apprentissage croisé entre le Sri Lanka et le reste de l'Asie et du monde.

2  - Œuvrons pour promouvoir un processus d'universalisation par lequel NAFSO et d'autres membres de l'INHE du Sri Lanka obtiennent des contributions et des points de vue tant au niveau des idées que des actions, en particulier dans le cadre du développement de la personnalité entière de chaque personne et de tous les peuples.

3 -  Œuvrons pour renforcer la perspective d'une "économie humaine" avec de la vie, par opposition à l'économie néolibérale actuelle, inhumaine et sans vie.

4  - Œuvrons pour développer de nouvelles propositions par le biais d'un processus collaboratif mettant en évidence la différence entre croissance et développement, tout en ne laissant personne de côté.

 

Pour accéder au rapport original en anglais, cliquez sur ce lien.

 

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Mis à jour le 02/04/2022

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Un changement porteur d'avenir pour le RIEH :  Une assemblée constitutive aux multiples visages

Un changement porteur d'avenir pour le RIEH : Une assemblée constitutive aux multiples visages  

 

 

VISIOCONFERENCE

 

Nous avons désormais l’habitude de voir un écran quadrillé par des têtes de personnages installés chacun chez eux devant les caméras de leur ordinateur.

Le RIEH a connu un tel événement le 7 janvier dernier.

Une cinquantaine de connexions se sont établies reliant virtuellement Katmandou au Népal avec Buenos Aires en Argentine ; Bangui en République Centrafricaine avec Chang Mai en Thaïlande ; Le Mené en Bretagne, France avec Niamey au Niger.

Quatre continents sont ainsi représentés : l’Amérique latine, l’Afrique, l’Asie et l’Europe. Liaisons souvent fragiles car les connexions Internet ne sont pas toujours stables. La diversité des costumes et des objets accrochés au mur sur les fonds d’écran témoigne de la pluralité des membres du réseau.

 

Dominique Lesaffre, Président de Développement et Civilisations Lebret-Irfed (DCLI) et, de ce fait, Président du RIEH sous la forme qu’il connaît depuis une dizaine d’années, anime les débats en utilisant successivement les trois langues qu’il maîtrise parfaitement.

 

Toutes ces personnes sont virtuellement réunies parce qu’elles représentent des organisations qui ont décidé de signer la Charte constitutive du RIEH. Certes le RIEH existe déjà, mais sous une forme où il émane d’une organisation ayant son siège à Paris et qu’on appelle couramment le Centre Lebret.

C’est l’AG de DCLI qui élit le Conseil d’administration qui fait office d’organe de pilotage du RIEH.

Les coordinateurs continentaux du RIEH ont été cooptés par le Conseil d’administration de DCLI et tirent de ce dernier leur légitimité.

 

La Charte met en place une autre logique, car ce sont les organisations signataires qui vont désormais constituer l’Assemblée générale du RIEH.

Ce sont elles aussi qui choisissent sur chaque continent leurs coordinateurs et les coordinateurs continentaux constituent un Comité d’orientation qui est l’instance qui décide des orientations et des actions communes à tout le réseau.

Selon la Charte, il y a pour chaque continent deux coordinateurs, une femme et un homme.

 

DCLI, qui a pris à cette occasion de nom de Développement & Civilisations, continue de jouer un rôle particulier, car le RIEH n’a pas de personnalité juridique et D&C est la personne morale qui porte administrativement et juridiquement le RIEH.

 

C’est aussi DCLI qui assure le financement des instances internationales du RIEH :  AG, Comité d’orientation et Secrétariat international.

Les autres membres, quant à eux, assurent le financement des coordinations de leur continent.

Cette place particulière conduit à ce que le Président et le Trésorier de D&C soient statutairement membres du Comité d’orientation, indépendamment de la coordination Europe.

 

Ainsi, le RIEH, conformément à son appellation de réseau, n’émane plus de façon descendante d’un centre mais de façon montante de ses membres. On peut donc légitimement parler d’une étape décisive,

une sorte de refondation comme en témoigne le terme d’Assemblée constitutive.

 

In english

A constituent assembly with many faces

 

We are now used to seeing a screen squared by the heads of persons each installed at home in front of their computer cameras. The INHE had such an event on January 7th 2022. About forty connections were established virtually linking Kathmandu in Nepal with Buenos Aires in Argentina; Bangui in Central African Republic with Chang Mai in Thailand; Le Mené in Brittany, France with Niamey in Niger. Four continents are thus represented: Latin America, Africa, Asia and Europe. Links are often fragile because Internet connections are not always stable. The diversity of the costumes and objects hung on the wall on the backgrounds testifies to the plurality of the members of the network.

Dominique Lesaffre, President of Développement et Civilisations Lebret-Irfed (DCLI) and, as such, President of the INHE (in the form it has taken for the past ten years), moderates the debates by using successively the three languages he masters perfectly.

All these people are virtually together because they represent organizations that have decided to sign the INHE Constitutive Charter. It is true that the INEH already exists, but in a form where it emanates from an organization with its headquarters in Paris and which is commonly called the Lebret Center. It is the GA of DCLI that elects the Board of Directors which acts as the steering body of the INHE. The continental coordinators of the INHE have been co-opted by the DCLI Board of Directors and derive their legitimacy from the latter.

The Charter puts in place another logic, because it is the signatory organizations that will henceforth constitute INHE General Assembly. They are also the ones who choose their coordinators on each continent and the continental coordinators constitute a Steering Committee which is the body that decides on the orientations and actions common to the whole network.

According to the Charter, there are two coordinators for each continent, one woman and one man.

DCLI, which on this occasion took the name of Développement & Civilisations, continues to play a particular role, because the INHE has no legal personality and D&C is the legal entity that carries the INHE administratively and legally. It is also D&C which ensures the financing of the international authorities of the INHE: GA, Steering Committee and International Secretariat. The other members, for their part, ensure the financing of the coordinations of their continent. This particular position leads to the fact that the President and the Treasurer of D&C are statutorily members of the Steering Committee, independently of the European coordination.

Thus, the INHE, consistantly with its status of network, no longer emanates in a top-down way from a center but in an bottom-up way from its members. We can therefore legitimately speak of a decisive step, a sort of refoundation, as the term Constitutive Assembly testifies.

 

En español

Una asamblea constituyente con muchas caras

 

Ahora estamos acostumbrados a ver una pantalla cuadriculada, con las fotos de las personas instaladas en su casa, frente a las cámaras de sus computadoras. El RIEH experimentó un evento de este tipo el 7 de enero de 2022. Se establecieron unas cuarenta conexiones que unían virtualmente Katmandú, en Nepal, con Buenos Aires, en Argentina; Bangui, en la República Centroafricana, con Chang Mai, en Tailandia; Le Mené, en la Bretaña francesa, con Niamey, en Níger. Así, están representados cuatro continentes: América Latina, África, Asia y Europa. Los enlaces suelen ser frágiles porque las conexiones a Internet no siempre son estables. La diversidad de los trajes y de los objetos colgados en la pared atrás de cada persona atestigua la pluralidad de los miembros de la red.

Dominique Lesaffre, presidente de Développement et Civilisations Lebret-Irfed (DCLI) y, como tal, presidente de la RIEH en la forma que la conoce desde hace diez años, modera los debates utilizando las tres lenguas que domina a la perfección.

Todas estas personas, virtualmente juntas, representan a organizaciones que han decidido firmar la Carta Constitutiva del RIEH. Por supuesto, el RIEH ya existe, pero en una forma en la que emana de una organización con sede en París y comúnmente llamada Centro Lebret. Es la AG de DCLI la que elige al Consejo de Administración, que actúa como órgano de dirección de la RIEH. Los coordinadores continentales de la RIEH han sido cooptados por el Consejo de Administración de DCLI y obtienen su legitimidad de este último.

La Carta pone en marcha una lógica diferente, ya que son las organizaciones firmantes las que constituirán en adelante la Asamblea General de la RIEH. También ellas son quienes eligen a sus coordinadores en cada continente; las y los coordinadores continentales constituyen un Comité de Orientación que es el órgano que decide las orientaciones y acciones comunes a toda la red. Según la Carta, hay dos coordinadores para cada continente, una mujer y un hombre.

DCLI, que en esta ocasión tomó el nombre de Développement & Civilisations, sigue desempeñando un papel especial, ya que la RIEH no tiene personalidad jurídica y D&C es la entidad jurídica que apoya administrativa y legalmente a la RIEH. También es DCLI quien asegura la financiación de los órganos internacionales de la RIEH: AG, Comité Directivo y Secretariado Internacional. Los demás miembros, por su parte, aseguran la financiación de las coordinaciones de su continente. Esta posición particular lleva a que el presidente y el tesorero de D&C sean estatutariamente miembros del Comité Directivo, independientemente de la coordinación europea.

Así, la RIEH, de acuerdo con su nombre de red, ya no emana de forma descendente de un centro sino de forma ascendente de sus miembros. Por lo tanto, podemos hablar legítimamente de un paso.

 

 

 

 

 
Mis à jour le 27/02/2022

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Un changement porteur d'avenir pour le RIEH : Un réseau décentralisé

Un changement porteur d'avenir pour le RIEH : Un réseau décentralisé  

 

 

rieh un réseau décentralisé

 

 

Dans cette nouvelle configuration, les coordinations continentales jouent un rôle déterminant. C’est une des spécificités du RIEH.

 

La principale raison de cette organisation tient à ce qu’est l’économie humaine elle-même.

Nous l’avons souvent dit, le mot économie dans cette expression est à prendre non pas au sens habituel de système d’organisation de la production et de l’échange des biens et des services, mais dans son sens originel d’organisation de la maison commune : comment l’humanité s’organise pour répondre aux besoins de ses membres et faire respecter leurs droits. Et cette économie est humaine dans le sens où ces besoins et ces droits sont de plusieurs ordres (« tout l’homme »), qu’il s’agit des besoins et des droits de toutes les personnes (« tous les hommes ») et que cette organisation donne leur place à toutes les personnes (« par tous les hommes »). Ajoutons que nous avons bien aujourd’hui la vision que pour la satisfaction de ses besoins et le respect de ses droits, l’homme ne domine pas et encore moins ne détruit pas la nature, mais qu’il en est une partie consciente, respectueuse de ses équilibres. « Il danse avec la nature » comme disent nos amis de Songhaï.

 

Ainsi l’économie humaine est beaucoup plus que l’économie, c’est une politique au sens large d’organisation de la société. Et dans toute société on ne peut s’organiser et agir qu’en tenant compte de sa culture, de la civilisation à laquelle elle participe.

L’économie humaine se construit ainsi dans la diversité des cultures et des civilisations, avec leur histoire, leur situation géopolitique.

Les coordinations continentales du RIEH visent donc à prendre en compte ces différences, à une échelle suffisamment large pour ne pas se limiter à des cultures trop particulières, tout en les prenant cependant en compte.

Il y en a actuellement quatre, mais d’autres pourront se constituer si des organisations venues d’autres aires culturelles décident de participer.

 

Pluralité donc, mais aussi unité et universalité, car le genre humain est aussi un ensemble et les droits humains sont universels.

Les interdépendances sont de plus en plus fortes et évidentes, que ce soit pour le climat, la biodiversité, la sécurité, la paix, mais aussi la recherche des équilibres dans les échanges économiques et culturels.

Le RIEH, avec son comité d’orientation constitué de représentants de coordinations continentales, cherche donc à trouver le bon équilibre, celui comme aurait dit L.-J. Lebret  du « pluriversel ».

 

In english

A decentralized network

 

In this new configuration, the continental coordinations play a determining role. This is one of the specificities of the INEH.

The main reason for this organization lies in what the human economy itself is. As we have often said, the word economy in this expression is not to be taken in the usual sense of a system of organization of production and exchange of goods and services, but in its original sense of organization of the common house: how humanity organizes itself to meet the needs of its members and to ensure that their rights are respected. And this economy is human in the sense that these needs and these rights are of several kinds (whole person), that it is about the needs and the rights of every person and that this organization gives their place to all people (by all persons). Let us add that we have today the vision that for the satisfaction of their needs and the respect of their rights, the people does not dominate and even less does not destroy the nature, but is a conscious part of it, respectful of its balances. "They dance with nature", as our Songhai friends say.

Thus human economy is much more than economy, it is politics, in the broad sense of organization of society. And in any society, one can only organize and act by taking into account the culture, the civilization to which this culture belongs. Human economy is thus built in the diversity of cultures and civilizations, with their history, their geopolitical situation. INEH continental coordinations therefore aim to take these differences into account, on a sufficiently large scale so as not to be limited to cultures that are too particular, while taking them into account. There are currently four of these continental coordinations, but others may be formed, should organizations from other cultural areas decide to participate.

Plurality, therefore, but also unity and universality, because humanity is also a whole and human rights are universal. Interdependencies are increasingly strong and obvious, whether for the climate, biodiversity, security, peace, but also the search for balance in economic and cultural exchanges.

The INEH, with its Steering Committee made up of representatives of continental coordinations, is therefore seeking to find the right balance, that of "pluriversality".

 

 

En español

Una red descentralizada

 

En esta nueva configuración, las coordinaciones continentales desempeñan un papel determinante. Esta es una de las especificidades de la RIEH.

La razón principal de esta organización reside en lo que es la propia economía humana. Como hemos dicho a menudo, la palabra economía en esta expresión no debe tomarse en el sentido habitual de un sistema de organización de la producción y el intercambio de bienes y servicios, sino en su sentido original de organización de la casa común: cómo se organiza la humanidad para satisfacer las necesidades de sus miembros y garantizar el respeto de sus derechos. Y esta economía es humana en el sentido de que estas necesidades y derechos son de varios tipos ("todo el ser humano"), que se trata de las necesidades y derechos de todas las personas ("todos los seres humanos") y que esta organización da su lugar a todas las personas ("por todos los seres humanos"). Añadamos que hoy tenemos la visión de que para satisfacer sus necesidades y respetar sus derechos, el ser humano no domina y menos aún destruye la naturaleza, sino que es parte consciente de ella, respetuosa de su equilibrio. "Baila con la naturaleza", como dicen nuestros amigos de Songhai.

Así, la economía humana es mucho más que una economía, es una política en el sentido amplio de la organización de la sociedad. Y en cualquier sociedad sólo se puede organizar y actuar teniendo en cuenta su cultura, la civilización de la que participa. La economía humana se construye así en la diversidad de culturas y civilizaciones, con su historia y situación geopolítica. Por lo tanto, las coordinaciones continentales de la RIEH pretenden tener en cuenta estas diferencias, a una escala lo suficientemente grande como para no limitarse a culturas demasiado específicas, pero teniéndolas en cuenta. Actualmente, estas coordinaciones son cuatro, pero pueden formarse otras si las organizaciones de otros ámbitos culturales deciden participar.

Pluralidad, pues, pero también unidad y universalidad, porque el género humano es también un todo y los derechos humanos son universales. Las interdependencias son cada vez más fuertes y evidentes, ya sea por el clima, la biodiversidad, la seguridad, la paz o la búsqueda de equilibrio en los intercambios económicos y culturales.

Por ello, la RIEH, con su comité de dirección formado por representantes de las coordinaciones continentales, trata de encontrar el equilibrio adecuado.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Mis à jour le 27/02/2022

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Un changement porteur d'avenir : Un réseau qui garde ses racines tout en étant ouvert à différents courants humanistes

Un changement porteur d'avenir : Un réseau qui garde ses racines tout en étant ouvert à différents courants humanistes  

 

 

un réseau qui garde ses racines

Quand on regarde la liste des organisations signataires et qu’on connaît les personnes qui les animent, on voit bien que le RIEH reste attaché à la vie et l’œuvre de Louis-Joseph Lebret et aux grandes encycliques de l’Eglise catholique que sont Populorum Progresio et Laudato Si' et qu’il s’est ouvert à d’autres traditions religieuses ou spirituelles attachées à la transformation des sociétés et du monde sur des bases humanistes.

 

Un humanisme radical au sens où il affirme que toute société peut et doit s’organiser pour répondre aux besoins, aux droits et aux aspirations de chaque personne et de toutes les personnes en mobilisant d’abord les ressources humaines.

Un humanisme qui vise à cultiver les liens entre les êtres humains et avec la nature, dans un échange permanent entre donner et recevoir.

Un humanisme ouvert aussi à la recherche du vrai, du bien, du beau, reconnaissant que cette quête est permanente et emprunte des voies diverses.

 

Toutes les organisations membres du RIEH mènent une action concrète dans un champ particulier autour d’objectifs humanistes :

- accroître les revenus de personnes ou de groupes vivant dans la pauvreté en leur permettant d’avoir une activité économique,

- développer l’éducation,

- organiser l’accès aux soins, à l’eau potable,

- développer des modèles agricoles qui ne détruisent pas la nature mais la régénère,

- lutter pour les droits des groupes discriminés.

 

En participant au réseau, notamment au sein de groupes locaux, ces organisations veulent s’entraider pour que leurs actions s’inscrivent toujours plus dans la perspective de l’économie humaine, dans une démarche participative qui cherche à élever le niveau de conscience de tous les membres de la société, à ce qu’ils aient tous davantage de pouvoir sur leur vie.

 

C’est ce que Lebret lui-même a fait avec les groupes d’économie et humanisme ou les équipes du bien commun.

C’est ce que faisaient et font encore les mouvements d’action catholique ou les mouvements inspirés par d’autres confessions religieuses, ou les mouvements d’éducation populaire.

 

Articuler réflexion, éducation, action collective. En renforçant ainsi la capacité collective des sociétés et de l’humanité toute entière à relever les nombreux défis auxquels elles sont confrontées.

 

In English

A network that keeps its roots while being open to different humanist currents

 

When we look at the list of signatory organizations and the people who lead them, it is clear that the INHE remains attached to Louis-Joseph Lebret’s life and work, and to the great encyclicals of the Catholic Church such as Populorum Progresio and Laudato Si', and that it is open to other religious or spiritual traditions attached to the transformation of societies and the world on humanist bases. A radical humanism in the sense that it affirms that every society can and must organize itself to respond to the needs, rights and aspirations of each and every person by mobilizing human resources first and foremost. A humanism that aims to cultivate the links between human beings and with nature, in a permanent exchange between giving and receiving. A humanism that is also open to the search for the true, the good, the beautiful, recognizing that this quest is permanent and takes various paths.

All the member organizations of the RIEH carry out concrete action in a particular field around humanist objectives: to increase the income of people or groups living in poverty by allowing them to have an economic activity, to develop education, to organize access to health care and to drinking water, to develop agricultural models that do not destroy nature but regenerate it, to fight for the rights of discriminated groups. By participating in the network, especially within local groups, these organizations want to help each other so that their actions are increasingly in line with the perspective of the human economy, in a participatory approach that seeks to raise the level of consciousness of all members of society, so that they all have more power over their lives.

This is what Lebret himself did with the Economy and Humanism groups or the Common Good teams. This is what Catholic Action movements, or movements inspired by other religions, or popular education movements, did and still do. Articulate reflection, education, collective action. Thus strengthening the collective capacity of societies and of humanity as a whole to meet the many challenges they face.

 

 

En español

Una red que mantiene sus raíces al tiempo que se abre a diferentes corrientes humanistas

 

Al ver la lista de organizaciones firmantes y las personas que las dirigen, queda claro que la RIEH sigue apegada a la vida y obra de Louis-Joseph Lebret y a las grandes encíclicas de la Iglesia católica, como Populorum Progresio y Laudato Si', y que está abierta a otras tradiciones religiosas o espirituales comprometidas con la transformación de las sociedades y del mundo sobre bases humanistas. Un humanismo radical en el sentido de que afirma que toda sociedad puede y debe organizarse para responder a las necesidades, los derechos y las aspiraciones de todos y cada uno, movilizando en primer lugar los recursos humanos. Un humanismo que pretende cultivar los vínculos entre los seres humanos y con la naturaleza, en un intercambio permanente entre dar y recibir. Un humanismo que también está abierto a la búsqueda de lo verdadero, lo bueno y lo bello, reconociendo que esta búsqueda es permanente y toma muchos caminos diferentes.

Todas las organizaciones miembros de la RIEH llevan a cabo acciones concretas en un ámbito determinado en torno a objetivos humanistas: aumentar los ingresos de las personas o grupos que viven en la pobreza permitiéndoles tener una actividad económica, desarrollar la educación, organizar el acceso a la sanidad, al agua potable, desarrollar modelos agrícolas que no destruyan la naturaleza sino que la regeneren, luchar por los derechos de los grupos discriminados.

Al participar en la red, especialmente en el seno de los grupos locales, estas organizaciones quieren ayudarse mutuamente para que sus acciones estén cada vez más en consonancia con la perspectiva de la economía humana, en un enfoque participativo que pretende elevar el nivel de conciencia de todos los miembros de la sociedad, para que todos tengan más poder sobre sus vidas.

Es lo que hizo el propio Lebret con los grupos de Economía y Humanismo o los equipos del Bien Común. Esto es lo que hicieron y hacen los movimientos de Acción Católica, o los movimientos inspirados en otras confesiones religiosas, o los movimientos de educación popular. Vincular la reflexión, la educación y la acción colectiva. De este modo, se refuerza la capacidad colectiva de las sociedades y de la humanidad en su conjunto para hacer frente a los numerosos retos que se plantean.

 

 

 

 

 
Mis à jour le 27/02/2022

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Un changement porteur d'avenir : La charte, les signataires

Un changement porteur d'avenir : La charte, les signataires  

 

Voici la version française de la Charte et la liste des signataires :

 

 


cHARTE WEB P1

CHARTE WEB P2

CHARTE WEB P 3

 

La charte existe en anglais et en espagnol

 

 

Les signataires

 

AFRIQUE

IUB, Institut Universitaire du BENIN, Parakou, Bénin ;

A3T, Tondikara Theatrical Troupe, Ouagadougou, Burkina Faso ;

CAED, Coopérative Action Entraide et Developpement, Bujumbura, Burundi ;

CamCoSO, Cameroon Consumer Service Organisation, Bamenda, Cameroun ;
GIC EPESSA, Groupe d’Initiative Commune EPESSA, Yaoude, Cameroon ;

I.S.E.D., Initiative for Social and Economic Development, Yaounde, Cameroon ;
TEEN ALIVE, Bamenda, Cameroun ;
FORUM DES JEUNES ENTREPRENEURS DU CONGO, Congo Brazzaville ;
ACEVE, Association pour les Actions d’Etude et de Valorisation de l’Environnement, Bamako, Mali ;
ADAP-ONG, Association pour le développement actif et participatif, Koutiala, Mali ;
ADL-MALI, Association pour le Développement Local, Sikasso, Mali ;
AGRO-BUSINESS, Agro-business promulti-service, Sikasso, Mali ;
AMAED ONG, Association Malienne pour les Activités Environnementales et le Développement, Sikasso, Mali ;
AOPP / CRCR, Association des Organisations Professionnelles Paysannes, Sikasso, Mali ;
CLUEDUCA MALI, Club Education Actuelle Mali, Sikasso, Mali ;
CR-ONG, Coordination Régionale des Organisations Non Gouvernementales, Sikasso, Mali ;
GRAADECOM-ONG, Groupe de Recherche d’Actions et d’Assistance pour le Développement Communautaire, Sikasso, Mali ;

GRAT, Groupe de Recherche d’Application Technique, Sikasso, Mali ;

GREFFA ONG, Groupe de Recherche d’Etude de Formation Femme-Action, Région de Gao, Mali ;

IRED-MALI, Innovation et Réseaux pour le Développement / Mali – Sikasso, Sikasso, Mali ;

JIGUI (« Espoir » en Bambara) Association des personnes vivant avec le VIH, Sikasso, Mali ;
ORFED-ONG SIKASSO Organisation pour la Réflexion, la Formation et l’Education à la Démocratie et au Développement, Sikasso, Mali ;
RPL SIKASSO, Réseau-Plaidoyer Lobbing, Sikasso, Mali ;

SANTÉ SUD / ONG AJAB, Association des jeunes pour l’assainissement de Badalabougou, Sikasso, Mali ;
YA-G-TU, "Yam Giribolo Tumo" (Association pour la promotion de la femme), Sikasso, Mali ;
ANEDH IZUBUNE, Association Nigérienne pour l`Eradication des Discriminations Humaines, Niamey, Niger ;

CAMDCA, Coopérative Agropastorale et Minière pour le Développement Communautaire en Centre Afrique, Bangui, République Centrafricaine ;
FEMMES CROYANTES MEDIATRICES DE LA PAIX, Bangui, République Centrafricaine ;
W.A.L.T., Women Act for Living Together, Bangui, République Centrafricaine ;
ASSPDD, Action Sociale et Solidaire pour la Paix et le Développement Durable, Goma,  R.D. du Congo ;
AVEC GOMA, Avec / Union fait la force de la femme de Goma, Goma, R.D. du Congo ;

CAA-asbl, Council – Support – Action, Tanganyika, R.D. du Congo ;

CACOPA, Central Africa Conflict Prevention Association, Goma, R.D. du Congo ;
CADRE-asbl-ONG, Comité d’Appui au Développement Rural Endogène, Goma, R.D. du Congo ;

CEPRES, Centre de Partage en Ressources et Savoirs, Goma, R.D. du Congo ;

FONDATION MATENDO, Minova, R.D. du Congo ;
G.E.V., Groupe Espoir de Vivre, Kalehe, R.D. du Congo ;

ISDR-Grands Lacs, Institut Supérieur de Développement Rural des Grands Lacs, Goma, R.D. du Congo ;

KRAAL DU LAC KIVU, Prequ'île Buzi-Bulenga, R.D. du Congo ;
SAK RDC, Safari Agricole Kinoise, R.D. du Congo ;

 

AMERIQUE LATINE

ASIES, Asociación de Investigación y Estudios Sociales, Guatemala, Guatemala ;
CLAEH, Centro Latinoamericano de Economía Humana, Montevideo, Uruguay ;
CTHE, Centro Transdisciplinario para el Humanismo Económico AC, México, Mexique ;
FUNDACION ESCOLARES, Bueno Aires, Argentina ;
INFODET, Instituto de Investigación y Formación para el Desarrollo Territorial, Matagalpa, Nicaragua ;
ESCUELA MAYOR DE GESTION MUNICIPAL DE VILLA EL SALVADOR, Lima, Pérou ;

 

ASIE

AREDS, Association of Rurale Education and Development Service, Karur, India Tamil Nadu ;
HDO, Human Development Organisation, Kandy, Sri Lanka, Asia ;
IRDS, Integrated Rural Development Society, Villapuram, India Tamil Nadu ;
JCYCN, Jagriti Child and Youth Concern, Kathmandu, Nepal, Asia ;
NAFSO, National Fisheries Solidarity Organization, Colombo, Sri Lanka, Asia ;
R.T.R.C., Research and Training Center for Religio-Cultural Community, Chang Mai, Thaïland ;
S.A.E., South Asia Evaluators conclave, Bangalore, India Karnataka ; 
SWATE, Society of Women in Action for Total Empowerment, Karur, India Tamil Nadu;
U.E.F., Unique Education Foundation, Maharashtra, Pune, Maharashtra India ;

 

EUROPE

D&C, Développement & Civilisations, Le Mené, Bretagne, France.

 

 
Mis à jour le 21/02/2022

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Un changement porteur d'avenir pour le RIEH : La première réunion du Comité d'Orientation

Un changement porteur d'avenir pour le RIEH : La première réunion du Comité d'Orientation  

 

 

cpnseil d'orientation portraits web

 

Lors de sa première réunion tenue immédiatement après l’Assemblée constitutive, le Comité d’orientation a élu comme Président Dominique Lesaffre, Président de D&C. Il a aussi élu Michel Tissier comme secrétaire exécutif. Le Comité a explicitement souhaité qu’il y ait dans une première phase une continuité pour que la nouvelle organisation se mette bien en place. La durée du mandat a été fixée à 3 ans. La perspective d’un renouvellement à moyen terme a aussi été évoquée.

 

Le Comité d’orientation se réunira 4 fois par an.

 

Il est constitué trois groupes de travail pour lesquels chaque coordination continentale est invitée à désigner 1 ou 2 représentants :

 

  • Un comité de rédaction de la revue Développement & Civilisations..

 

  • Un comité Stratégie de communication du RIEH, en charge de définir le rôle des différents canaux de communication et d’adopter la Charte graphique du RIEH. L’objectif est de trouver le bon équilibre entre les outils propres à chaque coordination continentale et les outils communs.

 

  • Un comité Formation à l’économie humaine dont l’objectif est de permettre la mise en commun des outils de formation élaborés par chaque coordination continentale et, autant que de besoin, d’organiser des échanges d’intervenants.

 

Chaque coordination continentale va élaborer un plan stratégique avec les actions qui le déclinent.

Ce plan stratégique sera assorti d’un budget avec des ressources provenant à la fois des moyens des membres et de la recherche de financements externes.

 

La prochaine réunion se tiendra en avril 2022.

 

In English

The first meeting of the Steering Committee

 

At its first meeting held immediately after the Constitutive Assembly, the Steering Committee elected Dominique Lesaffre, President of D&C, as President. It also elected Michel Tissier as Executive Secretary. The Committee explicitly wished that there be continuity in the first phase so that the new organization could be well established. The term of office was set at 3 years. The prospect of a renewal in the medium term was also mentioned.

The Steering Committee will meet 4 times a year.

It is composed of three working groups for which each continental coordination is invited to designate 1 or 2 representatives:

  • An editorial committee for the publication Développement & Civilisations;
  • A committee for the communication strategy of the INHE, in charge of defining the role of the different communication channels and adopting the INHE graphic charter. The objective is to find the right balance between the tools specific to each continental coordination and the common tools;
  • A Human Economy Training Committee whose objective is to allow the sharing of training tools developed by each continental coordination and, when necessary, to organize exchanges of speakers.

Each continental coordination will elaborate a strategic plan with the actions that implement it. This strategic plan will be accompanied by a budget with resources coming from both members' resources and the search for external funding.

The next meeting will be held in April 2022.

 

 

En español

La primera reunión del Comité Directivo

 

 

En su primera reunión, celebrada inmediatamente después de la Asamblea Constituyente, el Comité Directivo eligió como presidente a Dominique Lesaffre, presidente de D&C. También eligió a Michel Tissier como secretario ejecutivo. El Comité desea explícitamente que haya continuidad en la primera fase para que la nueva organización pueda establecerse adecuadamente. La duración del mandato se fijó en 3 años. También se mencionó la perspectiva de una renovación a medio plazo.

El Comité Directivo se reunirá cuatro veces al año.

Se compone de tres grupos de trabajo para los que cada coordinación continental está invitada a designar 1 o 2 representantes:

  • un comité editorial de la revista Développement & Civilisations;
  • un comité sobre la estrategia de comunicación de la RIEH, encargado de definir el papel de los diferentes canales de comunicación y de adoptar la carta gráfica de la RIEH. El objetivo es encontrar el equilibrio adecuado entre las herramientas específicas de cada coordinación continental y las herramientas comunes;
  • un Comité de Formación en Economía Humana cuyo objetivo es permitir la puesta en común de las herramientas de formación desarrolladas por cada coordinación continental y, cuando sea necesario, organizar los intercambios de ponentes.

Cada coordinación continental elaborará un plan estratégico con las acciones que lo sustentan. Este plan estratégico irá acompañado de un presupuesto con recursos procedentes tanto de los miembros como de la búsqueda de financiación externa.

La próxima reunión se celebrará en abril de 2022.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Mis à jour le 27/02/2022

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Un changement porteur d'avenir pour le RIEH : les statuts de Développement & Civilisations  

Voici les nouveaux statuts de Développement & Civilisations (D&C). L'association se définit à la fois comme assurant le portage juridique, administratif et financier du RIEH et comme continuant à développer l'héritage de L.-J. Lebret dans le contexte d'aujourd'hui.

 

 

 

1ERE DES STATUTS

 
Mis à jour le 19/02/2022
Rencontre avec Bernard Lecomte

Rencontre avec Bernard Lecomte  

 

http://www.riehlatinoamerica.org/index.php/2020/09/15/lebret-por-bernard-lecomte-03-07-20/

Elles sont peu nombreuses les personnes qui ont personnellement connues L.-J. Lebret : Roland Colin, Paul Houée, Hugues Puel,… Bernard Lecomte est aussi de ceux-là. Âgé de plus de 90 ans, il vit actuellement en Haute-Savoie, après avoir consacré toute sa vie professionnelle et militante à agir pour le développement harmonisé et solidaire.

Dominique Lesaffre l’a rencontré pour l’informer des évolutions récentes du RIEH. A cette occasion il nous a transmis des notes où il fait état des différents contacts qu’il a eus avec Lebret.

En voici des extraits.

 

 

Guillemets

 

             Caluire

 

Et, après trois années alsaciennes passionnantes, je démissionne  de mon premier employeur, Gillet-Thaon et, dans la foulée, sonne à la grille du Centre d’études d'EH, situé non plus à l’Arbresle mais désormais à Caluire. Lebret avait quitté Caluire en 1957, au grand dam de l’équipe, pour  fonder à Paris avec quelques amis, l’IRFED, Institut de recherche et de formation pour le développement harmonisé qui, selon lui, travaillerait « à l’échelle du monde ».

 

 

Quelques mois auparavant, il m'avait consacré, à Paris, une heure et demi. Je le connaissais depuis dix ans mais seulement par ses conférences et des échanges à table, lors de rencontres entre groupes locaux d’Economie et Humanisme, comme ceux de Roubaix et du Haut Rhin. Quand j’ai eu besoin de m’orienter avant mon départ de Gillet-Thaon, il m’a reçu. Un homme expérimenté qui donne sa confiance et écoute  peurs, dégoûts et rêves, quelle bénédiction ! Il me dit : "J’ai pris en charge, avant la guerre, les pêcheurs français en allant dans chaque port les écouter ". A Mulhouse, j’avais - à l'usine - observé les limites de l’approche directive et - à Otmarsheim- passé du temps à entendre ce que les gens disaient avant de leur proposer depuis l’extérieur, quoi que ce soit. Il m'encourage à quitter le textile et à rester disponible.

 Cette invitation à attendre, peu compatible avec mon envie de tracer mon propre parcours, je l'avais entendu, l'année précédente, d'un consultant-psychologue consulté entre deux trains de nuit, à Bruxelles quand - désarçonné par mon patron alsacien - je doutais de moi :" Ne craignez  pas d'avoir votre propre façon d'être, soyez disponible aux événements, m'avait-il conseillé, et saisissez ceux  qui vous paraîtrons porteurs de sens, pour vous-même". Cette phrase a éclairé la suite de mon cheminement, jusque-là marqué par des fidélités au passé.

 

A Caluire, dans un parc le long de la rive gauche de la Saône où j'ai nettoyé bien des sous-bois, j’ai retrouvé des amis, en particulier Robert Caillot et Gabriel Turin. Le lieu était propice pour attendre en paix jusqu'à épuisement des économies et vente de la Simca Aronde bleue. Au sein du Centre d'études, je loge du coté "couvent", partage les repas et souffre d'une certaine indigence des conversations et de la morosité des rapports humains. Heureusement, Gabriel Turin.. J’ai dépouillé des enquêtes, appris à faire des "grilles", des "échelles de niveau ", des damiers et des schémas avec Fernand Lerouge, lu des livres sur la faim et le développement et participé, en mai 1958, à la première session de l'IRFED à la Maison du Caoutchouc, à Paris.

 

1958, c’était le retour de de Gaulle, et la promesse des indépendances des peuples africains. Une période fascinante. L’ambiance était à l’optimisme, parmi la poignée de gens qu'il intéressait et rassemblait. Il était, par exemple, évident pour nous, jeunes et béotiens, qu’une fois libérés des chaînes de la colonisation, ces peuples allaient avancer, et vite ! On lisait et discutait « Géopolitique de la faim » du Brésilien Josué de Castro, et « Croissance zéro » d'Alfred Sauvy et d' économistes, comme Gunnar  Myrdall et François Perroux, dont  bien des paragraphes me dépassaient.

 

Une fois avalés ces livres, il restait à saisir ce que vivait Lebret et certains équipiers, toujours en déplacement, et qui m'avait frappé, dès ses conférence en 1947, à Lille : « Tu veux savoir, va voir ». Et je n’étais pas tellement enthousiaste de ses propres idées sur le « développement harmonisé », comme il le définissait, mais plus de sa façon de regarder, écouter, noter, rendre compte, provoquer. Lui, avec les pêcheurs de tout le littoral français, avait passé plusieurs années à enquêter, estimer et chiffrer mais, en même temps, il épaulait les débuts de leurs organisations professionnelles. Il aurait pu écrire:  « Méfie-toi du livre, suis l’acteur », plutôt que « suis l'objet ».Car  son objet était la façon dont les hommes agissent ensemble pour sortir de leurs difficultés. Et le titre de son dernier livre : « Dynamique concrète du développement » exprime que son axe de travail était bien réflexion/action. Malheureusement, épuisé par la fatigue et la maladie, il n'eut ni le temps, ni la force d’écrire ce livre lui-même et des étudiants, dont Alain Dubly, l'ont rédigé, à partir de textes et enquêtes diverses.

 

 Lebret passait de temps en temps à Caluire et nous avait raconté que l’une de ses tâches désormais était de conseiller le tout récemment nommé chef du gouvernement du Sénégal, M. Mamadou Dia, ex-député à l'assemblée nationale française et élève de François Perroux et que, pour réaliser sa mission, il se ferait aider par une équipe. Nous suivions ses pérégrinations incessantes grâce à son journal rédigé en pattes de mouche, avec force détails, constats et réflexions, que sa secrétaire déchiffrait, tapait et faisait suivre aux équipes EH, IRFED et  à bien d'autres.(Voir Annexe)

 

L'envie de donner un coup de main aux « nouveaux Etats africains » est venue d'une réflexion politique : nous doutions de la réalité des indépendances, à venir, mais accordées à condition qu'on reste dans la communauté française !  On parlait déjà de développement, et notre petit groupe s'est construit autour de l'idée d'un développement le plus africain et, dans le cas en question, le plus sénégalais possible. Ce que cela voulait dire, nous étions peu capables de le préciser mais conscients cependant du danger de penser à leur place, étant donné notre désir de les aider.

 

 En novembre 1958, entre deux portes, il me dit : "J’ai conseillé à Georges de t’embaucher car il ne pourra pas être là-bas tout le temps. Tu as fait des enquêtes, c’est ce que tu feras". Je connaissais un peu " Georges " car j'avais participé à des rencontres d’EH où il avait travaillé plusieurs années comme l'un des permanents." Des enquêtes, oui Père, mais pour en faire quoi ?" " Pour réaliser des études préalables à la planification ". "Mais je ne connais rien en planification"."Oh, qui s’y connaît ? Et on t’aidera par un tel ou un tel.

...

 

ANNEXES

 

Exemples de notes  de LJ. Lebret venues du Viet Nam en janvier 1959:

 

" Pour nous, micro et macro-analyses sont inséparables: on ne comprend pas le petit sans référence au tout, ni le tout sans connaissance profonde du petit. Pour nous, étude et engagement vont de pair : on ne voit pas bien le réel si l'on ne s'y rend pas responsable ".

" Plus que l'avidité de plus avoir, la haine du miséreux, personne ou peuple, provient de ce qu'il n'a été ni compris, ni estimé, ni aimé. La technique de la mise en valeur doit être appliquée avec amour, et celui qui aime est seul capable de communier à tout l'humain. Il n'est pas indifférent pour l'objectivité, en sciences sociales, de considérer l'homme et les groupes avec amour.

" Nous v«us demandons de nous aider à déceler les besoins des hommes et à combattre les tares qui affectent, à tous les échelons, les collectivités. Nous vous demandons de nous aider à perfectionner nos méthodes d'analyses des faits so­ciaux et de la conjoncture économique, sociale, politique totale. Nous vous deman­dons do nous aider à préciser la dynamique du développement, la théorie do la civi­lisation, la formation de la morale collective. Nous vous demandons de nous aider propager le grand dessein, à déclencher la grande passion de la montée humaine solidaire.

" L'ftae des privilégiés est devenue vide à mesure que leurs désirs maté­riels se comblaient. Nous vous invitons à la pauvreté qui arrête le désir à ce qu suffit. Tout l'au-dessus enchaîne et mutile.

" Ce que je veux, ce n'est pas votre argent, c'est vous, disait Saint Paul Nous vous convions aux véritables enrichissements: celui de votre esprit arrivant peu à peu, après de longs efforts studieux à l'école du réel total, à comprendre 1 monde ; celui de votre vouloir s'appliquant à apporter la réponse aux besoins et au appels des  " Le problème est :

                " Le problème est technique et il est spirituel. Qui refuse de 1e considérer sous ces deux aspects est tissure de ne point le résoudre."

               " Engages-toi pour que ceux qui sont hors du coup, qui sont non considérés, qui - eux-  mêmes ne se considérant pas comme grand-chose - sont abattus, puissent trouver leur voie comme les autres."

 

Pour aller plus loin, un article a été publié sur notre site latino-américain, dont voici le lien >> Bonne lecture !

 

 

 

 

 

 
Mis à jour le 13/01/2022

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Chennai Tamil Nadou Inde Resolution  

Carte Chennai  karur 8mars 2018 Journée des femmes

 

 

Samy, coordinateur du RIEH en Asie, est très engagé pour soutenir les mouvements des paysans et des travailleurs du secteur informel.

Il est vice-président de WPC : Working Peoples Charter.

Les 17 et 18 décembre 2021 il a participé à une rencontre à Chennai (Tamil Nadu) qui a adopté le texte d’une résolution. Dans son introduction, la Charte comprend la déclaration suivante :

 

« Nous, les 130 délégués du Tamil Nadu, du Kerala, du Karnataka, du Telengana, de l'Andhra Pradesh et de Pudhucherry, présents au SOUTH INDIA FARMERS-WORKERS ACTION-DIALOGUE, nous sommes réunis les 17 et 18 décembre 2021 à Chennai pour faire entendre la voix collective de ces ouvriers et agriculteurs. Nous rappelons que l'enregistrement des travailleurs informels est la première étape vers non seulement la réalisation de la protection sociale, mais aussi la reconnaissance des droits du travail attendus depuis longtemps et tels qu'envisagés dans notre Constitution (articles 37, 38, 39-A, 41, 42, 43, 45 et 47) et la Déclaration de l'Organisation internationale du travail (OIT) de 1998 relative aux principes et droits fondamentaux au travail. Tous les travailleurs informels de l'Inde doivent avoir droit à la liberté d'association et à la reconnaissance effective du droit de négociation collective, à l'élimination du travail obligatoire, l'abolition du travail des enfants et l'élimination de la discrimination en matière d'emploi et de profession ».

 

Suit une plateforme revendicative accessible en cliquant sur ce lien (document téléchargeable)

 

Le RIEH soutient l’action de Samy et du WPC, qui est un combat pour la dignité de tous les êtres humains.

 
Mis à jour le 21/12/2021

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En guise de conclusion

En guise de conclusion  

 

 

ill maison verte

Ma mission se termine et je reprends tout à l’heure l’avion pour un retour compliqué par les mesures sanitaires : Cotonou, Addis Abeba, Kigali, Bruxelles, Paris CDG.

Il me vient l’expression « Mission accomplie ».

 

Le projet ATEDD-Kivu est bien lancé ; le projet Charbon vert de Minova est relancé ; il y a désormais au Kivu 3 groupes locaux actifs et 4 qui devraient se constituer et agir. Le Kivu va être la principale région au monde où le RIEH est présent et actif. Cela a beaucoup de sens pour moi que ce soit cette région si éprouvée qui se montre avec nous si engagée pour une économie humaine.

 

Le RIEH Afrique, qui est devenu INHE/RIEH Africa grâce à nos deux Camerounaises si dynamiques, a trouvé un nouvel élan avec un tandem de choc, Augustin et Euphrasia pour en être les coordinateurs et pour participer au Comité d’orientation international.

 

Le Centre Songhaï, si exemplaire, mais qui jusqu’à présent nous considérait comme des diseurs, nous prend maintenant pour des acteurs et il y a de très bonnes perspectives de mener ensemble des projets communs.

Même les derniers jours m’ont permis de voir que le RIEH Bénin avec lequel le contact s’était un peu perdu est en fait très actif notamment pour promouvoir la santé par les plantes, un bon régime alimentaire et une saine hygiène de vie.

 

Tout cela est très prometteur pour l’avenir, même si le chemin est long et connaîtra d’inévitables moments difficiles.

Je suis content que la Vie, ou Dieu si vous croyez en lui, m’ait donné la possibilité de faire ainsi œuvre utile, après cet accident cardiaque qui a inscrit dans mon corps l’inéluctabilité de la fin.

 

Mais ce succès ne tient pas d’abord à ma personne. J’ai rencontré ici, partout, des personnes formidables. Qui vivent dans des conditions très difficiles. Certaines dans des zones de grande insécurité comme le Mali, le Kivu, la RCA, la région anglophone du Cameroun. Et qui font preuve non seulement d’une grande résilience – ce mot employé à toutes les sauces et qui peut être assimilé à la résignation - mais d’un engagement d’une grande constance, avec énergie, créativité. Admirables. Et avec une mention spéciale pour les femmes que j’aime toutes. Voyez les photos.

Toutes et toutes m’ont considéré comme un des leurs. J’en suis très touché.

 

Je ne suis pas sûr que je vais retrouver avec plaisir la médiocrité du débat présidentiel en France et des atermoiements de l’Europe. Il y a tant à faire non pas pour aider l’Afrique mais soutenir les Africains qui s’aident eux-mêmes. Et elles sont nombreuses. Ils sont nombreux. Certainement une majorité qu’il faut faire émerger et rassembler au-delà de tous les clivages politiciens ou religieux.

 

L’Afrique est déjà debout, même si ça ne se voit pas. Le monde a beaucoup à apprendre d’elle.

Puisse notre modeste réseau, qui va je l’espère bien grandir, permettre cet apprentissage mutuel.

C’est possible. Je l’ai vécu.

 

Michel Tissier         

CARTE POSTALE

 
Mis à jour le 20/12/2021

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Un nouvel élan pour le RIEH Afrique/INHE Africa

Un nouvel élan pour le RIEH Afrique/INHE Africa  

 

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La rencontre qui s’est tenue à Songhaï du 6 au 10 décembre 2021 était la première du genre pour le RIEH Afrique. Les précédentes avaient été organisées à l’initiative du Centre Lebret ou étaient des rencontres autour de thématiques sans référence explicite à l’économie humaine. 

 

Là ce sont les deux animateurs du réseau, Gilbert et Augustin qui étaient à l’initiative et avaient lancé les invitations. Et tous les participants appartenaient à un groupe local. Beaucoup se connaissaient à distance. Mais le contact direct et les difficultés partagées pour faire le voyage dans les conditions sanitaires contraignantes ont d’emblée créé une proximité et une convivialité qui n’a fait que s’amplifier au cours des jours. Chacun, y compris moi-même, peut dire désormais, " le RIEH Afrique existe, je l’ai rencontré ".

 

Le caractère inédit de la rencontre a tenu aussi aux débats et aux décisions prises à propos de l’organisation du réseau et particulièrement de la signature de la Charte constitutive du RIEH.

Ce sont les participants qui ont désigné par un processus démocratique interne les deux personnes, un homme et une femme, qui seront à la fois les coordinateurs du RIEH Afrique et les représentants de l’Afrique au Comité d’orientation international.

Ce processus a été conduit très sérieusement et même avec solennité. En définissant d’abord les critères de choix (expérience dans le réseau, disponibilité, proximité), puis en procédant au vote et à la proclamation des résultats selon les protocoles en cours en Afrique, avec notamment l’intervention de la CENI, la Commission électorale nationale indépendante. Gilbert a fait savoir qu’il souhaitait passer la main tout en restant engagé dans le réseau, notamment pour piloter des projets engageant le RIEH.

 

Ont été ainsi élus Augustin Cissé de Bamako au Mali et Ndi Euphrasia Ebai-Atuh de Bamenda au Cameroun.

Découvrez leurs portraits en suivant ce lien >>

Ils ont reçu un mandat pour proposer un mode de fonctionnement du RIEH Afrique avec notamment la communication, les finances et un plan d’action.

 

Le RIEH Afrique confirme que son unité de base est le groupe local avec une organisation porteuse et un coordinateur, président, point focal, référent (les dénominations varient). Là où existent plusieurs groupes locaux, un référent national est mis en place (la dénomination reste à stabiliser).

 

La réunion a aussi acté que le RIEH Afrique pratique deux langues, le français et l’anglais.

Les modalités de ce bilinguisme se sont inventées au cours de la semaine et vont continuer à se préciser.

Ce n’est donc pas une formule creuse que de parler de nouvel élan.

 

Michel Tissier, Secrétaire exécutif

Euphrasia Ebai-Atuh, Coordinatrice Afrique

Augustin Cissé, Coordinateur Afrique

 

Découvrez les portraits de nos nouveaux coordinateurs Afrique fraîchement élus !  en cliquant sur ce lien >>

 

 

 

 

 
Mis à jour le 10/01/2022

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Ne cherchez plus le nouveau paradigme, il s’incarne ici, à Songhaï

Ne cherchez plus le nouveau paradigme, il s’incarne ici, à Songhaï  

 

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Beaucoup de celles et ceux qui veulent changer le monde appellent à un « changement de paradigme », un « changement de système », un « changement de logiciel ». Ce changement est possible, il y a au moins un lieu sur cette planète où il s’est opéré ; nous l’avons visité. C’est le Centre Songhaï à Porto Novo au Bénin.

 

Nous n’allons pas dans cet article en faire une description détaillée. Il y a un site avec des descriptions, des vidéos sur You Tube. Disons ici en quoi Songhaï est un bel exemple d’économie humaine en acte.

 

Songhaï, c’est d’abord une vision, une philosophie, celle de l’homme qui danse avec la nature ; qui est relié à tous les autres hommes ; qui se place sous le regard de Dieu pour le croyant ou en recherche permanente de Sens pour l’homme de bonne volonté en quête de sagesse. C’est la jonction de la science qui nourrit les techniques, de la spiritualité qui inspire l’engagement, de l’action qui transforme la matière et l’énergie en richesse, La tête, les bras, le cœur.

 

 

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D’une façon très concrète, on parcourt les 20 ha et on est frappé de voir que tout fait système, tout est intégré. Toutes les eaux sales produites sont récupérées et transformées en intrants pour le compostage ou la fabrication du biogaz ou épurées par des plantes. Les techniques de permaculture permettent des rendements particulièrement élevés avec des cycles de croissance raccourcis. Ces techniques sont donc plus productives, génératrices d’un meilleur revenu pour les producteurs et régénératrices des sols. La valeur ajoutée n’est pas captée ailleurs, car la transformation se fait sur place avec des machines fabriquées aussi sur place. Même la commercialisation est intégrée avec un magasin rempli de produits de la marque Songhaï.

 

Une analyse très détaillée montrerait certainement des points de fragilité. Mais il n’empêche ; il se dégage de cet espace très aménagé, où tout est pensé, une impression de plénitude. C’est propre et c’est beau !

 

Et cet espace est très habité. Par des personnes qui travaillent dans des conditions saines, sans stress apparent. C’est plus d’une centaine d’emplois, rémunérés en respectant le droit du travail et garantissant un accès au système de protection sociale béninois. On voit partout des stagiaires à l’ouvrage, passant 75% de leur temps d’apprentissage sur le terrain. Ils viennent de tout le Bénin et aussi des pays voisins. L’objectif est qu’elles et ils deviennent tous des entrepreneurs agricoles, ou des métiers de la transformation, des techniques de production d’énergie et de bouteilles plastiques fabriquées en recyclant le plastique usagé.

Et Songhaï les accompagne quand ils retournent dans leur communauté pour entraîner à leur tour les autres. Nous avons pu visiter à une trentaine de kilomètres de Porto Novo une coopérative d’élevage de volaille, le Jardin des Oliviers, fondée par des jeunes formés à Songhaï.

 

Le centre de Porto Novo n’est pas une vitrine isolée. De grandes surfaces sont cultivées selon les mêmes méthodes dans plusieurs sites du Bénin et dans d’autres pays avec lesquels des conventions ont été signées. Le modèle essaime. Mais l’institution et son fondateur, Godfrey N’zamujo, se refusent à exporter les techniques, si, en même temps, n’est pas aussi transmise la philosophie de Songhaï.

 

Nous y voyons le mode de transformations de la société promue par l’économie humaine. Se changer soi-même en se laissant éduquer par les autres et en se laissant interroger par les grands textes sacrés ou de sagesse ; être dans l’action localement ; s’appuyer sur cette action pour obtenir le soutien des pouvoirs publics nationaux ; faire évoluer les rapports internationaux car plusieurs pays ont demandé à Songhaï d’inspirer leur politique publique.

 

Peut-être une différence entre la démarche de Songhaï et la nôtre : le centre intègre toutes les activités alors que l’action territoriale que nous promouvons cherche la concertation entre les différents acteurs.

Et peut-être aussi une différence dans les sources d’inspiration et d’animation.

A Songhaï, le fondateur joue un rôle central et déterminant au point où on peut s’interroger sue ce que deviendra le centre quand il ne sera plus là.

Nos sources d’inspiration sont plus diverses. Et par exemple dans le projet ATEDD-Kivu, c’est le groupe local RIEH dans sa diversité et son unité qui est l’inspirateur du projet. Un groupe relié à tout un réseau national, continental et international. C’est plus durable sans doute.

Mais restons modestes. Le RIEH est loin d’avoir la notoriété de Songhaï.

 

La bonne nouvelle de cette rencontre c’est que Godfrey N’zamujo s’est déclaré totalement disposé à agir avec nous, dans la perspective d’une Afrique qui se tient debout. Africa stands up !

Nous allons dans les semaines qui viennent voir avec lui comment ces actions communes peuvent être conduites.

 

Nous reparlerons de Songhaï.

 

 

Michel Tissier

Secrétaire exécutif du RIEH

 
Mis à jour le 20/12/2021

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Elles et ils sont venus de loin. D’autres auraient voulu venir. Toutes et tous sont là.  

 

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Le projet initial de la rencontre de Songhaï est né à Sikasso, au Mali, où le groupe local a décidé d’organiser un voyage d’étude à Porto Novo, pour un groupe de paysans. Augustin Cissé, point focal pour l’Afrique de l’Ouest, lui-même originaire de Sikasso, et qui a animé une formation sur l’économie humaine pour le groupe local, a proposé d’étendre le nombre de participants et avec Gilbert Masumbuko, le coordinateur Afrique du RIEH, ils ont décidé d’inviter tous les membres qui voulaient et pouvaient financièrement participer et ils m’ont invité en tant que Secrétaire exécutif.

 

Finalement, les frontières terrestres du Mali ont été fermées pour cause de COVID et d’insécurité. 

Du coup le groupe local a envoyé une délégation très restreinte qui est venue en avion :

Aïché coordinatrice genre et équité sociale de l’Association des Organisations professionnelles paysannes (OPP) de Sikasso,
Samoura, Président de l’ONG CLUEDUCA Mali, qui agit pour l’entrepreneuriat des jeunes ruraux et Président de la coordination des ONG de Sikasso.

 

Est venue aussi une délégation du Cameroun

Euphrasia, directrice de l’association de consommateurs Cam Co so, animatrice du groupe local de Bamenda,
Linda, membre du groupe local de Bamenda, et animatrice de l’association Teen alive, qui agit dans le domaine de la santé des jeunes,
Etienne, professeur à l’Université catholique de Yaoundé, spécialiste de l’agriculture biologique et intégrée, animateur d’une organisation de promotion des activités agro-pastorale.

 

 

De Goma, sont venus

 

Bertin, directeur de SAK, qui a été présenté dans un article précédent
Mathieu, président du groupe local de Goma, où il réside, professeur d’anthropologie à l’université de Lumumbashi, engagé dans le mouvement des AVEC, associations villageoises d’épargne et de crédit.

 

De Bangui, en République Centrafricaine

Angeline, directrice de WALT, organisation de femmes leaders

Donc, avec Augustin, Gilbert et moi, un groupe de 11.

 

Mais il y a aussi toutes celles et ceux qui voulaient venir et en ont été empêchés pour des raisons sanitaires, administratives ou financières :

 

Fatimata, de Gao au Mali, directrice de l’ONG Greffa et actuellement députée à l’Assemblée nationale de transition. Fatimata a participé à la rencontre internationale du Mené sur le développement territorial en juin 2018. Elle n’a pas pu venir car elle subit les sanctions de la CEDEAO, prises avec l’appui de la mal nommée « communauté internationale » qui ne reconnaissent pas le gouvernement actuel issu du renversement de l’ancien Président par des militaires et exigent des élections rapides. Fatimata et tous les Maliens présents à la rencontre considèrent cette exigence comme totalement inapplicable dans un pays ravagé par l’insécurité.
Ibrahim, du Niger

Lazare, de la Fondation Ki-Zerbo, au Burkina Fasso
Evariste, du Burundi
Clément, du Bénin, indisponible du fait d’une grande réunion de famille
Emilienne, de Kinshasa
Lily de Madagascar

Beaucoup de membres du Kivu voulaient aussi participer : Héritier, de Minova ; Prosper, de Goma ; Achille de la presqu’île de Buzi.

Pendant toute la rencontre, nous avons tenté d’être en contact avec eux, par Zoom ou WhatsApp. Avec des résultats peu convaincants selon les problèmes techniques et les aléas du réseau. Mais chacun avait conscience que la rencontre comprenait deux cercles, les participants présents et les participants à distance.

Configuration un peu inconfortable, mais quand même sympathique.

 

Le cœur de RIEH Afrique a battu à Songhaï en cette semaine du 6 au 10 décembre 2021.

 

Michel Tissier

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Mis à jour le 20/12/2021

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Carnet de voyage en Afrique : rencontre avec Aïché DICKO

Carnet de voyage en Afrique : rencontre avec Aïché DICKO  

 

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Un dispositif remarquable pour faire face aux aléas climatiques dans l’agriculture

 

Aïché Dicko est une des participantes de la rencontre du RIEH Afrique à Songhaï.

Elle vient de Sikasso, la seconde grande ville du Mali après Bamako, au sud du pays. Elle et Modido Samoura ont dû venir en avion car les frontières terrestres du Mali sont fermées à cause du Covid et de l’insécurité.

C’est le groupe local de Sikasso qui a trouvé les financements pour payer leur billet d’avion. En se cotisant, en vendant des livres « Chemins d’économie humaine », en obtenant des subventions des autorités locales.

Ce groupe local est fort parce qu’il rassemble une quarantaine d’Organisations de la Société Civile. Il est coordonné par Samoura, Président de l’ONG CLUEDUCA Mali, qui agit pour l’entrepreneuriat des jeunes ruraux et Président de la coordination des ONG de Sikasso.

 

Aïché est coordinatrice genre et équité sociale de l’Association des Organisations Professionnelles Paysannes (OPP) de Sikasso, organisation régionale appartenant à une fédération nationale. Cette association mène plusieurs actions, dont la production et la distribution d’une farine améliorée à base de maïs, d’arachides et de soja, pour lutter contre la malnutrition modérée. Un enfant mal nourri qui en consomme régulièrement pendant trois semaines améliore spectaculairement son état. Citons encore des interventions pour résoudre les conflits fonciers entre deux villages.

 

Je me concentre ici sur un système d’assurance agricole. Le principe est qu’avant chaque campagne agricole, les paysans sont invités à cotiser pour un système d’assurance qui interviendra s’il y a un problème climatique grave, que ce soit la sécheresse ou au contraire des inondations. Le montant des cotisations varie en fonction des produits commercialisés (maïs, arachides, soja) et des risques climatiques par zone géographique. Il est calculé à l’hectare.

 

Le système est basé sur le volontariat. Il faut donc avant chaque campagne agricole mener des actions de sensibilisation pour que les paysans adhèrent. Voir les photos.

 

 

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Il est intéressant de noter que trois types d’institutions concourent au fonctionnement du système :

une société privée d’assurance OKO; l’association animée par Aïcha OPP, qui fait la sensibilisation de la population et des MUSO, Mutuelles de Solidarité, qui prêtent aux paysans les sommes permettant de cotiser.

Les critères pour qu’une catastrophe soit prise en charge et les niveaux de remboursement sont définis de façon objective selon Aïché et Samoura.

Cela fait trois ans que le dispositif est en place.

En 2020, 7000 paysans ont cotisé et 1000 ont été indemnisés.

Il faut noter que OKO recourt à des services mobiles de transfert d’argent et à des données satellitaires pour constater les dégâts.

L’association des OPP a aussi mis en place un dispositif de banques de stockage des produits qui permet d’éviter les spéculations. Au moment de la récolte, quand les prix sont bas, des collecteurs rassemblent les produits et les stockent. Ses stocks sont ainsi disponibles quand les prix remontent parce qu’ils deviennent plus rares.

 

Voilà un dispositif ingénieux basé sur la solidarité dans le partage des risques et sur des moyens numériques très avancés. Ça bouge dans les campagnes du Mali !  Aïché indique que même les propriétaires de plusieurs hectares situés dans des zones peu vulnérables, acceptent de cotiser alors que le risque pour eux est faible. Par solidarité, dit-elle. Et c’est l’association d’Aïché qui les sensibilise et les convainc.

Je ne suis pas sûr que les systèmes d’assurance existants en Europe, que je ne connais pas précisément, soient aussi performant et solidaires.

Et je me dis que lorsqu’on parle des écarts Nord Sud dans la lutte contre le changement climatique, c’est un bon exemple de ce qu’il faut soutenir.

L’Etat malien, qui est impliqué dans la mise en œuvre actuelle, pourrait s’appuyer sur ces expériences pour généraliser ce système en le rendant obligatoire et donc plus performant.

Est-ce que cela ne contribuerait pas aussi à la construction de la paix ?

 

Michel Tissier, Songhaï Déc. 2021

 
Mis à jour le 14/12/2021

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mission en Afrique : De RDC au Bénin... Vous suivez toujours ?!...

mission en Afrique : De RDC au Bénin... Vous suivez toujours ?!...  

 

 

Africa bande zebra

 

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Michel vient de clore la première partie de son voyage, toujours en reconnaissance de ceux qui vivent l'économie humaine au quotidien...

Deux semaines ponctuées par de belles rencontres et de nouvelles connaissances, comme le réseau sait nous en offrir.

Un temps fort a marqué ce moment par le lancement du projet ATEDE-KIVU, auquel il a participé du 27 novembre 2021 au 2 décembre 2021...

Un projet phare du RIEH, parti et bien parti ! ;

  • 27 novembre : lancement du projet dans la Chefferie des Bahunde (Territoire des Masisi) dont le siège est Bweramana (Nord-Kivu)
  • 28 novembre : lancement du projet dans le village de Bushushu (Territoire de Kalehe ; Sud Kivu)
  • 29 et 30 novembre : réunion de l’équipe projet.
  • 1 décembre : première réunion du Comité de gestion.
  • 2 décembre : atelier de formation sur l’économie humaine, auquel participe une partie de l’équipe projet.

Retrouvez-son carnet de voyage dans les posts précédents.

 

Ce grand et beau continent nous concocte toujours son lot de surprises et c'est ensemble que nous nous dirigeons vers Songhaï au Bénin.

 

 

 

Alors, on continue ?!...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Mis à jour le 15/12/2021

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Carnet de voyage en Afrique  - Rencontre avec G.E.V. - asbl  : "Groupe Espoir de Vivre".

Carnet de voyage en Afrique - Rencontre avec G.E.V. - asbl : "Groupe Espoir de Vivre".  

 

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Un groupe qui met en avant l’économie humaine

 

Le jour du lancement du projet ATEDD Kivu à Bushushu (cliquez ici pour retrouver le lien >>), nous avons rencontré avec Gilbert, coordonnateur Afrique du RIEH, et Prosper, membre de l’équipe du RIEH, une forte délégation de l’association Groupe Espoir de Vivre, groupe qui a adhéré au RIEH dès les premiers contacts pris par Gilbert et ma première mission en 2017.

 

Son objectif est  d’ « améliorer les conditions de vie des personnes vulnérables ».

 

Espoir de vivre : voilà un nom bien choisi pour désigner la raison d’être de l’association. Dans le contexte si difficile du Kivu, il s’agit pour les membres de ne pas eux-mêmes perdre l’espoir et d’agir pour que la population autour d’eux ne perde pas l’espoir.

Espoir de vivre et pouvoir de vivre, voilà deux formules qui constituent l’économie humaine : une vision où l’humain est au centre et une démarche qui s’appuie sur la ressource humaine.

 

Ce groupe se présente comme un groupe de jeunes, hommes et femmes. Elles et ils n’ont pas décliné leur âge, mais on peut l’évaluer entre la trentaine et la quarantaine. Jeunes, expliquent-ils, c’est un état d’esprit. Ces membres sont majoritairement originaires de la chefferie de Bukavu dans le Territoire de Kalehe. Ils y vivent et ce territoire est leur zone d’intervention. Il est très mal relié aux deux villes importantes que sont Goma au nord et Bukavu au sud.

 

Ce sont tous des bénévoles, même si à l’occasion de tel ou tel projet pour lequel l’association obtient des financements, certains peuvent être temporairement rémunérés.

Les actions qu’ils mènent sont très variées : sensibilisation aux droits des femmes et des enfants, mise en place d’activités génératrices de revenus, pisciculture, pépinières, élevage de poulets, culture de champs communautaires, protection de l’environnement, prévention des catastrophes naturelles. Ils interviennent aussi auprès du Procureur de la République afin de prévenir des pratiques de « justice populaire » qui s’en prend à des innocents.

Ces différents champs d’action sont ceux de l’économie humaine, ceux où la dignité humaine est en jeu.

Ce groupe a lu et même étudié de façon approfondie le livre « Chemins d’économie humaine », dont ils disent qu’il les a beaucoup inspirés. Ils connaissent et lisent la revue « Développement & Civilisations ».

 

Nous convenons, que l'association cherche à ouvrir son action et qu'il devient nécessaire pour cela, de se rapprocher avec d’autres organisations partageant leur vision et leurs objectifs. La décision de constituer un groupe local s'impose et ils l'animeront.

Participer au RIEH, c’est pour eux une voie pour approfondir l’économie humaine, de donner une portée plus large à leur engagement, de s’associer à d’autres pour mener les plaidoyers auprès de autorités locales. Ils souhaitent se jumeler avec d’autres organisations et groupes locaux du réseau non seulement en Afrique, mais dans le monde. A être aussi accompagner dans la recherche de financements auprès des bailleurs de fonds, notamment au niveau international.

 

L’association et le groupe local vont participer activement au projet ATEDD dans le village de Bushushu.

 

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Mis à jour le 20/12/2021

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Carnet de voyage en Afrique. Retrouvons nos jeunes producteurs de charbon vert à Minova

Carnet de voyage en Afrique. Retrouvons nos jeunes producteurs de charbon vert à Minova  

 

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Les jeunes producteurs de charbon vert de Minova se constituent en entreprise

 

Le samedi 27 novembre s’est tenue à Minova, dans les locaux de l’Institut Matendo, une rencontre entre les jeunes producteurs de charbon vert et les représentants du RIEH : Gilbert Masumbuko, coordinateur RIEH pour l’Afrique, qui est originaire de Minova et fondateur de l’Institut Matendo, Héritier Kissoho, coordinateur du groupe local de Minova, Prosper Hamuli, animateur et chercheur en développement des communautés et membre de l’équipe du RIEH Afrique, et moi-même.

 

Rappelons que le projet Charbon vert, vise à développer la production et la consommation de briquettes de charbon vert fabriqué à partir des déchets végétaux et destiné à remplacer le charbon de bois, cause de déforestation.

 

Pour mémoire, voir sur le site en cliquant ici >>.

DCLI a obtenu pour ce projet un financement de l’Agence des Micros Projets.

 

Les jeunes ont été formés à la technique de production et dotés des équipements de base. Mais les quantités produites restent faibles, procurant peu de revenus aux jeunes. L’objet de la rencontre était d’analyser les causes qui entravent le développement de la production, de définir les solutions et d’affecter les moyens obtenus à ces solutions afin d’atteindre un volume significatif.

 

Les jeunes ont cité les équipements qui leur font défaut, dont un tricycle pour le transport des déchets.

Ils ont dit que les briquettes souffraient d’une image de mauvaise qualité sur le marché, parce qu’elles étaient fabriquées jusque là, avec des méthodes moins performantes. Il faut donc montrer la différence aux consommateurs, par la forme ou par un emballage spécifique.

Voilà donc le marketing qui fait son entrée dans le projet !

 

Ils ont donné leur accord pour s’engager à produire 40 tonnes par an si tous les moyens qu’ils demandent leur sont donnés.

 

Tout cela va donner lieu à un chiffrage au vu du budget dont dispose le projet.

 

C’est une étape très importante qui vient d’être franchie.

 

Jusqu’ici les jeunes considéraient que le projet était celui du RIEH et ils en attendaient les bénéfices comme d’autres bénéficiaires de projets d’ONG. Là un contrat va être passé entre eux et le groupe local. Ils négocient et passent un contrat en tant que collectif qui s’est d’ailleurs doté de structures pour fonctionner. Ce collectif est l’embryon de l’entreprise qui va se constituer avec l’objectif de devenir autonome et durable.

Quand les moyens apportés par le projet se retireront, l’entreprise des jeunes producteurs de charbon vert de Minova et de Bweremana sera en capacité de solliciter et d’obtenir des financements sur la base de la vente de leur produit.

 

On n’y est pas encore, mais c’est bien parti !

 
Mis à jour le 06/12/2021

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Carnet de voyage en Afrique. L'économie humaine c'est aussi la culture

Carnet de voyage en Afrique. L'économie humaine c'est aussi la culture  

 

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Mobilisation communautaire, c’est l’expression à laquelle toute l’équipe du projet ATEDD se réfère en permanence et qui figure sur la banderole qui a été déployée lors des deux jours de lancement. Nous dirions plutôt, nous, français mobilisation populaire.

 

Mobilisation pour agir ensemble face aux problèmes des crues des rivières, de la déforestation, de l’érosion des collines et de la dégradation des sols.

 

Or qui peut mieux incarner cette mobilisation qu’un chanteur populaire ? Les amis du projet ont contacté Olivier Wa Bantu dit Olivier le Bantou, chanteur bien connu qu’on entend dans les cafés de Goma et de sa région et il est venu me voir.

 

La musique est qualifiée de « 5ème pouvoir », en Afrique. De tradition orale, elle est accessible à tous, plus directe, plus populaire pour parler aux gens, notamment par la radio qui peut accéder aux endroits les plus reculés de ce grand continent.

 

Il est originaire de la région où intervient le projet et il est très content qu’on s’attaque à ces problèmes d’environnement. Nous échangeons sur les thématiques ; « Les rivières ne sont pas non ennemies, mais nos amies si nous savons en prendre soin », « Les arbres aussi sont nos amis », « Que tout le monde, même les enfants, plante des arbres et veillent à ce qu’ils poussent », « Si les pauvres savent s’unir, les riches et les puissants devront les écouter ».

Il va enregistrer des chansons qui passeront à la radio et qu’il chantera dans les fêtes.

 

Nous les mettrons sur le site en traduisant les paroles !

 

 

Michel Tissier, rencontre culturelle avec Olivier le Bantou.

 
Mis à jour le 05/12/2021

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Carnet de voyage en Afrique - Bushushu, un village prêt à se mobiliser

Carnet de voyage en Afrique - Bushushu, un village prêt à se mobiliser  

 

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Après le lancement dans le territoire de Masisi le samedi, l’équipe projet s’est transporté jusqu’au village Bushushu dans le territoire de Kalehe. Les deux villages sont situés au bord du Lac Kivu et s’étendent jusqu’aux hauteurs des montagnes voisines avec plusieurs rivières qui en ce moment se limitent à un ruisseau, mais qui, quand des pluies violentes s’abattent peuvent dévaler en emportant de très gros rochers, des arbres et des torrents de boue.

 

En juin 2021, trois membres de CADRE et du CEREIAD, deux des organisations constituant le consortium qui porte le projet ATEDD, se sont rendus sur place après une crue particulièrement violente pour constater les dégâts et surtout faire une première analyse des causes.

 

Vous pouvez trouver leur rapport en cliquant >> ici

 

L’événement était présidé par l’Administrateur du Territoire de Kalehe, qu’on peut comparer à un département dans le système français, la Province étant comparable à la Région. C’est donc comme si le préfet de département était venu en personne lancer le projet. Avec un trajet de 45 minutes par une mauvaise route. C’est dire s’il est intéressé au projet et si les organisations du consortium sont bien implantées dans la zone.

 

La cérémonie s’est déroulée en trois temps : 

 

  • une inauguration symbolique des travaux, les officiels, dont moi étant affublés de gilets jaunes et porteurs d’une pelle et d’une pioche. C’est un honneur pour le RIEH de voir son logo apposé sur le gilet que porte le Gouverneur en même temps que le logo du projet que nous devons à la créativité de Marie, notre responsable de communication, qui a travaillé en urgence depuis son bureau du Mené.

 

  • Puis un temps de discours officiels dans un espace ouvert,

 

  • enfin, le plus intéressant de la journée, une rencontre dans la cour d’une Guest House. Les photos illustrent ces différentes séquences. On peut dire que tous les acteurs importants du village et des environs étaient présents et ont pris la parole : le chef du village, le président du Comité local de développement, des dirigeants d’ONG ou d’OSC (organisations de la société civile), des représentants de différentes communautés tribales : (Hutus, Pygmées, Havus, Tembos), des leaders religieux, le directeur de l’Institut supérieur technique de développement. Je suis interviewé par une radio locale.

 

 

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Tous disent leur volonté de participer. Et c’est important, parce que chacune de ces tribus occupe un espace (les hauteurs, les pentes des bassins versants, les zones culturales) et ont des activités comme le pastoralisme qui ont une influence sur les crues.

Chacun doit participer car les travaux peuvent se faire sur différentes concessions avec l’accord des propriétaires et certaines pratiques dangereuses doivent évoluer.

Certains font aussi part de leur scepticisme. Ils ont souvent vu débarquer des officiels ou des ONG faisant des promesses, mais qu’on ne revoit plus. Il y a là un enjeu majeur pour un projet qui dure un an. Les moyens apportés en matériels, en formation, en conseils, en expertise n’auront qu’un temps. Ils vont permettre d’effectuer certains travaux qui auront un impact visible, mais certainement pas tous ceux qui seront nécessaires. Il faudra qu’il y ait des suites. Le projet va permettre que la majorité de la population et les responsables locaux et aux niveaux supérieurs aient une bonne conscience des causes des problèmes et des actions à mener, dont beaucoup peuvent être menées par les travaux communautaires ou par des travaux que les collectivités locales ont les moyens de financer. L’administrateur du Territoire a déjà dit qu’il était prêt à concentrer les moyens dont il dispose sur la zone concernée. Il sera d’autant plus enclin à tenir cette promesse qu’il constatera que la population et tous les acteurs qui comptent sur ce territoire sont mobilisés, sont d’accord sur ce qu’il faut faire et ont fait la partie des travaux qui leur revient.

 

De toutes façons, les quatre organisations resteront sur le terrain et continueront d’agir même si elles disposent de moins de moyens.

 

L’attente est forte, avec sans doute des illusions, mais la mobilisation est aussi là. Il faut l’entretenir, lui donner des objectifs et des résultats concrets, mener ce que tout le monde ici appelle « le plaidoyer ». Porter les revendications sur des moyens supplémentaires en s’appuyant sur les actions qu’on mène déjà.

 

Toutes les personnes intéressées par la suite trouveront régulièrement sur le site des informations sur le projet.

 

Michel Tissier à Bushushu, dimanche 28 nov. Carnet de voyage 5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Mis à jour le 07/12/2021

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Carnet de voyage en Afrique - ATEDD Kivu, c'est parti !

Carnet de voyage en Afrique - ATEDD Kivu, c'est parti !  

 

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 Action territoriale pour un développement durable au Kivu, ATEDD-Kivu. L’usage s’impose : il faut prononcer « atède ».

 

Ce projet sur lequel le RIEH travaille depuis plusieurs mois a vu le jour ce samedi 27 novembre 2021 dans le village de Buhunda située dans la chefferie des Bahunde, sur le Territoire des Masisi, dans la province du Nord Kivu, en République Démocratique du Congo. Et précisément à un endroit où récemment une rivière qui débordait a emporté un pont sur la route reliant Goma à Bukavu, tuant au passage plusieurs personnes, détruisant des maisons, arrachant des arbres et des portions de terrain.

 

Les photos accompagnant cet article rendent compte de l’événement qui a été suivi d’une réunion dans les locaux de la chefferie (dès qu'elles nous parviennent !). Une vidéo sera prochainement mise sur le site.

 

 

Quel est donc ce projet ?

 

Pour le savoir, lisez >> la présentation qui en a été faite et distribuée sur place.

Il bénéficie d’un très important financement de la part de l’Aide Française au Développement. L’accord de principe a été donné sur ce projet, mais la convention n’a pas encore été formellement signée, ce qui empêche d’en dire davantage pour le moment. Accord a aussi été donné pour que le lancement s’opère dès maintenant à l’occasion de cette mission.

 

Nous reviendrons sur ce projet tout au long de l’année.

L’objet de cet article est plutôt de rendre compte de quelques aspects de l’événement de lancement.

 

 

" C’est vous qui connaissez le secret de la rivière "

 

Il a été présidé par le chef traditionnel, qui est un personnage éminemment important. Il a été accueilli très solennellement par la population. Son discours n’était pas que protocolaire. « C’est vous qui connaissez le secret de la rivière » a-t-il d’emblée proclamé à l’adresse des participants. « Nous remercions les organisations qui viennent apporter leur soutien, nous remercions le RIEH et la France pour leur aide. Mais c’est à vous de profiter de cette opportunité pour agir. C’est vous qui connaissez les comportements de la rivière, les événements qui sont survenus au cours des années. Transmettez cette expérience aux experts qui vont venir, discutez avec eux sur ce qu’il faut faire, mobilisez-vous pour faire les travaux nécessaires.»

On ne saurait mieux dire et il anticipait remarquablement sur les mots des discours que nous avions préparés Godefroid, le coordinateur de CADRE, et moi. C’est un très fort atout pour la réussite du projet que cette claire vision de son objectif et de sa démarche par le leader local, qui dispose de services et d’un budget qui peuvent aussi être mobilisés.

 

 

Une image du Kivu à reconsidérer

 

Au passage, je note que nous avons souvent en Europe l’image du Kivu comme d’un pays sans Etat, livré à lui-même, déstructuré. Dans le cas présent, une autorité existe et la collectivité territoriale qu’il préside est une organisation décentralisée. Le chef n’est pas nommé par l’État, mais il est reconnu par lui comme l’autorité locale. Il n’est pas non plus élu, mais sa légitimité est reconnue par la population.

Il y a sans doute là, matière à réflexions sur l’essence de la démocratie qui n’est pas d’abord un mode d’élection, mais un système où chaque membre de la communauté participe aux choix d’organisation de cette communauté.

Le système coutumier, si le chef incarne effectivement la volonté commune pour servir le bien commun, n’est peut-être pas si antidémocratique et archaïque qu’il paraît.

 

 

Une équipe engagée

 

Pour organiser l’événement, le « consortium » qui porte le projet avec les quatre organisations congolaises et le secrétariat international du RIEH s’est montré très efficace. Malgré des délais très courts, banderoles, T-shirts, gilets ont été conçus et fabriqués. Marie à distance a joué tout son rôle et Godefroid a coordonné les efforts sur place.

C’est aussi Godefroid qui a été l’organisateur des événements, grâce à tout son réseau, sa connaissance intime et parfaite des coutumes et des protocoles.

Les professeurs du CEREIAD sont venus de Bukavu à Goma, pour prendre place dans le convoi qui a fait la route. Ils mettent la main à la pâte pour l’organisation matérielle. Et Dieu sait si c’est compliqué d’être efficace avec les coupures d’électricité fréquentes et les difficultés d’approvisionnement !  Mais ils y arrivent et la coopération est exemplaire entre toutes ces personnes qui se connaissent et s’apprécient. Et ils me font toute ma place parmi eux ainsi qu’à Marie, même à distance.

 

Une bonne journée bien remplie. Elle se conclut par le déplacement vers Bushushu dans l’autre territoire où aura lieu le lancement dimanche. 80 km d’une route praticable seulement en 4x4 ou à motos.

Il était prévu de mettre 5h, on en a mis 7 car un camion en panne bloquait le passage et nous avons dû finir en motos.

 

Je tire mon chapeau à cette population et à ces militants qui malgré les problèmes qu'ils traversent, gardent leur moral et leur énergie. Tout le monde fait preuve d’inventivité pour trouver des solutions et tout cela dans la bonne humeur !

 

Michel Tissier, ce samedi 27 novembre 2021 - ATEDD-Kivu c'est parti !

 
Mis à jour le 05/12/2021

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Carnet de voyage en Afrique - SAK : une petite entreprise face à un monceau d'immondices

Carnet de voyage en Afrique - SAK : une petite entreprise face à un monceau d'immondices  

 

voyage de michel avec pas

SAK sur les monceaux d'immondices

 

SAK, une association et une entreprise 

 

SAK est juridiquement une association et une entreprise. C’est surtout une équipe d’entrepreneurs sociaux qui s’est constituée depuis 2011 pour mener des actions dans le domaine de l’environnement à Goma, dans des îles du lac Kivu ou des zones en bordure du lac.

Du nom un peu compliqué à comprendre qu’elle s’est donnée (Safari Agricole Kinase), retenons que la kinase est une enzyme qui transforme le milieu où elle agit. Cela renvoie à la fois au principal champ d’action de l’entreprise : la transformation des déchets agricoles pour en faire du compost ou du biogaz et au projet de mener une action qui se diffuse dans la société.

 

Depuis un an SAK a décidé d’intervenir dans le champ de la collecte et de la transformation des déchets à Goma.

Cela paraît incroyable pour un visiteur occidental, mais la gestion des déchets ménagers ne fait l’objet d’aucune politique publique. Des opérateurs privés payés par les ménages collectent tous les déchets en vrac pour les conduire dans des décharges elles-mêmes privées. SAK a commencé à être un de ces opérateurs.

Elle a 300 ménages clients qui payent 5 $ par mois pour qu’on vienne à domicile ramasser les ordures.

Elle loue pour cela deux camionnettes et recrute des journaliers payés 5 $ la journée pour effectuer deux tournées par semaine. Les principales charges – la location des véhicules, le carburant, les salaires des journaliers - sont à peine couvertes par les recettes.

La gestion et l’encadrement sont assurés bénévolement par les membres de SAK.

Kelly notamment, le responsable des services est sur le terrain avec l’équipe de tournée pour encadrer les journaliers car ils entrent dans les maisons et il faut veiller à des comportements respectueux de l’intimité des ménages.

 

 

devant une tâche immense

 

L’objectif de l’association-entreprise est d’organiser un premier traitement en triant les matières organiques pour en faire du compact et du biogaz et les plastiques pour en faire des matériaux de construction. Le reste étant toujours mis en décharge en vrac.

Cela nécessitera de sensibiliser les clients pour qu’ils fassent le tri et d’organiser la transformation. L’équipe connaît les techniques qu’elle a pu observer notamment dans les pays voisins.

 

 

des besoins dans un engagement quotidien

 

Les principaux besoins exprimés actuellement est de pouvoir investir dans l’achat de ses propres véhicules car la location coûte cher et de se former pour mieux maîtriser encore les techniques de transformation.

 

On voit tout de suite que la tâche est immense et que SAK est encore très loin d’atteindre un modèle économique durable.

 

On est aussi frappé par la détermination de ces personnes qui investissent de leur temps, de leur énergie et même de leur argent. Le bureau de l’entreprise est une maison personnelle mise à disposition par le directeur. Chacun des membres a une autre activité d’où il tire ses revenus.

 

 

ce qui les motive

 

Ce qui les motive, c’est certes la perspective qu’à terme le traitement des déchets peut devenir une affaire leur rapportant des revenus pour en vivre.Mais c’est surtout la volonté d’agir par rapport à un immense problème de société, une volonté d’innover avec des techniques modernes. Un sentiment nationaliste aussi, car la partie rentable du traitement des déchets, celui des métaux, est en fait assurée par des entreprises venant de l’Ouganda voisin.

Une colère enfin face aux autorités qui non seulement ne font rien mais cherchent d’abord à prélever des taxes sur leur activité de transport. Une colère sourde, mais réelle. Une colère génératrice d’action, comme s’ils disaient : vous ne nous aidez pas alors que nous remplissons les missions que vous devriez prendre en charge, mais nous allons quand même le faire.

 

 

Ils veulent « étendre » leur action.

 

SAK est membre du groupe local RIEH de Goma.

 

Bertin, le directeur, et Bonnechance le président du CA, en attendent des échanges et du soutien de la part des autres membres qui ont des compétences dans les domaines de la gestion d’entreprise, de l’environnement.  Ils considèrent qu’ils ont la même vision que celle de l’économie humaine et que c’est intéressant d’approfondir ce concept avec l’expérience des autres membres. Ils veulent en savoir plus sur l’action en cours à Minova pour transformer les déchets agricoles en charbon vert.

 

Comment avec d’autres peuvent-ils faire que la vie à Goma, dans l’Est du Congo soit mieux organisée ? Que les autorités résolvent les problèmes au lieu de les aggraver ? Le groupe local est le lieu où ces questions peuvent être posées et des stratégies s’esquisser, notamment en prenant des contacts avec d’autres organisations du territoire.

Du réseau au niveau de l’Afrique et au niveau international, ils attendent des mises en contact avec des personnes et des organisations pouvant leur apporter des techniques ou des financements. Et ils sont assez fiers que leur action soit reconnue et mise en valeur.

Bertin participera à la rencontre de Songhaï en décembre. On se retrouvera donc.

 

 

  SAK le comion de ramassage  Opération ramassagesak atedd-kivu l'alliance

 

Michel Tissier à Goma, visite de SAK.

 

 

 

 

 

 
Mis à jour le 06/12/2021

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Carnet de voyage en Afrique - Rencontre avec le Groupe local RIEH de Goma

Carnet de voyage en Afrique - Rencontre avec le Groupe local RIEH de Goma  

 

voyage de michel avec pas

Le groupe local est pour les territoires, la vitrine qui nourrit la réflexion globale de l'économie humaine. Lieu de toutes les expérimentations, elle réunit les acteurs de terrain et rythme l’action au quotidien en lui donnant du sens. C’est aussi une véritable courroie de transmission : On y apprend à en tirer les leçons à partir d'observations concrètes et reconnaître les lignes forces de l'Économie humaine en cours de construction.

 

demi trace de pas

 

Le groupe local RIEH de Goma est bien parti

Photo GL Goma mission MT 2

Photo GL Goma mission MT 3

 

 

 

Mardi 23 novembre nous avons eu Gilbert et moi une réunion avec le groupe local de Goma. Après un temps de gestation, celui-ci s’est constitué récemment avec une vraie dynamique et cette rencontre a été l’occasion de confirmer l’engagement de ses membres à la faire vivre.

 

12 participants étaient autour de la table, la plupart professeurs dans l’enseignement supérieur, ayant la plupart à titre personnel un engagement dans des organisations de la société civile sur des objectifs de paix et résolution des conflits, de protection de l’environnement, de développement de l’épargne de proximité, de promotion féminine.

Est aussi membre du groupe une ONG intervenant dans la collecte, le tri et le traitement des déchets : la SAK (Safari Agricole Kinase). Je reviendrai sur cette organisation dans un prochain article car une rencontre spécifique avec elle est programmée dans la semaine.

 

Ce que recherchent les participants en adhérant au groupe local, c’est, en tant qu’universitaires, connaître et intégrer l’économie humaine dans leur recherche et dans leur enseignement, et en tant qu’« activistes », militants, d’échanger avec d’autres pour donner du sens à leur action et se soutenir et d’agir avec d’autres sur les grands enjeux auxquels est confrontée la population de Goma et sa région. Ils vont prochainement déterminer l’objectif et les formes de cette action. Tous sont manifestement très préoccupés par les crises permanentes que vit leur pays. Ils veulent analyser la situation et agir et le groupe local leur apparaît comme le lieu où la réflexion collective peut être partagée entre personnes partageant les mêmes objectifs et où une action peut être conduite, non seulement pour apporter une solution A particulière, mais contribuer à une transformation plus globale.

 

Tous, se montrent à la fois intéressés et perplexes, par rapport au concept d’économie humaine. « Nous voudrions bien comprendre la quintessence de l’économie humaine  ». Un atelier de formation est prévu à cette fin le jeudi 2 décembre.

 

La réunion se tenait dans les locaux de l’ISDR Grands lacs (Institut Supérieur de Développement Rural). Claudine Mafuko, secrétaire académique de cet institut, spécialiste de l’environnement, a participé activement à la réunion.

 

Elle a décidé de suivre particulièrement le projet Action territoriale pour un développement durable au Kivu centré sur la protection de l’environnement.

 

Suite au rapport qu’elle a fait au promoteur et dirigeant de l’lSDR GL, ce dernier a formalisé son adhésion au groupe local.

 

Michel Tissier, Escale à Goma en République Démocratique du Congo

 

 
Mis à jour le 05/12/2021

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Carnet de voyage en Afrique - Rencontre avec CADRE

Carnet de voyage en Afrique - Rencontre avec CADRE  

 

traces de pas

Lundi 22 novembre 2021, j’ai rencontré l’équipe de CADRE : des militants du développement endogène...

 

 

Photo CADRE mission MT jour 1

 

 

Lundi 22 novembre j’ai rencontré l’équipe de CADRE : Comité d’Appui au Développement Rural Endogène. « Développement endogène », voilà une expression caractéristique de l’économie humaine. « Développement », c’est le passage pour une population d’une situation moins humaine à une situation plus humaine, où la dignité de chacune et de chacun est reconnue. « Endogène », cela signifie que les objectifs sont la satisfaction des besoins des personnes et des groupes concernés, selon les valeurs qui sont les leurs, dans le respect de leur culture et que les acteurs du développement sont la population elle-même, les organisations qui en sont issues et les autorités locales.

 

Toute l’action et le savoir faire de CADRE portent sur la transformation des comportements et des représentations qui rendent les progrès possibles. On peut parler de conscientisation ou d’empowerment, c’est-à-dire le fameux facteur humain, qui est souvent décrit comme s’opposant au progrès technique, mais qui est le facteur décisif du changement.

 

 

Quelques exemples très concrets :

 

Le village de Nzulu n’était pas doté d’un Centre de santé, le centre le plus proche étant située à plus de quinze km par une route difficilement praticable. CADRE est intervenu non pas pour installer un centre, grâce à des financements venus de l’aide internationale, mais pour que la communauté et en particulier les femmes interviennent auprès des autorités afin que le centre soit installé, doté d’un infirmier et d’un équipement de premiers soins. « Montrer à la communauté qu’elle est capable de trouver des solutions par elle-même », dit Godefroid une des chevilles ouvrières de CADRE.

 

Dans une zone menacée par l’érosion, CADRE est intervenu pour que la communauté se mobilise pour planter des arbres. Les parents ont d’abord été sensibilisés pour que les enfants deviennent acteurs de l’action en les plantant eux-mêmes dans la concession familiale  Chacun trois arbustes. Alors que les enfants étaient considérés comme les premiers ennemis des forêts qu’ils détruisaient par leurs jeux, changement de focale ! : ils en sont devenus les cultivateurs. Et l’un raconte fièrement que l’exploitation de ces arbres lui a permis de disposer de revenus pour payer sa scolarité.

 

Dans la période actuelle CADRE est mobilisée pour des actions d’éducation sexuelle et de lutte contre les violences faites aux filles et aux femmes. Une campagne locale est menée pour que le sujet de la menstruation ne soit pas traité comme un tabou. Alors que traditionnellement les filles qui deviennent pubères ont honte et cachent ce qui leur arrive, désormais suite la sensibilisation menée par CADRE, l’événement est célébré avec fierté. Les garçons sont aussi sensibilisés et invités à aller acheter des garnitures pour leurs sœurs et à leur apporter l’eau dont elles ont besoin pour se laver, car elles ne doivent pas, pendant leurs règles, porter des bidons trop lourds. Alors que souvent les filles manquaient l’école à cette occasion, les directeurs ont été sensibilisés pour que les aménagements nécessaires soient opérés et que les filles n'aient plus à se cacher ni à manquer l’école.

 

En lisant le remarquable ouvrage de Denis Mukwege : « La force des femmes », dans lequel il raconte son engagement pour reconstruire des femmes qui ont subi les pires sévices sexuels, je me dis que des actions de ce type, ancrées dans la culture et le quotidien, contribuent aux changements de mentalité dans une région où le viol collectif est considéré comme une arme de guerre. Denis Mukwege, prix Nobel de la Paix est originaire de la région et l’hôpital de Panzi qu’il dirige est à Bukavu.

 

CADRE est une organisation modeste, fondée en 1994, rassemblant des militantes et des militants qui donnent de leur temps, car les moyens sont limités. Quand elle obtient des financements, ceux-ci lui permettent d’étendre son action. Mais ces derniers sont intermittents et l’association maintient la permanence de ses activités grâce à l’investissement et aux contributions de ses membres.

 

CADRE anime le groupe local du RIEH de Goma. Il trouve dans l’économie humaine la vision et la démarche qui guident son action. L’association sera le chef de file du projet Action territoriale pour un développement durable au Kivu.

C’est dire que je serai souvent aux côtés de ses militants pendant cette mission.

 

Michel Tissier Escale au Kivu en République Démocratique du Congo

 

 
Mis à jour le 05/12/2021

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AFRIQUE Mission de Michel Tissier, secrétaire exécutif du RIEH du 21 nov. au 15 déc. 2021

AFRIQUE Mission de Michel Tissier, secrétaire exécutif du RIEH du 21 nov. au 15 déc. 2021  

 

sphère afrique

traces de pas

 

 

Que diriez-vous d’embarquer avec lui ?

Nous vous invitons à le suivre, pas à pas, à travers ses différents échanges notamment au Kivu et au Bénin à la rencontre de nos amis africains...

 


Une feuille de route en fil rouge :

Au Kivu il rencontrera des membres du réseau RIEH et/ou des personnes et organisations intéressées par le réseau.

 

 

Deux projets importants sont à l’ordre du jour :

Il ira à la rencontre de nos partenaires terrain autour de deux projets pour lesquels des organisations africaines ont obtenu des subventions avec l'appui du RIEH.

 

L'un, à Minova et Bweremana, vise le développement de la filière du charbon vert dans le cadre d'un projet de traitement des déchets dans ces deux villes voisines.

 

L'autre se situe dans les territoires de Kalehe et Masisi. Il vise à accompagner l'organisation de la population et des acteurs de ces territoires pour faire face aux catastrophes naturelles dues au changement climatique et pour développer une agriculture rémunératrice pour les paysans et restauratrice pour l'environnement.

Pour le premier projet, n’hésitez pas à consulter les informations déjà disponibles sur le site et pour le second, ces informations seront également très rapidement disponibles suite à l'acceptation de la requête de financement effectuée auprès du Fonds d'Innovation pour le Développement (FID).

 


Après la R.D.Congo, direction le Bénin, à partir du 5 décembre.

 

Immersion dans le Centre Songhaï. Cette ferme laboratoire à ciel ouvert, tout à fait exemplaire, fait office de référence en matière d’agro-écologie du continent africain. Un modèle de production locale et circulaire conduit par l’adage « Produire plus et mieux avec moins ».

 

C’est dans ce lieu, qu’il participera à une rencontre organisée par le RIEH Afrique, échanger sur l'économie humaine et se concerter sur l'organisation et l'action du RIEH en Afrique.

Une vingtaine de participants sont attendus (Covid oblige), venus du Mali, du Bénin, du Niger, du Burkina Fasso, de RCA, de RDC et du Cameroun.



Michel nous adressera régulièrement des articles sur le déroulement de sa mission que nous partagerons.

 
Mis à jour le 06/12/2021

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BENIN Voyage à SanghaI

BENIN Voyage à SanghaI  

 

vignette Sanghai wiki

Le RIEH organise un voyage d’étude à Songhaï au Bénin,

Savez-vous que pouvez en être, si vous le voulez ?

 

Le RIEH Afrique organise du 5 au 11 décembre 2021 un voyage d’études au Centre Songhaï à Porto-Novo au Bénin (arrivée le dimanche 5 en soirée, départ le samedi 11 en matinée).

Le Centre agro-écologique de Songhaï est depuis 40 ans un exemple particulièrement intéressant d’économie humaine en action : agriculture régénératrice de la fertilité des sols et de la biodiversité, énergies renouvelables, économie circulaire, développement des savoirs, savoir-faire et savoir-être.

N’hésitez-pas à découvrir leur site www.songhai.org.

 

La semaine passée dans le Centre permettra :

 

  • De bien connaître l’expérience du centre, avec un contact approfondi avec ses dirigeants et animateurs
  • D’avoir des échanges avec différentes délégations de RIEH Afrique (Mali, Burkina Fasso, Niger, Bénin, Cameroun, RDC,…) sur leur expérience.
  • De participer à des ateliers de formation sur l’économie humaine.
  • De participer à des échanges sur les objectifs, l’organisation et les plans d’action du RIEH en Afrique et au niveau international.

Sans compter tous les contacts informels que permet une semaine passée ensemble.

 

Outre le coût du billet d’avion pour l’aéroport de Cotonou, il faut compter 24 € par nuit pour l’hébergement et 12 € par jour pour la restauration. Les coûts de transfert depuis l’aéroport et d’organisation de la rencontre sont pris en charge par le RIEH.

 

Pour les contribuables français adhérents de DCLI, il peut être réduit grâce à une déduction fiscale, n’hésitez-pas à nous contacter. Une partie du bénéfice de la réduction pourrait permettre de contribuer au financement des frais de déplacement de participants africains.

 

Si vous vous sentez concerné.e.s, sans engagement ferme à ce stade, par ce voyage d’étude, faîtes nous le savoir en nous contactant au téléphone. De même, si vous pensez qu’autour de vous des personnes peuvent être intéressées par le sujet, n’hésitez pas à leur en parler...

 

 

Marie Grippaudo 06 48 75 15 66

 

Michel Tissier 06 43 32 29 83

 
Mis à jour le 27/11/2021

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A Bamenda au Cameroun : focale sur un groupe local du RIEH très actif !

A Bamenda au Cameroun : focale sur un groupe local du RIEH très actif !  

 

Session1 de Bamenda

Première session du Groupe local Bamenda les 12 et 13 août 2021 - Photo RIEH

 

 

 

Le groupe local du RIEH vient d’organiser les 12 et 13 août 2021 un atelier de formation à BAMENDA dans la REGION NORD OUEST du CAMEROUN – région anglophone.

Un évènement que nous souhaitons partager avec nos lecteurs.

 

Voici comment le groupe se présente à l’occasion de cette rencontre :

« En ligne avec les objectifs du réseau élargi- Réseau International pour une Économie Humaine (RIEH)- le groupe local de Bamenda a pour objectifs de promouvoir collectivement une économie plus humaine qui permet de répondre aux besoins de chacun et de tous (besoins matériels, sociaux, culturels et spirituels), par le travail et l’engagement de tous, tout en maintenant les équilibres naturels. »

 

« La particularité de notre réseau – RIEH/INHE (International Network for Human Economy) - est donc la référence partagée à l'économie humaine et une stratégie pour la promouvoir sur la base de l'action et de la réflexion de ses membres. »

 

L’action qui s'est déroulée les 12 et 13 août 2021 était intitulée « Un échange d'expériences et d'apprentissages sur l'application et l'analyse des approches de l'économie humaine à : l'éducation ; La démocratie ; Place de l'homme dans la Nature ; Spiritualité ; Culture et Anthropologie ».

Elle visait à faire dialoguer un large spectre d'acteurs du développement sur la participation citoyenne à la construction d'une société souhaitée, répondant aux besoins de toute la personne, par toutes les personnes et pour les personnes en harmonie avec l'environnement.

Cet atelier a réuni 56 participants, tous engagés pour transformer les conditions de vie des habitants de la région.

Ils ont considéré que l’économie humaine est une référence qui donne du sens à leur action et veulent continuer à approfondir comment cette référence peut inspirer les politiques publiques.

 

 

Pour regarder la vidéo réalisée lors de l’événement cliquez sur le lien >>>>  

 

 

UN PETIT RETOUR EN ARRIERE

L'INHE Cameroun a été lancé à Yaoundé en décembre 2019 avec 11 organisations agissant pour l'amélioration des conditions de vie des habitants à travers :

 

  • la sensibilisation à l'éducation et à l'environnement ;
  • la participation citoyenne et le suivi des politiques publiques ;
  • la prise de décision fondée sur des données probantes en matière de soins de santé, de violence sexiste ;
  • le renforcement des capacités et développement des compétences.

 

A ce jour, le groupe de Bamenda est constitué, celui de Yaoundé va prochainement tenir une réunion constitutive et des contacts sont en cours à Douala.

 

Comme à chaque création d’un groupe local, les objectifs sont définis par les membres.

A Bamenda, le groupe a choisi d’unir les compétences et les moyens de ses membres pour mener l’ACTION ZÉRO FAMINE dans le territoire de TUBAH, une localité de la région.

Cette action vise à accompagner les PDI de retour (personnes déplacées à l'intérieur du pays) et  les ménages mal desservis, éleveurs de volaille, dans leur quête de réinstallation et de redressement économique pour qu’ils puissent s’appuyer sur la fourniture d'un capital de démarrage sans intérêt.

Elle est actuellement à mi-chemin de sa phase pilote.

 

 

VOYAGE AU CENTRE SONGHAI (BENIN)

Actuellement le groupe s’organise pour participer à la visite d'étude et d'échange lors de notre rencontre régionale Afrique de l'Ouest au Centre Songhaï - Bénin du 5 au 10 décembre 2021.

Ce voyage réunira des membres du RIEH/INHE d'au moins 10 pays différents (Madagascar, RDC., Congo-Brazzaville, Niger, Togo, Centrafrique, Mali, Burkina Faso, Bénin, Cameroun, France etc.).

Le groupe local RIEH/INHE-Bamenda y voit une très belle opportunité pour :

 

  • Partager et apprendre des expériences du Centre Songhaï, site exemplaire de développement durable en Afrique,
  • Explorer les possibilités de nouer des relations entre les membres et avec le Centre Songhaï,
  • Approfondir notre connaissance de l'économie humaine et de manière concrète, faire le point sur la situation du RIEH aux niveaux régional et international,
  • Définir les perspectives d'avenir, notamment en lançant les bases de la consolidation du groupe local au du RIEH,
  • Animer le RIEH Afrique et affirmer la représentation du continent africain au Conseil d'Orientation du Réseau International pour une Economie Humaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Mis à jour le 20/09/2021

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Tamil Nadu : Action d’AREDS pour la protection sociale des travailleurs du secteur informel

Tamil Nadu : Action d’AREDS pour la protection sociale des travailleurs du secteur informel  

 

Au Tamil Nadu comme partout en Inde, la population a souffert au moins autant des mesures de confinement et des conséquences économiques de la Covid 19 que de ses impacts sanitaires. Des millions de personnes se sont retrouvées sans revenus, notamment tous les migrants internes contraints à un très long voyage pour revenir dans leur territoire d’origine sans aide d’aucune sorte.

Sensible à cette situation, AREDS, organisation fondatrice du RIEH en Asie, a organisé des secours d’urgence en distribuant des colis constitués grâce à des collectes locales, à des moyens fournis par des ONG internationales et en utilisant des dispositifs mis en place par le gouvernement du Tamil Nadu et le gouvernement central, même s’ils restent insuffisants.

Un des problèmes rencontrés est la difficulté qu’ont eue les travailleurs du secteur informel (qui représente 80% des emplois) pour percevoir les aides accordées.

AREDS avec d’autres partenaires du mouvement WPC (Working People’s Charter) ont réalisé une étude pour analyser les causes de cet accès limité.

Cette étude a été menée très rigoureusement et le rapport (accessible en anglais par le lien http://www.rieh.org/offres/doc_inline_src/815/Study+on+Informal+Workers+26+Social+Protection+28129.pdf) est particulièrement intéressant à lire. Sundara Babu, secrétaire de INHE Asia en est le rapporteur.  Il apparaît que les bénéficiaires potentiels manquent très largement d’information, que les procédures pour se faire enregistrer pour accéder aux aides sont à la fois lourdes et coûteuses avec un recours très problématique aux outils numériques. Les moyens accordés aux bureaux distributeurs sont  par ailleurs insuffisants. Enfin les travailleurs du secteur informel sont méfiants vis-à-vis d’institutions dont ils n’espèrent aucune aide concrète.

Le rapport conclut à l’inefficacité des mesures d’urgence dès lors qu’un système structurel de protection sociale n’est pas en place.

Un meeting à distance accompagnant la publication du rapport s’est tenu le 29 juin 2021 afin de lancer une campagne pour sa mise en œuvre. Notre ami Samy a présidé à la conclusion de ce meeting.

 

 
Mis à jour le 30/06/2021
Venezuela - Pourquoi certains lieux prospèrent et d'autres n'arrivent pas à se développer ?

Venezuela - Pourquoi certains lieux prospèrent et d'autres n'arrivent pas à se développer ?  

 
Francisco Gonzàlez Cruz
par Francisco González Cruz.
Recteur de l'Université Vallée de Momboy, Trujillo, Venezuela

 

 

Il est largement démontré que la prospérité d'un lieu ne dépend pas de sa taille, ni de son climat, ni de ses ressources, de la couleur de la peau de son peuple, de la langue, de la religion, ni de son passé, glorieux ou non, ni de son ancienneté. De quoi dépend alors qu’une communauté, une société ou un pays est développé ou sous-développé? Quels sont les facteurs ou les processus qui conduisent au succès ou à l'échec d'une communauté? Ce sont des questions qui ont été traitées par de nombreuses personnes et institutions, en particulier à partir de la révolution industrielle lorsque la différence de niveau socio-économique entre différents territoires augmentait de manière exponentielle.

 

Les recherches menées il y a longtemps par Adam Smith, Gunnar MyRdal et   Schumpeter, ou plus récemment par Robert Putnam, Douglas Nord, Francis Fukuyama, Amartya Sen, Martha Nussbaum, Elinor Ostrom, Daron Acemoglu et James A. Robinson, parmi beaucoup d'autres, l’ont clairement défini. En Amérique latine, ressortent les contributions de Manfred Max-Neef, Antonio Elizalde et Martín Hopenhayn, avec son livre "Développement à échelle humaine", ainsi que les documents du Centre d'intégration et de coopération latino-américains (CELADIC). Le Programme des Nations Unies pour le développement a produit des rapports brillants sur le sujet ainsi que «les objectifs de développement durable» des Nations Unies, qui apportent des réponses à ces questions.

 

Nous devons divers acquis à  l'Église catholique depuis l'encyclique "Rerum Novarum" du pape Leo XIII en 1891, passant par Paul VI dans l'encyclique "Populorum Progresso" et l'excellent pape François avec "Laudato Si", sans compter les précieuses contributions des conférences épiscopales de l'Amérique latine, en particulier pour les textes de Puebla, Medellín et Aparecida.

 

Il est nécessaire de préciser que le sujet n'est pas simple, tout au contraire, sa complexité permet d'affirmer que la situation de progrès ou de retard d'une communauté n'a généralement pas une seule explication ou une seule cause, mais résulte d’un certain nombre de facteurs et de processus, certains mêmes tenant au hasard. Mais toutes ces études ont des points communs et c'est précisément ce qui est intéressant de correctement évaluer, afin d'être plus clair pour situer quelles routes mènent probablement au succès ou à la ruine.

 

Comme point de départ, il est préférable d'affirmer de prime abord,  qu'aucun lieu, n'est voué à la réussite ou à l’échec. Même dans les pays pauvres, il existe des cas de réussite, tout comme dans les pays développés, on trouve des cas de communautés pauvres. Il existe également des expériences de sociétés réussies qui échouent plus tard, ou de sociétés défaillantes qui, après un processus approprié, réussissent. Cela conduit à la conviction que la responsabilité de ces processus vertueux ou pervers est liée aux personnes et aux institutions qu'elles créent, de l'intelligence ou de la bêtise de ses citoyens, ou il faut le dire, du caractère bon ou mauvais de ses dirigeants.

 

Ces auteurs démontrent avec diverses études de cas que la prospérité des pays qui réussissent dépend de la force de leurs institutions, ou du degré de confiance dans la société, de l'esprit d'entreprise de leur peuple et de l'environnement pour le déployer, de la culture citoyenne, de la sécurité juridique, des systèmes politiques pluralistes respectueux de la diversité et dotés d'une société civile organisée. Ce sont des pays où règnent la démocratie et la liberté. Il existe des facteurs qui gênèrent des "cercles vertueux", c'est-à-dire des spirales ou des "boucles" qui en se répercutant, créés de plus en plus d'effets positifs, qui renforcent les processus de promotion et de bien-être.

 

Les pays échouent et la pauvreté s'étend lorsque leurs institutions économiques sont « extractives », c'est-à-dire spéculatives, corrompues et concentrent la richesse de quelques-uns. Ils ont des systèmes politiques autoritaires et concentrent le pouvoir entre les mains d'une élite qui agit presque sans restriction. Il n'y a pas de confiance entre les différents acteurs sociaux, l'état de droit est faible et il existe des restrictions à l'exercice de la démocratie et de la liberté.
 
Là, dans ces pays avec ces déficiences institutionnelles, se produisent des cercles vicieux ou malins, qui agissent dans un sens négatif, renforçant les mécanismes pervers qui conduisent à l'échec : autoritarisme, corruption, méfiance, spéculation et autres maux.
 
Les chemins de la prospérité sont clairs. Ceux de l'échec aussi. Les pays qui choisissent la liberté, la démocratie, l'ouverture économique, le respect de la propriété privée avec une supervision étatique transparente pour éviter les abus, la décentralisation, une éducation de qualité et d'autres politiques qui favorisent l'innovation et l'entrepreneuriat des personnes sont sur la voie de la prospérité.

 

Toutes ces vertus de confiance, de participation organisée de la société aux affaires publiques, d'institutions solides, de conscience civique et citoyenne, les valeurs éthiques prédominantes, l'exercice responsable de la démocratie et de la liberté, sont appelées « capital social ». Ces valeurs ne sont le patrimoine héréditaire d'aucun groupe social, ni la dotation naturelle d'un lieu ou d'un pays.

 

Ce sont des vertus qui se construisent, non pas avec de l'argent, de la ferraille et du béton, mais avec la parole, un formidable outil dont tous les êtres humains sont dotés. Il y a des manières de le faire, il y a des techniques adaptées et elles partent toutes de savoir écouter et parler, une affaire bien plus complexe que la construction d'un bâtiment. En fin de compte, le succès ou l'échec d'un territoire, d'une communauté ou d'un pays, ne dépend que de la qualité avec laquelle ses habitants se considèrent les uns les autres.

 

 

« Le développement dans la liberté est essentiel pour évaluer le niveau de croissance d'une nation.

Celle-ci doit être mesurée en fonction du niveau de vie de ses citoyens et de leur capacité à être libres. "
Amartya Sén. Prix ​​Princesse des Asturies en sciences sociales 2021. Prix Nobel d'économie 1998.

 

 

 
Mis à jour le 03/06/2021
Les Palestiniens ont droit à une vie digne

Les Palestiniens ont droit à une vie digne  

 

dessin conflit israelo palestinien

 

La nouvelle flambée de violence qu’ont subie les populations palestiniennes et israéliennes montre d’abord que l’impasse politique est totale dans la région. Il n’y a aucune perspective pour les Palestiniens, pour qu’ils puissent exercer leurs droits politiques, économiques, sociaux et culturels. Ils subissent la loi du plus fort simplement d’abord car leur souveraineté n’est pas reconnue par la majorité des États de la planète.

 

La situation quotidienne diffère selon que les Palestiniens vivent dans les territoires illégalement occupés, qu’ils soient formellement contrôlés ou non par l’Autorité palestinienne, dans la bande de Gaza - prison à ciel ouvert - ou en Israël comme citoyens de seconde zone ou enfin dans les camps de réfugiés ou dans la diaspora.   Mais globalement, en référence à l’économie humaine, ils n’ont pas droit à une vie digne car ils ne peuvent pas exercer leurs droits politiques pour décider du cadre constitutionnel, législatif et réglementaire dans lequel ils vivent, ni choisir leurs dirigeants, ni exercer leurs droits économiques pour subvenir à leurs besoins par leur travail ou leurs droits à organiser librement leur vie sociale et culturelle.

 

Et non seulement ces droits ne sont pas reconnus, mais il n’y a pas de perspective que la situation évolue. C’est la cause fondamentale des révoltes que lancent périodiquement les Palestiniens et qui continueront tant qu’une vraie perspective ne sera pas ouverte et que les bases d’une coexistence pacifique avec égalité des droits ne seront pas trouvées.

 

Ce blocage résulte d’abord du fait que dominent en Israël des forces politiques d’un sionisme fondamentaliste et exclusif selon lequel les droits des Juifs s’exercent en niant ceux des Palestiniens vivant sur le même territoire au prétexte d’un dessein divin. Cette vision contredit l’égalité entre tous les êtres humains quelle que soit leur religion affirmée dans la Déclaration universelle des droits humains que fait sienne l’économie humaine. Elle contredit aussi le type de spiritualité promue par l’économie humaine, selon laquelle l’homme est appelé à s’ouvrir à la transcendance, mais ne saurait instrumentaliser celle-ci pour servir des intérêts particuliers, comme ce fut aussi le cas durant les années d’apartheid en Afrique du Sud : Dieu ne donne pas une terre, il appelle tous les humains qui vivent sur cette terre à s’organiser eux-mêmes pour vivre ensemble dans la dignité.

 

Comment ce principe d’égale dignité des personnes et des peuples peut-il se traduire en formes politiques concrètes sur un territoire où vivent des peuples ayant des cultures différentes ? L’économie humaine ne propose pas un modèle unique en réponse à cette question, car des formes différentes peuvent exister. Dans le cas présent, ce peut être soit la mise en place deux États égaux en souveraineté et vivant en paix, soit un Etat fédéral reconnaissant des communautés différentes, soit, encore, un seul Etat reconnaissant l’égalité des droits de tous les citoyens quelles que soient leur culture et leur religion.

 

C’est aux peuples juifs et palestiniens de trouver les modalités qui respectent les principes d’égale dignité. Cette recherche est actuellement bloquée par la volonté des forces politiques qui gouvernent l’Etat d’Israël d’imposer unilatéralement par la force une organisation du territoire correspondant à sa vision de ses droits et de ses intérêts. Certaines forces politiques arabes actuelles ou passées ont pu avoir le même dessein d’imposer aux Juifs leur même domination en les rejetant à la mer. Mais l’histoire ne justifie pas la loi du plus fort, loi qui n’a aucune légitimité pour l’économie humaine. Seule est légitime la force qui s’exerce au nom du droit.

 

L’économie humaine considère que toutes les personnes vivant sur un même territoire, tous les peuples qu’ils constituent partagent dans leur vision d’eux-mêmes comme personnes et comme peuples les principes d’égale dignité de tous, de solidarité, de responsabilité, de pluriversité. C’est donc une action éducative, culturelle et spirituelle qu’il faut mener. Car il n’y pas de solution politique durable si elle n’est pas portée par un consensus majoritaire. Cette action peut prendre des formes multiples.

 

L’autre volet de la démarche de l’économie humaine est de mettre en place et appuyer des actions collectives pour prendre en charge les problèmes communs que rencontrent les populations du territoire. Des actions qui améliorent concrètement les conditions de vie et qui réunissent des personnes de groupes sociaux culturels, confessionnels différents. Ces actions collectives pour le bien commun peuvent aussi être menées par des entreprises, dès lors que celles-ci ne visent pas seulement le profit de leurs propriétaires, mais cherchent à répondre aux attentes de leurs parties prenantes.

 

Le RIEH appelle toutes les personnes et les organisations qui sur le territoire, en Palestine et en Israël partagent cette vison et adhèrent à cette démarche à se constituer en groupes locaux.

 
Mis à jour le 07/06/2021

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ISIC : Un parcours d'économie humaine remarquable à Haïti

ISIC : Un parcours d'économie humaine remarquable à Haïti  

 
Monographie

 

 

photo d'ANICE LADOUCEUR

 

Anice Ladouceur et Initiatives Citoyennes pour l’Insertion Sociale

 

En région rurale, dans la région de Cap Haïtien / Haïti

 

 

Agé de 63 ans en 2021, je suis le fils aîné d’une famille paysanne de 12 enfants. Hors de question pour ma famille de me financer des études, j’ai pu néanmoins aller à l’école secondaire grâce au soutien d’un parent. Je deviens enseignant et pendant mes études théologiques, l’Eglise Evangélique d’Haïti (EEH) me nomme pasteur d’une Eglise protestante.

Quelques années plus tard, j’ai eu le privilège de participer à une formation de superviseurs d’écoles primaires du secteur protestant - sur laquelle je reviendrai plus bas – et qui m’a profondément marquée.

Ma femme Eudèze et moi, mettons au monde 4 enfants (deux garçons, deux filles). Nos enfances ainsi que nos expériences personnelles avec nos propres enfants, comme avec les gens que nous côtoyons, nous encouragent à nous impliquer dans le travail de développement durable dans la vie de chaque jour. La vulnérabilité des gens nous incite à faire quelque chose pour les motiver à se prendre en charge eux-mêmes et à prendre leurs responsabilités.

Chrétien, je suis aussi guidé par le Christ et retiens cette parole: «L’esprit du Seigneur est sur moi, il m’envoie annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres…».

A la fin des années 90, la formation de superviseurs d’écoles primaires protestantes me fait découvrir la recherche-action qui dépasse de loin l’inspection d’écoles et s’étend à tous les domaines de la vie. Dans ce même cadre, j’ai eu la chance de faire un stage de deux mois en Europe au Collège Coopératif de Paris [1] [2] et de connaître le Centre Lebret qui nous accompagnait et encourageait l’expérience de notre groupe [3], le Mouvement pour la Coopération Internationale (MCI) [4] à Genève, EIRENE-Suisse [5], ainsi que quelques brefs voyages d’immersion et d’échanges dans des réalités en France et en Suisse [6]. Cette formation et ces échanges internationaux m’ont aussi aidé dans la prise de recul : il y a des erreurs qui se produisent, dont on ne deviendrait jamais conscient si on ne pouvait prendre du recul.

Bien avant ces parcours de formation, dès mon plus jeune âge, j’étais déjà motivé pour constater la précarité, l’isolement des communautés rurales, l’injustice ; je voulais prendre la défense des autres, particulièrement avec ceux envers qui je me sens avoir des responsabilités.

 

Les premières actions collectives

Notre organisation est née sous le nom de PAIS (Programme d’Appui à l’Insertion sociale) ;

au moment de la déclaration officielle et de son enregistrement, nous avons dû adopter un autre nom qui est désormais ICIS (Initiative Citoyenne et Insertion Sociale) [7].

 Pendant quatorze ans (environ de 2005 à 2014) nous avons mené des actions dans la région de la Grande Ravine à env. 25 km, Mapou à moins de 5 km de Cap Haïtien, et à Grosse Roche. Nous avons débuté avec un groupe de 17 membres et nos premiers pas étaient :

  • le soutien à quelques veuves particulièrement pauvres,
  • une tentative d’élevage communautaire de porcs,
  • en même temps qu’une formation sur la gestion locale de 4 heures avec 32 candidats aux élections locales émanant de 7 partis différents ; ceux-ci en demandent plus et déclarent que tout en étant candidats, ils ignoraient la responsabilité d’un élu local [8] !

      

Le balancier entre action, formation, action…

D’autres formations ont lieu à la demande des participants. Mais bientôt ceux-ci font part de leur souhait de ne pas seulement échanger des idées, mais aussi de mettre en place des actions concrètes qui améliorent réellement leur situation. La première d’entre elles consiste à reconstruire dans une école les latrines détruites par un cyclone. Cette école se trouve située à un carrefour stratégique, près d’une église, d’un marché et d’une station de bus. La décision est prise que ces latrines soient accessibles au public au-delà des élèves de l’école. Ce qui implique une attention d’autant plus grande à l’hygiène publique. L’autorité locale est partie prenante et offre de payer l’entretien. Il s’agit là d’un premier acte de coopération entre ce groupe de la société civile et le pouvoir public local.

Les activités se diversifient : école et éducation, atelier de couture, agriculture, santé, formation citoyenne, micro-crédit…

Tout n’a pas marché idéalement… Il a fallu constater des échecs, arrêter des activités, en ré-orienter d’autres, faire des apprentissages et en tirer des leçons…Mais commençons par les avancées.

 

L’exceptionnelle année 2010

En 2008, PAIS sollicite un appui extérieur pour sa consolidation. EIRENE Suisse répond positivement en envoyant un jeune couple (le mari avec des compétences de renforcement institutionnel, l’épouse étant médecin). Leur départ aurait exactement coïncidé avec le terrible tremblement de terre survenu le 12 janvier 2010 ! Il est différé d’un mois ; lorsqu’ils arrivent sur place, des centaines de rescapés du séisme – qui avait surtout détruit Port au Prince et environs – avaient fui vers toutes les provinces et donc aussi sur les lieux d’implantation de PAIS.

Les compétences des volontaires sont immédiatement mises à contribution. Des «groupes de parole» sont imaginés et mis en place pour permettre aux rescapés l’expression de leurs traumatismes et souffrances, leur faire comprendre ce qu’est un tremblement de terre, que les victimes ne sont pas punies de Dieu et pour faire renaître l’espoir aussi. Ces groupes ont un tel succès que les populations locales en réclament pour elles aussi.

Sous l’impulsion de la jeune femme, médecin, des «cliniques mobiles» voient le jour, avec des déplacements à pied et sac à dos. Des tournois de foot produisent une mobilisation impressionnante et mélangent rescapés et habitants. L’atelier de couture est élargi aux nouveaux venus.

 

Les constats positifs

Les groupes de parole ont permis aux participants d’être sensibilisés quant à leurs comportements et de passer d’une mentalité passive à une mentalité de développement. La réussite de cette activité était si impressionnante que cela a motivé les gens pour parler aussi de ce qui les préoccupe. Jusqu’à ce jour ça marche et nous en sommes fiers !

La plupart des bénéficiaires des ateliers de couture ont de bons souvenirs de leur apprentissage et ont pu l’utiliser pour gagner leur vie, leur avenir et celui de leur famille. Par exemple : Marianite rapporte qu’elle arrive à assurer le soutien de sa famille, paie les études de son fils et construit sa maison avec la couture ! Elle travaille à présent sur la vision d’ouvrir son propre atelier de formation.

Les tournois de football sont l’une des activités qui – après plus de dix ans – continuent, non seulement à attirer beaucoup les gens de la communauté, de toutes confessions et sexes. Certains viennent même y écouler leurs produits; d’autres arrivent avec des flûtes, des tambours et des guitares pour renforcer l’animation ! Des fanatiques s’arrangent autour de leurs équipes pour chercher la victoire et un groupe de leaders avisés organisent des affiches, des slogans Même des victimes déplacées du séisme de 2010 s’installent définitivement dans la communauté avec leurs projets d’avenir.

 

Des limites

L’impact du passage des volontaires a laissé des traces positives. Après ce jeune couple, il y en a eu d’autres encore, individuels. Pleins d’idées et de capacités, ils ont aidé à risquer des initiatives qui continuent à s’étendre jusqu’à ce jour comme celles qui viennent d’être relatées.

 

Ceci dit, des difficultés ont existé, qu’il s’agisse des volontaires, des populations locales, ou de l’environnement :

  • Les volontaires nous avait-on dit, seraient à notre service, mais bien des fois, ils paraissent convaincus qu’ils ont raison et donnent l’impression que de toutes façons, ce sont eux qui ont raison...

Et puis, avec l’apport de ressources externes – bienvenues -  il y a la tentation de l’imposition sur les ressources internes. Quel que soit le niveau de compétences et du financement externe, sans une appropriation profonde à l’interne, le développement est voué à l’échec. S’il y avait eu plus de respect mutuel, nous aurions probablement mieux profité les uns des autres…

  • Les populations locales quant à elles, sont souvent divisées entre appartenances religieuses, politiques, résistantes aux changements en raison des habitudes installées, incrédules en face de propositions nouvelles…  Il y a des opposants au changement : des leaders, des politiciens traditionnels corrompus qui soutiennent le statut quo. Ils ne voient que leur intérêt propre dans la collectivité. Ils sont là pour dévier, désorienter le message de la libération du peuple. Ils soulèvent les gens entre eux-mêmes, ils font des fausses promesses pour détourner la population.

La communauté de Grosse Roche par exemple, qui est l’une des plus isolées, ne se laisse plus manipuler par des leaders politiciens, qu’ils soient corrompus ou traditionnels, qu’ils veuillent maltraiter la population ou les induire en erreur. Pendant la période appelée  «pays lock» [9], nous avons pris notre distance pour continuer à faire fonctionner l’école, qui est restée ouverte  pendant toute l’année 2020 sans interruption.

L’important pour nous est que le développement n’est pas chrétien, ni vodouisant, ni musulman non plus : les marres d’eau insalubre et les moustiques ne sont adeptes ni de l’un, ni de l’autre. Pour le bien du développement durable, nous devons mettre de côté nos discours de chapelles.

  • Et finalement nous sommes souvent atteints par des catastrophes naturelles qui bien des fois empêchent ou détruisent une activité déjà en cours. Il en va de même d’ailleurs des instabilités politiques et des grèves…

Aussi la proposition de micro-crédit – qui sera décrite plus tard dans ce texte - n’était pas du tout acceptée facilement ! Bien des gens ne voulaient pas croire que même pauvre, on pouvait s’y mettre.

Nous avons décidé de nous tourner de plus en plus vers les jeunes (et cela de 12 à 25 ans) ; cela ne va pas tout seul non plus : ils s’intéressent d’abord à la musique, aux réseaux sociaux virtuels. Mais ils sont quelquefois plus capables d’ouverture pour des choses nouvelles. Nous multiplions les formations à la citoyenneté : il y a même de la demande.

 

En conclusion : il nous importe de mettre les jeunes au centre des activités d’ICIS pour les prochaines années ; il nous semble que c’est un choix judicieux pour influencer le changement visé.

 

Les leçons tirées, convictions et continuité

 

1.  L’implication de la femme dans la gestion des activités économiques d’une famille, d’une communauté est de rigueur. Elle rend nécessaire la solidarité entre le mari et la femme.

 

2.  Le développement durable d’une communauté est à la fois individuel et collectif : cesser les luttes de chapelles, de clans, en faveur d’une approche inclusive. Mettons de côté, pour le bien commun, les discriminations politiques, familiales, ecclésiales, intellectuelles et sociales pour une communauté solidairement responsable

 

3. Il en résulte une philosophie partagée par les gens les plus humbles de la communauté. C’est l’âme, l’essence, la mentalité des gens. Je/nous ne dépendons de personne que de moi/nous-mêmes. Je/nous ne devons plus attendre de l’extérieur. Agissons ensemble pour faire basculer le sous développement.

 

4. Il y a un prix à payer : je/nous nous engageons à payer ce prix en sacrifiant du temps, de l’argent, l’expérience, la connaissance, le potentiel et le confort.

 

5. Il faut un leader désintéressé, convaincu, courageux, éclairé qui parle moins et agit en permanence ; qui voit l’autre avant lui ; qui connaît la route et a de l’impact sur les autres, quel que soit son sexe, son âge, sa richesse, sa connaissance, son appartenance…

 

6.  Il y a besoin d’un plan de travail explicite, précisant la vision, les orientations des actions, les moyens et le temps. Les besoins sont identifiés et priorisés ; la solution est envisagée, les initiatives sont prises et les mises en applications sont garanties.

 

La confrontation avec un ouvrage

Avec le livre publié par Etzer EMILE [10], nous considérons la pauvreté comme un manque d’accès aux actifs, une croissance économique insuffisante ou inapropriée, une mauvaise gouvernance. Nous distinguons :

  • la pauvreté extrême ou absolue, qui est la situation d’une personne ne disposant pas des revenus nécessaires pour satisfaire ses besoins alimentaires essentiels définis sur la base de besoins caloriques minimaux (1800 calories par jour et par personne),
  • la pauvreté générale ou pauvreté relative, qui est l’état d’une personne qui ne dispose pas de revenus suffisants pour satisfaire ses besoins essentiels non alimentaires : habillement, énergie, logement,
  • la pauvreté humaine comme dit le PNUD, considérée comme l’absence des capacités humaines de base analphabétisme, malnutrition, longévité réduite, mauvaise santé maternelle, maladies pouvant être évitées.

 

Nous retenons 10 justes raisons qui ont fait de nous une communauté pauvre :

 

1.  L’implication de la femme dans la gestion des activités économiques d’une famille, d’une communauté est de rigueur. Elle rend nécessaire Notre système d’éducation a choisi de former des professionnels pour amasser de la richesse et non pour la créer.
2.  Nous avons choisi de nous laisser appauvrir par notre mentalité d’assistanat, au lieu de prendre conscience de notre potentialité en nous et chez nous.
3.  Nous n’avons jamais pu construire des institutions inclusives, fortes et permanentes.
4.  Nous n’avons pas encore compris que le développement de la communauté doit passer par le développement des acteurs locaux.
5.  Nous avons choisi de ne pas rendre accessibles les services financiers et n’avons jamais fait de la création d’emplois une priorité. Involontairement, on nous impose un système financier qui renforce violence, injustice, exploitation, endettement, et misère.
6.  La classe possédante n’a pas encore compris que plus les consommateurs seront riches, plus elle s’enrichira.

7.  Nous avons toujours eu un comportement irresponsable vis à vis de notre environnement physique naturel. Nous n’avons pas pu identifier, transformer et exploiter intelligemment les ressources locales disponibles pour créer des richesses et des revenus.
8.  Nous avons choisi d’attendre de l’extérieur au lieu de faire ce que nous sommes capables de faire. Nous favorisons la fuite de cerveaux.
9.  Nous faisons preuve d’un manque d’esprit d’initiative personnelle, collective et citoyenne. Nous avons peur de réussir ensemble.
10.  En voulant vivre comme des riches, la communauté s’appauvrit.

 

A partir de ces 10 constats, nous avons décidé d’agir autrement, jusqu’à ce que s’impose un modèle de comportement, un système de développement d’une personne, famille ou communauté à une autre, de génération en génération.

 

Expansion du micro-crédit, création de EKL

Au cours des années 2000 à 2014 nous avons pris un virage en vue d’arrêter le plus possible les financements extérieurs (sauf pour l’école). Si nous rêvons de développement durable, nous devons nous financer nous mêmes avec notre propre crédit local : apportons ce dont nous disposons pour créer notre propre épargne et crédit. Ce n’était pas chose facile. Dans un dialogue d’abord difficile et tendu, peu à peu devenu plus constructif, nous avons pu lancer «Epay ak Kredi Lakay» (EKL) : «Epargne et Crédit Local» en 2015. Il s’agit d’une activité solidaire qui unit tous les gens locaux sans discrimination aucune (catholiques, protestants, vodouisants) y compris ceux qui ont peu ou pas d’argent.

Tout le monde est concerné, c’est notre affaire : pas de salarié, que des volontaires ; tout le monde vient de la communauté : épargnant, emprunteur, comptable, caissier, etc… participe dans les décisions. Les participants deviennent des responsables au plan local. Ils ont les yeux ouverts sur toute la communauté et doivent décider des services de base.

Il faut signaler aussi que plusieurs élus des autorités locales  (ASEC et CASEC [11]) sont membres d’EKL.

Ils sont engagés et impliqués à la fois comme citoyens et autorités ; leur présence a de l’impact à la fois sur la communauté et sur le gouvernement local.

 

Le crédit est devenu la principale source de financement des activités individuelles et collectives. Tout se fait à partir du crédit. Sans influencer les décisions des gens, ICIS est là pour aider dans la prise de décision, l’organisation des activités : rédaction, montage, systématisation, reformulation des documents, évaluation, suivi…

 

Tout le monde met son argent pour donner des prêts à ceux qui en veulent à un taux fixé par l’assemblée des membres qui établit les règles du jeu. Tout le monde est garant. On est solidairement responsables du remboursement. Si quelqu’un ne rembourse pas, c’est l’argent du voisin qui est en jeu. Les emprunteurs s’organisent en petits groupes solidaires sous caution avec un dispositif de remboursement du groupe pour l’octroi de nouveaux prêts.

 

Au moment de redistribuer : il y a de l’argent versé au profit des activités et projets d’ICIS (en agriculture par ex.) ; l’argent reversé aux épargnants soutient leurs projets personnels (construire ou améliorer leur habitat, acquérir un outil de travail comme une «moto-taxi» pour transporter les gens, payer les frais de scolarité et permettre aux enfants d’aller à l’école, etc).

Tenant compte de la situation précaire des gens, celui qui a la plus petite épargne aura le plus grand profit.

Avec l’église, nous organisons des journées de reboisement, de clinique mobile, de conservation des sols.

Avec les écoles [12], nous organisons des activités de formation citoyenne et d’éducation civique, ainsi que la fête du drapeau.

Avec les parents, nous organisons des ateliers sur l’agriculture (théories et pratiques), distribution de semences,

Avec les élus locaux, nous organisons des séances sur les principes de droits humains, de bonne gouvernance.

ICIS peut percevoir – parfois 15% par an – des fonds épargnés à EKL.

Pour nous EKL n’est pas un nouveau micro-crédit, ce n’est pas non plus une caisse populaire en plus des autres. EKL est une nouvelle façon de voir, de concevoir, de capter la vie. C’est une conception renouvelée pour transformer son environnement. C’est une lutte contre l’endettement, l’exploitation, l’injustice, la violence, la misère.

 

En somme EKL est une stratégie qui vient appuyer tout le travail de ICIS.

Nous considérons EKL comme une stratégie de lutte émancipatrice en appui à ICIS et rendant ICIS plus visible, plus présent, plus écouté et plus sollicité. Aujourd’hui ICIS dispose de cette structure EKL pour financer ses activités ainsi que nos bénéficiaires et des particuliers (des maisons sont en construction, des activités génératrices d’emplois sont financées, des projets d’agriculture sont financés, etc…).

Rappelons simplement pour finir cette explication, que malgré la satisfaction des bénéficiaires actuellement, toute notre première période de micro-crédit n’a pas été efficace [13].

 

Plan d’accompagnement social

Les jeunes et les adultes doivent avoir la possibilité d’échanger, de se concerter, de prendre part à la vie sociale. Pour y arriver, nous allons capitaliser sur des atouts comme : mentalité, attitude, aptitude, potentialité, capacité, connaissance, expérience, environnement, destin, vision, leadership, communauté, citoyenneté, initiative, échec, succès, avenir…

Nombreux sont les jeunes déjà en activité qui souhaiteraient élargir leur champ de confrontation avec d’autres jeunes externes à la communauté et même au pays en vue d’élargir leur horizon. Nous optons pour des visites d’échanges sur des bases réciproques, permettant de libérer et capter en même temps nos différences et créer de l’impact. Nous pouvons compter sur un compte de l’EKL nous permettant de placer des fonds d’amortissement qui nous faciliteront les déplacements.

 

Avec ce plan, notre volonté est déjà dite de poursuivre et d’élargir nos projets. C’est pourquoi nous terminons par le résumé de nos objectifs généraux et spécifiques, notre démarche. Nous sommes ouverts bien sûr pour accueillir de nouveaux partenaires qui se reconnaîtraient dans notre démarche et nos propositions.

 

Objectifs généraux

1.  Contribuer au développement durable en valorisant les potentiels, les savoirs expérientiels, l’environnement et toutes autres ressources locales disponibles.
2.  Conscientiser la communauté autour de ses richesses pour assurer le développement durable
             a/  Analyser sa propre réalité (mentalité, différence, capacité, environnement, vision)
             b/  Entreprendre des actions inclusives pour un changement durable.

3.  Créer et soutenir un mouvement social inclusif facilitant l’exploitation de toutes les ressources locales disponibles.

 

Objectifs spécifiques

1.  Offir aux familles la possibilité de se prendre en charge mutuellement
2.  Encourager individuellement et/ou collectivement les gens à la responsabilité citoyenne
3.  Renforcer le pouvoir d’achat de chaque acteur local
4.  Orienter les jeunes vers l’entreprenariat

 

Démarche

L’activité s’inscrit dans le but de favoriser une approche nouvelle impliquant les acteurs dans une démarche inclusive, collective, responsable. La priorité est accordée aux jeunes, porteurs de changement qui ne sont pas encore influencés par le système.

 

Activités du projet

1.  Renforcer l’EKL pour encadrer chaque famille
2.  Faciliter l’éducation des enfants et des jeunes de la communauté pour qu’ils deviennent des entrepreneurs responsables.
3.  Accompagner chaque acteur du développement local.

 

Conclusions

 

Les choses n’ont pas été faciles. Nous avons connu des moments bien difficiles qui ont causé des échecs presqu’au cours de chacune de nos actions. C’est le courage, la conviction du développement endogène qui nous a motivés pour recommencer.

 

Nous avons le sentiment d’avoir réussi à demi puisque nous avons fait beaucoup. Le reste, reste à faire : nous sommes mandatés pour annoncer, dénoncer, renoncer,  : avec Louis-Joseph Lebret, Henri Desroche, et tout autre qui manifeste le souci du monde nouveau plus juste, plus humain, plus viable auquel nous aspirons. Brillons là où nous sommes.

 

 

Anice LADOUCEUR

                                                                                              Mars 2021

 

Notes

[1] Dans un groupe d’une douzaine de participants à cette formation

[2]

[3] Le Centre Lebret a mis pendant toute la durée de notre stage sa salle de réunion à notre disposition pour que nous puissions étudier personnellement, faire des travaux de groupes et être suivis individuellement au besoin.

[4] Le MCI a soutenu (entre autres organisations) financièrement notre formation en Haïti ainsi que notre voyage et séjour en Europe

[5] EIRENE, organisation suisse d’envoi de volontaires qui contribuera plus tard par l’envoi de volontaires dans le projet PAIS

[6] Comme les Jardins de Cocagne par exemple

[7] C’est pourquoi dans le texte apparaissent successivement PAIS et ICIS pour la seule et même organisation.

[8] En 2006, j’ai la chance de participer à un atelier régional organisé par le Centre Lebret et de partager cette expérience avec d’autres partenaires d’Haïti, République Dominicaine, Cuba, centré sur : «Les rapports entre Société civile et Pouvoirs publics». Il y était spécialement question d’encourager la mise en oeuvre de la «Décentralisation» inscrite dans la Constitution de 1987 (et jamais accomplie) par une démarche de bas en haut, sans attendre que cela ne vienne que du haut en bas.

[9] Pays lock signifie pays bloqué, correspond à une période de paralysie totale du pays d’env. 3 mois fin 2019, menée par l’opposition, mais qui empêche les paysans de sortir de leur zone avec leurs produits;

[10] Etzer S. EMILE, Haïti a choisi de devenir un pays pauvre. Les vingt raisons qui le prouvent. Les Presses de l’Université Quisqueya, 2017, 251 p.

[11] ASEC : Assemblées des Sections Communales (instance législative) - CASEC : Conseils d’Administration des Collectivités Territoriales (instance exécutive)

[12] Dans le cas des écoles, des fonds nous sont parfois mis à disposition à raison de 75% par Compassion Internationale (ONG Nord Américaine). D’ailleurs, je suis partie prenante du Réseau national de Compassion en Haïti qui apporte un appui financier à environ 300 écoles à travers le pays.

[13] Probablement qu’au delà de ce résumé succint, l’expérience d’EKL mériterait une description plus détaillée du cheminement, des obstacles et progrès, des échecs et réussites comme de la transformation des mentalités et des changements concrets dans la vie des participants, des réflexions et évaluations faites au fur et à mesure.

 

 

 

 

 
Mis à jour le 06/05/2021

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FISCALITÉ DES ENTREPRISES MULTINATIONALES

FISCALITÉ DES ENTREPRISES MULTINATIONALES  

 

Un espoir de changement positif du point de vue de l’économie humaine

 

Gafa

 

 

L’annonce par le Président Américain, Joe Biden, de vouloir relever la fiscalité appliquée aux profits réalisés par les entreprises multinationales a suscité des espoirs et des résistances aux États-Unis comme dans le monde entier. L’intention annoncée est de faire passer le taux d’imposition sur les bénéfices réalisés aux États-Unis de de 21 à 28% et sur les bénéfices réalisés à l’étranger de 10,5 à 21%.

 

Cette annonce a ressuscité l’espoir de débloquer la négociation entreprise depuis plusieurs années au siège de l’OCDE entre 124 pays pour : répartir les bénéfices et droits d’imposition là où les entreprises multinationales ont leurs marchés et s’accorder sur un taux international d’imposition minimum sur les bénéfices. Dans les discussions en cours avant la déclaration de Joe Biden, le taux international minimums envisagé oscillait entre 12,5% et 15%, bien en-dessous des 21% que souhaite le Président américain.

 

La réforme de Joe Biden doit être acceptée par le Congrès et les réformes actuellement débattues à l’OCDE doivent l’être par les 124 pays évoqués plus haut ; un accord devra être trouvé sur un taux d’imposition minimum commun. D’un point de vue technique, les mesures relatives au calcul des bénéfices, à la répartition entre pays des droits d’imposition sont au point et ne devraient pas retarder la mise en œuvre des réformes dès que l’accord sur les principes et sur le taux minimum aura été entériné. Avant la fin de l’année, espèrent certains.

 

Du point de vue de l’économie humaine

Du point de vue de l'économie humaine, ces réformes vont dans le bon sens encore faut-il que chaque État assume ses responsabilités de contrôle et fasse bon usage des ressources supplémentaires générées. Le contrôle citoyen animé par les ONG et les partis politique sera essentiel.

 

On peut attendre des réformes en cours de discussion :

 

Plus de justice fiscale.
  • Les profits transférés dans les paradis fiscaux viennent par des entreprises multinationales viennent pour 50% d’entreprises Nord-américaines, 25% d’entreprises de l’Union Européenne, 10% d’entreprises des autres pays de l’OCDE et 15% d’entreprises des pays en développement. Il est parfaitement choquant que des grandes entreprises ne paient pas à la hauteur de leurs moyens. Cela oblige les États à prélever davantage sur les entreprises locales et les ménages ou à renoncer à des dépenses de fonctionnement ou d’investissement.
  • Le fait que les entreprises soient taxées là où elles gênèrent des bénéfices est particulièrement important quand une entreprise n’a pas d’établissement taxable dans un pays où elle opère. C’est le cas, en particulier, des entreprises du numérique qui vendent leurs services sans avoir besoin d’être présentes.
  • L’optimisation fiscale, qui consiste pour une multinationale à faire apparaître ses bénéfices dans un pays où la fiscalité est minimum, sera réduite du fait que ceux-ci seront taxés au taux minimum international.

 

Plus de ressources pour les pays
  • Les réformes généreront plus de ressources fiscales pour la plupart des pays (sauf les paradis fiscaux et les pays qui facilitent l’optimisation fiscale des entreprises qu’ils hébergent comme l’Ireland et le Luxembourg notamment). Ces ressources supplémentaires peuvent favoriser l’éclosion d’une économie plus humaine si elles sont utilisées pour le bien commun et les plus défavorisés : le développement de la recherche, des infrastructures et des services de santé ; pour la transition écologique et les investissements d’avenir ; pour la formation de tous et particulièrement des plus défavorisés, afin que chacun puisse servir la société.
  • Mais cela peut aussi donner plus de moyens pour des dépenses d’armement ou des dépenses somptuaires.

 

Éviter la concurrence par le bas

Pendant de nombreuses années, les pays en développement, soucieux d’attirer les investissements étrangers pour se développer, ont offert aux entreprises

  • des avantages fiscaux : exonération ou faibles impôts sur les bénéfices ; importation des équipements et des intrants hors taxe ; exportations hors taxe ;
  • la garantie de ne pas avoir d’obligation de réinvestir dans le pays d’accueil et de pouvoir rapatrier leurs bénéfices ;
  • la réalisation des infrastructures nécessaires au fonctionnement de l’entreprise.

 

Avec les mesures envisagées, les exonérations d’impôt sur les bénéfices disparaissent puisque les bénéfices réalisés à l’étranger seront taxés au taux minimum international de (21% si la projet Biden est retenu). L’entreprise paiera alors l’impôt sur les bénéfices réalisés localement au taux local et un complément dans le pays où est installé son siège social si le taux local est inférieur au taux minimum retenu. Les entreprises n’auront plus intérêt à rechercher les pays où les taux sont inférieurs au taux minimum.

 

Yves BERTHELOT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Mis à jour le 04/05/2021

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Le RIEH adhère à la Fabrique des transitions

Le RIEH adhère à la Fabrique des transitions  

 

 

logo + la fabrique des transitions

 

 

Depuis janvier 2021, le RIEH a signé  la Charte des Transitions, acte par lequel il est entré dans l’ensemble des «  alliés » de la Fabrique des Transitions.

 

La Fabrique des Transitions est née de la volonté de quatre villes, Loos-en-Gohelle, Grande Synthe, Malaunay et Le Mené, qui avaient engagé depuis plusieurs décennies une stratégie de transition de leurs territoires vers des sociétés durables, de confronter leurs expériences pour voir s’il s’en dégageait des principes directeurs communs à valeur générale.

 

Cette démarche de capitalisation activement soutenue par l’Agence de la transition écologique, ADEME, et accompagnée par le laboratoire d’intervention et de recherche ATEMIS, s’est révélée féconde.

 

Quatre principes directeurs ont émergé :

  • la conduite de la transition suppose l’engagement de tous les acteurs ;
  • il faut passer d’approches sectorielles à une approche systémique ;
  • la capacité des acteurs à s’engager et à dépasser les approches sectorielles découle d’un long apprentissage de la coopération entre acteurs ;
  • la transition est, pour un territoire, créatrice de valeur économique et sociale.

 

Une vingtaine d’organisations de la société civile invitées à réagir à ce processus s’y sont pleinement reconnues. Elles ont constaté qu’elles partageaient la même conviction du rôle des territoires dans la transition. C’est le noyau fondateur de la Fabrique.

 

Une charte fondatrice

La Charte fondatrice, élaborée en 2019 par ce noyau fondateur, constitue le socle et le ciment de la Fabrique. Elle est appelée à être enrichie tous les trois ans au regard de l’expérience. 

 

Le RIEH est entré en contact avec la Fabrique par l’intermédiaire du Mené.

C’est une institution française, mais elle est ouverte aux expériences internationales.

Notre adhésion vise à apporter un soutien à cette initiative qui promeut la démarche territoriale que nous menons avec plusieurs de nos membres.

Nous comptons, au sein de la Fabrique apporter ces expériences et partager les enseignements que nous en tirons.

Nous pensons que la dimension internationale que nous apportons ainsi peut être intéressante pour les expériences françaises et nous espérons que la collaboration que nous engageons avec cette adhésion le démontrera.

 

La Fabrique utilise le terme de « Transition », qui s’est imposé dans le débat public pour désigner un processus de « changement de paradigme » ou de « changement systémique ».

 

Avec l’Economie humaine, nous affirmons non seulement une volonté de changement structurel, mais nous indiquons aussi vers quelle société et quelle humanité nous voulons aller et par quelles démarches.

Nous ferons entendre cette voix et cette voie dans les travaux auxquels nous participerons.

 

Michel Tissier

Secrétaire exécutif du RIEH

 
Mis à jour le 03/05/2021

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Faisons connaissance avec Souleymane Bachir Diagne

Faisons connaissance avec Souleymane Bachir Diagne  

 

Souleymane Bachir Diagne

Vient de paraître en français aux éditions Philippe Rey Le fagot de ma mémoire, un livre où Souleymane Bachir Diagne retrace son parcours entre le Sénégal, la France et les Etats-Unis.

 

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore Souleymane Bachir Diagne, Sénégalais né en 1955, est actuellement professeur à l’Université de Columbia à New-York. Il est spécialiste en histoire des sciences et en philosophies islamique et africaine.

 

Il incarne en lui-même la « pluriversalité » qu’il promeut. « L’universel ne saurait être la propriété d’une seule province du monde ». Avec Aimé Césaire il invite à faire mouvement vers « un universel riche de tous les particuliers, et qui n’est pas donné », mais à construire par le dialogue.

 

Le livre, simple d’accès, évoque les différentes figures qui ont marqué l’univers intellectuel de l’auteur, depuis son père qui l’a élevé dans la tradition d’un islam soufi jusqu’à Mamadou Diouf, son prédécesseur à la direction de l’Institut d’études africaines de Columbia, en passant par Louis Althusser et Léopold Sédar Senghor.

 

Il permet notamment de prendre du recul par rapport aux querelles superficielles à propos de la pensée postcoloniale et décoloniale.

 

Il dresse un portrait qui force l’admiration pour un homme qui fait preuve d’une grande rigueur et d’un total engagement. Pour nous, tenants de l’économie humaine, Souleymane Bachir Diagne, musulman et africain, donne toute sa portée, à partir de sa propre culture si métissée, à la vision d’un monde « de tout l’homme et de tous les hommes ».

 

Un prochain numéro de la revue Développement et Civilisations présentera de larges extraits de ce livre important.

 

Michel Tissier

Secrétaire exécutif du RIEH

20/04/2021

 
Mis à jour le 03/05/2021

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Groenland : Un peuple qui décide de son destin

Groenland : Un peuple qui décide de son destin  

 

GROENLAND

 

 

Les élections législatives et communales qui se sont tenues, mardi 6 avril, au Groenland ont été largement remportées  par Inuit Ataqatigiit (IA, « communauté du peuple »), parti qui avait fait notamment campagne contre le projet de mine de terres rares et d’uranium de Kuannersuit, dans le sud du Groenland. Au cours de ce qui a été qualifié d’« élection de l’uranium », IA a obtenu 36,6 % des suffrages, devant Siumut (29,4 %), le parti social-démocrate, qui a détenu le pouvoir presque sans discontinuer depuis les premières élections, en 1979.

 

Le débat a largement porté sur ce projet d’exploitation. La compagnie australienne Greenland Minerals, dont le principal actionnaire est une entreprise publique chinoise, a obtenu, en 2007, une licence pour explorer la possibilité d’en extraire des terres rares. La compagnie assure pouvoir créer 300 emplois locaux et reverser pour 200 millions d’euros par an au Groenland, soit presque la moitié de ce que verse chaque année le Danemark à son territoire autonome.

Les enjeux sont donc forts pour un pays de 57 000 habitants !

 

Nous ne disposons pas de toutes les informations sur la vie sociale et politique groenlandaises et il faudra observer comment cette victoire électorale se traduira dans la composition du gouvernement local et dans l’action qu’il conduira.

Les commentateurs parlent de succès écologiste et ils ont raison car les arguments tenant aux risques de pollution ont été importants. Mais ce ne sont pas les seuls. C’est aussi le refus d’un modèle économique de l’argent facile. On a pu parler ailleurs de « la malédiction de l’or noir ». Certes certains pays pétroliers sont riches. Mais quelle société est induite par l’accaparement de la manne pétrolière par une minorité clanique ou bureaucratique et la maîtrise par cette dernière de la redistribution sur des critères clientélistes ?

 

Les Groenlandais ont fait le choix d’un développement certainement moins rapide et spectaculaire, mais fondé sur une utilisation des ressources naturelles respectueuses de leur régénération et sur le travail partagé par tous. Ils ont fait le choix de la qualité de vie et de la dignité.

 

Au passage ils affirment leur volonté de maîtriser leur destin à un moment où le réchauffement climatique modifie profondément la donne pour le pays.

 

Une belle leçon d’économie humaine !

 

Michel Tissier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Mis à jour le 06/06/2021

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L’éviction d’Emmanuel Faber de la direction de Danone, échec d’un acteur engagé de l’économie humaine ?  

 

 

Rappelons d’abord les faits. 

 

Le 14 mars dernier, au terme d’une crise qui durait depuis  plusieurs mois, le Conseil d’administration de Danone mettait fin avec effet immédiat aux fonctions de PDG d’Emmanuel Faber.

Danone est une multinationale dans trois secteurs de l’industrie agro-alimentaire : les produits laitiers frais et d’origine végétale, les eaux conditionnées, la nutrition infantile et médicale. Ses produits sont vendus dans 120 pays et le groupe emploie plus de 100 000 salariés dans 55 pays.

 

Le groupe se caractérise aussi par la façon de se définir.

Dans les années 70, son fondateur, Antoine Riboud affirmait le principe du double projet, économique et social de l’entreprise. Cette référence s’est maintenue sous la direction de son fils Franck qui lui a succédé, puis sous celle d’Emmanuel Faber depuis 2014.Tout au long de ces années, Danone s’est engagée dans le mouvement de la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises). Dans notre livre Chemins d’économie humaine nous avons cité l’exemple de Grameen Danone Foods au Bangladesh, entreprise créée avec Mohammed Yunus pour produire et distribuer un yaourt à fort pouvoir nutritif.

 

 

Une entreprise à mission

 

Cette orientation s’est consolidée en avril 2019 quand Danone a décidé de prendre le statut d’entreprise à mission. Ce statut a été défini par une loi de mai 2019 inspirée par un rapport « Entreprise et intérêt général » de 2018 auquel la revue Développement et civilisations a consacré son numéro 344. Précisons que l’adoption de ce statut a été décidée à l’unanimité du Conseil d’administration et avec une majorité de 98% par l’Assemblée générale des actionnaires de juin 2020.

 

« Apporter la santé par l'alimentation au plus grand nombre », telle est la définition générale de la mission. Elle se décline en  quatre grands objectifs : un « portefeuille de produits plus sains » apportant la santé au plus grand nombre ; le soutien à une « agriculture régénératrice » pour protéger et renouveler les ressources de la planète (usage de l’eau, réduction du plastique et des émissions de CO2) ; la poursuite de l’innovation sociale ; et une politique inclusive pour ses salariés et son écosystème proche (prestataires…).

 

Se transformer en « entreprise à mission » dotée d’une raison d’être, insiste M. Faber lors de cette AG, « ce n’est pas business as usual d’un côté et philanthropie de l’autre, mais une démarche intégrée ».

 

« Les décennies de croissance économique auront épuisé les ressources de la planète avant d’étancher notre soif de posséder, notre modèle de production-consommation nous ayant entraînés dans une économie de l “avoir” plutôt que de l “être” », avec pour conséquence « l’insoutenable concentration de la richesse dans le monde, véritable bombe à retardement ».

 

Pour se préparer aux défis qui jalonneront les cent prochaines années, M. Faber estime donc qu’il faudra notamment lutter contre « la déshumanisation de l’économie ».

 

« Oui, nous pensons qu’il n’y aura plus d’économie de marché sans justice sociale, que c’est le seul enjeu légitime de la mondialisation. »

 

Et lors d’un emblématique discours devant les étudiants d’HEC en 2016, Emmanuel Faber a notamment déclaré que « Le pouvoir n’a de sens que si vous vous en servez pour rendre service ».

 

Le statut d’entreprise à mission ne se limite pas à des déclarations. Le conseil d’administration nomme un comité de mission « composé de personnalités d’expertise mondiale » venues de tous les horizons. Le respect des objectifs est vérifié chaque année, sur la base d’indicateurs précis, par un « organisme tiers indépendant ». Les résultats seront présentés aux actionnaires lors de l’assemblée générale annuelle. Cette démarche s’inscrit dans le mouvement de certification « B Corp » dans lequel Danone s’est engagé en 2015.

 

 

 

Qui aura la peau du "Soldat Faber" ?

 

Avec la pandémie de Covid, le chiffre d’affaires et la marge opérationnelle courante  du groupe ont baissé de 1,5% en 2020 par rapport à 2019. A noter cependant que cette marge reste largement positive, 13% et que depuis plusieurs mois au moins, deux fonds activistes, Artisan Partners et Bluebell Capital qui détiennent chacun environ 3 % du capital mènent campagne contre le PDG, mettant en avant une chute du cours de bourse d’un quart de sa valeur. Ils soulignent aussi qu’entre 2014 et 2020, ce cours de bourse a augmenté de 3% pour Danone alors qu’il a augmenté de 45% pour Nestlé et de 70% pour Unilever les concurrents mondiaux de Danone.

 

C’est ce conflit qui a débouché sur la mise à l’écart d’Emmanuel Faber le 14 mars 2021.

 

Les opposants à Emmanuel Faber ainsi que les nouveaux dirigeants ont déclaré qu’ils ne remettaient pas en cause le statut d’entreprise à mission ni les objectifs sociaux et environnementaux du Groupe. Ils ont critiqué un exercice solitaire du pouvoir ainsi qu’un plan de réorganisation qui visait à donner le pouvoir à des entités nationales par rapport aux entités par produits.

 

Quelles leçons pouvons-nous tirer de cet épisode, nous qui, avec l’économie humaine, soutenons que l’économie a pour objet de répondre aux besoins de tous les hommes et non de dégager du profit pour une minorité et que les acteurs économique, comme tous les acteurs de la société sont responsables des impacts qu’ils ont sur la société et sur l’environnement naturel ?

 

Nous ne disposons pas d’éléments d’appréciation des modes de direction pratiquée par Emmanuel Faber. Mais si tous les dirigeants qui ont un mode d’exercice du pouvoir très personnels et autoritaires étaient écartés pour ces raisons, on assisterait très probablement à une avalanche de départs !

 

Ce n’est pas la personne d’Emmanuel Faber qui est en jeu, mais bien sa conception de l’entreprise. Saluons cependant l’homme qui a délibérément renoncé à sa retraite chapeau et à son parachute doré en cas de départ. Et qui a pris publiquement des positions humanistes, en prenant de véritables risques sur sa personne.

 

Ses opposants ont voulu administrer la preuve que le seul objectif de l’entreprise est de dégager le maximum de profit pour l’actionnaire et que le cours de bourse est l’indicateur qui doit guider toutes les décisions d’un dirigeant. Toutes les autres considérations sont secondes par rapport à ce paradigme.

 

Et on ne peut pas ne pas voir dans l’événement, la volonté de donner aussi une leçon à un trublion qui « faisait tache » au milieu de ses pairs.

 

L’idéologie qui fait de la maximisation du profit pour l’actionnaire le seul guide de l’action de l’entreprise et plus largement de l’activité économique n’a aucune base scientifique. C’est un positionnement purement idéologique.Toutes les études montrent au contraire que la réussite économique durable de l’entreprise et la qualité de vie d’une société suppose la prise en compte de l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise et des composantes de cette société.

 

Exiger une profitabilité minimale de 15%, voire beaucoup plus puisque la comparaison est toujours faite avec les taux les plus élevés, est à la fois injuste et irrationnel. Injuste dans une période où les revenus du travail du plus grand nombre stagnent ou régressent, irrationnel car le bien-être de l'ensemble de la population ne peut pas progresser chaque année à de tels niveaux. C'est injuste et irrationnel, mais cela sert les intérêts de la caste de ceux qui accaparent les leviers de l'économie à leur profit.

 

Faire monter le cours de bourse à court terme, sans considération des dégâts collatéraux, pour empocher le profit et passer à une autre proie ne sert aucunement l’intérêt général mais le seul intérêt des détenteurs de capitaux qui se désintéressent de l’économie réelle et de ce que l’économie peut apporter à une société en quête du bien-être de tous.

Et ce sont bien les tenants de cette idéologie " inanciariste " qui ont eu la peau du soldat Faber.

 

Nous sommes délibérément dans l’autre camp et nous condamnons ce qui vient de se passer.

 

 

 

Quelles leçons devons-nous en tirer ?

 

 

La finance privée fait tout pour éviter l’instabilité des profits. Les risques de l’économie réelle sont reportés, d’une part, sur les salariés avec la flexibilité des salaires ou des emplois et sur ceux que l’on appelle pudiquement des travailleurs indépendants, voire des entrepreneurs individuels, d’autre part sur les sous-traitants avec l’externalisation des processus de fabrication, sous-traitants qui portent le poids des ajustements. D’un autre côté, les dirigeants des entreprises cotées en bourse sont intéressés à la valeur des actions et, surtout, ont vu leur poste lié à leur capacité de maintenir un retour sur investissement, ROE, dont le minimum est fixé par les gros actionnaires. En conséquence des entreprises s’endettent en rachetant leurs actions avec des prêts bancaires aujourd’hui à taux très bas. Dès lors entreprises et banques ont un intérêt commun : celui de faire monter les cours. Les gestionnaires d’actif deviennent les maîtres du jeu.  

 

Dans ce système dont le paradigme est la recherche du profit maximal pour le détenteur du capital, l’engagement et les qualités personnelles d’un dirigeant ne suffisent pas à garantir la prise en compte des intérêts et des logiques des différentes parties prenantes et l’intérêt général de la société. Il y a bien là un changement structurel à opérer avec l’affirmation du principe que l’économie a pour objet de servir el bien commun en répondant aux besoins dans leur diversité de touts les membres de la société dans leur diversité. Dans cette perspective, la finance est bien un moyen et non une fin pour elle-même. C’est ce que le RIEH promeut avec l’économie humaine et que beaucoup d’autres promeuvent en recourant à d’autres concepts ou approches inscrivant leur action en réponse aux besoins humains. L’important, c’est à la fois que cette vision soit partagée et qu’on en tire toutes les conséquences. Ce n’est manifestement pas le cas quand on donne comme objectif aux dirigeants d’une  entreprise de faire monter son cours en bourse et comme objectif aux politiques économiques publiques de faire croître le Produit Intérieur Brut du pays.

 

Dans cette perspective, la gouvernance des entreprises privées doit également être structurellement réorganisée, notamment celle des entreprises cotées. Celle-ci est entièrement aux mains des actionnaires et même, l’exemple de Danone le montre, dans le cas d’un actionnariat très dispersé, aux mains d’actionnaires activistes même très minoritaires. Les actionnaires ne sont qu’une des parties prenantes et les autres doivent aussi être représentées, non pas au demeurant pour faire valoir leurs intérêts propres, mais parce qu’elles concourent toutes à la réussite de l’entreprise. L'objet social de l'entreprise ne se réduit pas à la somme des intérêts des parties prenantes. Comme porteurs de l’économie humaine nous n’avons pas un modèle unique de gouvernance à proposer. A la différence d’ailleurs des porteurs de l’idéologie de la maximisation du profit pour l’actionnaire qui ont réussi à imposer un modèle unique de la bonne gouvernance. Il peut y avoir plusieurs modèles répondant au principe de viser l’intérêt social de l’entreprise, en prenant en compte les parties prenantes et l’intérêt général  de la société.

 

C’est d’ailleurs l’intérêt du statut d’entreprise à mission qu’a adopté Danone que de comporter un certain nombre de dispositions concernant la gouvernance... Il met en place deux comités, un interne, l’autre externe et indépendant en charge de s’assurer que la mission est respectée. Ce dernier établit un rapport basé sur des indicateurs précis et qui est présenté à l’Assemblée générale. On verra dans le cas de Danone si ces structures permettent à la mission d’être poursuivie au-delà du changement de la personne du dirigeant. C’est ce que certains commentateurs mettent en avant. Compte-tenu des logiques qui ont été mises en œuvre lors de la crise de Danone, on peut légitimement avoir des doutes à ce sujet. Le nouveau Président et le prochain Directeur auront bien compris qu’ils seront jugés sur leur capacité à faire remonter le cours de la bourse et non sur le soutien qu’ils auront apporté à un « modèle d’agriculture régénérative, plus juste et plus durable ».

 

Il est temps que le beau mot d’entrepreneur ne soit pas dévoyé pour désigner la petite minorité des dirigeants attentifs à protéger les privilèges de leur caste, mais toutes les personnes qui se dédient à organiser le travail collectif pour répondre aux besoins de tous par le travail de tous. Emmanuel Faber était de ceux-là. Souhaitons lui de trouver la place où il pourra continuer à exercer ses talents.

 

Michel Tissier

Secrétaire international du RIEH

 

 

 
Mis à jour le 02/06/2021
A Minova-Bweremana, un Groupe local d’Economie humaine au cœur d’une population qui se prend en charge

A Minova-Bweremana, un Groupe local d’Economie humaine au cœur d’une population qui se prend en charge  

 

 

MINOVA

 

Minova et Bweramana sont deux bourgades voisines qui forment une même agglomération bien qu’elles soient situées de part et d’autre de la limite administrative entre deux provinces de la région du Kivu dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Il est difficile d’y accéder par la route et les liaisons par le lac qu’elles bordent sont aléatoires. Un territoire qui n’est pas dans les radars médiatiques nationaux ou continentaux et encore moins internationaux.

Avec une population qui subit les conséquences d’une insécurité chronique, d’un isolement des circuits économiques, de l’absence de services publics, d’un environnement dégradé.

 

C’est pourtant dans ce contexte désespérant, qu’un groupe local  du RIEH se montre particulièrement actif et inventif.

Il est constitué par toutes les personnes de bonne volonté et les organisations locales de solidarité qui ne veulent pas subir, mais agir. Elles ont trouvé dans l’économie humaine une perspective qui les mobilise. Elles ont peu de moyens, mais elles font avec ceux qu’elles ont, comptant d’abord sur elles-mêmes et sur les soutiens que peut leur apporter le réseau.

Leur principal atout est leur insertion dans le tissu des relations sociales qui structurent ce territoire et qui leur permet d’impliquer tous les acteurs : les autorités publiques et traditionnelles, les autorités religieuses, les opérateurs économiques avec leurs organisations formelles et informelles, les média locaux.

Il s’est jusqu’à présent concentré sur deux enjeux :  la lutte contre la Covid-19 et la collecte et le traitement des déchets. D’autres pourront être abordés.

L’important, c’est que cela renforce la capacité de la population et des acteurs locaux à analyser leur situation et à agir collectivement pour la transformer. Et le groupe local anime cette prise de pouvoir de la population du territoire sur ses conditions de vie. Il n’en est ni le dirigeant, ni l’avant-garde, mais le cœur et l’âme.

 
Mis à jour le 11/05/2021

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Mexico - Un aperçu sur les territoires en marche vers l'Economie humaine

Mexico - Un aperçu sur les territoires en marche vers l'Economie humaine  

 

Le Centre transdisciplinaire pour un humanisme économique, basé à Mexico est un membre actif du RIEH d'Amérique latine.

Il est en contact avec plusieurs dizaines de territoires ruraux dans le nord du Mexique et il accompagne les paysans de ces villages en référence à l'économie humaine.

Le texte présenté ici part de la façon dont les paysans eux-mêmes parlent de l'économie humaine, en particulier les femmes. Il montre que celle-ci s'enracine dans l'économie traditionnelle de subsistance, tout en bénéficiant des apports de la technologie qui ne nuit pas au milieu naturel.
Pour ces paysans, l'économie humaine est étroitement liée à leur attachement territorial.
Au passage, le texte explique pourquoi les mesures sanitaires décrétées par les autorités sont impossibles à appliquer pour une population dont la survie dépend de l'économie informelle. Les moyens de protection doivent être conçues avec les populations et tenir compte de leurs conditions réelles d'existence.

 

Les femmes Entrepreneures dans les arts et métiers de la cuisine nous font part de trois réalités importantes dans le fonctionnement de l’économie humaine :

 

guillemets rieh       Préparer les repas faits maison, avec la nourriture locale traditionnelle consiste à faire en permanence quatre actions: pénétrer dans les plantations, dans les champs et dans la campagne pour collecter les intrants, les matières premières, et toutes sortes de colorants et arômes. Une fois choisis, collectés et emballés, ils doivent être ramenés à la maison. À la maison, vous procédez à la sélection de ces ressources indispensables pour préparer une recette. Enfin, vous devez élaborer le plat .

Paroles d'une femme ejidataria de Morelos

guillemets rieh.     Préparer la nourriture dans la ville, c'est aller aux marchés, les supermarchés, et magasins pour acheter tous les produits et aliments nécessaires. La préparation est rapide ou lente selon les produits utilisés. Disposer des appareils ménagers permet de gagner du temps pour d'autres activités. Mais la nourriture élaborée avec des produits, des assaisonnements et des colorants artificiels ne préserve pas l'unité avec la terre, le territoire et la vie naturelle.

Mots d'une mère célibataire de Morelos

guillemets rieh      Nos fils et nos filles dans les écoles et dans la rue mangent des produits transformés qui ne rassasient pas, mais font grossir. Les sept T sont largement consommés : tartes (gâteaux), tacos, tamales, tlacoyos, tostadas, teleras et tortillas. Ces repas sont un mélange de cuisine traditionnelle avec de la nourriture moderne. Il est impressionnant de voir quand les garçons et les filles mangent, que leurs uniformes se salissent de graisse, d'huile, de beurre et de colorant alimentaire. Quand ils ont fini de manger, ils montrent leur visage plein de joie et en même temps trempé de sueur à cause des épices à l’image du repas qu’ils viennent d’avaler ».

Paroles d'une personne âgée qui amène et ramène  toujours ses petits-enfants à l'école.

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Ces paroles ont été éclairés par la déclaration d'une personne âgée indigène Mazahua :

 

article Oralia 1

 

 

 

 guillemets rieh

 

Pour vivre, il faut marcher que ce soit la nuit ou  le jour

 

Chaque pas qui est fait, est tourné vers un objectif et un but poursuivi

 

Subsister, c'est chercher, collecter, transporter, entretenir, stocker et préparer

 

Préparer le repas est le résultat d’un effort constant.

 

Manger est l’aboutissement d’un dur travail

Les propos de Mme CRECENCIA condensent avec précision et clarté ce qu’est la lutte quotidienne pour la vie et la subsistance.
La condition pour rester vivant est mouvement, déplacement et travail.

 

Doña Mercedes, une habitante de HUEYAVAPAN (sur le flanc du volcan actif Popocatépetl) à Morales, nous a emmenés dans la partie haute du volcan à Tetela et nous a montré une vue panoramique. En descendant vers la vallée, elle nous dit :

 

guillemets rieh Vous qui nous parlez d'économie humaine, vous savez sûrement que la vie est délicate et pleine de mystères. Cela ressemble à ce que vous voyez en ce moment : c'est vert, c'est bleu et c'est scintillant. Au loin, vous pouvez voir les collines et les montagnes. Au premier plan, vous pouvez voir la forme et la taille des arbres. Cela vous donne envie de sentir la terre, de prendre l'air et de profiter du vent. De là les maisons ont l’air de brosses. Les creux, les descentes et les montées sont visibles apparaissent. Voir loin c’est observer la surface, mais sous cette verdure se meut la vie. La vie dépend de tout ce qui nous entoure.

Apprécier ce que c'est de vivre, c'est trouver compagnie et amitié avec tout ce qu'il y a.

En grimpant, on est fatigués. Lorsqu’on lève la tête, on voit loin.

Quand on regarde le sol, on voit la poussière, l'herbe et la litière des feuilles sur le sol. La vie ici, c'est marcher sur des routes pleines de pierres, de poussière, de trous, de hauts et de bas. Pour avoir de la nourriture, des boissons, des vêtements, des chaussures et la santé, il faut transpirer beaucoup, travailler dur, bouger et agir. L'économie que nous avons est celle de la survie.

Je pense que c'est ce qu'on appelle l'économie humaine.

 

 

dona Mercedes Oralia 2

 

  

Oralia 3

 

 

 

   

 

 

                                                     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au cours de la tournée dans plusieurs communautés, villages et petites villes, nous avons pu détecter quatre éléments qui définissent le territoire sur lequel opère l’économie humaine : - la richesse du sol contenant les ressources naturelles, avec ses grands dénivelés, et qui sont inégalement réparties; - les populations qui se consacrent à une diversité de tâches, d’occupations, de métiers et d’activités pour prendre en charge et satisfaire leurs besoins; - le contraste entre la vie urbaine et rurale qui apparaissent comme deux pôles opposés de la civilisation et du bien-être ; - le déplacement de l’eau vers d’autres lieux qui laisse certains endroits sans la dotation du liquide vital. 

En allant sur le terrain, en ressentant la chaleur et le froid selon les altitudes parcourues, nous sommes parvenus à percevoir COMMENT l’économie humaine dans les villages et les communautés est imbriquée dans les phénomènes naturels, dépendant de la proximité et de l’éloignement, du passé et de l’avenir, et par la combinaison de la nature, de l’histoire et de la spiritualité. « C’est là que se trouvent la surprise, le mystère, la force et l’élan ».

oralia 4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

guillemets rieh Nous considérons qu'il est important dans le fonctionnement de l'économie humaine de prendre en compte trois dimensions :

 

Les réalisations, les acquis et les apports du passé constituent le patrimoine qui anime l’action, la réalisation et le développement d’aujourd’hui.

 

Le présent est une ouverture sur le passé et un regard vers l'avenir.

 

Dans, avec et à travers l'économie humaine on part d'un lieu considéré comme origine et on va vers une destination qui est le but et l'espace d'arrivée.

ORALIA5

  

La marche des territoires vers l'économie humaine est la poursuite d’efforts, des sacrifices, des travaux et des aspirations de plusieurs générations. Les initiatives, les engagements, les plans et les actions d'aujourd'hui, certes plus efficaces et maîtrisées qu'hier, continuent de se mouvoir avec d’une part, l'application combinée des moyens et des fins, et de l’autre avec l'utilisation intensive du pouvoir, des technologies et de la connaissance. Les Responsables de l’économie humaine et du développement global des personnes et des collectivités, qui utilisent pleinement leurs disponibilités, capacités et compétences, voient toujours leurs résultats s’orienter vers la réalisation de la pleine satisfaction des besoins fondamentaux et à leur amélioration. L'économie humaine cherche ainsi l’être plus et mieux, l’avoir et la possession  sont des moyens d'avancement, de développement et de progrès.

 

guillemets rieh             La crise sanitaire qui affecte le monde entier, en particulier les pays dits du Sud, ne s'arrête pas et ne peut pas arrêter la lutte pour la vie et pour la subsistance.

 

 

Les habitants, les populations urbaines, les familles et les personnes qui ne disposent pas d'une source de travail sûre et permanente contribuant à un revenu régulier pour couvrir leurs dépenses, ne peuvent pas rester en confinement. Rester à la maison, c'est ne pas avoir l'argent nécessaire pour assurer les moyens de subsistance C’est pour cette raison, que non seulement les activités informelles continuent à fonctionner, mais aussi transgressent les règles sanitaires imposées par les institutions de l'État national.

 

 
Mis à jour le 11/05/2021

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Lutte contre la Covid 19 : entendre plusieurs voix, emprunter plusieurs voies

Lutte contre la Covid 19 : entendre plusieurs voix, emprunter plusieurs voies  

 

 

La pandémie est mondiale, mais les conditions dans lesquelles elle agit et dans lesquelles nous pouvons agir contre elle sont plurielles.

 

Dans l’approche que l’économie humaine a de cette lutte, nous nous sommes fait l’écho des points de vue de Michel Azcueta du Pérou et de Oralia Carrillo Perez du Mexique dénonçant le caractère inapplicable des mesures préconisées par leur gouvernement dans les conditions concrètes de vie des habitants des milieux populaires. Samy depuis le Tamil Nadu a critiqué des mesures qui ont mis des millions de migrants intérieurs sur les routes, les ont abandonné à leur sort et réprimés dans la violence. Il a aussi mis en évidence les actions de solidarité qui ont été menées pour réconforter ces personnes déplacées.

 

Dans un autre registre, nous donnons ici le point de vue d’un responsable de la politique publique de lutte contre la Covid 19 en Afrique du Sud.

Il montre l’importance pour un pays de se doter de sa propre capacité à analyser les conditions de diffusion de la pandémie, de déterminer les mesures les plus efficaces pur lutter contre elle.

Il dénonce les inégalités dans l’accès aux vaccins et appelle à considérer les acquis scientifiques et les moyens techniques de l’action sanitaire comme des biens communs mondiaux.

 

Pour illustrer ces propos nous vous présentons cet article de l'interview du professeur Salim Abdool Karim effectué par Mathilde Boussion (Johannesburg, correspondance).
Cet échange a été publié pour la première fois le 11 février 2021 à 20h00 sur le site LE MONDE AFRIQUE - Afrique du Sud : " Le professeur Salim Abdool Karim, spécialiste du virus en Afrique du Sud, revient sur la décision du pays de suspendre le déploiement des vaccins AstraZeneca". Bonne lecture.

 

Le monde Afrique du sud 1

L’épidémiologiste sud-africain Salim Abdool Karim lors d’une conférence à Durban, en juillet 2016. RAJESH JANTILAL / AFP
 
 

guillemet vert    Dimanche 7 février, le gouvernement sud-africain annonçait la suspension du déploiement des vaccins AstraZeneca, tout juste livrés, après la publication des résultats d’une étude mettant en doute leur efficacité face au variant qui domine les infections dans le pays. Co-président du comité ministériel de conseil sur le Covid-19, le professeur Salim Abdool Karim, épidémiologiste et spécialiste des maladies infectieuses, est la voix scientifique de référence sur le virus en Afrique du Sud. Il revient sur ce choix et réclame que le reste du monde arrête de parler de « variant sud-africain ».

 

L’annonce du gouvernement sud-africain de suspendre le déploiement des vaccins AstraZeneca a fait grand bruit. Pourquoi cette décision ?

Avant tout, il faut noter que les vaccins AstraZeneca ne représentent qu’une petite partie des doses achetées par le gouvernement sud-africain. La stratégie était d’acquérir un portefeuille varié en cas de problème de production ou de danger sur un vaccin. Nous avons acheté environ 20 millions de doses Pfizer, 9 millions de Johnson & Johnson et 1,5 million d’AstraZeneca. Quel est le problème avec celui-ci ? Un essai clinique a été réalisé par AstraZeneca en Afrique du Sud.

 

D’une taille modeste, menée sur des individus jeunes, cette étude se concentre sur l’efficacité face aux formes légères de Covid-19 et quelques cas modérés. Elle montre qu’en présence du variant 501Y.V2, le vaccin n’est pas efficace. Sa capacité à prévenir les formes légères et modérées de la maladie tombe à 22 %. C’est un problème car cela crée de l’incertitude. Si le vaccin ne protège pas des formes légères, est-ce qu’il permettra d’éviter les formes graves ? L’étude ne le dit pas, or c’est notre principale préoccupation.

 

Comment comptez-vous répondre à cette question ?

Le conseil donné au gouvernement est de déployer le vaccin AstraZeneca pas à pas, en vaccinant par exemple 100 000 personnes pour commencer, afin d’évaluer le taux d’hospitalisation. Si celui-ci ne dépasse pas un certain seuil, nous estimerons que le vaccin est efficace pour prévenir les formes graves en présence du variant 501Y.V2 et nous poursuivrons le déploiement.

 

Nous n’excluons pas ce vaccin, mais nous avons besoin de plus d’informations. Idéalement, nous aimerions qu’AstraZeneca nous donne ces informations mais s’ils ne sont pas en position de le faire, nous les collecterons nous-mêmes pour être en confiance. Nous ne voulons pas injecter un vaccin à 1 million de personnes pour nous apercevoir ensuite qu’il ne permet pas d’éviter les hospitalisations.

 

D’ici là, l’Afrique du Sud va déployer le vaccin Johnson & Johnson à la place des doses AstraZeneca. Pourquoi celui-ci ?

A l’inverse d’AstraZeneca, Johnson & Johnson a mené en Afrique du Sud un essai à grande échelle dans lequel un tiers des participants avaient plus de 65 ans. Dans un contexte où le variant 501Y.V2 est prévalent, ils ont montré que leur vaccin, qui ne nécessite qu’une seule injection, est efficace à 85 % pour prévenir les formes graves de Covid-19. Pour nous, c’est une preuve assez convaincante qu’il fonctionne en présence du variant 501Y.V2 et nous le considérons désormais comme notre premier choix. Peut-être qu’AstraZeneca fonctionne aussi, simplement nous n’en savons rien pour l’instant.

 

Qu’en est-il de l’efficacité des autres vaccins face au variant ?

Dans le cas de Pfizer, nous leur avons envoyé le virus vivant 501Y.V2 pour qu’ils réalisent des tests. Il en ressort une baisse d’efficacité relativement faible et le vaccin produit tellement d’anticorps que nous ne sommes pas inquiets.

 

On entend beaucoup parler du « variant sud-africain », comme du « variant anglais ». Vous dites qu’il faut arrêter de les appeler ainsi. Pourquoi ?

Absolument ! Il ne faut pas parler de « variant sud-africain », c’est inapproprié pour trois raisons. En premier lieu, c’est stigmatisant. Cela donne l’impression que nous avons créé le variant et que nous le propageons partout. Personne n’a apprécié quand des politiques ont appelé le SARS-CoV-2 le « virus chinois » ou le « virus de Wuhan ». C’était déplacé.

 

Ensuite, c’est inadapté parce que nous ne savons pas où le variant est apparu. Nous ne savons pas qui est le patient zéro, il peut très bien être arrivé par un voyageur d’un autre pays venu en Afrique du Sud, l’origine du variant n’a pas été établie. Enfin, c’est faux de dire que c’est un « variant sud-africain » parce qu’il est désormais présent dans une trentaine de pays. Il faut l’appeler par l’un de ses deux noms, B.1.351 ou 501Y.V2.

 

Pourquoi possède-t-il deux noms ?

Le premier, B.1.351, est issu de la nomenclature du Phylogenetic Assignment of Named Global Outbreak Lineage, un outil destiné à classer les génomes de SARS-CoV-2. Le second, 501Y.V2, est le nom que nous lui avons donné après sa découverte, en référence à la mutation N501Y que nous considérions comme la mutation dominante. Les chercheurs britanniques avaient décrit un virus présentant cette même mutation, nous avons appelé le leur 501Y.V1 et le nôtre 501Y.V2. Le variant proche identifié au Brésil est appelé 501Y.V3 ou P1.

 

Il est difficile de naviguer entre ces appellations compliquées…

C’est à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) que revient la responsabilité de nommer les lignées. Je sais qu’ils ont eu des réunions sur le sujet et qu’ils sont en train de finaliser le fonctionnement des appellations, nous attendons qu’ils prennent une décision. Avec le recul, je me dis qu’on aurait dû lui trouver un nom simple, « Harry », « Matilda » ou je ne sais quoi. 501Y.V2, c’est trop compliqué !

 

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, s’est élevé contre les pays qui « s’accaparent » les vaccins et dénonce le « nationalisme vaccinal ». Vous dites également que cette stratégie est une impasse…

Les vaccins doivent permettre d’éradiquer une épidémie mondiale. Si ce n’est pas le cas, nous échouerons purement et simplement à y mettre fin. Certains pays pensent qu’ils peuvent contenir le Covid-19 en vaccinant leur population. Mais si pendant ce temps le virus continue de circuler ailleurs, des variants qui échappent à la réponse immunitaire vont émerger. Tous ceux qui auront été vaccinés seront de nouveau à risque. Cette idée qu’un pays est une île et qu’il peut se protéger sans se soucier des autres, cette croyance presque « trumpienne », « Moi d’abord et au diable les autres ! », c’est précisément ce qui met en danger notre capacité à contrôler le virus.

 

La seule solution, c’est de faire front commun. Il faut être clair : les vaccins doivent être distribués équitablement. Il est inconcevable d’imaginer Israël et le Royaume-Uni vacciner les jeunes et les personnes qui présentent peu de risques quand l’Afrique n’a pas donné une seule dose à ses soignants. Dans quel genre de monde vivons-nous si nous laissons faire ça ?

 

Comment se manifeste le « nationalisme vaccinal » ?

Certains pays achètent plus de vaccins qu’ils n’en ont besoin. Le Canada a acheté assez de doses pour vacciner cinq fois chacun de ses citoyens. Ne pas s’associer à Covax, le mécanisme destiné à distribuer équitablement les vaccins à travers le monde, est aussi une forme de nationalisme vaccinal. Passer des accords directement avec les laboratoires conduit à détourner des vaccins de Covax et à faire monter les prix. Les pays passent des accords pour des petites quantités, là où Covax négocie de grandes quantités pour un prix unique.

 

Bien sûr, si vous êtes un laboratoire, vous préférez avoir trente pays qui se bousculent pour acheter le même produit plutôt qu’une seule organisation. Certaines nations négocient avec les laboratoires pour passer devant tout le monde. Ça se paye. L’Afrique du Sud est de celles-là : elle a acheté ses vaccins AstraZeneca trois fois plus cher que l’Union européenne. Nous les voulions en premier parce que la pression politique était très forte. On ne réglera pas le problème ainsi. Comme l’a dit le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, « le monde est au bord d’un échec moral catastrophique ».

 

Mathilde Boussion (Johannesburg, correspondance)

 

 
Mis à jour le 31/05/2021

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Tout l’homme, chronique d’économie humaine

Tout l’homme, chronique d’économie humaine  

 

 

mains en soleil ARREDS« Fraternité et espérance sont des remèdes dont le monde a besoin aujourd’hui, autant que des vaccins. » Pape François

 

Je saisis au vol cette phrase du Pape en conclusion  de son discours devant les ambassadeurs, le 8 février dernier.

 

J’hésite à rédiger ce commentaire pour notre site, car je suis soucieux de ne pas limiter le RIEH à la sphère de l’Eglise catholique. Mais cet homme est en position de faire entendre une voix qui est celle de l’économie humaine que nous portons. Il s’efforce de le faire avec les représentants d’autres religions et plus largement avec tous les hommes de bonne volonté. Il faut donc se faire écho de ses propos.

 

Pour les religions qui ne s’enferment pas dans leurs dogmes, la fraternité est fondée sur le partage pour toute l’humanité de la même relation à Dieu. Et on peut faire sien le principe de commune humanité, que met en avant le convivialisme par exemple (lien avec l’article sur le second manifeste) sans le fonder sur la foi en Dieu, mais sur une conviction à la fois rationnelle et existentielle.

 

Quant à l’espérance, elle peut être celle d’une vie éternelle avec Dieu, mais aussi la conviction rationnelle et existentielle qu’on peut et doit agir collectivement contre l’inacceptable et pour la reconnaissance de la dignité de chacun.

 

Le pape ne dit pas que le monde n’a pas besoin de vaccin. Il incite à traiter cet enjeu avec fraternité et espérance, ce qui en l’occurrence conduit à agir pour que tous les êtres humains aient un accès à la vaccination.

Mais surtout il resitue l’enjeu sanitaire dans une perspective plus large.

Trop de personnes dans le monde vivent dans des conditions si précaires que les mesures de protection sont inapplicables et, dans tous les pays, il faut que les mesures de protection n’anéantissent pas toute vie sociale ni toute vie culturelle.

 

Comme le Pape et comme beaucoup d’autres nous refusons avec l’économie humaine un monde où chacun est en lutte contre tous les autres et les discours qui annoncent l’effondrement. A chacun personnellement et à nous tous collectivement d’agir pour que la fraternité et l’espérance soient à la fois le phare qui nous indique le chemin et la lampe qui éclaire le prochain pas.

 

 

Michel Tissier, secrétaire international du RIEH

 
Mis à jour le 31/03/2021

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Remplaçons Economie personnaliste par Economie humaine... ou comment rendre hommage à Emmanuel Mounier

Remplaçons Economie personnaliste par Economie humaine... ou comment rendre hommage à Emmanuel Mounier  

 

  EMMANUEL MOUNIER

Source photo : https://esprit.presse.fr/actualites/esprit/emmanuel-mounier-1905-1950-42628

 

 

« Une des déviations  maîtresses du capitalisme est d’avoir soumis la vie spirituelle à la consommation, la consommation à la production et la production au profit, alors que la hiérarchie naturelle est la hiérarchie inverse. C’est donc la hiérarchie inverse qu’il faut restaurer. Une économie personnaliste règle au contraire le profit sur le service rendu dans la production, la production sur une éthique des besoins humains replacés dans la perspective totale de la personne »

 

Franchement, remplaçons économie personnaliste par économie humaine et nous faisons totalement nôtre cette citation. Elle est signée par Emmanuel Mounier et figure comme la conclusion d’un article de Claude Rolin(1) qui nous a été transmis par Luc Maréchal, Président d’Eglise-Wallonie, membre du RIEH en Belgique. Claude Rolin est un ancien dirigeant syndicaliste wallon et ancien député européen.

Cette citation et l’ensemble de l’article qui suit montre que l’économie humaine appartient à un ensemble large et ancien de penseurs et d’acteurs qui ont cherché à penser et construire une alternative concrète à ce qui n’est pas seulement le néolibéralisme des dernières décennies, mais le capitalisme de l’ère industrielle et même plus largement encore un système dominé par l’avidité où l’argent n’est pas traité comme un serviteur mais comme un maître. 
Michel Tissier 

(1) Revue du Cercle Agénor octobre 2020  

 

 

 

 

De la lutte pour la reconnaissance 

pour un nouveau référentiel politique européen. 

Par Claude ROLIN

 

"Demander à un homme de voter et puis l'écraser sous le poids trop lourd

des inégalités économiques, c'est se moquer de lui"

Marc Sangnier

 

 

   Débuter une réflexion sur Emmanuel Mounier en commençant par une citation de Marc Sangnier peut paraître étonnant. Ils ne sont pas de la même génération, mais ils sont morts la même année. Le premier a été un philosophe de l‘engagement, le second un politique engagé. Les deux ont partagé la même ambition pour la paix et la justice sociale. Malgré leurs différences, ils symbolisent un engagement qui concilie la radicalité sociale et le refus des totalitarismes. Ils ont été des constructeurs de ponts, des messagers de la Paix. Marc Sangnier eut l’intelligence et le courage, au lendemain de la Première Guerre, de réunir de jeunes Allemands et de jeunes Français dans un château dans la banlieue parisienne qui aujourd’hui est devenu le centre de formation de la CFDT. De son côté, Emmanuel Mounier fut un résistant, combattant le nazisme, mais pas les Allemands. Ces deux hommes sont l’expression de l’idée d’un engagement dans « des combats discutables sur des causes imparfaites ». « Refuser pour autant l’engagement », dit Mounier, « c’est refuser la condition humaine. On aspire à la pureté : trop souvent, on appelle pureté l’étalement de l’idée générale, du principe abstrait, de la situation rêvée, des bons sentiments, comme le traduit le goût intempérant des majuscules : le contraire même d’une héroïcité personnelle (1) »

   

 

EMMANUEL MOUNIER, L’INDIGNÉ

   En permanence, se laisser interpeller par l‘évènement, son maître intérieur, et refuser de se laisser enfermer dans une pensée figée et dogmatique. La force de la pensée de Mounier réside certainement dans cette capacité d’indignation permanente devant les injustices et la misère provoquées par les désordres établis d’une société individualiste mue par l’argent ou ce que nous appellerions aujourd’hui un capitalisme débridé. Mounier se révolte contre le primat de l’argent qui met l’économie et le travail à son service. Il dénonce avec vigueur « le règne de la spéculation, ou jeu sur l’argent, mal encore plus grand que le productivisme. Elle transforme l’économie en un immense jeu de hasard étranger au souci de ses contrecoups économiques et humains (2) ». C’est cette même volonté que l’on retrouvera dans le prospectus de lancement de la revue Esprit où les personnalistes se révoltent contre les « sociétés gouvernées et fonctionnant comme des maisons de commerce ; des économies qui s’épuisent pour adapter l’homme à la machine et ne tirer de l’effort humain que l’or ; (…) l’indifférence (…) de ceux qui ont la charge du monde et l’avilissent, le gaspillent ou le méprisent (3) ». Mounier est un indigné et sa philosophie est celle de l’engagement.

 

   Sa philosophie, bien qu’insuffisamment connue, est encore d’une étonnante actualité et pourrait être une des pierres qui nous permettra de redynamiser l’indispensable réflexion pour la construction d’une Europe retrouvant les lettres de noblesse de l’humanisme et de la justice sociale.

 

UN EUROPÉEN

   L’Union européenne, Mounier ne l’a pas seulement pensée, il l’a également pratiquée. De sa France d’origine, il a bâti un pont pour rejoindre l’Allemagne, tout en passant par la commune bruxelloise de Woluwé-Saint-Lambert où il résidera de 1936 à 1939 et où il unira sa vie à celle de Paulette Leclerc. Ce couple franco-belge sera actif dans la mise en place et la dynamisation des groupes « Esprit » qui foisonneront en Belgique jusqu’à la fin des années soixante.

 

   Il est impossible de séparer Mounier de la revue Esprit qu’il fonda. Autour de cette revue, des groupes régionaux vont se constituer, notamment en Belgique. Ils vont avoir une importance considérable, car ils vont fédérer de nombreux acteurs de la société issus du monde tant socialiste que chrétien. Paulette Leclerc, l’épouse d’Emmanuel Mounier, assurera la responsabilité de l’édition du Journal intérieur mensuel des groupes Esprit de Belgique. Ces groupes se rassembleront en 1936 et choisiront un thème d’étude commun qui est toujours d’actualité : la lutte contre les mythes et l’affaiblissement de la pensée critique.

 

   Après la Seconde Guerre, ils vont se renouveler et poursuivre le travail entamé. Dans certaines villes, comme à Charleroi, ils réuniront notamment des syndicalistes socialistes et chrétiens, dont celui qui fut l’historien du mouvement ouvrier en Belgique, Hubert Dewez. Aujourd’hui, ces groupes ont disparu, mais ils ont laissé des traces dont la plus vivante est certainement le CRISP (Centre de Recherche et d’Information Sociopolitique) qui publie un courrier hebdomadaire et qui constitue la référence de l’analyse sociopolitique en Belgique francophone.

 

   Dans l’évolution de la revue, un homme va avoir une importance particulière. Juif allemand, réfugié en Espagne puis en France dès le début de la guerre civile, Paul-Louis Landsberg sera un précieux compagnon pour Emmanuel Mounier. Ce dernier dira de lui « il fut, il reste à jamais, par ce qu’il nous a donné, une des pierres d’angles d’Esprit. Nul plus que lui n’a contribué aux environs de 1935, à nous sauver des tentations utopiques (4) ». Arrêté par la Gestapo, Landsberg décédera en déportation. Son combat contre le nazisme, contre le franquisme puis dans la résistance est à l’image de son engagement antitotalitaire. Comme il l’écrivait : « Nous ne sommes pas maitres de nous désolidariser de l’avenir collectif ». D’après Olivier Mongin, Paul-Louis Landsberg se situait « à la jonction de l’École (de Francfort) et d’Esprit (5) ».

 

   Nous y reviendrons. Internationaliste et européen, Mounier l’était également dans sa conscience des enjeux du moment ; « les aires d’influence préludent à l’unité mondiale qui devra se faire sous trois conditions : que les nations renoncent à la souveraineté totale, non pas au profit d’un super impérialisme, mais d’une communauté démocratique des peuples, que l’union se fasse entre les peuples et leurs représentants élus, non entre les gouvernements : que les forces impérialistes notamment économiques, qui se servent du nationalisme, tantôt du cosmopolitisme, soient brisées par les peuples unis (6) ». En visionnaire, il mettait déjà en garde face aux dangers d’une Europe se limitant à un grand marché et fonctionnant sur le mode de l’intergouvernementalité.

 

UNE PENSÉE RADICALE

   Dans l’ouvrage « Agir avec Mounier », Jean-François Petit constate qu’« en relisant les articles d’Esprit sur les « poussées personnalistes hors de France » de 1946, on peut être surpris de voir combien la référence personnaliste a pu être mise en œuvre de façon diverse (7) ». Mounier lui-même affirme que « le personnalisme n'annonce pas la constitution d'une école, l'ouverture d'une chapelle, l'invention d'un système clos (8) ». Il témoigne d'une convergence des volontés et se met à leur service, sans toucher à leur diversité, pour leur chercher les moyens de peser efficacement sur l'histoire. Pour lui, le personnalisme doit se décliner au pluriel. Évoquer un auteur c’est s’en emparer, pour le traduire avec ses propres mots, dans une autre époque et dans un autre contexte. C’est un peu le trahir, mais c’est aussi le faire vivre.

 

   Parfois, tant en Belgique que sur le plan européen, le personnalisme est utilisé pour justifier une pensée conservatrice se cachant derrière un hypothétique centre, une troisième voie entre la gauche et la droite, une voie prêchant la modération. La pensée de Mounier est tout autre, c’est celle d’un radicalisme social mettant l’autre au centre de la société. Il s’agit d’une pensée combattante, car « plus que jamais, il nous faut reprendre la révolte de nos vingt ans, les ruptures de nos vingt-cinq ans. Le chrétien ne quitte pas les pauvres, le socialiste n’abandonne pas le prolétariat ou ils parjurent leur nom (9) ». Mounier lui-même était en « colère contre tous les centres béatifiques, tous les justes milieux (10) »

 

UNE PENSÉE MODERNE

  Marc Sangnier est un des précurseurs du syndicalisme chrétien, de la CFTC puis d’une CFDT déconfessionnalisée et avec sa revue Le Sillon et son engagement pour un catholicisme social, il est une figure du courant personnaliste. Jacques Le Goff montre que « dans le sillage de Proudhon, il y a là une vue d’une grande modernité qu’il n’a pas eu le temps d’élaborer et dont l’écho se retrouvera plus tard, au sein de la deuxième gauche et dans son discours de désengagement de l’État au profit d’une restauration du social dans son rôle d’acteur à travers, en particulier, la négociation collective. N’oublions pas qu’il avait le projet d’une histoire du mouvement ouvrier français (11) ». Pour une partie du mouvement syndical en Europe, notamment des organisations faisant partie de la Confédération Mondiale du Travail (12) , le personnalisme a été et reste une balise importante. En Belgique, la Confédération des Syndicats Chrétiens (CSC) qui est la première organisation syndicale du pays avec près d’un million sept cent mille membres a toujours cette référence même si elle l’a élargi aux valeurs des Droits Humains.

 

  Comme responsable syndical, j’ai partagé les combats de nombreux travailleurs-euses s’opposant aux restructurations ou aux fermetures d’entreprises. Dans un premier temps, à l’annonce de ces décisions, ce n’est pas la peur de perdre leurs revenus qu’ils expriment. Leur première expression, leur première colère c’est celle de ne pas être reconnu-e-s. À chaque fois, c’est avec les larmes aux yeux et la colère au ventre qu’il nous disent qu’après autant d’années de labeur dans l’entreprise on s’en débarrasse comme on le ferait avec des mouchoirs jetables, des Kleenex. C’est leur identité même qui est ainsi balayée.

 

   L’année dernière, les ronds-points de France se sont recouverts de jaune. Même si les motivations de ce mouvement sont complexes, il a été l’expression d’une demande de reconnaissance. Le gilet fluorescent, l’occupation des ronds-points, pour être vu et être entendu. Il en va de même aujourd’hui au travers de la crise du Covid-19. Celles et ceux qui ont été, et sont toujours sur le pont, ce sont les invisibles, les personnels du secteur non marchand ou du soin à la personne. Leur demande est d’être reconnus alors qu’ils ont le sentiment d’avoir été oubliés et sacrifiés. Pierre Rosanvallon avait, en son temps, parlé d’un Parlement des invisibles (13) , il s’exprime chaque jour et c’est sur cette non-prise en compte des invisibles que les forces d’extrême droite construisent leur discours en orientant les colères vers le rejet de l’autre, vers les tentations totalitaires. La question de la reconnaissance est une question centrale si nous voulons redynamiser nos démocraties.

 

AU COEUR DE LA RECONNAISSANCE

   Par sa philosophie, Mounier introduit l’autre et l’altérité dans le sujet individuel, la personne occupe une place centrale et est conçue comme un être de relation. C’est au travers de ma relation avec les autres que je me construis et que je participe à la construction des autres. Pour Mounier, la personne « ne se tourne que vers autrui, elle ne se connaît que par autrui, elle ne se trouve qu’en autrui. L’expérience primitive de la personne est l’expérience de la seconde personne (14) ». Paul Ricoeur qui a, en quelque sorte, prolongé la réflexion d’Emmanuel Mounier, tout en refusant d’en faire un dogme ce qui l’a amené à écrire « meurt le personnalisme, revient la personne (15) » et à insister sur la fécondité de l’idée de personne qui « est le meilleur candidat pour soutenir les combats juridiques, politiques et économiques (16) ».

 

  Dans le dernier livre publié de son vivant, Ricoeur donne une place centrale à la question de la reconnaissance. Ce faisant, il fait un pari positif sur la personne, s’opposant à la philosophie de Hobbes qui ne voit que le Léviathan, un pouvoir fort, pour canaliser la « guerre des uns contre les autres ».

 

  Dans son ouvrage « Parcours de la reconnaissance », Paul Ricoeur consacre plus d’un chapitre à discuter les conceptions d’Axel Honneth, l’actuel directeur de l’Ecole de Francfort, qui insiste notamment sur l’importance des dénis de reconnaissance. Tout comme Ricoeur, Honneth démontre que le mépris provoque l’indignation qui à son tour peut permettre la construction de mobilisations pour la conquête de nouveaux droits. C’est cette vision qui permet à Axel Honneth de faire de la reconnaissance un enjeu de lutte.

 

REFAIRE LA RENAISSANCE EUROPÉENNE

   La démocratie européenne ne se porte pas bien. Dans nos différents pays, les formations populistes ou anti-européennes occupent un espace de plus en plus important et, plus grave, les citoyens ont de moins en moins confiance en nos institutions démocratiques. Au cœur de cette évolution, la déliquescence des deux courants politiques qui ont été au cœur de la fondation de l’Union européenne : la social-démocratie et la démocratie chrétienne. La première s’est perdue entre un accompagnement purement gestionnaire du néo-libéralisme et un courant croyant pouvoir retrouver une pertinence dans le retour à un verbe radical digne d’un gauchisme que même Lénine aurait qualifié d’infantile. De son côté, la démocratie chrétienne a perdu toute référence à ce que fut le christianisme social ou le personnalisme inspiré par des personnalités comme Emmanuel Mounier. Elle s’est repliée sur un conservatisme éthique et un dogmatisme ordo-libéral, acceptant même la coexistence avec des formations illibérales et même des compromissions avec des fractions non démocratiques comme les alliances passées en Italie entre « Forza Italia » et les postfascistes.

 

  Le vide, qui s’est ainsi créé, offre un espace pour des réponses autoritaires et rend indispensable la construction de nouveaux référentiels politiques. Je fais l’hypothèse qu’un de ceux-ci peut prendre appui sur le courant qui s’est développé autour de la revue Esprit (Mounier, Ricoeur), et aussi ceux que l’on peut « classer » dans une gauche antitotalitaire (Claude Lefort, Pierre Rosanvallon,…) et la pensée critique de l’École de Francfort (avec Habermas et surtout Axel Honneth). En quelque sorte un pont entre une philosophie chrétienne et une philosophie postmarxiste, un pont entre une pensée française et une pensée allemande. Un peu comme feu Philippe Maystadt (17) l’avait évoqué, je fais le vœu que se multiplient les espaces d’échanges et de réflexions entre des personnes issues de différents horizons que l’on pourrait qualifier de « progressistes », socialistes, écologiques, libéraux sociaux et démocrates-chrétiens. Une ambition pour construire une convergence des volontés afin de peser sur l’histoire. Un chemin pour faire la renaissance européenne.

 

« Une des déviations maîtresses du capitalisme est d’avoir soumis la vie spirituelle

à la consommation, la consommation à la production et la production au profit,

alors que la hiérarchie naturelle est la hiérarchie inverse.

C’est donc la hiérarchie inverse qu’il faut restaurer. Une économie personnaliste règle

au contraire le profit sur le service rendu dans la production, la production

sur une éthique des besoins humains replacés dans la perspective totale de la personne ».

Emmanuel Mounier

 

 

(1)  Emmanuel Mounier, Le personnalisme, PUF, 1949, p. 105.

(2)  Emmanuel Mounier, Refaire le Renaissance, Seuil, 1961, p. 192

(3) Sibylle Schulz (extrait du prospectus annonçant la publication d’Esprit), in Jean-François Petit et Rémy Valléjo (dir.), Agir avec Mounier. Une pensée pour l’Europe, Chronique sociale, juin 2006, p. 61.

(4) Cité par Bernard Comte, « Paul-Louis Landsberg », Esprit, URL : https://esprit.presse.fr/ressources/portraits/paul-louislandsberg-483.

(5) Olivier Mongin, « Paul-Louis Landsberg, un lien entre Esprit et l’Ecole de Francfort ? », Esprit, mai 1978, p. 59, URL : https://esprit.presse.fr/article/olivier-mongin/paul-louis-landsberg-un-lien-entre-esprit-et-l-ecole-de-francfort-24797

(6)  Emmanuel Mounier, Le personnalisme, PUF, 1949, p. 127

(7) J.-F. Petit, in J.-F. Petit et R. Valléjo (dir.), op. cit., p. 129

(8)  Ibid.

(9)  Emmanuel Mounier, Certitude de notre jeunesse, février 1950 (cité par Yves Le Gall in J.-F. Petit et R. Valléjo (dir.), op. cit., p. 123)

(10)  Jean-Marie Domenach, Emmanuel Mounier, Seuil, 1972, p. 70

(11)  Jacques Le Goff in J.-F. Petit et R. Valléjo (dir.), op. cit., p. 58.

(12)  La CMT s’est dissoute pour former, avec la Confédération des Syndicats libres (CISL), une nouvelle internationale : la Confédération Syndicale Internationale (CSI).

(13)  Pierre Rosanvallon, Le Parlement des invisibles, Seuil, 2014.

(14)  Emmanuel Mounier, Le personnalisme, PUF, 1949, p. 40.

(15)  Paul Ricoeur, préface de Emmanuel Mounier, Ecrits sur le personnalisme, Seuil, 1961, p. 7. 16 Ibid., p.10.

(17)  Philippe Maystadt, démocrate-chrétien belge, fut notamment président le la BEI de 2000 à 2011.

(18)  Cité par Jean-Marie Domenach in Emmanuel Mounier, Seuil, 1972, p. 88. 

 

 

 

 

 

 
Mis à jour le 31/03/2021

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Le sol se meurt au Buzi de Prosper Hamuli

Le sol se meurt au Buzi de Prosper Hamuli  

 

Prosper Hamuli est un membre très actif du RIEH au Kivu en RDC. Avec justesse, Michel Tissier le présente  :

"Après une carrière d’enseignant, il a fondé et dirigé une école secondaire à Goma et se définit maintenant  comme un expert en organisation des communautés.

Il rend compte ici au travers d’entretiens de terrain d’un problème majeur qui se pose dans la région, qui est à la fois un enjeu : écologique - le sol se meurt - sanitaire - l’alimentation est polluée - économique - les paysans perdent leur revenu - et social - les conflits éclatent entre locataires des terres et métayers.

C’est la première étape d’une action collective pour l’économie humaine que d’identifier un enjeu dans les termes utilisés par les personnes les plus touchées et de montrer les différents volets du problème.

Cette action est déjà en cours, portée notamment par Achille Biffumbu, autre membre du réseau RIEH Afrique et l’association Villages Durables."

 

 

le sol se meurt au Buzi

 

Mardi est le jour du marché le plus achalandé à Minova, situé à 50 km au sud de la ville de Goma d’où viennent plus de cent petits commerçants pour chercher des vivres frais à écouler en ville.

 

Ce jour-là, depuis quelques mois, un à deux bateaux, d’une capacité de 5 à 10 tonnes chacun, amènent des commerçants venus s’approvisionner en produits agricoles à écouler à Bukavu, 150 km plus au sud.

A terme, cette abondance en vivres frais est menacée par l’usage des produits chimiques qui s’installe dans les pratiques agricoles au Buzi en Territoire de Kalehe au bord du lac Kivu. En effet, " si tu ne pompes pas, tu n’auras même pas une tomate ", fait remarquer Bumanoro qui plante ses tomates à Kikunda.
 

La pulvérisation des pesticides sur les plants de tomates est devenue tellement courante que plus personne ne se pose la question de ses effets nocifs sur la santé. Aujourd’hui les paysans vont plus loin et récoltent des haricots hors saison. " Depuis un certain temps, il y a de gros et beaux haricots qui apparaissent au marché de Minova à la fin de la saison sèche. Nos investigations ont montré qu’il s’agissait de cultures faites à coup de fertilisants sur des parcelles de location. Demandez aux autorités d’agir vite parce que la guerre entre locataires et métayers se prépare. Les locataires récoltent mais la terre est stérilisée ". Cette analyse de Buja, un militant des droits de l’homme, est alarmante !

Avant même que les cours et tribunaux ne soient sollicités pour départager les propriétaires terriens et leurs locataires pour stérilisation des sols, les apiculteurs eux ne savent pas qui accuser.

Ngeregeza fulmine de colère : " Sans me vanter, je suis parmi les plus grands apiculteurs d’ici. Mais je ne peux pas vous dire où vont mes abeilles. Avant je croyais qu’il y avait des voleurs d’abeilles et j’ai même engagé des veilleurs pour surveiller les ruches. Mais j’ai fini par comprendre que mes abeilles étaient empoisonnées par des faux agriculteurs. Ce sont des faux. Il faut les mettre en prison pour assassinat d’insectes indispensables déjà pour eux-mêmes. La pollinisation c’est quoi ? Ils le savent ? Ce sont des faux !!! J’espère qu’ils seront les premiers à attraper le cancer qui vient de leurs pesticides. Je n’ai plus de miel à vous donner. Il est empoisonné je suis sûr. Mais bon, le Congo c’est comme ça. Vétérinaires et agronomes sont des taxateurs au lieu d’interdire tous ces poisons pompés sur les plantes destinées à nos estomacs et aux abeilles. "

Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Et d’ailleurs il est encore temps d’arrêter les mauvaises habitudes qui s’installent. Le prix abordable des pesticides ne s’expliquerait-il pas par le fait qu’il s’agit plutôt de produits chimiques interdits en Europe et ailleurs et massivement déversés sur l’Afrique ?

Que dire des effets des engrais chimiques sur la texture des sols ?

Les pouvoirs publics sont interpellés sur leurs responsabilités. L’attention des agriculteurs est attirée sur l’avenir de leur métier avec un sol stérilisé. Les consommateurs ne devraient plus continuer à accepter de manger n’importe quoi !!

Le lien entre les pesticides et certaines maladies est scientifiquement établi.

En définitive, une étude devrait être menée pour expliquer ce nouveau comportement des paysans du Buzi et de plus loin pour proposer des pistes de travail destinées à inverser cette tendance suicidaire qui s’installe lentement mais sûrement au vu et au su de nous tous.

 

Prosper Hamuli Birali à Minova le 04 décembre 2019

 

 

 

 

 

 

 

 
Mis à jour le 31/03/2021

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En Mauritanie, un maraîcher transforme le désert en jardin

En Mauritanie, un maraîcher transforme le désert en jardin  

 

Rubrique : une histoire d'Economie humaine.

 

Article rédigé par Pierre Lepidi (Nouakchott, envoyé spécial). Journaliste au Monde, auteur du blog 'Carnets d'Afrique'. Cet article a été publié la première fois dans Le Monde Afrique le 19 septembre 2020 à 09h00 - Mis à jour le 28 décembre 2020 à 05h28.

 

 

Mauritanie article Pierre Lepidi

 

En Mauritanie, un maraîcher transforme le désert en jardin.

En grande banlieue de la capitale Nouakchott, Carlos Gil Casado cultive tomates, aubergines, gombos, concombres et feuilles de bissap. Un jardin vert rebaptisé El Jenna (« le paradis »).

 

 

guillemets orange et vertDe la maison de Carlos Gil Casado, on ne ressort jamais les mains vides. A l’entrée de sa villa à Nouakchott, sur de grands plateaux, des semis de différentes variétés de tomates jouxtent des plants d’artemisia ou de persil. Il y a deux mois, il a acheté des figues sèches chez un épicier et en a fait germer les graines.

 

« Si, dans quelques années, on pouvait distribuer cinq figues par jour à tous les enfants de Mauritanie, on aurait réussi un défi fabuleux ! », lance-t-il. En Mauritanie, 43,9 % de la population active a souffert d’un retard de croissance pendant l’enfance, selon l’ONU.

 

« Si tu veux nourrir quelqu’un, donne-lui des tomates. Si tu veux le sauver, apprends-lui à les cultiver. » Carlos Gil Casado pourrait faire sien cet adage traditionnel revu et corrigé. En ce début septembre, l’Espagnol, installé depuis dix ans en Mauritanie, vient de terminer de dispenser une formation au maraîchage. Une activité pour laquelle il réserve sa patience, lui qui, en route dans sa vieille guimbarde pour récupérer du fumier de cheval dans un centre équestre, s’impatiente dans les embouteillages de Nouakchott.

 

En grande banlieue de la capitale du pays, l’homme a transformé un hectare désertique en une zone de maraîchage où poussent désormais tomates, aubergines, gombos, concombres et feuilles de bissap. Et même « du piment pour mettre dans le yassa ou le thiéboudienne », se félicite Mohamed Mokhtar, l’un des trente élèves formés par M. Casado de janvier à juillet.

 

Une ferme pédagogique

De janvier à juillet, la ferme pédagogique de Carlos Gil Casado a formé trente élèves. Pendant sept mois, ils ont suivi une heure quotidienne de cours théorique, puis des ateliers pratiques.

Au début de sa formation, chaque élève a reçu une parcelle d’environ 10 m2 « pour créer son propre jardin en fonction d’un projet intégrant la nature des plantations, la surface cultivable et le prix des légumes à la vente », explique Mohamed Mokhtar.

 

Chaque bénéficiaire a commencé par monter son propre business plan. C’est le sens du projet global de Carlos Gil Casado, financé par l’Union européenne, et mis en œuvre par Agri Sahel et le Groupe de recherches et de réalisation pour le développement rural (GRDR).

 

Avant de suivre sa formation, Fatimatou Mint Deya, 62 ans, était cuisinière et ignorait « comment poussaient des légumes », et même « qu’il fallait de l’eau et du soleil ». Aujourd’hui, elle garde une partie de sa production pour sa famille et vend l’autre, s’inventant au passage « une source de revenus supplémentaire ».

 

 

Du maraîchage sur un sol très aride

Comme elle, les autres stagiaires ont apprécié et se sont regroupés en coopérative au terme de leur apprentissage, « installés autour de nous, ce qui nous permet de rester en contact et de continuer à suivre leur projet », assure Carlos Gil Casado.

 

Lorsqu’on lui demande comment il est possible de cultiver sur un sol aussi aride, l’agriculteur-enseignant rappelle qu’« il faut de l’engrais naturel, du sable, un goutte-à-goutte bien réglé et une plante brise-vent ».

 

La ferme pédagogique prouve pour l’instant qu’il est possible de faire du maraîchage à quelques kilomètres de la capitale mauritanienne, et pas uniquement le long du fleuve Sénégal, où la terre est très fertile. Autour du site, des centaines de producteurs, inspirés par la réussite de la ferme agricole, et un vaste projet gouvernemental de zone agricole périurbaine ont commencé à planter en suivant le modèle de l’Espagnol.

 

« Je suis heureux d’être copié, mais je le serai encore plus lorsque les Mauritaniens mangeront tous leurs propres tomates », espère Carlos Gil Casado. Il suffit d’un peu de patience.

 

 Pierre Lepidi

 
Mis à jour le 31/03/2021

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Minova & Bweramana, 26 jeunes en formation sur le traitement des déchets

Minova & Bweramana, 26 jeunes en formation sur le traitement des déchets  

 

 

Le samedi 26 décembre 2020, le groupe local RIEH / Minova & Bweramana  en RDC, a lancé une formation tout à fait atypique pour 26 jeunes !

 

Un enseignement pour apprendre comment on peut traiter les déchets pour réduire sensiblement les risques liés à leur propagation et assainir l’environnement pour une plus grande salubrité. 
Un enseignement pour apprendre à les transformer en produisant des briquettes combustibles (à la place du charbon de bois), fabriquer des pavées de couverture, ainsi que la création d'objets d’art plastique (colliers, bracelets, paniers, maquettes, fleurs et bijoux, etc.)...

 

Les jeunes participants, filles et garçons, vivent difficilement, en marge de la société, du fait de leurs handicaps physiques – l’un d’eux est albinos, de leur appartenance sociale (plusieurs sont Pygmées), du fait de la misère, car beaucoup appartiennent à des familles au revenu très faible.

 

En acquérant ces techniques de transformation, ils pourront accéder à des revenus issus du produit de la vente des objets fabriqués. Ils s’organiseront pour cela en micro-entreprises collectives, qui seront accompagnés par le groupe-projet.

 

Les techniques utilisées sont simples et ne nécessitent pas d’équipements importants. Les formateurs sont des RD congolais de la région du Kivu.

 

Le lancement a donné lieu a des rencontres avec les autorités et différents acteurs qui participent au projet notamment en mettant à disposition des habitants, un lieu de décharge et des conteneurs pour le tri sélectif.

 

La formation dure 26 jours et a commencé le 26 décembre 2020.

 

A suivre donc, avec beaucoup d'intérêt...

 

Pour rejoindre leur action, cliquer sur le lien ici.

 
Mis à jour le 31/03/2021

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Des nouvelles de Karur au Tamil Nadu, en Inde...

Des nouvelles de Karur au Tamil Nadu, en Inde...  

 

En Inde RIEH Asie exprime sa solidarité avec les organisations de paysans en lutte pour le retrait de trois lois de dérégulation du marché des produits agricoles.

 

Depuis plusieurs semaines, l’Inde est marquée par des mouvements des organisations paysannes contre des lois adoptées en septembre 2020. Ces lois sont décrites par les protestataires comme « anti-farmers laws », des lois contraires aux intérêts des paysans, car elles mettent ces derniers à la merci des grandes entreprises agro-alimentaires. Ces lois mettent fin à tous les mécanismes qui permettaient de garantir les prix et de lutter contre la spéculation.

Des organisations membres du RIEH Asie participent aux manifestations qui sont interdites et réprimées. C’est à l’occasion d’une de ces manifestations à Karur que Christina Samy a été arrêtée le 14 décembre, puis relâchée le lendemain.

ChristI est une des animatrices du RIEH. Elle a fondé et présidé SWATE, organisation pour la prise de pouvoir des femmes sur leur vie (empowerment), dont l’histoire est racontée dans le livre "Chemins d’économie humaine" . Elle est actuellement un des leaders de SWARAJ, parti politique dont le nom signifie Autonomie et politique alternative.

 

Voir le lien vers le texte de INHE Asia exprimant sa solidarité avec les protestations paysannes (en anglais).

 

 

     

Christi1  CHRISTI5  

                     CHRISTI15     CHRISTI10   CHRISTI16    

 
Mis à jour le 11/05/2021

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ADieu Antoine Sontag...

ADieu Antoine Sontag...  

 

 

ANTOINE SONTAG

 

En cliquant sur la photographie d'Antoine, partageons ses dernières paroles bouleversantes.

A la veille du départ, il nous offre avec sa pudeur naturelle,

un regard sensible sur sa Vie terrestre et l'Espérance pour celle d'après. 

 

 

 

Développement & Civilisations Lebret IRFED (DCLI) et le Réseau International d’Economie Humaine (RIEH) ont la douleur de vous informer du décès du Père Antoine Sondag, membre du RIEH et du Conseil d’Administration de DCLI, victime d’une longue maladie. 

 

Le Père Antoine a été le rédacteur en chef durant plus de 10 ans de notre publication Développement & Civilisations diffusée dans le monde entier. Il a contribué de ses conseils aux réflexions de DCLI puis du RIEH sur l’économie humaine les faisant bénéficier de son regard aigu sur l’actualité de monde, et de sa connaissance des pays en développement pour lesquels il avait une expertise reconnue. Dans notre publication, il avait veillé à faire connaître des personnes de tout horizon porteuses de riches expériences de ce que peut être une économie humaine. Son sens critique des choses invitait chacun à préciser la pensée et à avancer. 

 

Nous nous joignons à ses proches pour partager leur peine, dire adieu à Antoine et faire vivre sa mémoire.

 

 

Transcription de son texte d'adieu

 

" Si vous voyez cette vidéo, si vous entendez ma voix, c’est que je serais décédé.

J’ai eu un cancer et il semblerait que le traitement n’a pas été un succès. En cette heure, je suis animé par trois attitudes, qui se résument par trois mots :

le premier c’est MERCI.

Merci à tout ceux que j’ai croisé, merci à tous ceux que j’ai aidé.

Merci à tous ceux que j’ai rencontré.

Merci à tous ceux qui m’ont permis de vérifier que la vie est belle.

Merci à ceux qui m’ont donné, de grandes choses : la vie, ou des petites choses, des petites rencontres qui font le charme de chaque journée.

La vie est un don et il faut savoir dire merci.

Merci aux inconnus, aux anonymes, qui ne verront pas cette vidéo, ceux qui ne me connaissent pas mais qui m’ont donné ponctuellement une aide, un coup de main, un sourire.

Merci surtout à ceux à qui on a oublié de dire merci et qui ne le sauront jamais.

Nous sommes invités à dire souvent merci.

Merci à qui, merci pourquoi, merci pour être là, merci pour la vie, et nous autres chrétiens nous disons merci, nous sommes invités à dire merci très souvent et nous utilisons un mot pour dire merci, c’est EUCHARISTIE.

 

La deuxième attitude qui est la mienne en cette heure c’est de dire PARDON.

 

Pardon à ceux que j’ai blessé, volontairement ou involontairement.

Pardon à ceux qui se sont sentis délaissés, meurtris, pas assez pris en considération.

A eux tous et à beaucoup d’autres, pardon.

Et plus encore, pardon à tous ceux nombreux, que j’aurais pu aider, à qui aurais pu tendre une main secourable, sans l’avoir fait.

Tous ces blessés au bord du chemin que nous sommes invités à secourir, et comme tant d’autres j’ai passé sans regarder.

 

Troisième attitude en cette heure, c’est ESPÉRANCE.

Rien ne mérite de durer et il ne restera pas grande chose, il ne restera rien de ma vie.

Et pourtant, j’ai cette conviction cette intuition, cette espérance que cette vie n’est pas vaine, que ma vie n’a pas ente vaine, même s’il ne restera rien.

Ou peut-être si, il restera mon nom, le souvenir dans la mémoire, dans la mémoire de celui que nous appelons Dieu.

En cette heure, je n’ai pas d’image, pas de représentation de cette espérance. Je ne me soucie pas non plus, je ne me soucie plus de chercher des mots justes, des images justes, la rigueur du raisonnement ou d’honorer l’esprit critique qui m’a animé pendant si longtemps.

Mais on accueille, j’accueille la gratuité, tout ce qu’on appelle avec un mot maladroit, la survie.

J’accueille ce qu’on appelle avec un autre mot maladroit Dieu, ce Christ qui nous a aidé à traverser la vie et qui nous aide aussi à traverser la mort."

 

 

 

Une rencontre, un témoignage : "Antoine SONTAG, un prêtre diaconal"

Un article posté par Stefan Gigacz

 

 

Très triste cette semaine d'enregistrer et de rapporter la mort, samedi 7 novembre, du prêtre français, le père Antoine Sondag, ami depuis plus de 30 ans, aumônier du YCS international à la fin des années 1980 et de Pax Romana ICMICA une vingtaine d'années plus tard.

Né en 1948 à Sarraguemines près de Metz dans la Lorraine, aujourd'hui partie du Grand Est, Antoine est ensuite diplômé de l'élite Institut de Sciences Politiques de Paris, plus connu sous le nom de Sciences Po par ses étudiants.

Rapidement, cependant, il emprunte une autre voie, entre au séminaire et est ordonné prêtre du diocèse de Metz, où il sert dans une paroisse pendant dix ans.

Je crois que c'est là qu'il s'est engagé comme aumônier dans le mouvement Jeunesse Etudiante Chrétienne (Jeunes étudiants chrétiens).

Au moment où je l'ai rencontré à Hong Kong en 1989, il était aumônier du YCS international .

Mais j'ai vraiment appris à le connaître et à apprécier son amitié et sa générosité plus tard lorsque j'ai étudié et travaillé à Paris pendant plusieurs années.

À cette époque, il était devenu secrétaire général de la Commission nationale des évêques français pour la justice et la paix. Plus tard encore, il a travaillé pour le Secours Catholique (Caritas France) en tant que chef de son département de recherche.

Par la suite, il retourna à la Conférence des évêques catholiques français en tant que directeur de leur «mission universelle» ou département des affaires internationales.

En 2011, il s'est joint à nous à Bangkok en tant que conférencier principal pour un forum de consolidation de la paix  organisé par Cardijn Community International.

Plus récemment, il a édité "Développement et civilisations", la revue publiée par le Centre Lebret-IRFED (aujourd'hui DCLI-RIEH) , qui promeut un développement en phase avec le travail du dominicain Louis-Joseph Lebret , qui avait fondé le mouvement spécialisé d'inspiration jociste pour les jeunes travailleurs maritimes. avant de se faire un nom en tant que spécialiste du développement et d'inspirer l'encyclique du Pape Paul, Populorum Progressio .

Sur le plan intellectuel, il a publié un certain nombre d'ouvrages traitant de sujets allant de la démographie de la population catholique à la question de la pauvreté.

Un de ses livres les plus percutants porte le titre " On ne supprimera jamais la pauvreté. Même pas vrai " - "Nous ne nous débarrasserons jamais de la pauvreté. Totalement faux." Dans le même esprit, il a également publié «La solidarité, chemin de spiritualité» - «Solidarité, un chemin spirituel».

Et enfin, " Pour une église diaconale, Chrétiens au service de la société " 

Je l’ai traduit en anglais ici.

En effet, à peine six jours après sa mort, son « testament » a déjà été traduit dans plus de dix langues dont l’arabe, le chinois, l’allemand, l’espagnol, l’italien, le philippin, le tamoul, le vietnamien, l’indonésien.

C’est un hommage approprié à l’influence et à l’impact discrets mais puissants d’Antoine.

De manière significative, voire providentielle, ses funérailles auront lieu demain, le 13 novembre, qui est également l’anniversaire de la naissance de Cardijn ainsi que la « Journée mondiale de la JECI ».

Comme le notent ses collègues de la paroisse de Villejuif, il « s’est placé dans la ligne de la doctrine sociale catholique développée par Frédéric Ozanam au XIXe siècle ».

À une époque fatiguée d’une Eglise autoritaire, cléricale et très lourde, Antoine Sondag nous a montré ce que signifie être un prêtre véritablement diaconal au service de son peuple et nous propose un modèle pour construire une Eglise authentiquement diaconale. 

En septembre 2019, il a déménagé à Villejuif, dans la banlieue parisienne, où il est devenu membre de la paroisse catholique locale. À ce moment-là, cependant, il savait qu'il avait le cancer qui lui coûterait la vie.

Pourtant, il a continué à accueillir des amis du monde entier et à aider financièrement ceux qui en.avaient besoin.

Conscient de son destin probable, Antoine en a profité pour enregistrer une vidéo remarquable que je posterai ici pour ceux qui comprennent le français et qu'il divise en trois parties: merci, pardon et espoir.

 

 

Pour en savoir plus...

par Stefan Gigacz

A Dieu (Joseph Cardijn Digital Library - in 10 languages)

A Dieu père Antoine (Eglise de Villejuif)

IYCS World Day (IYCS-JECI)

Guido Mocellin, Un testamento spirituale in Rete: i grazie, il perdono, la "speranza" (Avvenire)

Fr Antoine Sondag (Online celebration 21 November) (Pax Romana ICMICA)

Décès du Père Antoine Sondag (Diocèse de Metz)

Antoine Sondag funeral details and live broadcast (Diocese of Metz/Facebook)

 
Mis à jour le 15/11/2020

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L' Economie Humaine et le Convivialisme tel que défini dans le Second Manifeste...

L' Economie Humaine et le Convivialisme tel que défini dans le Second Manifeste...  

 

guillemets rieh

 

          L’intérêt du Second Manifeste Convivialiste est double : dans son contenu et dans les signatures qu’il rassemble.

Avant d’analyser le contenu, il faut noter et saluer le grand nombre et la diversité des signatures obtenues, même si on en note aussi les limites. 276 personnalités (quelque 300 dit la quatrième de couverture !) de 33 pays.

58% sont des Français (161), les autres pays les plus représentés étant, loin derrière, le Brésil (19), les USA (16), l’Allemagne et l’Italie (10), le Japon (9), la Suisse (8). Seulement 3 du Maghreb et 4 d’Afrique subsaharienne.

En France, on y trouve des représentants de l’Economie sociale et solidaire, de l’hebdomadaire Alternatives économiques, du monde diplomatique, de la revue Esprit, d’Attac, de l’écologie politique, de la collapsologie, d’ATD Quart Monde, de Dialogues en humanité. Emmanuel Faber est le seul dirigeant économique.

Parmi les personnalités qu’on peut considérer comme proches du RIEH: Elena Lasida, Patrick Viveret, Jean-Baptiste de Foucauld, Gaël Giraud, Edgard Morin, sans oublier bien sûr Yves Berthelot. Au plan international : Noam Chomsky, Susan George, Shirin Abadi, Chico Whitaker, Leonardo Boff, Olivier de Schutter, Jean Ziegler,  Mathieu Ricard. Le spectre est donc assez large.

Le Manifeste assume que les signataires sont des intellectuels. On peut penser que tous ne sont pas en accord complet avec l’ensemble des propositions du Manifeste, mais ils ont estimé que les points d’accord étaient suffisamment nombreux pour engager leur signature. C’est un fait très positif pour tous ceux qui, comme nous, veulent construire le consensus le plus large possible pour des changements structurels dans l’organisation du monde fondés sur l’humanisme.

 

L’objectif central du Manifeste est de définir les valeurs et les principes qui fondent une alternative au néolibéralisme. « Ce qui manque le plus aux milliers et aux dizaines de milliers d’associations ou de réseaux, aux dizaines ou aux centaines de millions de personnes qui à travers le monde cherchent à échapper à l’emprise du capitalisme néolibéral, ce qui les empêche de se coordonner et qui les condamne à une forme d’impuissance, c’est l’absence d’un consensus explicite et clairement partagé sur quelques valeurs ou principes centraux ».Les signataires « ne se contentent pas des dénonciations stéréotypées des marchés ou du capitalisme qui n’aboutissent à rien aussi longtemps qu’elles ne nous disent pas quel autre type de société nous pouvons raisonnablement espérer pouvoir construire ». Cette ambition rompt avec le discours porté par beaucoup des ouvrages ou des productions audiovisuelles qui relatent toutes ces expériences et qui refusent de répondre à la question de la définition d’une alternative. Il suffit selon eux de raconter ces expériences et de considérer qu’elles dessinent le monde de demain sans avoir besoin d’en décrire les fondements. Par défiance vis-à-vis des idéologies et défiance vis-à-vis des partis et hommes politiques qui prétendent incarner le changement. Pour les signataires du Manifeste on ne peut pas se contenter d’appeler à la transition sans dire vers quoi ou à « un monde d’après » défini par sa rupture avec le « monde d’avant » ou encore à un « changement de paradigme » sans préciser quel est le nouveau paradigme auquel on entend se référer.

 

Le convivialisme se présente ainsi comme une philosophie politique, la philosophie de l’art de vivre ensemble, de la convivance.

 

Nous sommes en accord total avec cette ambition, même si nous appelons cette référence partagée « économie humaine », et non pas « convivialisme ». Et l’économie humaine est aussi une philosophie politique, la philosophie du passage d’un monde moins humain à un monde plus humain. Je reviendrai plus loin sur cette question du choix des mots. Mais nous sommes bien dans le même champ.

 

Pour la définition de cet ensemble de valeurs et de principes, le manifeste présente une position très affirmée et très forte, puisqu’il formule cinq principes et un impératif catégorique qui les traverse tous :

  • Principe de commune naturalité
  • Principe de commune humanité
  • Principe de commune socialité
  • Principe de légitime individuation
  • Principe d’opposition créatrice

et

  • Impératif de maîtrise de la démesure, de l’hubris.

Voir en annexe les définitions que donne le manifeste des 5 principes et de l’impératif.

 

C’est là le cœur du Manifeste et son apport principal, d’autant plus intéressant qu’il est très précis, tout en étant capable de faire consensus, ce qui ne va pas de soi, surtout à un niveau international. Les formulations sont fortes : « La seule politique légitime, mais aussi la seule éthique acceptable sont celles qui s’inspirent des cinq principes ».

 

Il nous semble qu’il faudrait aussi dans ce corpus central faire place à ce que le manifeste appelle le pluriversalisme ; c'est-à-dire la synthèse à trouver entre l’universalisme et la pluralité des cultures.

 

Par rapport à cet énoncé, on peut bien sûr se demander si l’on est en accord avec les cinq principes et l’impératif. Mais surtout, il faut se demander si, comme on dit en mathématiques, ils sont nécessaires et suffisants et s’ils transcendent les différences de cultures et de situations économiques et sociales. Ne faut-il pas en rajouter d’autres ? Chacun a-t-il vraiment une importance telle qu’on ne peut l’écarter sans déstabiliser l’ensemble ? Il est difficile de répondre à ces questions si ce n’est en confrontant ces principes aux principales questions qui se posent à notre humanité et en voyant comment ils éclairent les choix à opérer et les politiques à conduire. J’y reviendrai plus loin.

 

En attendant nous pouvons comparer ces cinq principes du convivialisme aux quatre principes de l’économie humaine :

  • Prendre en compte tout l’homme (i)
  • Prendre en compte tous les hommes (ii)
  • Organiser la participation de tous les hommes (iii)
  • Vivre en harmonie avec la nature (iv)

 

Une comparaison vraiment approfondie dépasserait le cadre de cette note. Globalement, on relève :

 

  • Qu’il y a une équivalence entre le principe de commune naturalité et le principe (iv)
  • Que le principe (ii) se décompose en deux principes du convivialisme : celui de commune humanité et celui de commune socialité
  • Qu’on ne trouve pas dans le convivialisme les principes (i) et (iii)
  • Qu’on ne trouve pas dans les principes de l’économie humaine le principe de légitime individuation ni celui d’opposition créatrice.

 

A ce stade, je veux surtout souligner le dernier point, car il me semble que le convivialisme nous fait avancer dans notre approche de l’économie humaine. Là où nous mettons en avant la solidarité, la prise en compte de l’intérêt commun, la nécessaire concorde, le convivialisme fait droit à l’intérêt personnel, à la rivalité, aux conflits. « La politique légitime est celle qui permet au mieux de développer son individualité singulière en développant ses capacités, sa puissance d’être et d’agir, sans nuire à celle des autres, dans la perspective d’une égale liberté ». Ou encore : « Parce que chacun a vocation à manifester son individualité singulière, il est normal que les humains s’opposent. Mais il ne leur est légitime de le faire qu’aussi longtemps que cela ne met pas en danger le cadre de commune humanité, de commune socialité et de commune naturalité qui rend la rivalité féconde et non destructrice ». Nous devrions intégrer ces apports du convivialisme.

 

Un autre apport à intégrer est la place centrale faite par le convivialisme au concept de démesure (hubris). Celle-ci est considérée comme la cause fondamentale de tous les maux qu’affronte l’humanité et la maîtrise de la démesure comme l’objectif premier de la « politique bonne ». C’est donc dans l’homme lui-même que résident à la fois le problème et la solution. C’est le fondement de la place de la spiritualité à la fois dans la civilisation que nous voulons promouvoir et dans la stratégie de changement que nous mettons en œuvre, qui doit conjuguer transformation personnelle et mise en place de nouvelles structures.

 

A partir du corpus central, le manifeste présente quelques implications générales, puis des propositions concrètes.

 

Les implications générales sont présentées dans 4 champs :

 

  • Champ moral (implicitement le manifeste semble distinguer la morale qui est individuelle et la politique qui est collective).

Le texte mérite d’être cité dans son intégralité :

« Ce qu’il est permis à chaque individu d’espérer, c’est de se voir reconnaître une égale dignité avec tous les autres  êtres humains, d’accéder aux conditions matérielles suffisantes pour mener à bien sa conception de la vie bonne, dans le respect des conceptions des autres, et de chercher ainsi à être reconnu par eux en participant effectivement, s’il le souhaite, à la vie politique et à la prise des décisions qui engagent son avenir et celui de sa communauté.

Ce qui lui est interdit, c’est de basculer dans la démesure et dans le désir infantile de toute-puissance (l’hubris des Grecs) […] en prétendant appartenir à quelque espèce supérieure ou en accaparant et en monopolisant une quantité de biens et un quantum de pouvoir tels que l’existence sociale de tous en soit compromise ». Il en découle concrètement le devoir de refuser pour soi-même la corruption et de la dénoncer par la pratique de lanceur d’alerte.

Tout en étant d’accord avec ce texte, l’économie humaine affirme aussi la responsabilité de chacun pour respecter la dignité des autres, pour travailler afin de participer à la création de richesse, pour participer activement à la prise de décision dans un cadre démocratique et pour respecter les décisions prises dans ce cadre. Il faudrait aussi préciser ce qu’on entend par communauté, qui comprend au moins trois niveaux : local, national et international.

 

  • Champ politique

Le convivialisme prend acte du fait que ce sont les Étals qui organisent la vie politique.

Le manifeste emploie une expression très forte en affirmant qu’un Etat ne peut être tenu pour légitime que s’il respecte les cinq principes et observe l’impératif de maîtrise de l’hubris. Compte tenu du caractère très général des principes, on peut craindre que toute personne ou tout groupe se considère fondé à contester la légitimité de tout Etat. Mieux vaudrait dire que les cinq principes constituent une référence pour l’action de l’Etat.

Le problème se retrouve dans une affirmation très problématique quand le manifeste déclare aussi que ne sont légitimes que les États qui garantissent à leurs concitoyens un revenu de base et instaurent un revenu et un patrimoine maximum pour les plus riches. A cette aune, aucun Etat au monde n’est légitime. Mais surtout, on peut parfaitement adhérer aux 5 principes sans être en accord avec ces deux mesures, d’ailleurs très controversées. Le manifeste déclare que « la misère doit être déclarée hors la loi ». Cette affirmation peut figurer dans le programme d’un parti politique en France, mais elle ne fait guère de sens dans le contexte de pays où la misère est endémique. C’est conférer à l’Etat une toute-puissance tout à fait excessive. Selon l’économie humaine, toute société doit s’organiser pour que chacun puisse tirer un revenu de son travail lui permettant de mener une vie décente. D’un autre côté, la mesure sur le revenu maximum peut aussi être débattue. L’essentiel à nos yeux est que tout revenu, quelque soit son niveau, soit obtenu en respectant les attentes et les droits de toutes les personnes qui concourent à le générer et en respectant les équilibres naturels. Quant aux limites du patrimoine, elles doivent être gérées selon nous par une révision fondamentale du droit de propriété.

Plutôt que les deux mesures mises en avant par le convivialisme, nous mettons en avant le système de mutualisation de la protection sociale fondée sur le principe « De chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins », dont curieusement le manifeste ne parle pas alors qu’il est fondamental dans l’organisation de la société que nous prônons. Il est vrai qu’il n’est pas nouveau !

Le manifeste traite assez longuement de la démocratie. Il relève le paradoxe entre le fait que la démocratie s’impose comme une référence avec l’égalité de principe de tous avec tous et qu’on relève en même temps des signes alarmants d’une désaffection à son égard. On peut regretter qu’il insiste surtout sur les raisons de ne plus croire en la démocratie. Pourtant le principe d’égalité qui est le fondement de la démocratie est équivalent à celui de commune humanité. Pour notre part nous ne considérons nullement que la démocratie est un modèle dépassé destiné à être remplacé par un autre. Il doit au contraire être approfondi. Le manifeste n’échappe pas ici au risque de surfer sur l’air du temps. Par exemple quand il déclare que « la démocratie participative ne peut être effective que si elle est la plus directe possible, autrement dit si elle repose largement sur le tirage au sort ». On est aussi étonné de lire que « la revendication d’égalité s’étend à présent au monde animal au nom de l’antispécisme ».

 

  • Champ écologique

Les humains ne doivent pas se considérer comme des maîtres de la nature mais comme en faisant partie. Le manifeste mentionne une relation de don/contre-don « au moins métaphoriquement », ce qui signifie que les humains « doivent rendre à la Nature autant ou plus qu’ils ne lui prennent ou n’en reçoivent ». On ne peut qu’être en accord avec cette déclinaison du principe de commune naturalité. La difficulté se trouve dans la mise en œuvre, dès lors qu’on entend aussi répondre aux besoins d’une nourriture saine pour tous les êtes humains et aux besoins d’énergie, même maîtrisés, pour réduire la pénibilité du travail, se chauffer ou se rafraîchir, se déplacer, échanger des biens et des services. Là, le convivialisme n’apporte pas de réponse particulière, mais sans doute n’est-ce pas son rôle. L’économie humaine non plus. Car une fois les principes posés, il n’y a pas de solution pré-définie qu’il suffirait d’appliquer. Le convivialisme n’échappe pas totalement à un travers fréquent sur ces sujets. Il affirme par exemple qu’il faut sortir des énergies fossiles à horizon 2040-2050. Ce genre de déclaration relève très largement de la pétition de principe et conduit inévitablement à la dénonciation globale des politiques qui ne permettent pas d’atteindre ces objectifs. C’est qu’il ne suffit pas de décréter qu’on arrête d’extraire les énergies fossiles en faisant preuve d’une grande détermination politique. Il faut continuer à répondre à la demande d’énergie et on voit bien qu’il n’y a pas de consensus social pour opérer des coupures d’électricité ou pour limiter drastiquement et par la contrainte l’usage de la voiture ou de l’avion. Pour avancer, il ne suffit donc pas de poser ainsi des grands objectifs surtout à moyen et long terme. C’est pourquoi, avec l’économie humaine nous mettons l’accent sur l’éducation qui permet à chacun et à chaque groupe social d’être conscient des enjeux et du rôle qu’il doit jouer pour atteindre l’objectif commun et sur la démocratie qui permet de faire des choix partagés. Et des choix qui sont souvent des compromis entre divers impératifs. Il faut renforcer la capacité à s’écouter entre écologistes et agriculteurs, entre protecteurs de la nature et producteurs d’énergie, entre promoteurs de la diversité culturelle et touristes désirant voyager, … Nous insistons aussi sur le fait que tout changement doit être à la fois personnel par la spiritualité, sur le territoire où l’on vit grâce à un développement local humain et durable, dans les structures et les politiques menées par les Étals et par des accords internationaux. C’est l’articulation des quatre niveaux qui est déterminant.

 

  • Champ économique

Dans ce champ il y a une grande proximité entre le manifeste convivialiste et les choix de politique économique inspirés de l’économie humaine. Je trouve même que plusieurs formulations du manifeste sont plus fortes, plus nettes que les nôtres. Quelques citations illustrent ce rapprochement :

« Le véritable développement de toutes les richesses humaines [est] bien loin de se réduire à la seule richesse économique, matérielle ou monétaire. La richesse effective passe par le sens du devoir accompli, de la solidarité ou du jeu ; par toutes les formes de la créativité, artistique, technique, scientifique, littéraire, théorique, sportive, etc. En un mot, elle est inhérente à une forme ou une autre de gratuité ou de créativité et à la relation aux autres ».

« Le Marché et la recherche d’une rentabilité monétaire sont pleinement légitimes dès lors qu’ils respectent – notamment via les droits (sociaux et) syndicaux – les postulats de commune humanité et de commune socialité, et qu’ils sont en cohérence avec les considérations écologiques précédentes ».

« La priorité est de lutter contre les dérives rentières et spéculatives de l’économie financière qui sont la principale cause de la démesure capitaliste actuelle ».

« Il est impératif dans une visée d’économie plurielle, d’instaurer un équilibre entre Marché, économie publique et économie non marchande et non monétaire […] selon que les biens ou les services à produire sont individuels, collectifs, communs ou privés ».

Le manifeste emploie l’expression « prospérité sans croissance » qu’on peut rapprocher de celle de « sobriété heureuse » de Pierre Rabhi ou de « l’abondance frugale » de Jean-Baptiste de Foucauld. Il se réfère aussi à « une société post-croissantiste » et à la « démarchandisation », désignant ainsi « toutes les manières de mieux satisfaire les besoins avec moins de marchandises et moins d’argent ».

Il appelle aussi à remodeler en profondeur le statut de l’entreprise, ses responsabilités et sa gouvernance.

Tout ceci demande à être précisé, décliné dans des contextes culturalo-socio-économiques différents. Mais c’est tout aussi vrai pour l’économie humaine.

 

Au total, on peut relever :

 

Une très grande proximité entre le projet même du Manifeste convivialiste et celui de l’Economie humaine : construire un consensus international, reconnaissant la diversité des cultures, sur les principes d’organisation des sociétés humaines et de l’humanité dans son ensemble afin d’opérer les changements structurels dans les champs politiques et économiques nécessaires pour relever les défis auxquels nous sommes confrontés

 

Dans la formulation de ces principes, les convergences entre les deux approches l’emportent sur les différences qui sont néanmoins importantes. Il faut  donc à la fois se reconnaître comme participant à un même courant, une même alliance et à l’intérieur de cet ensemble faire vivre un débat. Le choix des mots pour désigner cet ensemble est important. Mon avis personnel est que ni le mot convivialisme, ni l’expression économie humaine ne sont satisfaisants. Il faut laisser le champ ouvert, chacun gardant à ce stade sa référence.


La principale différence est qu’avec l’économie humaine nous ne proposons pas seulement une vision sous forme d’un ensemble de principes, mais aussi un chemin, une démarche pour parvenir aux changements structurels. Cette démarche s’appuie sur deux piliers que sont l’éducation (la conscientisation) et la démocratie (la participation active aux affaires communes). Elle articule action et réflexion. Elle articule aussi les niveaux personnel, du territoire où l’on vit, de l’Etat, du monde.

 

Là où le Manifeste convivialiste peine dans ses conclusions à définir comment s’organise l’internationale convivialiste et est tenté par une action politique directe, nous proposons d’organiser un réseau fondé sur des groupes locaux, des coordinations continentales et une coordination internationale dont l’action politique est indirecte, c'est-à-dire vise à renforcer les consciences et les capacités des personnes et des groupes à participer aux changements.

 

Pour paraphraser un slogan d’une autre époque : « C’est un bon début, continuons le débat » … et surtout l’action.

 

 

 

Michel Tissier, Secrétaire exécutif du RIEH

Le Mené, le 17 octobre 2020

www.rieh.org

 

 

Annexe (extrait de la publication)

 

2D MANIFESTE CONVIVIALISTE

  • AUTEUR : Internationale convivialiste
  • EDITEUR : Actes Sud
  • DATE DE PARUTION : 12/02/2020
  • COLLECTION : Question de société
  • FORMAT : 12 cm X 18 cm
  • POIDS :164 g
  • EAN : 978-2330130923
  • ISBN : 2330130929
  • NOMBRE DE PAGES : 144
  • FORMAT : 125 mm x  190 mm

" Les principes de commune naturalité, de commune humanité, de commune socialité, de légitime individuation, d’opposition créatrice. Ces cinq principes sont subordonnés à l’impératif absolu de maîtrise de l’hubris.

 

  • Principe de commune naturalité : les humains ne vivent pas en extériorité par rapport à une Nature dont ils devraient se rendre “maîtres et possesseurs”. Comme tous les êtres vivants, ils en font partie et sont en interdépendance avec elle. Ils ont la responsabilité d’en prendre soin. À ne pas la respecter, c’est leur survie éthique et physique qu’ils mettent en péril.

 

  • Principe de commune humanité : par-delà les différences de couleur de peau, de nationalité, de langue, de culture, de religion ou de richesse, de sexe ou d’orientation sexuelle, il n’y a qu’une seule humanité, qui doit être respectée en la personne de chacun de ses membres.

 

  • Principe de commune socialité : les êtres humains sont des êtres sociaux pour qui la plus grande richesse est la richesse des rapports concrets qu’ils entretiennent entre eux dans le cadre d’associations, de sociétés ou de communautés de taille et de nature variables.

 

  • Principe de légitime individuation : dans le respect de ces trois premiers principes, la politique légitime est celle qui permet à chacun de développer au mieux son individualité singulière en développant ses capacités, sa puissance d’être et d’agir, sans nuire à celle des autres, dans la perspective d’une égale liberté. À la différence de l’individualisme qui débouche sur le chacun pour soi et la lutte de tous contre tous, le principe d’individuation ne reconnaît de la valeur qu’aux individus qui affirment leur singularité dans le respect de leur interdépendance avec les autres et avec la nature.

 

  • Principe d’opposition créatrice : parce que chacun a vocation à manifester son individualité singulière, il est normal que les humains s’opposent. Mais il ne leur est légitime de le faire qu’aussi longtemps que cela ne met pas en danger le cadre de commune humanité, de commune socialité et de commune naturalité qui rend la rivalité féconde et non destructrice. La politique bonne est donc celle qui permet aux êtres humains de se différencier en mettant la rivalité au service du bien commun. La même chose est vraie de l’éthique. 

Impératif de maîtrise  de l’hubris.  La condition première pour que rivalité et émulation servent au bien commun est de faire en sorte qu’elles échappent au désir de toute-puissance, à la démesure, à l’hubris (et a fortiori à la pléonexie, (au désir de posséder toujours plus). Elles deviennent alors rivalité pour mieux coopérer. Dit autrement : tenter d’être le meilleur est hautement recommandable s’il s’agit d’exceller, à la mesure de ses moyens, dans la satisfaction des besoins des autres, de leur donner le plus et le mieux possible. Voilà qui est bien différent du désir de l’emporter à tout prix en prenant aux autres ce qui leur revient. Ce principe de maîtrise de l’hubris est en réalité un méta-principe, le principe des principes. Il imprègne tous les autres et doit leur servir de régulateur et de garde-fou. Car chaque principe, poussé à son extrême et non tempéré par les autres, risque de s’inverser en son contraire : l’amour de la Nature ou celle de l’humanité abstraite en haine des hommes concrets ; la commune socialité en corporatisme, en clientélisme, en nationalisme ou en racisme ; l’individuation en un individualisme indifférent aux autres ; l’opposition créatrice en combat des ego, en narcissisme de la petite différence, en conflits destructeurs. Cet impératif peut donc être dit “catégorique”."

 

 

 
Mis à jour le 01/04/2021

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MALI  Pour une transition politique réussie, tirons les leçons de notre passé récent

MALI Pour une transition politique réussie, tirons les leçons de notre passé récent  

 

Depuis 2012, le Mali connaît une crise politique aigüe qui aggrave une situation politique et sociale très détériorée pour la grande majorité de la population. Le Nord du pays est soumis aux attaques conjointes de forces indépendantistes et de mouvements djihadistes allant jusqu’à l’occupation. Cette menace de partition du pays a conduit à un coup d’Etat militaire et à l’intervention en janvier 2013 de forces tchadiennes et françaises. En 2013, Ibrahim Boubakar Keita (IBK) est élu Président de la République. L’accord d’Alger du 14 mai 2015 instaure une paix très fragile. Mais la reconstruction peine à se mettre en place.

IBK est de plus en plus contesté, notamment par le M5-RFP (Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces politiques), coalition d’opposants, de chefs religieux et de membres de la société civile. Le 18 août 2020 il est renversé par un coup d’état militaire, qui est salué par des manifestations de rue, notamment place de l’Indépendance.

Depuis les conditions de la transition pour le retour à un gouvernement démocratique sont débattues, tant en interne que dans un cadre international.

Augustin Cissé, coordinateur du RIEH pour l’Afrique de l’Ouest présente sa vison de la transition dans un article paru le 28 août 2020 dans le journal MaliTribune.

 

Rubrique « TRANSITION » de Malitribune / Politique / BI-HEBDO N°137 - page 8  - VENDREDI 28 AOUT 2020

« Pour une transition politique réussie, tirons les leçons de notre passé récent

 

Ces derniers mois, notre pays, le Mali, vit l’une de ses pires crises depuis le sursaut national de Mars 1991. S’agit-il d’une crise d’adolescence ou d’une crise de maturité ? Cette question mérite d’être posée. En effet, le pays achève cette année ses trente ans d’apprentissage démocratique. Eh ! bien oui, cela fait trente ans que nous essayons sans succès de porter le boubou de la démocratie que nous nous sommes nous-mêmes cousu ; trente ans que les ficelles de ce boubou écorchent la peau de notre corps là où l’habit s’est callé ; trente ans que l’on pose des questions sans réponses permettant d’ajuster ce boubou.

 

Trente ans dans la vie d’un homme, c’est l’âge de la maturité. Si cette réalité était extrapolable aux faits sociopolitiques, on dirait que le multipartisme malien est aujourd’hui dans sa phase de maturité. Dans cet état de maturité supposée dans l’apprentissage de la démocratie multipartite, notre pays se trouve confronté à une crise sans précédent. Encore une crise. A l’analyse, les symptômes de cette crise s’apparentent à ceux d’une maturité tardive. Oui nous en sommes là. Les maux sont nombreux pour exprimer la crise. Ils ont pour nom : mauvaise gouvernance, corruption, népotisme, insécurité grandissante, impunité, appui inadéquat à l’armée dans la guerre contre le terrorisme qui menace l’existence même de notre pays. Oui ce sont les vrais maux dont souffre notre pays. Des maux qui sont à l’antipode de nos aspirations de mars 1991. Ils donnent de la matière pour des discours populaires, souvent populistes, mais leurs vraies causes sont encore mal élucidées et exprimées de manière précise. En la matière, évitons les amalgames en étant suffisamment pédagogues pour distinguer entre causes et effets. La gouvernance mal faite conduit à la corruption, aux détournements de fonds publics, à l’impunité, au laxisme, à la gabegie, à l’insécurité, à l’arrogance ; à la mauvaise qualité de l’éducation et des soins de santé. Résumons tous ces maux manifestes de notre réalité sociale d’aujourd’hui en effets de la Mauvaise Gouvernance, la vraie source de notre mal commun.

 

Oui c’est de Mère, pardon, Grand-Mère Mauvaise Gouvernance dont nous souffrons. Appelons-la grande mère, vu le nombre d’années qu’elle existe et nous mine. Effet, depuis trente ans de parcours dans la quête de démocratie, nous la chantons comme la source de notre malheur. Cette mauvaise gouvernance est aussi notre petite fille commune parce que nous l’avons enfantée depuis 1991, à partir de nos textes, nos pratiques et nos comportements. Oui, au commencement nous avons confondu forme et fond d’une même chose. Pire nous avons mal conçu la forme de notre démocratie et dans la pratique, nous avons écrasé et mis de côté le minimum convenu qui pouvait nous faire avancer. Il est temps que nous nous ressaisissions. Prenons le taureau par les cornes. De sérieuses réformes politiques s’imposent comme la rigueur dans l’application de l’existant.

 

Dans la gestion des crises antérieures liées à la même mauvaise gouvernance, nous avons agi sur les effets mais les causes sont restées intactes. Il nous faut arracher le mal à la racine. Durant la transition qui s’annonce, osons des réformes en profondeur sans pression externe et interne liée au temps. Retenons la leçon de notre passé récent : «le temps qu’on ne donne pas au temps en matière de réformes politiques se vengera». Le temps non accordé à des réformes nécessaires durant la transition de 2012- 2013 se venge de nous aujourd’hui, en nous rappelant à travers la présente crise que la racine de notre mal était toujours là.

 

Oui cette racine reste bien enfouie dans nos textes, nos pratiques et nos comportements parce que la transition de 2012- 2013 s’était bien clôturée dans la forme sans avoir réglé les questions de fond qui l’avaient générée. Ne ratons donc pas cette deuxième opportunité offerte par la présente transition. Donnons-nous le temps qu’il faut pour enfin nous coudre le boubou qui nous ira bien parce que passant sur toutes les parties de notre corps social sans l’écorcher. Prenons garde du clientélisme politique, de la recherche de positionnements immédiats, des règlements de comptes, des pressions internationales qui, mis ensemble, réduisent nos transitions à de simples revues de postes, à des discours creux d’apaisement des tensions sociales, et à l’organisation prématurée d’élections sans entame de l’objet ayant justifié le renversement des dirigeants du pays.

 

Tare congénitale

ATT a été renversé pour sa mauvaise gouvernance des questions de défense et de sécurité. La même cause figure en grande place dans la grogne sociale qui a emporté aujourd’hui IBK venu après une transition politique de quelques mois que j’avais jugée trop courte pour régler des questions de fond. Oui la Mauvaise Gouvernance est encore présente. Elle a même pris plus carapace et de graisse avec IBK. De Dioncounda à IBK, le Mali aura accusé un recul considérable en matière de gouvernance. Non seulement ces deux dirigeants n’ont pas entrepris grand-chose pour une meilleure gouvernance du pays, ils ont en plus totalement ignoré le formidable travail de réforme entrepris par ATT à travers la commission Daba Diawara (Commission de réflexion sur la consolidation de la démocratie). Cette œuvre était bien avancée sur la base d’une approche participative et ouverte, mais, les dirigeants qui ont succédé à ATT n’ont pas suivi. Quel gâchis de ressources investies dans ce merveilleux projet qui annonçait des transformations qualitatives de la gouvernance politique dans notre pays ? Rappelons juste un des résultats de cette commission : l’Agence générale aux élections, une sorte de Céni unique et pérenne, faite de personnel technique qualifié, recruté uniquement sur la base de leurs compétences et expériences en administration électorale.

 

Qui dit mieux ? Il n’y aura jamais une bonne gouvernance des élections au Mali, tant que nous aurons des Céni non permanentes, budgétivores, faites de politiciens soucieux seulement de se refaire les poches et de redorer leur image en roulant dans des 4X4 flambants neufs juste le temps des élections. Il n’y aura jamais d’élections de qualité au Mali, tant que l’administration des élections, pour les mêmes raisons de gain d’argent, sera assurée par une multitude de centres de décision. En la matière, la multitude des acteurs est un terreau pour les magouilles électorales, la corruption et les détournements de fonds publics. A l’opposée, il faudrait mettre en place un organe unique compétent mêlant qualité, efficacité et efficience. La Céni du Ghana que j’ai eu l’occasion de visiter avec une dizaine de hauts cadres de partis politiques maliens en est la parfaite illustration. Des réformes majeures sont aussi indispensables pour réduire considérablement le coût des institutions publiques. Leurs budgets font toujours saliver les gourmands de la République. S’il est vrai de dire que la démocratie n’a pas de prix, il n’est pas moins vrai que le coût de nos institutions démocratiques dépasse nos moyens. En juin 2006, dans son ouvrage « Mali : une démocratie à refonder », mon grand frère Ali Cissé attirait notre attention sur le coût des institutions démocratiques au Mali et nous invitait à revoir le format de notre démocratie. Son analyse avait bien montré comment les budgets de fonctionnement des institutions de la République augmentaient en proportions démesurées au détriment du développement des secteurs sociaux de base : éducation et santé.

 

Ne pas personnaliser la victoire collective

Dans ce contexte de transition en perspective, une attention particulière devra être faite au train de vie de l’Etat. Plus les ressources sont abondantes dans ces institutions, sans cadrage suffisant pour leur bonne gestion, plus la convoitise d’être assis sur ces mannes et de se sucrer rapidement est grande. On veut devenir député parce qu’en 5 ans, en plus des affaires et du trafic d’influence, on peut se faire des centaines de millions de nos francs. Les courtisans des postes ministériels sont dans le même état d’esprit de même que ceux de l’administration rapprochée du Président de la République

Bref, les champs à explorer au Mali pour une meilleure gouvernance sont nombreux. Des reformes sont nécessaires, l’application rigoureuse des textes existants et la modernisation des pratiques fiscales et douanières s’imposent. La justice devra se faire correctement et les auteurs sanctionnés quels que soient leurs liens de protection sociale et politique. En ces temps de sanctions économiques injustes de la Cédéao, les traces des ressources financières détournées devraient être suivies pour assurer le retour de l’argent mal acquis dans les caisses de l’Etat : mesure tactique en ces temps de vaches maigres pour notre pays.

 

En ces temps durs, la transition en cours gagnera en légitimité interne et en crédibilité externe si elle parvenait à combiner de manière équilibrée des mesures tactiques assurant la survie de l’Etat et des réformes politiques majeures et stratégiques. Cet équilibrage réussi dégraissera Grand-Mère Mauvaise Gouvernance dont le décès annoncé après la transition ne sera pas à regretter par le peuple malien. Je terminerai mon propos par quelques conseils et suggestions aux dirigeants de la transition en cours :

 

Sur la forme,

- Evitez de personnaliser la victoire collective. L’égo est satanique en pareilles circonstances. Le vouloir se distinguer individuellement, de paraître et de s’attribuer la victoire, finit par faire imploser l’équipe. En dépit des multiples épreuves, le M5 a su se garder de cette recherche d’image personnelle, ce qui l’a soudé jusqu’au résultat final. Il y a certes eu incontestablement une autorité morale de ce mouvement, mais un leader technique n’a jamais pu prendre le dessus sur les autres durant le combat. Il y avait une équipe technique tout court dont la solidarité opérationnelle a été efficace. Un exemple à suivre par le Comité National pour le Salut du Peuple et les instances de la transition. En 2012, Amadou Aya Sanogo, s’était trop vite mis devant comme l’avait fait ATT en 1991. L’affirmation de l’égo se vit mal de l’intérieur et braque l’extérieur sur l’individu tout en le rendant vulnérable.

- Evitez de vous laisser distraire et gardez-vous de distraire le peuple. Le jeu des intérêts externes et internes est si fort qu’il peut amener à vous faire dévier la bonne voie et perdre du temps dans ce qui n’est pas essentiel. Notre discernement collectif a pu nous faire nous soustraire des mesures distractives de la Cédéao et nous conduire jusqu’au bout de notre combat. Avec ce même discernement, traitons les mesures injustement punitives de cette institution. Combien d’économistes talentueux prédisaient la chute du pouvoir de Patrice Talon actuellement au Bénin avec la fermeture des frontières avec le Nigéria sur décision unilatérale du président de ce pays ? Récemment classé par les institutions financières comme pays à revenu intermédiaire au même titre que la Côte d’Ivoire, et comme bon élève dans la gestion de sa dette publique, le Bénin semble tenir bon. Notre pays devra aussi tenir bon malgré toutes les sanctions annoncées. Un pays qui ne peut donner de réponse adaptée à des conjonctures qui l’affectent survivra difficilement. En évitant de vous laisser distraire de l’extérieur, ne vous laissez pas non plus distraire de l’intérieur. La seule chose qui vaille, c’est la bonne gouvernance dans la forme et le fond. Le reste c’est de distraction.

- Ne laissez pas déformer le discours sur le sens du combat collectif. Les médias internationaux ont la mémoire courte, malheureusement ils sont faiseurs d’opinion à large échelle. La tendance actuelle est de transformer l’aboutissement de la lutte du peuple malien en coup d’Etat militaire. Ce raccourci est injuste et malintentionné. Il urge de redresser ce discours à chaque occasion et d’assurer une communication externe correcte durant toute la transition ;

 - Soyez et demeurez cohérents dans vos comportements avec le sens de la lutte du peuple. Le but de la transition étant de refonder l’Etat avec comme toile de fond des mécanismes pour éradiquer la mauvaise gouvernance, il convient de se garder de pratiques de mauvaise gouvernance, qu’elles soient collectives ou individuelles ;

 - Pratiquez la redevabilité dans les actes à poser. La victoire du peuple a été grandement célébrée le 21 août là où la contestation a commencé, à savoir, la fameuse place de l’indépendance. Allons-nous laisser nostalgique de nos «shows» pour le changement, ce lieu sacré de la gouvernance ? Non et non. Les rassemblements populaires devront être ponctués avec les étapes d’évolution de la transition pour rendre compte au peuple là où tout a commencé, des avancées tactiques et stratégiques pour réduire la mauvaise gouvernance au Mali. Cette transition devra être collectivement célébrée de manière continue dans le partage de ses fruits, occasion de se ressourcer, de s’ajuster à temps pour éviter des ratées.

 - Parlez moins mais posez plus d’actions à effets positifs et durables pour la consolidation de la démocratie et le dégraissage de Grand-Mère Mauvaise Gouvernance. Quand on construit, on parle peu en laissant l’action le faire à sa place. A l’œuvre on voit l’artisan.

 

Peu de vrais commis

Sur le fond, les défis sont de taille tant Grand-Mère Mauvaise Gouvernance est à tous les niveaux, la demande sociale importante et les questions sécuritaires et de défense prennent de l’ampleur. Sur ces grands chantiers, les attentes sont grandes.

- Soyez réalistes dans votre mission (objectifs et actions) en vous disant que la vie de la nation ne se limite pas au temps de la transition. Dans chacun de ces vastes champs, des priorités existent. Il vous faut les identifier dans une approche participative et les prendre en compte dans votre plan d’action. En voulant tout faire, on s’étouffe sans rien achever. Rappelez-vous que la place de l’indépendance vous attend pour les séances populaires de redevabilité ;

 - Recherchez l’équilibre entre les actions à effets immédiats et les actions à effets durables sur la gouvernance. Il s’agit là de réparer les dégâts et de prévenir les manquements ;

- Intensifiez les actions de sécurité des populations et de défense nationale. Des partenariats nouveaux sont à explorer pour parer aux éventuelles restrictions d’appuis extérieurs ;

 - Prenez des engagements pour la relance de l’école et le traitement de la demande du personnel éducatif et honorez-les ;

 - Réduisez le plus vite possible le train de vie de l’Etat pour vous donner les moyens de votre action et donner des réponses rapides à des revendications d’ordre financier ;

 - Dans vos actes et vos attitudes, veuillez lever les équivoques sur le respect des valeurs sacrées de notre constitution et qui font la crème de notre cohésion sociale. Jusque-là, les discours pour le changement ont été focalisés sur Grand-Mère Mauvaise Gouvernance. La refondation de notre Etat gagnerait aussi à ne pas occulter le nécessaire besoin de consolidation des acquis en matière de libertés religieuses et de laïcité de l’Etat. Malgré les interpellations sur ces valeurs, les discours des leaders pour le changement n’ont pas apporté des assurances. Vous êtes aussi attendus sur ces questions, dans vos actes et vos comportements ;

- Ne vous trompez pas dans le choix des hommes pour conduire le changement. Les mangeurs sont nombreux mais les ouvriers sont très peu. Il est heureux de voir émerger une vision réductionniste du nombre des dirigeants de la transition. Il faut en outre faire de la qualité, de la compétence et du désintéressement, les principaux critères de choix des membres de l’équipe.

 

C’est par ces quelques suggestions que je termine ma modeste contribution à la conception de la transition qui s’ouvre dans notre pays en réponse à la demande sociale pour une meilleure gouvernance

Que Dieu, le Tout Puissant qui entend les souffrances de notre peuple, guide les dirigeants de la transition dans leur noble mission de redressement de la gouvernance dans notre pays.

Vive le Mali !

 

Augustin Cissé

Sociologue du développement et analyste politique

Initiateur et ancien directeur exécutif de la Fondation

Centre Malien pour le Dialogue Interpartis et la Démocratie (CMDID)

Expert international en gouvernance politique,

en mission dans la région des Grands Lacs.

 

 

 

 

Notes :

Sursaut national de mars 1991 : Renversement du régime autoritaire de Moussa Traoré par des militaires. Le Mali connaît alors une transition porteuse d’espoirs de changements qui conduit à l’élection du Président Amadou Toumani Touré (ATT) qui engage des réformes démocratiques.

 

La transition de 2012-2013 : Période qui a suivi le coup d’état militaire qui a renversé ATT et qui s’est conclue par l’élection d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK).

 

Dioncounda : Dioncounda Traoré, Président par Interim 2012-2013. Auquel a succédé IBK.

 

Céni : Commission électorale nationale indépendante. Institution mise en place dans plusieurs pays d’Afrique pour organiser les élections.

 

Des centaines millions de nos francs : 1 million FCFA = 1 524 €

 

Sanctions économiques injustes de la CEDEAO : La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest a adopté des sanctions économiques contre le Mali pour contester le coup d’Etat militaire du 18 août 2020

 

M5 : Voir l’introduction de l’article

 

Comité national pour le salut du peuple (CNSP) : organe de pouvoir mis en place par les militaires après le renversement de IBK

 

Patrice Talon : Président de la République du Bénin depuis avril 2016

 

 

 
Mis à jour le 08/11/2020

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Journal des 10ème Journées TEPOS dans Le Mené. un regard complice à partager…JOUR 3

Journal des 10ème Journées TEPOS dans Le Mené. un regard complice à partager…JOUR 3  

 

Ça y est, nous y sommes presque… Le terme de cette belle aventure énergétique, partagée pendant ces 3 jours arrive à son terme… La matinée est consacrée à la séance plénière de clôture où tables rondes et  témoignages se succèdent encore. Pendant la séance, un dessinateur croque portraits et propos des intervenants : des petites bulles d’oxygène drôles et pleines de malice ! De quoi tenir 3 heures assis, masqués, sans pose et sans café… un exercice à pratiquer !

 

Quelques notes relevées durant cette matinée…

Une expérience passionnante qui donne envie d’en savoir plus...

Marie-Hélène Muller présente le projet Tera, qui se définit comme la construction d’un « écosystème coopératif » et qui comporte toutes les caractéristiques de ce que nous appelons « économie humaine » à l’échelle d’un peu plus, qu’une implantation locale, quasiment d’un territoire. Ce territoire est situé en Lot et Garonne et s’articule entre les communes de Tournon d’Agenais, Masquières et Trentels.

 

Marie-Hélène, est chercheuse à l’INRA avec une grande expérience de la conduite de projet de développement durable et elle a fait le choix de se mettre en disponibilité pour s’investir entièrement dans Tera.

 

L’idée de l’écosystème coopératif est d’articuler ensemble les différents volets d’une micro-société :

  • Produire le plus possible localement tout ce qui permet de répondre aux besoins de base des habitants : se loger dans des bâtiments conçus de manière écologique et résiliente avec une intention architecturale qui les intègre dans le paysage, se nourrir avec des productions issus le plus possible de la permaculture, organiser les systèmes de production d’énergie renouvelable, d’approvisionnement en eau et d’assainissement, organiser la mobilité douce et partagée.
  • Tous les habitants sont invités à participer aux activités et les revenus de ces activités permettent d’assurer à tous, un revenu minimum égal au seuil de pauvreté + 1 €.
  • L’objectif commun est le bien être de tous, par le partage des ressources et des savoirs, par la formation entre pairs.
  • Utiliser pour les échanges une monnaie locale articulée avec une épargne en euros,
  • En respectant les limites de la nature, en régénérant autant que possible la biodiversité,
  • En organisant un système démocratique de gouvernance partagée et de gestion des conflits.

 

Une des particularités du projet est qu’il se construit à partir de rien (des bâtiments vacants, des terres en friche) avec les savoirs faire, les compétences et le travail des personnes qui viennent y participer. De ce fait, il a fallu gérer les relations avec les populations, les infrastructures, les institutions du territoire. Cela a pu générer des tensions, mais la tendance actuelle est celle de l’ouverture pour associer le territoire au projet.

Ça paraît presque trop beau, pour être vrai !

Mais c’est vrai et nous avons envie de suivre l’aventure de Tera, d’en tirer avec eux des leçons.

 

qui vivra tera

 

Florilège de propos choisis et retenus pour vous :

 

 

 

- Samuel Aubin, qui pilote un projet de transition systémique dans les Pays de la Loire : « pour réussir la transition, le changement le plus important est d’ordre anthropologique, spirituel. Il faut passer d’une identité construite par la consommation, le contrôle, la maîtrise,  voire la prédation à une identité par la qualité du lien, par la créativité. »

 

-  Christian Couturier, directeur de Salengro : « l’autonomie, ce n’est pas le refus de l’échange ; c’est garder la capacité de déterminer les termes de l’échange pour qu’ils soient justes, profitables aux deux parties. »

 

- « Ce ne sont pas les institutions qui coopèrent, ce sont les personnes. Mais elles doivent embarquer les institutions… »

 

- « Trop souvent pour les élus, la participation des citoyens se réduit à une réunion où la population peut s’exprimer. Puis on se retrouve entre soi pour décider. On laisse « les états d’âme » s’exprimer, mais on ne tient aucun compte de ce qui se dit.»

 

« Le bon débat n’est pas celui où ne s’exprime aucun désaccord, mais celui où les désaccords s’expriment, sont gérés et conduisent à des conclusions partagées. »

 

- « A noter une différence de points de vue entre ceux qui, à l’instar de Nicolas Hulot, disent que l’urgence climatique oblige à sortir des petits pas et ceux qui savent d’expérience que si on veut embarquer toute la population, cela prend du temps et qu’il faut marcher pas à pas. »

 

Jacky Aignel : « Moi et ceux de ma génération, Paul Houée nous a formés au développement local ascendant. C’est toujours ma référence. On nous parle de ruissellement, mais nous qui sommes en bas, savons que la goutte qui nous parvient n’est pas bien grosse. Nous préférons l’image de l’arbre avec la sève qui monte des racines pour nourrir les feuilles et les fruits. La marmite commence toujours à bouillir par le fond ! »

 

c'est quoi la cloture des rencontres une affaire rondement Mené

 

Michel Tissier & Marie Grippaudo

A bientôt !

photo TEPOS Michel Marie

 

 

 
Mis à jour le 01/04/2021

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Journal des 10ème Journées TEPOS dans Le Mené. un regard complice à partager…JOUR 2

Journal des 10ème Journées TEPOS dans Le Mené. un regard complice à partager…JOUR 2  

 

Cet après-midi, nous nous sommes séparés sur les 4 coins du territoire… La commune Le Mené est la plus étendue de Bretagne donc 13 km a pu séparer deux ateliers. Pour ma part « L’implication des citoyens » fut l’atelier choisi pour la journée avec la problématique soulevée « Comment peut-on mobiliser les gens sur la transition énergétique ? ». Après une remise à niveau ce matin, intéressante certes, mais un peu lisse pour les plus férus d’entre nous, le programme de l’après-midi intitulé « Modalités de co-construction » apportait son lot de promesses.

On nous a parlé des « Conversations carbone » comme une puissante méthode d'animation de groupe pour faciliter, par l'apprentissage mutuel et le partage de valeurs, l'adoption de mesures concrètes de lutte contre le changement climatique ancré dans le quotidien. Cela repose sur un petit groupe de vies qui passe à l’action, on les accompagne dans leur cheminement, pour changer leurs habitudes…

 

Et puis des phrases retenues à la croisée des discussions :

- « Il y a des gens qui pensent que l’écologie, ce n’est que pour les gens riches »

- « Sortir de l’entre soi est une nécessité »

- « Pour parler de la transition à des publics éloignés de ces enjeux, il faut casser les codes, changer de regard, c’est bien souvent un problème de vocabulaire… »

- « On devrait pouvoir inscrire les financements d’une opération comme « La transition prend ses quartiers », dans un temps long, 3 ans par exemple pour préparer l’après…»  

- « La transition c’est comme l’éducation, cela devrait être retenue comme de l’investissement ! »

- «  Avec la transition prend ses quartiers à Malaunay nous aurons ouvert la voie à un mode de fonctionnement qui ne pourra plus nous quitter : inventer ensemble un nouveau jardin des possibles. »

Michel est revenu de sa journée en ayant notifié des intitulés un peu compliqués :

« Initier et faire vivre un écosystème territorial coopératif pour agir en complexité »

« Stratégies systémiques et coopératives de transitions territoriales »

« Ingénierie de la conduite du changement systémique en partant du réel »

 

« On a peur de se perdre dans des débats bien théoriques. Mais on a tort. Tous les intervenants qui présentent leur expérience sont tout à la fois des manieurs de concepts et des praticiens de l’action collective. Souvent en plus, ils sont experts dans un domaine technique et presque toujours des militants… Toujours des pédagogues et des animateurs.

Ils n’hésitent pas à parler aussi des tentatives qui ont échoué.

Ils se sont dotés d’outils qu’ils présentent avec modestie et détermination. Sans prétendre que ce sont des modèles très robustes, mais convaincus, parce qu’ils en ont fait l’expérience, qu’ils aident à s’interroger, à prendre en compte des aspects d’un problème, d’une situation, d’une action auxquels on  n’est pas spontanément attentifs.

Des ateliers où s’exerce et se développe la capacité à tirer des enseignements de son expérience. 

Sans employer le mot ils pratiquent la recherche-action auxquels sont attachés les porteurs de l’économie humaine. »

 

 

Des histoires de territoires, des histoires de personnes

 

Voici Anaïs. Elle raconte qu’elle a fait des études de chimie, dont elle a notamment retenu le principe : « Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ». Après ses études, elle trouve un poste de cadre en CDI dans un laboratoire qui teste le degré de radioactivité dans divers produits. Elle gagne bien sa vie, mais elle s’ennuie. Elle décide de saisir une opportunité pour reprendre une entreprise de lombriculture, qui permet de transformer du carton en engrais organique grâce à la culture de vers de terre. Avec son compagnon, ils apprennent la technique auprès d’un artisan. Malgré l’échec de la reprise pour des problèmes juridiques, ils créent leur propre entreprise. Ils s’installent dans Le Mené. Quand ils sont contactés pour l’opération Grand Défi, qui vise à mobiliser les citoyens pour définir des projets environnementaux, elle accepte de coacher un groupe de commerçants sur les conditions dans lesquelles ils peuvent recycler les déchets de leur activité, notamment les cartons. Le groupe décide de s’appeler « les décartonnés ». Elle n’avait pas de problème à résoudre personnellement, car son entreprise ne produit pas de déchets. Mais elle est motivée pour mettre son savoir-faire et son expérience au service d’un projet collectif.

 

Voici Dominique, il raconte comment avec quelques amis ils ont restauré des maisons délabrés dans un hameau, pour qu’elles soient belles et bien isolées. Et ils les ont reliées par un réseau de chaleur alimenté par les déchets de bois issus de l’entretien des bocages, des taillis et des zones boisées. Ce bois est fourni gratuitement par les agriculteurs qui doivent entretenir ces espaces et ne veulent pas brûler les déchets pour ne pas aggraver l’émission de gaz à effet de serre. 20 ans après le réseau de chaleur fonctionne toujours. Ils vont remplacer la chaudière. Grâce à ce système chaque maison est chauffée pour moins de 50€ par mois. Les maisons sont louées à des prix qui les rendent très accessibles aux personnes à faible revenu. Le hameau est beau et les paysages sont bien entretenus. Beaucoup de personnes veulent venir y habiter. Voilà un bien commun gérer par des personnes privées soucieuses à la fois de la qualité de leur vie et de celle des autres personnes qui habitent leur territoire.

 

L’économie humaine, ce sont aussi des choses toutes simples.

 

Michel Tissier & Marie Grippaudo

 

 
Mis à jour le 01/04/2021

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Journal des 10ème Journées TEPOS dans Le Mené. un regard complice à partager…JOUR 1

Journal des 10ème Journées TEPOS dans Le Mené. un regard complice à partager…JOUR 1  

 

  Le plein d'energie TEPOS

 

Du 23 au 25 Septembre 2020,  Le Mené accueille les 10ème Rencontres nationales Énergie et territoires ruraux.

 

JOUR 1

 

Territoire à énergie positive. Le terme est très bien choisi. On peut le prendre au sens premier. Ce sont les territoires qui produisent plus d’énergie (renouvelable) que ce qu’elles consomment. Mais on peut lui en donner un sens plus symbolique : ce sont des territoires qui dégagent de l’énergie parce qu’ils décident de se prendre en main, de ne pas subir.

C’est la vision positive qui nous vient au cœur en voyant arriver environ trois cent personnes, majoritairement jeunes, qui, malgré les masques qui recouvrent une bonne partie du visage, sont manifestement heureux de se retrouver. Elles représentent plus de cent territoires. Elles viennent de toute la France parce qu’elles sont engagées pour ce qu’il est convenu d’appeler la transition énergétique ou plus globalement la transition écologique ou encore plus globalement la transition écologique, solidaire et démocratique !

Elles veulent présenter leur expérience et apprendre de l’expérience des autres. Elles se retrouvent au Mené parce que les élus de cette commune ont été parmi les fondateurs du réseau TEPOS et ont accueilli les premières Rencontres en 2011.

 

Voici quelques premières formules entendues, lors de la séance plénière inaugurale.

- « Quand on a un projet, il ne faut pas s’arrêter aux moyens très limités dont on dispose ».

 

- « Ne pas s’arrêter non plus, à cause de la réglementation existante. L’action du territoire peut faire bouger les lignes, faire évoluer la réglementation ».

 

- « Au sein du  réseau TEPOS, on apprend les uns des autres. C’est la vulgarisation par-dessus le talus, on regarde ce que fait son voisin. Ce qu’il fait et pas seulement ce qu’il dit »

 

- « Pour faire avancer la transition, il ne s’agit pas d’abord de demander que l’Etat change de politique pour agir. Il faut faire bouger les choses en bas de chez soi. »

 

- « Ne suis pas celui qui sait, mais celui qui cherche. »

 

- « Ce qui motive les élus, c’est tout simplement de servir le bien commun. »

 

- Sur un territoire, la première chose à faire si l’on veut le changement c’est une compréhension commune des enjeux, la construction d’une culture commune. »

 

- L’important c’est de savoir travailler ensemble, d’unir nos forces. »

 

assistance TEPOS salle

 

 

Une déclaration a aussi été présentée et sera diffusée dans la presse. En voici les principaux extraits, en totale consonance avec l’économie humaine.

 

Investissons dans l’humain !

Face à la crise sanitaire, les territoires ont révélé tout leur potentiel de créativité et de mobilisation collective. Depuis, de nouveaux élus locaux sont arrivés, avec l’envie de faire bouger les lignes. C’est une chance, car si elles ne sont rapidement prises en main, les questions énergétiques deviendront une menace  pour des territoires ruraux déjà vulnérables tant dans le secteur du logement que des déplacements. Se lancer dans une démarche de territoire à énergie positive permet de générer de la valeur locale. La production d’énergies renouvelables et la localisation des dépenses énergétiques sont créatrices d’emplois et de ressources financières nouvelles – en particulier lorsqu’elles s’appuient sur l’utilisation  de gisements et de savoir-faire locaux. C’est un facteur d’attractivité et de dynamisme. La réduction de la facture énergétique fait émerger localement de nouveaux acteurs économiques et protège contre les hausses erratiques mais continues des prix des énergies.

 

Rien ne se fait tout seul.

La transition a besoin d’un accompagnement de proximité. C’est un changement global qui implique toute la société, transforme les modes de vie et qui doit nécessairement s’enclencher sur le terrain. Tous les territoires qui ont engagé ce changement au sein du réseau TEPOS, l’on fait grâce à des animateurs territoriaux qui au plus près des équipes élues, des acteurs économiques et des citoyens, font émerger les projets. Ils sont trop peu nombreux pour cette tâche immense et l’épuisement guette.

 

Investir dans les ressources humaines.

A elle seule, une ingénierie portée uniquement par l’Etat ne sera jamais en capacité de mettre tout un territoire en mouvement. Le plan de relance prévoit des milliards pour investir, encore faut-il pouvoir les mobiliser ! Le premier investissement productif, c’est de miser sur le capital humain en embauchant des animateurs locaux de la transition. Prises dans un carcan budgétaire particulièrement contraignant, les collectivités ne peuvent assumer seules le financement de leurs besoins d’ingénierie d’animation pour réussir la transition. L’Etat et les Régions doivent apporter leur contribution. C’est possible : les montants nécessaires ne dépassent pas 1% du montant du plan de relance ! Alors, pourquoi attendre plus longtemps ?

 

 

Michel Tissier & Marie Grippaudo

 

     photo TEPOS Michel Marie

    A demain !

 

 

 

 

 
Mis à jour le 31/03/2021

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Le Grand Défi du Pays du Mené !

Le Grand Défi du Pays du Mené !  

 

 

Le Mené, un territoire qui écrit son histoire grâce à l’engagement de ses habitants, d’un " territoire qui ne voulait pas mourir " à une " commune nouvelle engagée ", 
une démarche de développement humain durable à souligner ...

 

 

Le Grand Défi ! : Une action d'engagement collectif responsable et réaliste.  

 

Le « Grand Défi » du Pays du Mené n’est pas une initiative ponctuelle mais une nouvelle étape dans un parcours de développement territorial engagé il y a plus de cinquante ans.

 

En effet, sensibilisés plus tôt que d’autres aux menaces pesant sur les territoires ruraux en France et dans le Monde, les habitants du Mené ont, dès cette époque, décidé de prendre en charge eux-mêmes leur avenir pour sauver leur pays du déclin.

Sous l’impulsion de Paul Houée, animateur rural, issu d’une famille d’agriculteurs locaux, prêtre, maire de Saint-Gilles et sociologue inspiré par le Père Lebret, ce « Pays qui ne veut pas mourir » est devenu un « Pays qui se prend en mains » puis un « Territoire pionnier », en s’attachant à appliquer une vision globale du développement et de ses objectifs, dans le respect des valeurs humaines et du vivant.

 

Dès le début, Le Mené a su partager son expérience avec d’autres territoires, notamment au niveau national en participant à la création des « TEPOS » (Territoires à Énergie Positive) mais aussi au niveau européen en tant que co-fondateurs du réseau RURENER (Rural Energy). En juin 2018 un colloque « Du Souffle pour nos Territoires » co-organisé avec le réseau RIEH, réunissait, dans le Pays du Mené, des représentants de plusieurs continents et des intervenants du Mali, du Tamil Nadu, du Pérou et Le Mené, consacrant ce territoire breton comme une « terre humaine ouverte sur le Monde ».

 

Concrètement, sur le plan économique, depuis les années 2000, le Mené a centré ses efforts sur la recherche de l’autonomie énergétique, en exploitant, selon des technologies durables, ses ressources naturelles : vent, lumière solaire, bois, agro-carburants à haut potentiel énergétique.

 

Désormais proches de cet objectif, les habitants du Mené sont maintenant prêts pour répondre, avec LE GRAND DÉFI !, à d’autres problématiques actuelles des territoires ruraux : éloignement (mobilité), transition énergétique et écologique (pollutions de l’air et de l’eau (assainissement et protection de la planète), gestion et élimination des déchets...)  C’est donc un nouveau départ, sur une base environnementale plus large.

 

Cette nouvelle étape, indispensable et urgente elle aussi, est préparée avec le même réalisme et la même solidarité que la première phase énergétique. C’est le sens et le but du « GRAND DÉFI ! » qui mérite son nom par la multiplicité de ses objectifs et par le puissant effort d’engagement collectif nécessaire à son succès.

 

 

Autopsie d'une campagne bien Menée !

 

Par le Grand Défi !, c’est la population elle-même qui s’approprie la politique environnementale du territoire du Mené. Pour associer les citoyens à l’action collective, il faut les informer le plus efficacement possible de l’existence du projet et des moyens d’y participer.



Une Communication large pour mobiliser un maximum...

La commune du Mené édite deux publications périodiques : L’Info (mensuel) et l’Hebdo (hebdomadaire). Ces deux supports ont diffusé, pendant plusieurs semaines, des articles présentant le projet, ainsi que des avis, plus courts, permettant de suivre sa progression puis une diffusion via la presse locale pour élargir l'auditoire et communiquer plus largement sur l’opération.

 

Le Gd Defi mensuel 1       Le Gd Defi mensuel 2                                     Le Gd Defi presse

 

La "toile" a, bien sûr, été mis à contribution : Les annonces et les dossiers d’inscription des magazines se sont retrouvés aussi en ligne sur le site de la Mairie « https://www.mene.fr/presentation-2/ », qui ont renvoyé aux réseaux sociaux (Facebook) pour compléter la présentation  www.facebook.com/le.grand.defi.le.mene/

 

Puis, plus segmentée, vers des structures et personnes relais...

Des flyers et affiches ont été édités et déposés dans différents lieux-relais du territoire. Des pages volontairement claires, porteuses de slogans mobilisateurs et de photos attrayantes.

 

  Le Gd Defi flyer1​   Le gd défi flyer 2   Le gd défi flyer 3

 

  • Les réunions du Conseil Municipal ont, elles aussi, accompagné le lancement et le suivi de l’opération.
  • Plusieurs équipes ont été constituées par les écoles à la suite d’une rencontre avec les enseignant-e-s, qui se sont associé-e-s activement à l’opération et y ont fait participer leurs élèves.
  • Des personnes-relais (citoyens engagés, commerçants…) ont également été source de mobilisation d’équipes, notamment des coachs d’équipes.

 

Le lancement de l’opération a été mis en évidence par une grande réunion dans la principale salle de spectacles de la commune (Mosaïque), où se sont retrouvés plus de cent participants.

Cette soirée a directement provoqué la création de deux équipes et plusieurs participants retardataires.

 

Stimuler les initiatives par un travail d'équipe... 

Le principe n’est pas d’imposer d’en haut des améliorations mais de les faire surgir de la base, suivant un adage de la tradition locale : « la marmite commence toujours à bouillir par le fond ».

  • L’inscription dans les travaux du Grand Défi est libre. Tous les citoyens ont le droit d’y prendre part et y sont même incités. L’objectif est bien d’atteindre le plus grand nombre possible. Mais personne n’est obligé d’y participer.
  • Le choix du thème est libre, mais sur une liste de 7 propositions limitatives.
  • Chaque participant rejoint une équipe d’une dizaine de personnes environ, en général composée de voisins ou de gens habitants assez proches les uns des autres. 
  • Chaque équipe choisit l’un des 7 thèmes proposés.

 

Finalement, ce sont 23 équipes et 850 participants qui se lancent dans le Grand Défi ! qui se sont réparties de la manière suivante :

  • réduire les déchets : 4 équipes, 47 personnes, 5 coachs
  • économiser l’eau et l’énergie : 2 équipes, 27 personnes, 2 coachs
  • alimenter/s’alimenter autrement : 2 équipes, 13 personnes, 2 coachs
  • préserver la biodiversité et les paysages : 1 équipe (10 personnes, 1 coach) + 4 écoles (431 élèves)
  • se déplacer autrement : 1 équipe (6 personnes, 1 coach) + 1 école (15 élèves)
  • produire et  consommer durable : 2 équipes (17 personnes, 2 coachs) + 4 écoles (271 élèves)
  • innover ensemble : 2 équipes, 12 personnes, 2 coachs

Chaque équipe est accompagnée par un coach qui est un habitant de la commune ou un agent de la mairie du Mené. Les coachs ont suivi une journée de formation pour créer ensemble les outils de construction du projet.

 

La liberté n’empêche pas la rigueur ni la méthode !

Le travail est organisé sur 3 étapes : 

  • 14 janvier-11 février découverte : Découvrir la thématique choisie par l’équipe et comprendre ses habitudes.
  • 11 février - 7 avril engagements et consolidation : Agir et fixer ses premiers objectifs pour amorcer des modifications de ses habitudes. Poursuivre les actions dans le temps. Créer des habitudes nouvelles.
  • 7 avril – 16 mai transmission : Transmettre et partager son expérience.

 

Le gd défi methodo

Suivant une mécanique d'organisation bien huilée...

Des réunions d’équipes sont organisées par les coachs au sein des trois périodes, grâce au "carnet de bord des coachs" édité, suite à la formation.

 

Les temps collectifs permettent de faire la transition entre 2 périodes, de maintenir la dynamique de groupe et la convivialité du projet.

 

    Le gd défi les tps collectifs 2         Le gd défi les tps collectifs 1

 

Un collectif de 6 dessinateurs-illustrateurs et un scénariste a été composé par le biais d'un groupe de pilotage, avec mission de "croquer" les équipes et initiatives prises pendant le Grand Défi.! 

Une Bande dessinée valorisant les acteurs de cette belle aventure, est née... En voici quelques extraits :

 

Le Gd défi illust BD 1 Le Gd défi illust BD 2   Le Gd défi illust BD 3

Un territoire en action : cliquer sur ce lien https://www.facebook.com/le.grand.defi.le.mene/

 

Une restitution générale particulièrement importante aura lieu à l’occasion de la rencontre nationale des « TEPOS » (Territoires à Energie Positive) qui se tiendra au Mené le samedi  26  septembre 2020. (voir tous les détails sur le site Le Mené).

 

Pour poursuivre les échanges d’expériences engagés lors du colloque de juin 2018 « Rencontres internationales pour une économie humaine : Du souffle pour nos territoires », Le Mené, avec « Le Grand Défi » entre de plein pied dans le programme international des actions de territoires du RIEH.

 

 

La naissance d'une association : "Le Mené, territoire d'économie humaine".

 

Une Association est en cours de constitution : « Le Mené,territoire d’économie Humaine ».

Avec le RIEH, Le Mené participe à un programme territorial d’échange dans le monde. Derrière toutes ses actions et ce, depuis plus de 50 ans, l’humain reste au centre de l’équation.

Le Grand Défi a permis de faire émerger des projets à la fois ingénieux et innovants. Des initiatives qui doivent perdurer et essaimer non seulement le territoire mais bien au-delà. Leur expérimentation peut faire l’objet d’échanges de savoir-faire et de savoir-être sur les références de l’économie humaine pour le devenir d’une même planète et de ses habitants.

 

Cet article a été élaboré avec la collaboration de Pierre de Leusse, membre du RIEH et Lucie Prunault, coordinatrice du Grand Défi ! Qu'ils en soient ici remerciés.

 

 

 

 

 

 
Mis à jour le 31/03/2021

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Beyrouth 10 Août 2020

Beyrouth 10 Août 2020  

 

Par Olivier BEZES — Travail personnel, CC BY 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1678113

 

 

Notre ami Boutros Labaki nous a adressé le texte ci-joint depuis Beyrouth. Les fenêtres de son appartement ont été soufflées, mais lui et sa famille sont sains et saufs.
Boutros a été un membre actif de DCLI et a en particulier organisé une rencontre internationale à Beyrouth en 2003 intitulée "Dialogue des civilisations et développement des peuples".
L'ILDES dont il est un des fondateurs se consacre à la reconstruction du Liban après la guerre civile qui a ravagé le pays. Elle se mobilise aujourd'hui pour secourir les victimes de la terrible explosion qui a détruit une grande partie de la ville.
Nous reviendrons avec lui plus longuement par la suite sur la situation du Liban et les suites de la crise. Si vous voulez manifester votre solidarité, contactez-nous à contact@rieh.org".

 

Cris ! Pleurs ! Larmes ! Colères ! Désespoirs ! Rage !  Choc et Incompréhension !  Situation qui relève de l’irréel !  Morts et victimes ! Destructions ! Traumatismes ! Et bien plus….Voici ce qu’a provoqué  en 15 secondes, l’explosion d’un hangar de nitrate d’ammonium le 4 Août 2020  dans le port de Beyrouth.

 

Explosion qui est venue aggraver la situation déjà désastreuse du peuple Libanais, otage depuis plus de 30 ans d’une classe politique inepte et corrompue,  qui n’a fait que prêcher la division et piller le pays et ces citoyens et ce en plus d’être négligente, négligence qui pourrait être la cause directe de cette catastrophe et qu’on peut dire criminelle !

Dieu, que justice soit faite ! Que le Liban retrouve des fondements d’équité et de liberté. Qu’il puisse faire rayonner sa part de beauté intérieure comme disait le grand poète Gibrane Khalil Gibrane.

 

Cette explosion a soufflé le port de Beyrouth, cœur économique de tout le pays.

De terribles conséquences en ont découlées :

-   Plus de 158 décès jusqu’au 10 août.       Et, à la même date,

-   Plus de 6000 blessés

-   Plus de 300000 personnes, soit environ 60000 familles (dont 100000 enfants), se sont retrouvées dans la rue, hors de leurs logements entièrement détruits ou totalement endommagés

-   Plus de 8000 bâtiments détruits ou inutilisables (soit des entrepôts, des bureaux, des logements)

-   Plus de 100  écoles endommagées

-   4 hôpitaux hors d’état de fonctionner

-   Plus de 1000 personnes encore sous les décombres

-   Plus de 10000 commerces disparus

 

Un grand élan de solidarité s’est manifesté dans le pays : des jeunes et des associations, toutes communautés  confondues, se sont mis à l’œuvre pour secourir les victimes, transporter les blessés aux hôpitaux, nourrir les personnes et les vieux démunis, déblayer avec pelles et balais les débris de verre et autres des bâtiments, assurer des passages dans les rues couvertes de gravats…

Les débris amassés forment d’énormes piles qu’on retrouve à chaque bout de rue. L’atmosphère de Beyrouth est chargée de composés chimiques résultant de l’explosion ; Il est malsain de la respirer ; malgré cela, les jeunes sont sur place pour relever le pays !

 

Des Individus, des Municipalités, des Écoles, des institutions religieuses, des Hôtels et autres Institutions ont mis à la disposition des nouveaux sans logis des milliers de logements… Certains de ces donateurs ont proposé la nourriture avec le logement ; d’autres ont assuré des soins médicaux et d’hygiène !!

 

Aujourd’hui, les Beyrouthins et le Liban frappés par cet énorme malheur qui se greffe et s’ajoute à une situation déjà désespérante : peuple appauvri n’ayant pas accès à son argent retenu par les banques ; inflation galopante et monnaie en chute libre et qui a perdu 80% de sa valeur par rapport au dollar US ; 40% de chômage ; des milliers de jeunes émigrés, ont des besoins urgents qui nécessitent qu’une aide extérieure s’ajoute aux efforts de solidarité interlibanais.

 

Cette aide serait importante dans les domaines suivants :

- La nourriture  qui, à cause de l’inflation, était devenue très coûteuse, et qui  est à 80% importée. Avec l’absence du port de Beyrouth, elle risque d’être de plus en plus rare en attendant la mise en place du bon fonctionnement d’autres ports soit dans la ville de Tripoli dans le nord du pays,  soit dans les villes de Saida et de Tyr au sud-Liban.

- Les médicaments qui sont eux aussi à 80% importés et qui deviennent inaccessibles pour les personnes sans couverture médicale (soit 50% de la population).

Des médicaments qui, déjà avant ce drame, étaient pour certains, même ceux des cancers, en rupture de stock !

-  Des jeux, pour tous les enfants traumatisés par cette catastrophe !

-  Des habits pour les sans abris !

-  Des nécessités hygiéniques pour les maisons, les femmes, et la pandémie du Corona dont les ravages ont augmentés depuis, (soit environ 200 cas par jour pour une population de 6 millions de résidents).

-  La réhabilitation d’un patrimoine urbain disparu dans les décombres et qui représente la culture et l’image du pays : maisons anciennes, musées, disparition de certaines rues emblématiques de la vie Beyrouth, telle la rue Goureaud à Gemmayzeh.

 

Pour toutes ces raisons, l’ILDES (Institut Libanais de Développement Économique et Social)  qui essaie d’assurer une aide aux personnes victimes de ce carnage, demande votre aide et votre soutien.

Compte-tenu des difficultés actuelles, nous traitons actuellement avec une association "Mission Solidarité Liban (MSL)" depuis plus de trente ans.

Banque Libanaise pour le Commerce – Agence Jal el Dib

IBAN # LB08 0011 0000  0000  1241  0075  5429 SWIFT  LILOLBBX

Nous avons besoin d’aide, nous avons besoin  d’espoir !

Merci d’avance pour votre solidarité.

 

 

Pour l’ILDES (Institut Libanais de Développement Économique et Social)

Boutros Labaki

Administrateur chargé des études

 
Mis à jour le 14/10/2020

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Economie sociale et économie humaine selon Jean-Pierre Binamé et Jacques Briard, d’Eglise-Wallonie

Economie sociale et économie humaine selon Jean-Pierre Binamé et Jacques Briard, d’Eglise-Wallonie  

 

ASSO EGLISE WALLONIE

Photo du site http://www.eglise-wallonie.be
 
 
eglise Wallonie
 
 

Eglise-Wallonie est une association belge membre du RIEH.

Dans le numéro 2-2020 de sa revue, elle rend compte d’un entretien que deux de ses responsables, Jacques Briard et Jean-Pierre Binamé ont eu avec le professeur Jacques Defourmy de l’Université de Liège, spécialiste de l’économie sociale. Après avoir rappelé les circonstances de la rencontre, voici comment ils en rendent compte.

 

Bien qu'il adhère entièrement aux objectifs d'une «économie humaine», le professeur Defourny est particulièrement réticent à l'idée de mobiliser des acteurs ou chercheurs économiques belges et autres autour de ce concept car ceci risquerait de disperser et de fragiliser la réflexion et l'action que le concept et le modèle de l'économie sociale ont réussi à créer et faire reconnaître en Belgique et à un niveau international.

 

Ceci lui semble d'autant plus dommageable que l'économie sociale lui apparaît comme concrétisant en très grande mesure les aspirations d'une « économie humaine » telles que décrites dans le livre    « Chemins d'économie humaine ». Représentant en Europe 15 % de l'emploi salarié et des millions de volontaires, l'économie sociale est parfois appelée aussi  « troisième secteur » car elle se distingue tant du secteur privé de type capitaliste que du secteur public. Elle apparaît surtout comme une réponse, certes partielle, mais néanmoins pertinente, à de nombreux défis d'aujourd'hui, tant sur le plan de la cohésion sociale que du respect de l'environnement, et aussi bien en termes d'emploi que de gouvernance.

 

Cette percée du concept et modèle de l'économie sociale est attestée par le fait qu'avec l'appui d'acteurs et chercheurs du secteur, le professeur Defourny est parvenu à réunir en Wallonie un consensus au plan politique autour de la définition suivante de cette forme d'économie à la fois concise, claire et précise qui a été reconnue en 2008 par le Parlement wallon et en ces termes :

« Par économie sociale, on entend :

- les activités économiques productrices de biens ou de services,

- exercées par des sociétés principalement coopératives et/ou à finalité sociale, des associations, des mutuelles ou des fondations,

- dont l'éthique se traduit par l'ensemble des principes suivants: finalité de service aux membres ou à la collectivité, plutôt que finalité de profit ; autonomie de gestion; processus de décision démocratique ; primauté des personnes et du travail sur le capital dans la répartition des revenus ».

 

Il convient aussi de noter que, comme cela est mentionné dans l'ouvrage collectif «Économie sociale et solidaire - Socioéconomie du 3e secteur», qui est publié sous la direction de Jacques Defourny et de Marthe Nyssens, en 2017 aux Éditions De Boeck et est cité tout au long du présent apport, la définition de l'économie sociale « a été reprise dans les années 1970 par diverses instances au niveau fédéral belge, mais aussi pour la rédaction du premier Libro Banco de la Economia Social, remis au Gouvernement espagnol en 1991, ainsi que pour le Chantier de l'Économie sociale lancé par le Gouvernement du Québec en 1996.».

 

En revanche, le monde anglo-saxon utilise le concept « entrepreneuriat social » qui correspond assez bien à la philosophie de l'économie sociale (et de l'économie humaine).

 

On observe une « étonnante montée de l'entrepreneuriat social et des entreprises sociales dans pratiquement toutes les régions du monde ». Et nous pouvons d'ailleurs noter que de telles initiatives menées dans les pays du Sud sont principalement citées comme exemples dans le livre sur l'économie humaine du RIEH.

 

L'entrepreneuriat social a été particulièrement étudié aux USA, où une école de pensée analyse ce phénomène sous l'angle de l'innovation sociale et relève que « certains entrepreneurs sociaux emblématiques ayant réussi un tel développement ... sont de plus en plus souvent présentés comme des ' héros des temps modernes ' (Bornstein, 2004) ».

 

Mais une notion analogue à l'américaine est apparue aussi en Italie. En effet, le Parlement italien a voté, dès 1991, une loi offrant le statut spécifique de coopérative de solidarité sociale.

Par ailleurs, aux USA, de jeunes entrepreneurs de la Silicon Valley se sont mis à appliquer la méthodologie rigoureuse du capital-risque dans leur soutien philanthropique aux porteurs de tels projets, avec l'objectif d'en faire des « champions ».

 

En Europe, près de 200 Fonds se sont organisés pour procéder de façon analogue, avec un appui financier et un accompagnement de candidats sélectionnés par un appel à projets.

Plus récemment, des plateformes en ligne (social purpose online platforms-SPOPs) se sont mises en place afin de mutualiser et professionnaliser la recherche de fonds destinés aux porteurs de projets en économie sociale.

Il s'avère donc qu'alors elle était un phénomène inimaginable il y a encore peu de temps, la recherche académique autour des options d'économie sociale et d'entrepreneuriat social «se répand aujourd'hui dans la plupart des régions du monde : après une première décennie presque confidentielle , celle des années 1990, on a vu des communautés de recherche émerger de part et d'autre de l'Atlantique, puis s'étendre vers l'Europe centrale et orientale (Borzaga et al, 2008), dans la plupart des pays d'Asie de l'Est, y compris en Chine (Defourny et Kuan, 2011), ainsi qu'en Inde, en Australie, en Israël et dans plusieurs pays d'Amérique latine.».

 

C'est ainsi qu'au début des années 1990, le professeur Defourny créa le Centre d'Économie Social ou CES (www.ces.uliege.be). Situé dans l'École de Management de l'Université de Liège ou HEC, ce centre de recherches compte aujourd'hui une dizaine de collaborateurs et collaboratrices grâce aux nombreux soutiens obtenus de façon presque inespérée, voire au grand dam de certains collègues. Et c'est lors d'un séminaire de recherche du CES qu'a été, par exemple, présenté le 28 janvier 2020 une communication relative à des formes alternatives de philanthropie.

Le professeur Defourny a aussi fondé le réseau EMES (www.emes.net) qui met en contact 15 centres de recherches européens et dont les travaux « ont fourni les premières bases théoriques et empiriques pour une conceptualisation de l'entreprise sociale. Cette approche est le fruit d'un long travail de dialogue entre plusieurs disciplines (économie, sociologie, science politique et management), mais aussi entre les diverses traditions et sensibilités nationales au sein de l'Union européenne ».

 

De plus, au départ de l'Université de Liège et de l''Université catholique de Louvain, les professeurs Jacques Defourny (Ulg) et Marthe Nyssens (UCL) coordonnent le Projet ICSEM pour International Comparative Social Enterprise Models (www.iap-socent.be/icsem-projet). Fondé en 2013, ce Projet réunit actuellement 230 chercheurs de 50 pays ! Sans du tout chercher à minimiser tout ce qui est lié aux initiatives regroupées sous le vocable de l'économie sociale et de l'entrepreneuriat social, deux raisons majeures justifient sans doute le fait de ne pas vouloir réduire à celui-ci le concept d'économie humaine, même si des exemples cités dans le livre du RIEH pourraient parfois le donner à penser :

  • Tout d'abord, le concept d'économie humaine renvoie à la nécessité d'une articulation méthodologique entre, d'une part, le développement économique et social et, d'autre part, un processus participatif de mise en évidence des besoins de chaque personne au sein de la société. Rappelons en effet que les travaux et les réflexions du fondateur d'Économie et Humanisme que fut le père Lebret soulignaient l'intérêt d'une théorie de l'animation et de la formation sur la recherche-action qui était orientée en priorité dans les zones rurales et mettait en cause une autre conception de la « science économique ».
  • De là donc aussi ces propos de Hugues Puel, cet autre dominicain français et professeur d'économie :  «Que les populations soient associées à l'étude du milieu et à l'analyse des voies et moyens de sa transformation et s'assurent à cet effet le concours des économistes associés à d'autres spécialistes des sciences de la Société n'est pas moins scientifique que la recherche proprement extérieure au sujet et 'objective', même armée des techniques quantitatives les plus sophistiquées et élucidations les approfondies. Au contraire, l'économie humaine peut être dite plus scientifique dans la mesure où elle est plus proche de l'intervention sociale et plus efficace pour l'intervention et l’action ».  
  • Alors que de tels propos rejoignent les échanges ayant marqué la rencontre « Du souffle pour nos territoires » organisée en 2018 par le RIEH dans Le Mené, au cœur de la Bretagne rurale, on peut dire qu'il n'est pas contestable que la mise en place, voire le développement, d'entreprises sociales puisse parfois s'inscrire dans une démarche d'analyse participative des besoins de la société, puis de réponse structurée à ceux-ci. Néanmoins, cela ne semble pas constituer le cœur de leur mission et fonctionnement. De plus, cette nécessité d'une économie alimentée par la recherche-action ne concerne pas uniquement l'économie sociale.

 

Plus fondamentalement en effet, le concept d'économie humaine souligne la nécessité d'une attention et d'une réponse à l'ensemble des besoins d'une personne et de chaque personne. Il s'inscrit dans le cadre d'un humanisme intégral qui prend en compte aussi bien les besoins matériels et sociaux que les aspirations spirituelles, tout en respectant chacune des composantes de la société, y compris et surtout les plus exploitées et/ou discriminées (femmes, minorités raciales, paysans, pêcheurs, etc.).

 

De plus, cet humanisme intégral n'a lui-même de sens que dans un rapport des humains avec la nature respectant et protégeant celle-ci, surtout qu'il s'agit de « notre maison commune » et que l'avenir de l'humanité même en dépend. Une « économie humaine » implique cette « écologie intégrale qui a clairement des dimensions humaines et sociales », comme l'a écrit le pape François dans son encyclique « Laudato Si’ », tout en proposant des lignes d'orientation et d'action.

 

Comme celles et ceux qui les promeuvent, les entreprises sociales constituent un élément très significatif de réponse à tous les défis que l'humanité doit relever. Mais il n'est évidemment pas le seul. Car ce qui est aussi en jeu, c'est toute l'organisation socio-économique, que ce soit la fixation des salaires (et des prix), les politiques de l'emploi et de la formation, l'organisation de la santé et de l'enseignement, l'aménagement du territoire, la politique agricole, etc. Le montrait déjà fort bien le livre « Chemins d'économie humaine » en renvoyant à la nécessité de syndicats, mouvements et associations luttant pour la reconnaissance des droits humains les plus fondamentaux tout autant que pour l'auto-promotion des laissés et laissées en marge de la société et du développement.

Et cela a été clairement confirmé par ce que le monde a vécu dans les premiers mois de 2020.

 

En conclusion, entre économie sociale et économie humaine, il y a une démarche de fertilisation croisée tant au niveau des expériences que des concepts.

 

 

En complément de l’article, Jean-Pierre Binamé a rédigé quelques notes. En voici les principaux extraits

 

Que signifient les principes éthiques de l'économie sociale?

 a) La finalité première de l'économie sociale est le service aux membres ou à la collectivité.  Ceci n'exclut pas nécessairement la recherche d'un minimum de rentabilité: "Le dégagement éventuel de bénéfices ou surplus financiers est parfaitement concevable, mais il est alors un moyen au service du développement de l’activité et non le mobile central de cette dernière."

En Europe, "Les activités peuvent s’inscrire dans des champs très divers, tels que les services de proximité, la formation et l’insertion professionnelle, le développement local et l’appui à la création d’entreprises, la finance éthique ou solidaire, la production et la diffusion culturelles, la coopération au développement et le commerce équitable, la protection de l’environnement, le recyclage et le traitement des déchets, la production d’énergies renouvelables, l’artisanat, les services aux entreprises, l’éducation et la santé, les loisirs culturels, sportifs et autres, etc."

b)L’autonomie de gestion doit être entendue comme un positionnement en dehors de l’appareil de l’État et en dehors de groupes d’entreprises privées de type capitaliste ".

c) " La démocratie dans le processus de décision renvoie avant tout au principe « une personne, une voix »... Dans bien des cas cependant, des pratiques de gestion participative et/ou d’implication des différentes « parties prenantes » (travailleurs, bénévoles, usagers, communauté locale, autorités communales, etc.) font que les dynamiques démocratiques dépassent largement les seules prescriptions statutaires."

d) " Primauté des personnes et du travail dans la répartition des revenus : utilisation des excédents pour le développement de l’activité, rémunération limitée du capital, limitation ou absence de plus-value lors de la cession de parts de capital, répartition de tout ou partie des bénéfices entre les membres associés (usagers ou travailleurs) sous forme de ristournes ou d’autres avantages, mises en réserve pour des investissements futurs, affectation à d’autres projets à finalité sociale, etc. "

 

La définition de l'économie sociale a pour mérite qu'elle " ne sous-entend aucun mode particulier de financement, et qu’est donc possible un financement via le marché tout comme en dehors de celui-ci." .

En France, les coopératives ont particulièrement été étudiées et conceptualisée, par Desroches par exemple, mais il y a d'autres formes juridiques possibles (associations de type ASBL, mutuelles, etc.). Bien qu'elle renvoie à des statuts juridiques privilégiés, cette définition permet " une ouverture explicite à des sociétés commerciales qui n’adopteraient pas l’un des statuts du triptyque central, mais qui se conformeraient pratiquement aux mêmes principes que les sociétés adoptant l’un de ces statuts."

Si l'économie sociale est souvent appelée "troisième secteur", à côté des entreprises privées et du secteur public, elle n'est pas pour autant déconnectée des autres sphères de la société et de l’économie. "Au contraire, elle peut être vue comme un espace d’interactions entre :

  • la communauté (la famille, le voisinage, les réseaux informels), animée par une logique de réciprocité générant des ressources non monétaires (volontariat, dons en nature),
  • L’État, dans sa logique de redistribution de ressources non marchandes (subsides publics), et enfin
  • les entreprises privées (y compris les coopératives), mues surtout par une logique de marché génératrice de recettes commerciales."
  • Economie sociale "arrivée" et économie sociale "arrivante": les entreprises solidaires.

 

Economie sociale "arrivée" et économie sociale "arrivante": les entreprises solidaires.

On a tendance à opposer une économie sociale « arrivée » et une autre « arrivante ».  Defourny et Nyssens font remarquer que " s’il existe des différences évidentes entre les générations d’économie sociale, il ne faut cependant pas oublier que l’économie sociale plus ancienne est elle aussi loin d’être un ensemble homogène : elle est plutôt constituée de vagues successives d’entreprises qui ont, chacune, relevé les défis de leur époque (Demoustier, 2001). Ce sont souvent leurs réussites et leur croissance qui ont engendré un besoin plus grand d’institutionnalisation, celle-ci remettant parfois – mais pas toujours – en question leurs principes fondateurs. Enfin, il est de plus en plus fréquent de voir des organisations traditionnelles établir avec de jeunes initiatives des partenariats significatifs (Favreau et Lévesque, 1996)."

Les " entreprises solidaires " constituent probablement un des fleurons de l'économie sociale " arrivante ", alors même qu'elles n'adoptent pas nécessairement les formes juridiques de l'économie sociale historique. Leur originalité est "l’insistance ... mise sur la réciprocité et l’engagement mutuel entre les personnes qui font naître l’initiative : il y a au départ une « impulsion réciprocitaire ». En effet, elles "peuvent compter sur du travail bénévole, parce que ces activités ont assez de sens pour être en partie entreprises ou soutenues sans contrepartie monétaire" tout en faisant aussi appel :

  • " au marché, dans la mesure où leur production peut être achetée par tout ou partie des usagers ;
  • à la redistribution, puisqu’elles peuvent recevoir certaines subventions publiques pour les services rendus à la collectivité. " Près de nous, "Paysans-Artisans" et les autres coopératives de producteurs-consommateurs en sont un bon exemple. On peut songer aussi à des "magasins entièrement consacrés au commerce équitable, à des entreprises de travail adapté pour des personnes handicapées, à des cinémas alternatifs ou encore à divers services de proximité."
  • "Par son insistance sur la combinaison de logiques économiques variées (logiques de réciprocité, de redistribution et de marché), l’approche de l’économie solidaire constitue une puissante invitation à refuser l’hégémonie croissante des logiques marchandes. Par son métissage de ressources, variable selon les expériences, elle montre combien sont fécondes la prise en compte et la mobilisation des divers éléments d’une économie plurielle."

 

L'économie sociale et solidaire se distingue du "non-profit sector" (USA)

Quoiqu'en pensent certains, il faut clairement distinguer le troisième secteur - qu'est l'économie sociale - et le "non-profit sector" (NPO), particulièrement développé et étudié aux USA. Dans ce dernier cas en effet, il s'agit d'associations et fondations d’intérêt général qui respectent une "interdiction absolue de distribuer tout ou partie des excédents de l’organisation aux personnes qui la contrôlent ou la dirigent". Dans "ce concept d'économie ont exclues toutes les entreprises coopératives et mutualistes qui redistribuent une partie de leurs bénéfices à leurs membres (principalement par le biais d’une rémunération limitée des parts sociales dans les coopératives ou par une réduction des cotisations – ou un élargissement des risques couverts – dans les organisations mutualistes)."

Or, cette exigence - encouragée par la fiscalité américaine - est spécifique à ce pays mais elle est irréaliste dans le reste du monde, particulièrement dans les pays peu développés du Sud où il faut souligner " les rôles majeurs joués par des formes variées d’organisations où les dynamiques d’entraide mutuelle et d’intérêt mutuel se combinent à un intérêt communautaire plus large, comme pour la construction et la gestion de périmètres irrigués, la création de banques céréalières ou le développement de pratiques communautaires freinant la désertification des sols. "

Enfin, il faut remarquer que les organisations philanthropiques telles que les fondations sont critiquées par leur gestion très verticale, top-down, réalisée le plus souvent par des citoyens fortunés (ploutocratie), parfois même de façon assez amateuriste[1]. Ceci les distingue clairement du secteur de l'économie sociale où c'est une gouvernance horizontale et démocratique entre simples citoyens qui est la règle, du moins en principe.

 

Importance de l'économie sociale en Europe

"Malgré la pauvreté des statistiques disponibles sur chaque composante de l’économie sociale, des travaux du CIRIEC (Liège) ont débouché sur des estimations qui permettent d’identifier quelques grandes tendances au niveau de l’Union européenne.

En premier lieu, on constate des divergences très marquées entre les pays membres quant aux poids respectifs des trois composantes. Ainsi les associations représentent-elles en Belgique plus de 90 % des emplois de l’économie sociale, tandis que les coopératives en représentent plus de la moitié en Espagne, en Italie, en Finlande et en Slovaquie, et même les deux tiers en Pologne. Malgré leur importance en France, les mutuelles apparaissent partout comme une composante beaucoup plus mineure, du fait de leur concentration très fréquente sur le champ de la santé et de l’ampleur des responsabilités directement assumées par le secteur public en ces matières.

Globalement, enfin, c’est clairement la composante associative qui occupe le plus de travailleurs, soit plus de 9 millions de personnes, sur un total d’environ 14 millions d’emplois rémunérés dans l’économie sociale" en Europe. 

En pourcentage, l'économie sociale représente généralement entre 5 et 10% de l'emploi salarié, avec une moyenne de 7,41% pour les 15 premiers membres de l'Union européenne et de 6,53% pour les 27 pays de cette région du monde.

 

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(*) cf  « Économie sociale et solidaire – socioéconomie du 3e secteur » , ouvrage collectif sous la direction de Jacques Defourny et Marthe  Nyssens, paru aux Éditions De Boeck en 2017.

[1]  Songeons par exemple à la fondation Bill Gates

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Mis à jour le 01/04/2021

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« La Covid-19 et les ODD, opportunité ou menace ?»

« La Covid-19 et les ODD, opportunité ou menace ?»  

 

"

 

Intervention de Michel Tissier

en ouverture du Forum d’Economie humaine de Valencia du 17 juin 2020

 

" Ces dernières années, le pourcentage de la population qui souhaite un modèle économique plus durable et humain a considérablement augmenté. En conséquence, le processus de transition vers un nouveau paradigme plus humain et durable s'est accéléré. La preuve en a été l'approbation des objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies en janvier 2016.

La crise économique et sanitaire actuelle nous place face à un nouveau scénario très complexe.

Bien que la pandémie de coronavirus ait permis de mettre en évidence la non-durabilité d'un système économique basé sur la compétitivité et la maximisation des avantages, le ralentissement économique qu'elle provoque peut devenir le prétexte parfait pour adopter des mesures économiques et politiques qui représentent un recul des engagements internationaux adoptés dans le programme 2030 et l' accord de Paris sur le changement climatique. "

 

Le groupe Economia humana, que nous avions déjà rencontré à Barcelone, a organisé une visio-conférence (temps de confinement mondial oblige !) sur le sujet en se posant les questions suivantes : 

Comment Covid affecte-t-il le Programme 2030 ? Quels sont les risques et les défis actuels ? Comment continuer à progresser dans les ODD ?

A cet occasion, il a invité Michel Tissier, secrétaire exécutif du RIEH à ouvrir les débats; Ce fut l'occasion de présenter le Réseau, dans sa définition et ses actions. 

 

 

 

 

 

Bonjour,

 

Je remercie nos amis du groupe Economia humana qui ont organisé ce forum et m’ont invité à y participer. Depuis quelques mois Economia humana fait partie de notre Réseau international pour une Economie humaine dont je suis le secrétaire exécutif.

 

Le RIEH est présent en Afrique, en Asie, en Amérique latine et en Europe. En Amérique latine il est animé par le CLAEH, Centre Latino-Américain d’Economie humaine, de Montevideo en Uruguay dont mon ami Andrés Lalanne est le recteur. Andrés, je sais que tu nous écoutes et je te salue ainsi que nos amis présents dans 12 pays d’Amérique latine.

 

Ce réseau a quatre caractéristiques :

 

  • Il fait référence à l’économie humaine, comme perspective et comme démarche pour transformer le monde.
  • Ses membres veulent à la fois se transformer eux-mêmes, transformer leur territoire de proximité, là où ils vivent et travaillent, transformer les structures qui déterminent la vie des personnes et des peuples.
  • Ses membres veulent à la fois agir et réfléchir, tirer les enseignements de leur action pour participer à l’organisation des sociétés dans lesquelles ils vivent.
  • Il est international, en voulant à la fois que notre humanité sache s’organiser pour faire face aux défis communs et fasse place à la diversité des cultures et des civilisations.

 

 

Référence à l’économie humaine

Nous donnons au terme Economie son sens large qui est son sens originel : l’organisation de notre maison commune pour répondre aux besoins de ceux qui l’habitent. Dans ce sens large, l’économie n’est pas si loin de l’écologie, si celle-ci comme le dit le Pape François dans l’encyclique Laudato si est une écologie intégrale, à la fois naturelle et humaine. Pas loin non plus de la politique, si on désigne par là non pas seulement l’exercice du pouvoir mais la façon de s’organiser pour vivre ensemble.

 

Et finalement, la vision des porteurs de l’économie humaine est toute simple et dans sa simplicité constitue une critique radicale de nos sociétés et du monde :

- Non l’économie, n’a pas pour objet de produire de plus en plus de profit, mais de répondre aux besoins humains, à tous les besoins dans leur diversité et aux besoins de tous.

- Non la politique n’a pas pour objet d’exercer le pouvoir au profit d’un groupe de privilégiés mais de déterminer ensemble ce qu’est le bien commun et d’agir ensemble pour le servir.

 

Economie du bien commun, politique du bien commun, écologie intégrale  sont d’autres noms de l’économie humaine.

 

Etre porteur de l’économie humaine, c’est promouvoir cette vision et c’est aussi une démarche. On ne peut transformer la société qu’avec et par les personnes et les groupes concernés.

 

D’où les deux piliers de l’économie humaine que sont l’éducation et la démocratie :  

- L’éducation, pas seulement au sens du système éducatif initial pour les enfants et les jeunes, mais tout au long de la vie et par tous les canaux permettant aux personnes et aux groupes d’être conscients et d’agir consciemment. Une éducation émancipatrice. Et beaucoup des membres du RIEH sont des organisations d’éducation populaire.

- La démocratie, qui est bien sûr une façon de désigner des représentants pour exercer le pouvoir et un état de droit respectueux des libertés, mais qui est aussi l’ensemble des processus nous permettant de faire des choix collectifs sur tous les enjeux communs, y compris les enjeux économiques, sociaux et culturels.  Et beaucoup des membres du RIEH sont des organisations d’animation de la vie démocratique.

 

Pour progresser vers les ODD, éducation et démocratie sont essentiels. Ce sont toutes les composantes de la société qui doivent se les approprier et se mobiliser pour les atteindre.

 

 

Se transformer soi-même, transformer son territoire, transformer le système

C’est la combinaison de ces trois niveaux qui nous paraît importante. Je mets juste l’accent sur le niveau du territoire car le RIEH lance actuellement une recherche-action sur les conditions dans lesquelles, au niveau local, il est possible d’organiser une concertation de tous les acteurs, la société civile, les acteurs économiques, les acteurs culturels, les pouvoirs publics pour que la population du territoire vive mieux. C’est d’ailleurs une proposition que nous faisons par rapport aux Objectifs de Développement Durable : que se constituent au niveau local des comités d’action concertée pour les ODD.

 

 

Agir et tirer les enseignements de l’action

Nous avons des membres qui sont d’abord tournés vers l’action, d’autres vers la réflexion. Mais ce qui nous caractérise, c’est l’articulation entre les deux et nous donnons à cette articulation le nom de recherche-action.

 

 

Un réseau international

Les ODD concernent tous les pays, même si on les présente trop souvent comme n’ayant du sens que pour les pays pauvres. La pandémie de Covid-19 est la démonstration éclatante que nous sommes tous interdépendants.

Notre réseau promeut donc la capacité à agir ensemble et solidairement au niveau mondial et de la planète.

Mais il est aussi attaché à la diversité culturelle et c’est cette articulation entre l’universel et les civilisations  telles que l’histoire les a constituées que nous cherchons à mettre en avant.

 

 

Des actions de terrain qui font levier

Pour illustrer ce qu’est le Réseau international pour une économie humaine et dire quelques mots sur le sujet de cette conférence, je peux présenter ce qu’ont été les axes d’action de membres du RIEH dans la crise du Covid-19.

 

  • Tous ont salué que s’affirme dans leur pays la volonté politique de prendre des mesures fortes pour lutter contre l’épidémie et sauvegarder la santé. C’est bien l’homme et non pas les intérêts économiques qui a été privilégié.

 

Toutefois les politiques mises en œuvre par les gouvernements ont été critiquées sur trois points essentiels et liés entre eux selon le référentiel de l’économie humaine :

 

  • Il faut garder une approche globale des besoins humains et les enjeux sanitaires ne peuvent pas être séparés ni des besoins élémentaires de survie, ni des besoins sociaux et culturels. Dans les bidonvilles et dans les camps de réfugiés il faut échapper au virus, mais aussi à la famine. Les personnes âgées doivent être protégées du virus, mais elles doivent aussi garder le contact avec leurs proches. Les migrants internes de l’Inde ne doivent pas être matraqués quand ils veulent revenir dans leur village et leur Etat d’origine, mais au contraire être accompagnés.
  • Il faut prendre des mesures adaptées à la situation de toute la population et pas seulement à celle des catégories aisées. Cela doit conduire à aménager les conditions de confinement pour poursuivre la production et la distribution de biens essentiels, notamment les denrées alimentaires
  • Il faut impliquer les organisations de la société civile et les autorités locales dans la gestion de la crise. Même si certaines mesures ne peuvent relever que du pouvoir d’Etat comme les mesures générales de confinement ou déblocage de fonds publics par la création monétaire, c’est au contact direct de la population qu’on peut identifier les problèmes, mobiliser toutes les bonnes volontés et trouver les meilleures solutions.

 

Et les membres du réseau n’ont pas seulement lancé des appels aux autorités. Ils se sont impliqués directement dans l’action sur leur territoire :

 

  • Pour informer les populations sur les mesures de protection et lutter contre les fausses nouvelles,
  • Pour organiser la solidarité : fournir à manger aux personnes risquant de mourir de faim, visiter les personnes isolées et répondre à leurs besoins, suppléer à l’absence de services publics,
  • Pour fournir des équipements pour les personnels faisant face au virus : les personnels soignants, mais aussi ceux des services sociaux, ceux aussi des forces de l’ordre chargées de faire respecter les mesures de protection
  • Pour organiser la concertation sur leur territoire, en lien avec les autorités locales.

 

Vous voyez à travers ces exemples que bien des personnes et des organisations partagent les convictions et les engagements des porteurs de l’économie humaine. Nous les invitons à participer à la réflexion et à l’action de notre réseau, notamment en format des groupes locaux comme ceux qu’anime Economia humana en Espagne.

 
Mis à jour le 31/03/2021

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INHE ASIA ** COVID-19 ** Lettre à nos membres continentaux  

coronavirus

 

 

La pandémie du COVID-19 est une crise international qui touche fondamentalement l’organisation de nos sociétés. Les membres de INHE Asia (RIEH Asie), sont fortement interpellés dans leur mission. Cette pandémie traduit un sujet important de l'économie humaine, c'est-à-dire une façon d’organiser la société, d'où qu'elle soit dans le monde, pour relever les enjeux auxquels elle est confrontée. En Inde, le confinement peut provoquer des conséquences terribles sur une économie informelle qui repose sur la mobilité, et risque d’aggraver les profondes inégalités qui divisent le pays. Deux facteurs essentiels s'imposent en Inde : le lien social et le mouvement. Deux facteurs nécessaires à la survie et à la protection. Les ravages de la faim où l'emploi informel est la règle plutôt que l'exception et la faiblesse des infrastructures de santé où la protection sociale reste le privilège d'une minorité, menacent... L'ensemble de INHE Asia  par l'intermédiaire de son coordinateur Asie : L.A. Samy s'adresse à ses membres. Nous vous livrons ses propos...

 

 

Dear Friends,
 
Greetings to you from our INHE-Asia Secretariat!
 
Firstly, we hope that you, your family members, colleagues, partners and friends at your ends are secure and healthy. Please continue to remain safe and take care.
 
The sudden outbreak of the current global pandemic “COVID-19” has posed an unprecedented catastrophe to all of us. You may be aware that none of us were really prepared to deal with the rapid developments of last couple of months, which turned out to be extremely precarious, tumbling the whole world upside down, and spiralling various uncertainties for the future.
 
It is important now that our INHE members and partners all over the world continue to be critically pro-active at this crucial moment of history to protect the wellness of our societies and humanity at large.
 
At the global level, the Corona virus is said to have already infected nearly 3,084,000 people, causing around 212,500 deaths, affecting more than 210 countries/territories and damaging lives of humans to inconceivable levels. The real devastation, both in terms of loss of human lives, material damages, and economic destruction, are feared to be much more than what is being presently projected, observed, recorded or declared.
 
Duration of the absence of remedies to the deep-seated anxieties around the world is bound to have severe impacts on the collective uneasiness, mental health and well-being of the world. The extent of suffering is anticipated to touch historic levels though the exact damage will depend on severity, intensity and the duration of the pandemic.
 
We all have realized already (and some are still realizing) the critical role and the political economy of sudden lock-downs. For the poor, the weak, the vulnerable and the marginalized -- the lock-downs have become a double-edged knife as opportunities for precaution and preparedness were not made available to them. They are virtually in crossroads, stranded in the margins and the edges of lives. Many of us in several territories are engaged in arranging relief materials, essential food supplies, and other emergency needs to them.
 
Some territories across the world however, are being appreciated to have handled the emergency far better than several others. There may be a number of factors that have played significant role in better management or governance of the crisis situation. The governance primarily pertains to containing number of cases, providing efficient medical services to the infected persons, enforcement of medical advisories, ensuring physical distancing, sensitizing people about the predicament and preventive health and hygiene etc.
 
The better management can also be observed in the context of the backgrounds of their socio-political organisations, population size, density, existing health infrastructure and also quick ramping up of the health facilities. However, the pandemic has several other socio-economic dimensions as well, apart from the above mentioned ones based on medical factors.
 
An analysis of the socio-economic dimensions can further improve and enhance our INHE understanding on the possible future responses at global, regional and sub-regional levels.
 
These socio-economic insights can throw greater light on dynamics of spread and transmission, public health response, communication and sensitization about the problem, and required health and hygiene practices, social and community response to quarantine, screening and testing, societal understanding of the disease and related risks, health seeking behaviour, healthcare infrastructure, preventive measures, etc, etc....
 
Further, the general preparedness and interventions, political will, livelihood and economic repercussions of such pandemic, social trust, global recession, decelerating growth and development, industrial revival, recovery on external and internal trade fronts, employment implications, issues related to migrant labourers and unorganised sector workers, transformations in global economic and political order, changes in behaviour and thinking, experiences of people especially the sufferers, access to social protection, environmental concerns, geo-cultural dimensions, and so on.... also could provided critical insights to our future collaborative responses from the global INHE fraternity.
 
To begin with, we as INHE-Asia need to analyse the problems faced by the common people at our local levels in coping with the current crisis, particularly the poor and weak. So we from the INHE-Asia Secretariat humbly request a brief analysis note now and a detailed analysis report later on this issue from your territories on various interventions. This would also be uploaded in our INHE/RIEH website (www.rieh.org). Some visual images in this context would also be helpful.
 
We completely understand that you and your teams (like most of us) must be totally involved with various emergency relief activities at local levels. However, it is simultaneously crucial and pertinent to harness the innovative responses / traditional coping mechanisms evolved from the grassroots communities in the course of the pandemic onslaught. You may already be aware that the ‘human economy’ perspective anchors itself on the indigenous ways communities organises and governs themselves in a particular territory through critical interventions and collective actions. Our analysis must be carried out in a scientific and systematic manner in the contexts of the ‘human economy’ perspectives.
 
The evidence based action-research analysis on socio-economic dimensions could enrich the understanding of our INHE fraternity to take more informed decisions and respond efficiently to such situations. The analysis should at least essentially reflect the three axis of human economy (each person, the whole person, and all persons), i.e., the process of allowing everyone to equitably meet their material, emotional, socio-cultural and spiritual needs, in solidarity with the participation of everyone, while maintaining the balances of our nature.
 
Such analysis eventually would empower us to realign ourselves to new realities, work-out the renewed plans of actions, and fresh interventions in our respective territories. It would guide us into what could be done in our territories after containment of the pandemic crisis, and to address the problems it has accentuated in the respective societies.
 
Take Care all of you..... Please continue to remain safe and fearless.... And let us not forget that ‘democracy’ is ultimately a system of social relationships of everyone with everybody else that respects the twin principles of equality and individual autonomy, so that everyone becomes responsible to everyone else without the use of threat, fear, and power. If there are characteristics of our society and governance which make us undemocratic, this current crisis should be converted into an opportunity to resolve it and strengthen the well-being of our people.
 
Looking forward to hear from you soon....
In Solidarity,
S. Babu & L.A. Samy
(INHE-Asia Secretariat)
24/04/2020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Mis à jour le 03/06/2021

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COVID-19 ** HDO au SRI LANKA ** "La santé globale d'une société dépend de la santé de ses populations les plus pauvres"

COVID-19 ** HDO au SRI LANKA ** "La santé globale d'une société dépend de la santé de ses populations les plus pauvres"  

 

 

HDO sRI lANKA LOGO

 

L'Organisation de Développement Humain (HDO) au Sri Lanka est une organisation membre du RIEH, agissant en particulier avec les ouvriers agricoles des plantations de thé. Des gens debout qui réagissent ! pour défendre une vision du monde solidaire. Il s’agit de comprendre comment fonctionne le système et comment celui-ci crée de l’exclusion afin de le changer. Cela veut dire créer des solidarités et non pas des compétitions, comme à l’heure actuelle. Sur sa zone d'intervention HDO mobilise l'ensemble des acteurs pour agir sur les différents volets de la lutte contre la pandémie.

 

Nous vivons à une époque inattendue sur le globe. Les débuts du Covid-19 et de ses extensions accélérées ont non seulement conduit à la déclaration d'une pandémie mondiale par l'OMS, mais ont mis en évidence la fragilité des services de santé et l'impuissance des populations les plus vulnérables dans le monde, exacerbant les inégalités qui existent déjà dans la société. Nous partageons quelques extraits...

 
 
L'Organisation de développement humain (HDO) a engagé un certain nombre de mesures immédiates pour lutter contre le Coronavirus dans la région centrale. Elles sont :

 

Soutien et solidarité avec les établissements de santé. 

HDO a reçu un certain nombre de demandes du directeur régional des services de santé, des districts de Nuwara Eliya et de Kandy, des médecins hygiénistes et des autorités gouvernementales pour leur fournir du matériel médical et des équipements de protection individuelle ( EPI) à usage des médecins, infirmières, inspecteurs de la santé publique, sages-femmes de la santé publique, travailleurs sanitaires, etc. Bien que les équipements soient rares sur le marché, HDO est en mesure de se procurer ou de produire des EPI même pendant la période du couvre-feu : masques faciaux, gants, désinfectants pour le lavage des mains. Ces équipements ont été livrés au Centre de santé de Nuwara Eliya, à celui de Kandy, aux officiers du ministère de la Santé à Maskeliya et Galaha, aux secrétariats de district, aux secrétariats de division, aux commissariats de police de la région de Kandy. Merci à la Fondation Médecins du Monde France qui a soutenu cette initiative.

 

Sensibilisation du public.

A ce stade, nous, les organisations de la société civile et le grand public, nous nous réunissons en une seule famille et en tant que pays tout entier pour respecter et soutenir les décisions prises par le gouvernement. Avec les autorités nous avons identifié les populations les moins bien informées sur la maladie et sur les mesures de protection : la communauté des travailleurs des plantations de thé, les femmes rurales, les travailleurs du secteur informel, les travailleurs migrants, les enfants. Dans ce contexte, le HDO a organisé des programmes de sensibilisation sur la Covid-19 par le biais des programmes de radio « VIDIYAL » et celui de Sri Lanka Broadcasting Corporation. Le manque de fonctionnaires parlant le tamoul est aussi un défi ; c'est pourquoi nous organisons des programmes de sensibilisation en langue tamoule au profit de la communauté des plantations et des autres minorités. L'émission atteint les provinces du Centre, d'Uva et de Sabragamuwa.

Pour ces actions de sensibilisation, les volontaires communautaires et le personnel de HDO établissent et renforcent la coordination avec les autorités. Ils dispensent des informations sur le Covid-19, les établissements de santé, les subventions gouvernementales, la livraison de légumes et de produits alimentaires, etc. au profit du public voulant accéder aux services publics. Le gouvernement sri-lankais donne des informations sur l’état sanitaire face au Covid dans chaque district par le biais de Media Network et des téléphones portables.

Il montre également comment se protéger de la propagation du virus Corona à travers des images afin que les analphabètes puissent facilement comprendre et pratiquer les gestes de protection. Dans le confinement, les membres de la famille peuvent facilement comprendre ces mesures et les pratiquer pour arrêter la propagation du virus et être en sécurité.

Cependant, il existe toujours un besoin de sensibilisation des groupes marginalisés dans leur propre langue. Mieux vaut protéger que guérir. Pour cela HDO propose de concevoir, imprimer et diffuser du matériel d’information comme des dépliants, des affiches, des autocollants, des livrets, des CD. Le personnel de HDO a déjà conçu des affiches et des autocollants.

 

Renforcement des capacités des agents de santé.

La Covid-19 est un nouveau défi dans le domaine de la santé et de la médecine. Nombre de personnels de santé et de volontaires soutiennent les autorités sanitaires pour vaincre le Coronavirus. À cet égard, nous organisons des formations de renforcement des capacités pour les agents de santé et les bénévoles des organisations de la société civile sur le côté technique du Covid-19 et les défis futurs pour les communautés locales.

 

Développement des coopératives.

HDO propose un service de mise en relation entre les producteurs-agriculteurs (légumes, produits laitiers, produits alimentaires, fruits, médicaments ayurvédiques...) et les consommateurs pour garantir des produits de qualité à un prix équitable au bénéfice des consommateurs et des agriculteurs. Une discussion a été engagée avec les secrétariats de district, les secrétariats de division, le département de l'agriculture, les groupes d'agriculteurs et les organisations communautaires sur la construction d'un système coopératif. Ainsi HDO propose de construire un système de marché équitable mobile.

 

Soutien à l'autosuffisance alimentaire. 

Les organisations internationales commencent à craindre que le nombre déjà élevé de victimes du COVID-19 ne soit aggravé par les décès liés au manque de nourriture, en particulier dans les pays les plus vulnérables du monde. Selon le Directeur général de la FAO : Qu Dongyu, l'incertitude quant à la disponibilité des aliments peut inciter les décideurs à prendre des mesures restrictives afin de sauvegarder la sécurité alimentaire nationale.

… En 2007-2008, ces mesures se sont révélées extrêmement préjudiciables, en particulier pour les pays à faible revenu et à déficit vivrier, et ont contrecarré les efforts des organisations humanitaires pour s'approvisionner en faveur des nécessiteux et des vulnérables.

… Les effets sur la santé de la pandémie du Covid-19 sur certains des pays les plus pauvres sont encore inconnus. Pourtant, nous pouvons affirmer avec certitude que toute crise dans l’approvisionnement alimentaire consécutive à une mauvaise politique sera une catastrophe humanitaire.

Dans ce contexte, le HDO et les Organisations de la société civile proposent de soutenir les communautés locales pour initier la production alimentaire locale : jardins familiaux, production de petits fruits et légumes, élevage, soutien aux petits agriculteurs, promotion des micros et petites entreprises, etc. HDO est en train de discuter avec l'unité de production de semences du département de l'agriculture Peradeniya à ce sujet. Nous prévoyons de fournir des semences de légumes aux communautés de nos zones cibles. HDO demande également aux responsables politiques de la communauté des plantations, à la direction des plantations et au gouvernement de libérer la terre nue disponible dans les plantations pour les jeunes et les familles sans emploi à des fins de production agricole. HDO recherche un soutien généreux de partenaires et sponsors pour mener le projet.

 

Urgence alimentaire.

HDO prévoit de fournir des produits alimentaires de base à des milliers de personnes défavorisées, des femmes et des enfants dans les plantations, des journaliers, des personnes handicapées, des personnes âgées qui ont un accès limité aux aliments de base pendant cette période de confinement. L’Organisation prévoit de fournir des services de base aux familles pendant la période de confinement et jusqu’à ce que la situation redevienne normale quand les personnes pourront sortir et gagner leur vie. HDO recherche un soutien généreux de partenaires et sponsors pour mener le projet.

 

 

 

 

 

Ces textes sont des morceaux choisis, pour lire l'intégralité du document en anglais, suivre ce lien /offres/file_inline_src/815/815_A_40650_5ee0b597b156c_1.pdf

 

 
Mis à jour le 31/03/2021

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COVID-19 / Sensibiliser toute une population pour adopter les gestes barrières avec une chanson, une action originale à partager...

COVID-19 / Sensibiliser toute une population pour adopter les gestes barrières avec une chanson, une action originale à partager...  

 

 

Le projet artistique et culturel du Groupe local RIEH Afrique Minova-Bweremana a organisé un concours de chansons visant à sensibiliser aux gestes barrières contre le COVID-19, pour s’adresser au plus grand nombre par le media radiophonique.

 

Ce projet, à l’initiative du Groupe Local RIEH Afrique Minova-, se décline autour de  l’aide à la création,  la diffusion radio, tout en assurant la médiation et la sensibilisation des publics, l’accompagnement de projets, le travail en réseau. Utiliser l’action culturelle pour apprendre à connaitre l’autre dans sa diversité, dans le respect de la dignité de chacun, accessible au plus grand nombre.

Une action d’éducation populaire dans une démarche citoyenne.

Pour ce faire, Le Groupe Local RIEH Minova retient la diversité linguistique des 7 langues parlées dans le périmètre d’émission radio, portant ainsi une égale attention aux publics constitués comme à ceux qui sont éloignés, pour des raisons géographiques, sociale ou économiques.

La lutte contre la pandémie du COVID-19 a été l’occasion de développer une complémentarité d’actions et de moyens au service de la population et a facilité l’expression d’une démarche citoyenne :

  • S’engager dans un processus de développement durable, respectueux des bonnes pratiques envers les droits de l’homme en la protégeant,
  • Encourager la diversité culturelle par tous moyens adaptés : action culturelle, modalités de diffusion, maillage du territoire, optimisation des outils, médiation, soutien aux pratiques culturelles, connaissance des publics et de la fréquentation,      
  • Communiquer, y compris pour engager des partenariats, sous forme de coproductions ou de diffusions.
  • Initier une action facilitant l’expression populaire, en mettant la création artistique au service d’un développement personnel et collectif, d’une démarche citoyenne et d’un dialogue social.

 

Garder un regard ouvert. Une préoccupation du RIEH qui place l’humain au cœur de son quotidien et véhicule à travers ses actions des valeurs de citoyenneté, de solidarité, d’engagement, de partage, de faire ensemble et de transmission.

 

 

 

Minova

Le Groupe Local RIEH Minova-Bweremana

 

 

Pour voir la présentation, cliquez sur la photo. Bonne lecture !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Mis à jour le 06/06/2021

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NOS ADIEUX A M. NAGAPAANN, père du Dr BABU SUNDARABA

NOS ADIEUX A M. NAGAPAANN, père du Dr BABU SUNDARABA  

 

C'est avec tristesse que nous apprenons la disparition de M. Nagapaan. C'était le père du Dr. Babu Sundaraba, notre webmaster et plus proche collaborateur de Samy, en Asie. Nos pensées accompagnent notre ami et sa famille.

 

It is with sadness that we learn of the disappearance of Mr. Nagapaan. He was the father of Dr. Babu Sundaraba, our webmaster and closest collaborator in Samy, Asia. Our thoughts are with our friend and his family.

 

 

 

" Dear friends,
A very sad news to share with you. Dr.Sundarababu's father who was 80+ passed away a while ago. He was ailing for some time and he was recovering, but he could not win. He was a cancer patient.
Mr.Nagapaan was a IAS officer who served Tamil Nadu for several years and who has been the instrument for organizing dalit people and advocating their rights. Many of the well known dalit leaders of the present time he had been the mentor.
Kindly pray for his soul rest in peace. Kindly share your condolences and wish him courage.
In solidarity
Samy." 
 
 
 

N'hésitez-pas à laissez un message, si vous le souhaitez...

Do not hesitate to leave a message, if you wish ...

 

 

 

 

 
Mis à jour le 31/03/2021

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COVID-19 ** MADAGASCAR : Lettre ouverte ** Les enfants doivent-ils reprendre l'école ?  

MADA TABLO NOIR

 

Nos amis de Madagascar ont publié un communiqué de presse appelant à reporter la reprise de l’école. Le débat public sur ce sujet est vif dans différents pays. Quel éclairage l’économie humaine peut-elle apporter sur ce sujet ?


Michel Tissier, Secrétaire exécutif du RIEH, nous livre son point de vue :

" Il va de soi qu’un des objectifs essentiels de toute société est de s’organiser pour protéger la santé de tous ses membres. Mais c’est aussi un objectif essentiel de permettre que chacun puisse mener une vie digne grâce à son travail et que tous les enfants puissent bénéficier d’une éducation de qualité. Il ne nous semble donc pas qu’il faille faire un arbitrage entre les trois, mais déterminer comment dans chaque contexte local et national on peut au mieux concilier les trois.
De ce point de vue, beaucoup de nos membres en Afrique, en Amérique latine ou en Asie ont dénoncé l’inadaptation des mesures de protection aux conditions de vie des populations vivant dans la précarité. Voir l’article de Michel Azcueta du Pérou ou une déclaration d’intellectuels africains disant : « Reprenant sans souci contextuel le modèle de « containment » et des régimes d’exception adoptés par les pays du Nord, nombreux sont les dirigeants africains imposant un confinement brutal à leurs populations souvent ponctué, lorsqu’il est n’est pas respecté, de violences policières. Si de telles mesures satisfont les classes aisées, à l’abri de la promiscuité et ayant la possibilité de travailler à domicile, elles demeurent punitives pour ceux qui, pour utiliser une formulation répandue à Kinshasa, doivent recourir à « l’article 15 », c’est-à-dire à la débrouille et aux activités dites informelles ». Quelles peuvent être ces mesures de protection tenant compte des conditions de vie réelles de la population ? 

Selon l’économie humaine, la réponse passe par l’éducation et la démocratie. L’éducation pour que la population concernée connaisse bien les mesures et la démocratie pour que les décisions soient prises en impliquant les intéressés. Il est en effet très difficile que les " bonnes " décisions soient les mêmes partout et leur efficacité passe nécessairement par l’appel à la responsabilité des populations et de leurs organisations. C’est sans doute une limite de l’appel lancé par nos amis malgaches. Il s’adresse uniquement à l’Etat supposé capable de détenir toutes les solutions. Ne faut-il pas plutôt reprendre l’école tout en en appliquant les meilleures mesures de protection possibles en demandant que les décisions soient prises par des instances locales impliquant toutes les forces sociales concernées.

 

 

Aricle Lily Mada

COVID-19 : REPORTER LA REPRISE DE L' ÉCOLE POUR PROTÉGER NOS ENFANTS

 

" La société civile rappelle que sa mission première est de préserver l'intérêt général et le bien commun de la population dont les enfants et les jeunes font partie intégrante. Lors de son allocution à la Nation et au peuple malgache, le Président de la République a annoncé la reprise du chemin de l'école pour les élèves des classes d'examen, à savoir le mercredi 22 avril pour les classe de Terminale et de Troisième, le lundi 27 avril pour les élèves de Septième. Bien qu'il ait assuré la prise de mesures d'accompagnement telle que :
 
- Le respect de la distanciation sociale d'un mètre avec un élève par table ;
- Le port des masques qui seront distribués à tous les élèves ;
- La distribution d'une bouteille de " Covid-Organics " par élève,
 
des questions et des craintes demeurent et appellent des réponses plus claires afin de rassurer les parents mais également la population en général sur l'adéquation de ces mesures :
 
- L'état actuel des salles de classes et l'effectif souvent élevé des élèves permettent-ils d'installer un élève par table ? Si non, quels sont les dispositifs prévus?
- Les enseignants sont-ils préparés et suffisants pour assurer effectivement cette nouvelle organisation ?
- Les conditions de fonctionnement des transports en commun telles qu'elles sont envisagées (2 personnes par banc) peuvent-elles garantir les conditions sanitaires protégeant les usagers, dont lesdits élèves ? Quelles sont les mesures prises quant à la décontamination des véhicules de transports en commun ? A quelle fréquence, avec quelle garantie ?
- L'Etat est-il effectivement prêt pour octroyer des masques en nombre suffisant à tous les élèves du public comme du privé, ainsi qu'aux enseignants et au personnel administratif des écoles ? Quelle est la qualité des masques distribués ? D'où proviennent-ils ? Ces derniers sont-ils dans les normes ? S'ils sont lavables, les foyers ont-ils le matériel adéquat pour assurer leur lavage dans les conditions recommandées ?
- La distribution du remède Covid-Organics auprès des enfants suscite de nombreuses questions et réserves, parmi les parents mais aussi parmi le monde de la Médecine et de la Recheche, quant à son utilité et sa pertinence, compte tenu, notamment, du stade des tests cliniques ;
 
Compte-tenu des conditions actuelles, nous pensons que la reprise de l'école par les enfants malgaches est prématurée.
 
1) Nous demandons aux responsables des établissements (privés u publics), surtout aux parents de ne pas entreprendre des actions qui pourraient mettre à risque et en péril la vie des enfants / élèves et de toutes les familles de ces élèves. Les examens existeront et il y a toujours un moyen de retarder et de reprogrammer les examens officiels si l'Etat a la volonté de le faire.
 
2) Nous recommandons au gouvernement de préserver ce que nous avons de plus cher (sombin'ny aina) et de :​
  • Retarder la rentrée scolaire jusqu'à ce que nous soyons sûrs que tout danger est écarté et que les conditions de déplacement et d'accueil dans les normes de sécurité et de protection soient garanties ;
  • Considérer la situation actuelle comme une opportunité de mettre en oeuvre le calendrier du PSE ;
  • Utiliser la PNPSE (Plateforme nationale pour le PSE) pour impliquer les acteurs du secteur Éducation avant toute prise de décision. L'administration du remède aux enfants doit notamment être préalablement discutée.

 

 

Antanarivo, le 22 avril 2020

 
 
Mis à jour le 02/06/2021

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COVID-19 ** INHE ASIE ** Réponse de NAFSO à l'Appel de notre coordinateur continental  

NFSAO copyright CCFD Terre - Solidaire Photo "Petites pêches artisanales au Sri Lanka",  Copyright CCFD-Terre Solidaire

 

" NAFSO est un mouvement national de pêcheurs artisans à Sri lanka, initié à l’origine par Caritas, devenu indépendant en 1997. Nafso défend la pêche artisanale et les droits économiques et sociaux des petits pêcheurs. Il est actuellement engagé dans 13 districts administratifs via 15 organisations-partenaires, et compte 12 000 membres."

 

 

National Fisheries Solidarity Organization (NAFSO) est un mouvement de pêcheurs du Sri Lanka qui travaille à l’émancipation des communautés dont les droits sont menacés, en vue d’une paix durable, basée sur l’équité, la justice sociale, la démocratie et le respect complet des droits des femmes et des minorités. Il promeut les droits humains et un véritable développement durable, particulièrement dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche. ​

 

Herman Kumara est un des fondateurs de l'ONG. Interpellé sur les actions de terrain mises en oeuvre par NAFSO, pour lutter contre le COVID-19, il nous répond :

 

 

 

national_fisheries_solidarity_organization_nafso      Mail : Herman Kumara, NAFSO, Sri Lanka 01/05/2020

 

 

" Yes, we are safe and we do hope to continue to be safe.

But, the many countries health system cannot cope up the unprecedented health crisis, of course interconnected with political crisis due to neo-liberal policies adopted past 4 decades or more.

Now, it is clear this system cannot move forward unless we protect our food systems, traditional health system, following life patters which were sustainable in practice.

Once we face the challenge, the first thing we did was ran to search food and medicine.

Nothing else. So, it is clear the life of the human beings depend on only we develop health and food systems and put our effort to develop our economies towards that direction. Most of our work in INHE is timely in that sense as we have focused the health and food for the rural communities. 

It is again very important, the global economic crisis due to the economic recession and some political decisions China had made would further worsen the system.

So, it is very important we plan for strengthening the rural economies.

Sri Lanka is depending on foreign exchange earnings of export garment products, revenues from domestic servants in middle east countries, and some traditional exports of tea etc. But, what will happen to all these aspects? Most of the factory workers are in a fear of loss of jobs. This is one of a main themes of the May day celebration we attend through digital means. Factory management has informed that there won't be orders hence no job for more than 1/2 of the employees. Most of the European and middle east countries are still not mentioned their ability or inability to provide jobs, but there is a danger. So, our economy will be further collapsed. We are afraid of this situation.

So, in this situation we would like to reiterate the importance of launching our INHE programs, of course we have directed our groups, members to do so but need more systematic way to demonstrate them.

Thank you for the wishes and we wish you all the same.

Stay safe and continue to think how to cope up the current crisis and make it it for the transformation of this society.

 

Herman "


Herman Kumara,
National Convener-NAFSO,
Chairperson- Praja Abilasha Land Rights Network
Board Member- Right to Life HR organization
Board Member -Savistri women Organization
Vice President- SSFSL
Executive Committee Member-SAAPE,
Special Invitee- WFFP,

 

 

 

 

 

 

 

 
Mis à jour le 02/06/2021
L'IRAM : Une expertise indépendante pour un monde plus solidaire

L'IRAM : Une expertise indépendante pour un monde plus solidaire  

 


L'Institut de Recherches et d’Applications des Méthodes de Développement (IRAM) est un institut de recherche dont L-J Lebret a été un des pères fondateurs. Il a pu ainsi disposer

d'une capacité d'expertise et de formation quand il menait des missions pour accompagner les politiques économiques des pays nouvellement indépendants.

De ce fait, il se réfère pleinement à l'économie humaine.

Le texte qui suit, fait le point sur les problèmes posés par la mise en place d'institutions de protection sociale dans les pays d'Afrique sub-saharienne. Il éclaire ainsi l'action des organisations qui cherchent à mettre en place et développer ces institutions dans une période où leur utilité sociale est devenue indispensable.

 

IRAM P1

IRAM P2

  ​​

 

IRAM P3

IRAM Protection sociale P4

 

 

Pour retrouver les Actes des Journées d'Études de l'IRAM, cliquez

sur l'illustration ci-dessous, bonne lecture ! ...

  

IRAM 1ère de couv. des actes 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Mis à jour le 01/05/2020

COVID-19 / RIEH AMERIQUE LATINE - Le charme (très peu) discret de la bourgeoisie...  

Michel Azcueta vit à Villa el Salvador dans la banlieue de Lima au Pérou. Il a participé activement à la rencontre internationale de juin 2018 qui s'est tenue au Mené. Il nous a adressé un texte qui dénonce l’inadaptation des consignes de prévention de la propagation du coronavirus aux conditions de vie de la majorité de la population péruvienne. Il appelle à ce que les règles de lutte contre l'épidémie soient élaborées avec la population comme cela a été fait avec succès à Villa el Salvador pour vaincre le choléra. C'est un des principes de l'économie humaine: "faire avec les gens".

 

 

 

Le charme (très peu) discret de la bourgeoisie. 

 

Réflexions sur les campagnes d’information à propos de l’épidémie par Michel Azcueta.

 

 


Cela fait plus de quatre semaines que nous souffrons de l'épidémie du désormais célèbre coronavirus. Activités quotidiennes, conversations, actualités, images de rues et de personnes, tableaux statistiques sont pratiquement les mêmes dans les médias des différents pays du monde. Au Pérou, nous n'y échappons pas. Mais il me semble que, bien que tout soit pareil, ni les expéditeurs et les producteurs de ces messages ni, bien sûr, les destinataires ne sont les mêmes.
Voyons quelques exemples de ces semaines au Pérou, des messages que nous connaissons tous.


Le premier, le plus diffusé à toute heure: « LAVONS NOUS LES MAINS FRÉQUEMMENT TOUTE LA JOURNÉE AU MOINS 30 SECONDES », dans un pays où moins de 50% des ménages ont l’eau à domicile… !!!

Combien d'entre eux ont de grandes serviettes propres , distinctes pour chaque membre de la famille ?


2. « EN ARRIVANT À LA MAISON, LAISSEZ LES CHAUSSURES DE CÔTÉ, METTEZ LES VÊTEMENTS QUE VOUS AVEZ UTILISÉS A LA MACHINE À LAVER À 60 DEGRÉS ET CHANGEZ VOUS ».

On croit rêver ! 

Combien de Péruviens ont deux ou trois paires de chaussures prêtes ? Combien ont un endroit à part à l'entrée de la maison ? Combien ont, à l'échelle nationale, une machine à laver ou, déjà, le courant électrique ?


3. « QU’UNE SEULE PERSONNE PAR FAMILLE SORTE POUR FAIRE LES COURSES ! » Par Dieu ... !!! De quelles familles parlent-ils ? Ils ne connaissent pas le Pérou ? Ils ne connaissent pas l'immense travail quotidien des mères qui doivent tout faire en même temps et qui n'ont pas une autre personne  à qui confier leurs enfants ? Ne connaissent-ils pas les moments où la plupart des hommes, maris ou non, arrivent à la maison ? Ignorent-ils le travail attachant, utile mais dangereux que font de nombreux adolescents dans les foyers populaires ?


4. « GARDONS UN MÈTRE ET DEMI OU DEUX MÈTRES DE DISTANCE DANS LES QUEUES » Très bonne recommandation ... mais c’est oublier que ceux qui allaient recevoir les 380 sous de subvention dont ils ont vraiment besoin, se sont réveillés, sont partis avant 5 heures du matin, qu’ils se battaient devant les guichets. Ne savaient-ils pas qu'il y a des maisons où il n'y a que des femmes avec des enfants et qu'ils doivent enfreindre la règle pour tuer la faim ?

Nous pourrions continuer ainsi.

 

Je crains qu'au-delà des efforts évidents de l'équipe gouvernementale du président Vizcarra dans la lutte contre le coronavirus, la grande majorité de la population du Pérou ne soit vraiment touchée par le message.

Seul sera atteint un petit pourcentage de la population urbaine. Je viens de lire dans le magazine SOMOS d'El Comercio (en date du 11 avril) cette phrase innocente, charmante et discrète : « Nous avons déjà réalisé que nous pouvons vivre sans luxe, sans voitures, sans vêtements de marque, sans collection de portefeuilles… » écrite si naturellement, même avec les meilleures intentions du monde, mais… encore une fois à partir de l’expérience d’une minorité de la population du Pérou.

Je pense que les mesures de l'isolement social et d'autres normes doivent être différenciées à la fois pour la campagne et la ville, et que l'équipe du président Vizcarra doit étudier les types de réalisations sociales et le mode de production en cours dans les zones rurales.

L'épidémie existe et doit être combattue avec toutes les méthodes scientifiques, médicales, économiques, sociales, policières et militaires lorsque cela est nécessaire, mais, à mon avis, sans la compréhension du problème par la majorité et sans leur participation organisée, nous allons prendre beaucoup plus de temps pour la vaincre. Je pense en particulier aux zones rurales et amazoniennes et aux secteurs populaires urbains.

Cela a été fait par le peuple et la communauté de Villa El Salvador, quand la ville a été la première à vaincre le choléra sur tout le territoire national : avec organisation, unité, solidarité, leadership et discipline. Il est vrai que nous sommes dans une autre époque et que le coronavirus n'est pas le choléra, mais je suis convaincu que ces valeurs sont non seulement valables mais absolument nécessaires en ce moment au Pérou.

Nous, les Péruviens et les Péruviennes, pouvons le faire.

 

Michel Azcueta

 

P.S. : Si vous souhaitez lire le texte original, cliquez sur le lien suivant /offres/file_inline_src/815/815_A_40409_5ea91e2787e55_1.docx

 

 

 
Mis à jour le 02/06/2021

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COVID-19 / Clés pour un monde de l'après-Corona !

COVID-19 / Clés pour un monde de l'après-Corona !  

 

Antoine Sondag, est administrateur du RIEH et rédacteur en chef de notre revue Développement et civilisations. A l'heure du coronavirus, il partage avec nous sa réflexion sur le monde d'après...

 

 

 

Entre l’universalisme et le repli sur ses intérêts nationaux

 

Rien n’illustre mieux l’unification du monde que l’actuelle pandémie. Personne n’est à l’abri du virus. Quatre milliards d’individus sont confinés. Tous les continents, toutes les cultures, tous les niveaux de richesse.

En même temps, on voit bien que les manières de vivre la pandémie et surtout le confinement (en attendant la crise économique et sociale à venir) restent très variables.

Entre un modèle autoritaire de gestion de la crise sanitaire et un modèle démocratique : Chine versus Corée du sud. Certains profitent de la crise sanitaire pour renforcer les contrôles étatiques, la mise sous tutelle de l’information, la chasse aux opposants : Turquie, Inde, Algérie… D’autres estiment que la transparence, la diffusion des acquis des scientifiques et de leurs doutes, le débat public sont les meilleurs ingrédients pour renforcer la confiance de la population : Allemagne, Taïwan…

La pandémie unifie-t-elle notre monde ? ou révèle-t-elle des clivages qui préexistaient et qui dessinent déjà plusieurs modèles de gestion de la crise sanitaire et économique à venir ?

La pandémie change-t-elle toutes choses dans notre monde ? ou bien ne fait-elle que renforcer et accélérer des évolutions déjà à l’œuvre : retrait des Etats-Unis du leadership mondial, affirmation de la Chine, hésitations européennes, volonté brouillonne de quelques nouveaux acteurs pour s’imposer sur la scène régionale ou mondiale : Brésil, Turquie, Inde… Large désintérêt des médias et des opinions publiques vis-à-vis de la situation de la pandémie dans les pays les plus pauvres : est-ce bien nouveau cela ?

 

 

Le grand retour de l’Etat

 

Partout, on se tourne vers l’Etat pour sauver ce qui doit l’être. Personne ne trouve rien à redire aux nationalisations de fait. L’idéologie de l’Etat minimum, la critique de l’Etat inefficace, les éloges des vertus du marché libre ont disparu. Tout le monde souhaite indemniser le chômage et éviter les faillites des grands groupes et des petites sociétés. Y compris le restaurant du coin de la rue. Ce n’est plus l’Etat providence de la social-démocratie ou des chrétiens-démocrates, c’est l’Etat brancardier qui intervient partout et au profit de tous.

 

 

 

La crise des institutions régionales et internationales

 

Les eurosceptiques ont beau jeu de souligner que l’Union européenne a été la grande absente dans la crise sanitaire. Eux qui n’avaient jamais voulu accorder à l’UE la moindre compétence en matière de santé. La crise sanitaire nous oblige-t-elle à tenir des discours cohérents ? Non, et cela n’est pas nouveau non plus.

A mesure que la crise économique et sociale prend le pas sur la crise sanitaire, on verra mieux qu’aucun Etat à lui seul n’est à la mesure du problème et qu’il va falloir actionner des leviers plus importants : G20, FMI, Banque Centrale Européenne et Union européenne, etc…

Comment gouverner ce monde qui n’a pas de gouvernement mondial ? Par un jeu subtil de concertation entre institutions internationales et grands pays. Renforcer les institutions internationales, même si elles sont imparfaites. Ce n’est pas en les quittant bruyamment qu’on améliorera le système…

A l’heure où il est devenu évident que des barrières de bois peintes en rouge et blanc aux frontières de nos États ne nous protègent pas des virus, il est plus évident encore que le salut passe par une coopération renforcée à l’échelle internationale. Au profit de tous, et donc aussi des plus démunis. C’est cela le principe de la responsabilité commune et différenciée. A chacun selon ses besoins, de chacun selon ses possibilités.

 

 

De la sécurité des territoires à la sécurité humaine

 

La catégorie de sécurité se trouve au centre de l’attention des États depuis un siècle ou trois siècles ou plus. Mais la sécurité à laquelle nous aspirons aujourd’hui n’est plus une sécurité des territoires : qu’aucun soldat étranger ne franchisse la fameuse barrière de bois rouge et blanc. Il s’agit aujourd’hui de la sécurité des personnes : que chacun de nous échappe aux risques majeurs de l’existence. Et ces risques majeurs ont les noms suivants : épidémie virale, maladie, chômage, pauvreté, catastrophe climatique… Les remèdes ont pour nom : accès aux structures de santé pour tous (car les maladies virales des pauvres menacent aussi la santé des riches, fallait-il le coronavirus pour nous apprendre cela ?), accès à l’emploi, des ressources monétaires de base pour tous, des efforts communs pour sauver ce qui ne peut être sauvé que par des mesures prises tous ensemble et au profit de tous … La sécurité doit nous prémunir contre les grands risques de l’existence. Sécurité des personnes et non seulement sécurité des territoires. L’Etat reste indispensable pour assurer ce bien commun, ce commun qu’est la sécurité : pas de sécurité pour les uns sans sécurité pour les autres, donc pour tous. Et seul l’Etat peut garantir cela. Mais pas un Etat isolé à l’abri de ses barrières rouges et blanches, mais un Etat qui coopère avec les autres États de la planète, et pour commencer avec les voisins…

Le coronavirus nous fait entrer de manière dramatique dans le monde du XXIe siècle. Ne cherchons pas à le penser et le façonner avec un imaginaire du XIXe siècle.

 

 

Antoine Sondag, 25 avril 2020, confiné à Villejuif

 
Mis à jour le 06/06/2021

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RIEH AFRIQUE ** COVID 19 ** Lettre à nos membres continentaux  

 

La pandémie du COVID-19 est une crise international qui touche fondamentalement l’organisation de nos sociétés. Les membres du RIEH sont fortement interpellés dans leur mission. Cette pandémie traduit un sujet important de l'économie humaine, c'est-à-dire une façon d’organiser la société, d'où qu'elle soit dans le monde, pour relever les enjeux auxquels elle est confrontée. L'Europe est lourdement touchée, les Etats-Unis viennent de prendre conscience du danger, l'Amérique Latine et l'Asie sont confinés, le continent africain n'est pas épargné; nous devons tous agir en nous protégeant ! L'ensemble du RIEH par l'intermédiaire de son coordinateur Afrique : Gilbert Masumbuko s'adresse à ses membres. Nous vous livrons ses propos...

 

 

Chers Membres du RIEH,
 
 
Tout le RIEH est à vos côtés en ces moments de grande incertitude due à la propagation du coronavirus COVID-19, un problème réel de société, d’ampleur mondiale (presque tous les pays sont touchés ou vont être touchés).
Même les grands de ce monde semblent être jusque - là impuissants face à cette pandémie dont on ne connaît même pas les contours : quelles mesures prendre ? Quelle position tenir ?
Nous suivons avec attention les réactions et les initiatives prises par certains d’entre vous : revendication face au gouvernement, appel à améliorer les mesures prises, partage de certaines idées de plan d’information.
Il est pour le moment très difficile de mesurer les conséquences à court, moyen et long terme pour tous. On peut anticiper qu’elles vont être lourdes. Pour le moment, les voyages sont suspendus au moins jusqu’au 30/04/2020 et très probablement plus tard, compte tenu de l’évolution de la situation mondiale…
Nous sommes assez inquiets des conséquences que cette pandémie aura sur vos environnements et pays respectifs. L'Europe est gravement touchée, et l'Afrique ne sera malheureusement pas épargnée. Déjà des cas de Covid-19 sont signalés dans de très nombreux pays africains. La carte interactive et actualisée chaque jour de Jeune Afrique montre par exemple la progression du virus en Afrique ainsi que les mesures principales mises en place dans chaque pays.
Nous souhaitons par cette communication échanger avec vous sur la situation.
 

1. Lutter contre les fausses informations

Dans le contexte de pandémie et au vu des réactions perçues entre autres sur les réseaux sociaux, il est nécessaire de prendre la chose au sérieux et de ne pas propager de fausses informations. Cette maladie est sérieuse, touche tout le monde (pas seulement les personnes âgées et les personnes fragiles), est extrêmement volatile et se diffuse très rapidement. Il n'y aucun remède ni vaccin à l'heure actuelle. Beaucoup de charlatans font croire que des remèdes naturels existent. Certains pensent que c’est une sanction de Dieu et peuvent même s’appuyer sur des versets bibliques.
Le plus possible, il faut essayer d’avoir une communication institutionnelle « contre » les rumeurs.
Attention : ces périodes sont propices aux rumeurs, fausses informations (fake news) voire mauvais conseils !
 

2. Pratiquer et faire connaître les mesures de protection.

La seule manière de se protéger et de protéger les autres est d'adopter des gestes dits "barrières". Les principaux sont les suivants :
• Se laver très régulièrement les mains (au moins une fois par heure) et systématiquement après contact avec autrui. Le savon et l'eau sont les meilleurs moyens de lutter contre le virus.
 
• Garder une distance de sécurité d’au moins 1 à 2 mètres entre individus,
• Porter éventuellement un masque de protection si vous en disposez (obligatoirement si vous êtes malades). Bien sûr, bien s’informer sur les conditions dans lesquelles il faut le porter et quand il faut le changer et éviter de le porter quand cela n’est pas nécessaire, de peur de contribuer à augmenter la pénurie.
• Utiliser des mouchoirs jetables et éternuer uniquement dans votre coude (pas les mains pour éviter de transmettre le virus)
• Ne pas se serrer la main, se faire la bise, éviter le contact direct d’une manière générale.
Dans le cadre de vos activités ou toute activité sociale de manière générale :
• Eviter les attroupements et si possible désinfecter les objets que chacun peut toucher (poignées de porte, volant de véhicule, etc.). Le virus peut résister plusieurs heures à l'air libre selon les conditions climatiques.
• Privilégier les réunions à moins de 5 - 10 personnes à distance raisonnable.
• Des mesures de télétravail quand cela est possible sont un bon moyen de limiter la circulation du virus.
• Sensibiliser vos équipes et votre entourage aux gestes barrières et à la gravité potentielle de cette maladie.
Vous pouvez consulter les messages de prévention :
• de l’OMS : https://www.who.int/fr/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019/advice-for-public.
• et des autorités
 

3. Participer à la mobilisation de la société civile pour lutter contre la pandémie.

Dans tous les pays, la pandémie pose un problème majeur d’organisation de la société.
Il faut à la fois prendre des mesures de protection, assurer la prise en charge sanitaire des personnes atteintes par la maladie et assurer la survie de la population qui pendant la pandémie continue d’avoir besoin de manger, d’avoir accès à l’eau et aux services essentiels. La responsabilité de définir l’ensemble des mesures sur ces trois volets incombe bien sûr aux pouvoirs publics. Mais dans tous les pays, et singulièrement dans ceux où les Etats sont défaillants, la mobilisation de la société civile est nécessaire. Et nous avons là tout notre rôle à jouer comme membres du RIEH.
- Comment assurer la prise en charge sanitaire des personnes malades quand les structures sont insuffisantes, voire inexistantes ?
- Comment continuer à organiser l’approvisionnement en nourriture ?
- Comment assurer l’accès à l’eau ?
- Comment organiser l’habitat pour respecter les règles de prévention ?
Ce sont certaines des multiples questions qui se posent. La réponse est particulièrement difficile lorsque ces différents problèmes sont structurellement très mal gérés et qu’il faut en plus trouver des réponses compatibles avec la protection contre la propagation du virus.
C’est dans de tels contextes que l’intelligence collective dont savent faire preuve les membres du réseau est particulièrement nécessaire.
Autant que possible, il est nécessaire de chercher entre partenaires de la société civile et avec les pouvoirs publics les réponses les mieux adaptées.
Nous vous proposons d’échanger entre nous à la fois sur les situations que vous vivez et sur les initiatives que vous prenez. Utilisons pour cela les différents canaux disponibles : mails, WhatsApp, réseaux sociaux, notre site web RIEH.
Nous pouvons aussi échanger sur les réflexions que suscite cette crise, les problèmes d’économie humaine qu’elle met en évidence, les leçons à en tirer pour l’avenir.
Surtout prenez bien soin de vous !
En toute solidarité,
 

Le coordinateur de RIEH Afrique, Gilbert Masumbuko

Le Secrétaire Exécutif, Michel Tissier

Le Président du RIEH, Dominique Lesaffre

 

 
Mis à jour le 02/06/2021

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COVID-19, UNE BREVE DE LA RDC... EN ACTION !  

Minova GL 1 équipe retouchée

Le Groupe local RIEH de Minova et Bweremana en RDC

 

 

Les acteurs se mobilisent contre le Covid-19​​ ! En direct de RDC, des nouvelles de nos amis du Groupe local RIEH / Minova et Bweremana, par son Président : Héritier Kisoho.

 

Le Groupe Local RIEH de Minova et Bweremana, fait partie des lieux en Afrique dont l’activité du Réseau est remarquable.

Un programme collaboratif s'est mis en place aux côtés des autorités sanitaires de la place et la RADIO COMMUNAUTAIRE BUBANDANO FM (RCB) qui émet dans la cité de Minova, au Kivu, pour diffuser des informations sur les mesures de prévention face au coronavirus.

Cette radio est membre du RIEH notamment par l’intermédiaire d’un des membres actifs du Groupe Local Minova-Bweremana, en la personne de Gédéon SHIGABALUME MULIANO , également membre du Conseil d'administration de la radio RCB.

Elle s’est donnée pour mission de désenclaver les milieux ruraux avec trois objectifs : informer, éduquer et divertir. La radio est le media qui touche le plus la population, grâce au transistor omniprésent.

La radio communautaire Bubandano FM compte actuellement 12 Agents actifs journalistes. Elle émet sur la fréquence 96.0 MHZ et peut être contactée au n°+243847456400.

 

Minova radio spot 2

Minova medecin 3

                                                   Un journaliste de RCB en cours de traitement de l'information​                                                                                                                                Les gestes barrières contre le COVID-19... Une prise de température

 

C’est dès la réunion du 24/02/2020 dans la grande salle du Complexe Scolaire  Matendo de Minova, que le groupe local a décidé d’une feuille de route dans la lutte contre le COVID-19, avec un premier volet portant sur l’information, pour que la population connaisse les bons gestes, mais aussi pour qu’elle ne se laisse pas tromper par les faux messages qui sous-estiment la dangerosité du virus, ou met en avant des faux remèdes, ou encore dit que la foi en Dieu protège du virus.

L’action comporte à la fois le recours à la diffusion d brochures et d’affichettes et à un spot radio.

Si l’imprimé peut convaincre l’esprit, la radio mobilise le cœur.

C’est donc sous forme d’un spot publicitaire que ce message est diffusé sur l’antenne : en Français, en Swahili et en Kihavu… 

 

Extrait sonore

 

Plein d’idées fourmillent encore… Le groupe continue à travailler sur d’autres actions, notamment à organiser un concours de chansons porteuses de messages d’information et de mobilisation.

Il prépare aussi des actions pour venir en aide à la population qui a besoin de se nourrir pendant le confinement.

Toutes les ressources pour mener cette action sont de contributions des membres du Groupe Local, de la Radio et des Autorités de santé de Minova - Bweremana.

 

Une expérience à suivre... de près !

 

 

 
Mis à jour le 02/06/2021

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NOS ADIEUX A CLAUDE BAEHREL...

NOS ADIEUX A CLAUDE BAEHREL...  

 

" Dans sa carrière comme dans ses engagements, Claude a été l’héritier de la pensée et de la démarche de Louis-Joseph Lebret op, comme lui attentif au sort des personnes qu’il rencontrait et soucieux d’un développement plus humain. Après une carrière au Secrétariat des missions d’urbanisme et d’habitat (SMUH) puis à l’Agence coopération et aménagement (ACA) qui l’a amené à établir des contacts fidèles avec ses interlocuteurs des pays en développement, il devient Secrétaire Général du CCFD, puis membre du Conseil d’Administration du Centre Lebret devenu Développement et Civilisations Lebret-IRFED (DCLI) d’où est né le RIEH. Avant de quitter Paris pour la Bretagne, il faisait partie de l’équipe qui a lancé la rédaction de Chemins d’économie humaine.

Homme droit, compétent, réfléchi, attentif aux autres, c’est son humanité dont se souviennent ceux qui l’ont connu. Les messages repris ci-dessous en témoignent."

 

Yves Berthelot

 

 

 

 

" Claude était une personne de liens, et mettait toujours en valeur les démarches humaines pour un monde plus juste et meilleur, il était de ces personnes rares qui savaient ne pas porter seul la Vérité.."

 

Dominique Lesaffre, Président de DCLI et du RIEH

 

 

 

" J’ai connu Claude quand il était membre de Développement et civilisations - Lebret-Irfed. Ce fut un bonheur de travailler avec lui. Il partageait ses connaissances, son expérience, ses idéaux. Toujours avec justesse, simplicité, ténacité, vision, humanité. Lorsque nous organisions la réflexion collective sur l’actualité des messages de Populorum Progressio. Lorsque nous bataillions pour l’avenir de cette association héritière de Lebret et porteuse d’un savoir-faire contemporain sur le dialogue des civilisations et le développement pleinement humain. J’ai aussi eu la chance de compter sur lui à un tournant de ma vie, la recherche d’un nouvel emploi. Il se rendait disponible. Toujours avec bienveillance, sourire et attention. Grâce à lui, je me suis intéressée aux problématiques de l’urbanisme en lien avec le développement humain. Il a mis son carnet d’adresses à ma disposition... Je garde ce souvenir d’un homme qui savait défendre ce à quoi il croyait sans jamais se perdre dans de vaines rancœurs. Un homme bon."

 

Isabelle Duquesne

 

 

 

" J’ai rencontré brièvement Claude Baehrel au centre Lebret, mais mon plus beau souvenir de Claude est le voyage au Vietnam organisé par Sergio Regazzoni, secrétaire du Centre Lebret, en 1994. But du voyage : la première rencontre, au centre du Vietnam, entre Vietnamien du Nord et du Sud, après la longue guerre entre les deux régions …pas une petite affaire. Je représentai le M C I. Claude très à l’aise circulait d’un groupe à l’autre, et très vite une ambiance fraternelle se créa entre les deux régions." 

 

    Christiane Escher

 

 

 

" Je salue la mémoire de Claude que je retrouvais chaque mois avec le groupe des parisiens du Centre Lebret. Claude savait à l’époque des soucis de santé suite à son accident, et, cependant il poursuivait son engagement dans un comité de quartier, le sien, participant à l’aménagement du secteur de la Bastille à Paris. J’en garde le souvenir d’un compagnon attentif à chacun, disponible pour prendre sa part dans les travaux de l’équipe."

 

Yves Glorieux

 

 

 

J’ai partagé beaucoup de choses avec Claude dans les années 1990, quand il assumait la responsabilité de Secrétaire Général au CCFD. Avec son parcours d’ingénieur avant son engagement au CCFD, il m’avait remis en confiance de poursuivre mes engagements associatifs quand il a appris mon passé d’ingénieur de chantier. J’ai un souvenir très fort quand, quelques jours avant Noël 1994, Claude, en sa qualité de Secrétaire Général du CCFD et Vice-Président du Conseil de Surveillance de la SIDI, m’avait sollicité de manière grave, amicale mais …ferme (j’étais alors directeur des cofinancements au CCFD) pour que j’accepte de prendre la direction de la SIDI. Il me donnait une semaine de réflexion pour accepter ce défi, c’était pour lui très urgent. En fait, c’était quasi un …ordre, fraternel, mais un ordre du CCFD !

Il était convaincu qu’il avait raison, comme un chef scout !  J’ai accepté…Le défi était de taille mais il m’a soutenu. Vous connaissez la suite…J’y suis resté plus de 20 ans. Merci Claude pour ton témoignage et tes engagements. Impossible de t’oublier, à jamais."

 

Christian Schmitz

 

 

 

" Claude nous quitte alors que la terrible pandémie gagne l’Afrique, ce continent où il a accompagné de nombreux responsables locaux dans leurs projets de développement. Je me souviens de cette rencontre avec Gabriel Kankonde de passage à Paris, directeur du B.E.A.U (Bureau d’Etudes, d’Aménagement et d’Urbanisme) de la RDC : Claude avait proposé de faire bénéficier les membres du centre Lebret des travaux et des préoccupations de celui qu’il appelait Gaby, il le considérait comme un ami après une longue collaboration dans le cadre d’un contrat inter-Etats. C’est dans de telles circonstances que j’ai découvert les responsabilités que Claude avait occupées. Il n’en faisait pas étalage mais il échangeait volontiers ses souvenirs et ses connaissances. C’était un homme discret.

Je me souviens aujourd’hui de notre dernière rencontre. Je venais de quitter la place de la République dont les travaux de réaménagement, 10 ans plus tôt, avait bénéficié des qualités de Claude : il avait été choisi pour coordonner la participation des Conseils de quartier des trois arrondissements concernés. Après diverses responsabilités internationales, retraité, il était le militant « d’ici et maintenant ». Ce jour-là, fruit du hasard, sur un trottoir proche de son domicile, nous nous trouvons l’un en face de l’autre. Nous sommes heureux de cet imprévu, il y a quelques années la maladie l’avait éloigné du centre Lebret, je le retrouve souriant mais affaibli, heureux des nouvelles des amis que je lui transmets.

Notre Au revoir de cette fin d’après-midi est devenu : Adieu Claude."

 

Bernadette Huger 

 

 

 

Pour en savoir plus : cliquer sur le lien : http://www.lebret-irfed.org/spip.php?article461

 

 

 

 
Mis à jour le 31/03/2021

RIEH ASIE - INDE ** COVID-19 ** Lettre ouverte à Narendra Modi  

 

 

lettre ouverte tampon

 

« Demande d’une action urgente pour fournir une protection sociale à tous les travailleurs non organisés et aux plus vulnérables. 

Réponse au Covid 19 »

 

 

Nos amis de RIEH ASIE, continuent inlassablement leur combat pour une couverture sociale aux travailleurs précaires. En ces temps de Coronavirus, nous nous faisons écho de la lettre ouverte adressée au Premier Ministre d’Inde : Narendra Modi sous forme d’un plaidoyer : « Demande d’une action urgente pour fournir une protection sociale à tous les travailleurs non organisés et aux plus vulnérables.  Réponse au Covid 19 ». 

 

 

          « Monsieur le Premier Ministre,
 
          Alors que l’Inde est aux prises avec la propagation du nouveau Coronavirus, ou COVID-19, le gouvernement a pris un certain nombre de mesures pour en prévenir la propagation. De plus en plus d’entreprises demandent à leurs employés de rester à leur domicile et passer en télétravail. Les événements sportifs ont été annulés, les collèges et les universités ont fermé leurs portes et les rassemblements publics ont été restreints. Nous jugeons positives toutes les initiatives prises par le ministère de la Santé Publique et le Gouvernement. Mais dans toutes ces mesures de soutien, il manque l’aide aux travailleurs du secteur non organisé, qui représentent près de 92 % de la main-d’œuvre totale et qui n’ont, pour la plupart, d’autres options, que de continuer à travailler. Les journaliers qui vivent au jour le jour comme les travailleurs agricoles saisonniers, les livreurs de nourriture, les chauffeurs de taxi, les agents de sécurité, les agents sanitaires contractuels et les récupérateurs de déchets ne peuvent pas travailler depuis chez eux. Les travailleurs domestiques, les travailleurs de la construction ou les travailleurs migrants internes doivent risquer leur vie pour nourrir leur famille et échapper eux et leur famille à la famine.
Il existe déjà des cas de travailleurs domestiques qui ont contracté le virus sur leur lieu de travail et nombre d'entre eux ont été priés de partir en congé sans rémunération ni indemnités.Comme nous le savons tous, en Inde, 8 000 enfants meurent de faim chaque jour. Les travailleurs non organisés qui resteront à la maison engendreront un nombre de décès par la faim, supérieur à celui du Covid19. !
 
         Un certain nombre de gouvernements, dans le monde, ont pris plusieurs mesures de protection sociale, notamment en allouant des sommes d'argent importantes pour protéger leur population. Suspension du versement des intérêts par les emprunteurs, mise à disposition de nourriture pour les nécessiteux, report des E.M.I. pour leurs prêts, soutien financier aux indépendants qui doivent fermer leurs petites entreprises, allocations de chômage temporaires prolongées, etc.
L'Espagne, a décidé de placer tous ses prestataires et établissements de santé privés sous contrôle public alors que la propagation du COVID-19 continue de s'emparer du pays. Les étudiants en dernière année de médecine sont amenés à s'engager et à se coordonner avec des entreprises capables de produire des équipements médicaux.
Aux États-Unis, le président Donald Trump et le secrétaire au Trésor Steven Munchin ont proposé d'envoyer des chèques pouvant aller jusqu'à 1 000 $ aux adultes américains. Un tel paquet d'aide économique a été massivement adopté par la Chambre des représentants. Il est regrettable que le gouvernement de l'Inde n'ait pas augmenté son fonds de gestion des catastrophes à hauteur de ce  besoin criant ou annoncé tout autre soutien économique aux pauvres qui perdent leur emploi. Les mesures préventives et sanitaires proposées et conseillées par le gouvernement seront difficiles à mettre en œuvre pour des millions de personnes, salariés journaliers qui gagnent leur vie par le travail.
 
 
Comment les mesures de sensibilisation préconisées par le gouvernement peuvent s’appliquer à cette population essentielle qui a besoin d'être soutenue avec une protection sociale économique existentielle minimale ? Comment isoler les pauvres et les personnes vivant dans des bidonvilles qui n’ont guère d’espace pour marcher entre les portes de leurs voisins ?
 

 

Nous attendons toujours que les dirigeants comprennent cela et élaborent des plans précis avec des plans préventifs qui tiennent compte de la grande majorité de la population, les travailleurs précaires des secteurs non organisés et leurs familles.
Des questions se posent. Au lieu de perdre des millions de roupies pour soutenir les entreprises de toute taille, mieux vaudrait affecter quelques millions pour aider ces personnes vulnérables à répondre à leurs besoins quotidiens.
Certains des gouvernements des États indiens ont pourtant, déjà pris certaines mesures : comme le gouvernement UP qui a annoncé une aide de 15 000 roupies à toutes les familles pauvres et le gouvernement du Kerala a annoncé une aide aux familles non éligibles aux pensions ou aux régimes de garantie d'emploi…
 
Si eux l’ont fait pourquoi ne serait-ce pas possible partout en Inde ?
 
C’est pourquoi nous demandons à l’Honorable Premier Ministre de prendre les mesures nécessaires pour assurer une protection sociale à tous, en particulier aux travailleurs non organisés les plus vulnérables. À court terme, pendant la crise de Covid 19, nous demandons qu'un minimum de 20 000 roupies soit envoyé à tous les adultes de la population vulnérable en Inde.
Comme il ne s'agit pas d'une catastrophe ordinaire, nous devons y faire face non seulement pour le moment, mais nous devons garantir à toutes les populations vulnérables l'accès à la protection sociale pendant toute leur vie. Il est temps que le gouvernement prenne des mesures de protection sociale complètes et adéquates pour assurer une couverture sociale de tous.
Nous vous demandons donc également d'impliquer tous les syndicats et autres organisations représentatives  pour la distribution des aides et la mise en œuvre des mesures de protection sociale.
L'appel de l'O.I.T., pour que les bénéfices du progrès économique profitent à tous, doit trouver un écho dès maintenant.
Alors que nous apprécions toutes les mesures prises par le gouvernement pour faire face à cette pandémie, nous espérons que les demandes ci-dessus seront considérées comme un besoin urgent pour la session parlementaire qui est en cours.
Nous espérons que la réponse pourra être telle, qu'elle engagera des efforts pour créer un système de soins de santé et de protection sociale plus équitable et durable.
 
Je vous remercie, Monsieur le Premier Ministre, pour l’engagement que vous prendrez dans une action définitive à notre requête, que nous savons essentielle. Avec un peu de chance. »
 

 

A L'ATTENTION DE :

Narendra Modi,

Hon’ble Prime Minister of India,

Prime Minister’s Office,

South Block, Raisina Hill,

New Delhi-110011

 

EXPEDITEUR :

L.A Samy, membre du comité de pilotage ANRSP, Réseau asiatique pour le droit à la protection sociale-ANRSP, Christian Workers Movement-CWM, National Domestic Workers Movement-NDWM India, Confederation of Free Trade Unions India-CFTUI, International Network for a Human Economy-INHE Asia, Tamil Nadu Land Rights Federation-TBRLF Tamil Nadu Pondichéry, Society of Women in Action for Total Empowerment-SWATE, Fédération des droits à l'eau et aux moyens de subsistance-WLRF, Karur All Labour Union-KADALU, Tamil Nadu Conservancy Workers Federation Federation-Chennai.

 

 

Si vous souhaitez consulter la lettre en anglais, cliquer sur le lien :  /offres/file_inline_src/815/815_A_40209_5e7f93a336900_1.docx

 

 

 

 

 
Mis à jour le 26/05/2021

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Barcelone / Défis pour une économie humaine

Barcelone / Défis pour une économie humaine  

 

Michel Tissier , secrétaire exécutif du RIEH, s’est rendu à Barcelone les 6 et 7 février 2020, sur invitation d’un groupe de professionnels engagés « Economia humana ». Une rencontre en lien avec notre réseau continental d’Amérique latine, pour lancer des modalités de collaboration qui soutiendront l’action des « Transformakers*» en Espagne.

 

 

Dans le cadre des activités prévues, le vendredi 7 février par Economia humana, un petit-déjeuner public et de réseautage a été organisé à Torre Jussana au cours duquel Michel Tissier a partagé les défis actuels et ceux pour avancer dans la cocréation d'une économie à taille humaine, dans une perspective internationale.

Construit sur le modèle d’un écosystème d'entreprenariat et d'innovation sociale basé sur l'intelligence collaborative, Economia Humana cherche à créer les conditions d'une économie plus cohérente, prospère et humaine.

Une proposition d'action, plurielle et diversifiée, impliquant toutes sortes de professionnels et d'organisations (entrepreneurs, PME, entreprises, coopératives, associations, plateformes, institutions) ... alignées sur les valeurs communes.

Avec pour objectif d'offrir un espace de rencontre et de fraternité à tous les acteurs appelés « #TransforMakers » qui mènent des propositions innovantes et perturbatrices et contribuent à l'humanisation de l'économie en tant que pilier fondamental pour la création d'un nouveau paradigme plus conscient et plus humain.

Plus de 30 Transformakers* - * agents sociaux et économiques liés à l'innovation sociale, l'entrepreneuriat, la solidarité et la coopération - ont assisté à l'événement et ont pu commencer à tisser les premières relations empreintes d’Economie humaine pour mener ensemble des actions conjointes.

 

Sur le chemin de l’Economie humaine une rencontre qui nous ressemble et nous rassemble… Partageons ensemble, les principales idées qui ont émergé de cette réunion :

 

Qu'est-ce qui pousse Economia humana à l'action ?

 

Le modèle économique actuel de croissance illimitée n'aide pas au développement de l'être humain.

Tout est censé être meilleur lorsque le PIB d'un pays augmente, que les gens sont plus heureux. Mais ce n'est pas réel. Le vrai bonheur des gens ne peut pas être mesuré avec le PIB. 

Malgré les progrès technologiques, les inégalités de croissance, continuent à condamner des millions de personnes dans le monde à la pauvreté et à l'exclusion, tandis qu'un excès de consommation détruit la planète, mettant en danger notre propre survie.

A partir de la réalité locale de chacun de nos membres, nous nous associons à la volonté ambitieuse de promouvoir un nouveau modèle économique plus conscient et plus humain.

 

Quel est l'intérêt de la coopération ?

 

Nous vivons dans un monde interdépendant. Ce qui se passe dans le reste du monde affecte notre réalité la plus proche et la plus intime. A son tour chacune de nos actions a une conséquence directe sur l'avenir de l'humanité. 

Lorsque nous sommes capables de générer de véritables liens : un plus un égale trois ; c’est plus que deux, issue de la logique mathématique parce qu’il y a ce petit plus qui est la recherche de synergie.

On nous a appris que pour survivre, il est nécessaire de rivaliser, mais ce n'est qu'une vision tronquée de la réalité. La coopération nous a permis de survivre et d'évoluer en tant qu'espèce. L'être humain est coopératif par nature. 

 

Qu'est-ce que l'économie humaine ? 

 

L'économie humaine est un mouvement socio-économique émancipateur et intergénérationnel à l'échelle planétaire qui se développe d'une personne à l'autre.

Il nous invite à retrouver le sens profond du mot économie qui signifie à l'origine « organisation de la maison », y compris la gestion de notre maison commune, la planète que nous habitons.

« Ce n'est pas un modèle théorique, ni un cadre idéologique fermé, mais plutôt une vision, un horizon commun à aborder et un ensemble de valeurs et de convictions qui peuvent nous guider tout au long du chemin » dixit Michel Tissier. 

De même, il n'y a pas de vision unique de ce qu'est ou devrait être l'économie humaine. Nous pourrions plutôt la définir comme une vision du monde enrichie par chacun de nos yeux.

Partout dans le monde, il existe de nombreux exemples et expériences locales d'économie humaine. L'essentiel est de valoriser toutes ces expériences, de faciliter les échanges entre elles et de les faire connaître au reste du monde.

Ainsi, l'économie humaine est une vision partagée vers où nous voulons aller et une voie à suivre. 

 

Une voie à suivre et comment y allons-nous?

 

- « Est-il possible d’humaniser l’économie ?  Et Quelles sont les clés pour progresser dans cette voie ? »

L’assemblée a été invitée à répondre à ces questions et à d’autres lors de la deuxième intervention de Michel Tissier au cours du petit-déjeuner d’Economia humana. L’occasion d’expliquer comment nous projetons l’économie humaine dans une perspective globale et locale, les défis actuels pour progresser dans la formation d’une économie à l’échelle humaine. Ce fut également l’occasion de faire connaître le travail novateur de notre réseau international, le RIEH, pionnier dans la promotion d’une économie à l’échelle humaine et de continuer à créer des synergies avec d’autres professionnels et organisations apparentées.

 

Un rendez-vous particulièrement novateur : Les petits-déjeuners de l’économie humaine avec l’association Economia humana.

 

« Ils sont nés à Barcelone il y a plus de trois ans et ont depuis lors été célébrés avec succès dans différentes villes d’Espagne et d’Amérique latine. Finalement, nos petits déjeuners ont des invités spéciaux. Des personnes qui dirigent des projets innovants qui sont des exemples réels et inspirants d’entrepreneuriat avec et pour des valeurs. Benito Muros, Amadeu Barbany, Pepa Ninou, José Maria Torres, Nadia Ghulam, Josep Maria Coll, Gloria Montasell, Natxo Tarres, etc. Les Petits déjeuners d’économie humaine disposent toujours d’un espace de réseautage spécialement conçu pour faciliter la création de liens professionnels et de synergies entre les participants. »

 

 

RIEH_BARCELONE

Photo : Carolina Cañellas  www.carolinacanellas.com @carolinacanellasfotografia

 

 

Témoignage 1

« Les petits-déjeuners d'EH ouvrent la porte au dialogue entre professionnels qui souhaitent sensibiliser et entreprendre du fond du cœur et à un rythme naturel, en passant en revue la responsabilité et le soin dont les entreprises conscientes ont besoin, mais sans renoncer à la délicate tâche de les rentabiliser. »

http://Vanessa Bejarano, docteur en créativité et réalisatrice à BeIntuitive.org

 

 

Témoignage 2

« Les Petits déjeuners de l’économie humaine sont un espace où grandir grâce à la collaboration. Rien à voir avec le réseautage traditionnel. Les professionnels qui y participent ont vraiment vocation à transformer, à contribuer, à partager... et à sensibiliser les personnes et les organisations à ce qu’elles savent faire le mieux. 

Ce fut un plaisir »

http://José Manuel Tallón Burón, empresario y director en Eine Formación

 

 

Témoignage 3

« Bien que je participe depuis peu aux petits déjeuners organisés à Madrid, cela a été suffisant pour établir (et renforcer) des liens avec un certain nombre de personnes. On ne sait jamais d’où viennent les synergies.

Par exemple, il y a quelques petits déjeuners, j'ai rencontré le gestionnaire idéal. Je suis travailleur indépendant et j'ai passé dix ans avec un gestionnaire qui tient mes comptes et avec qui j'échange par monosyllabes une fois par trimestre. Rencontrer un gestionnaire qui, à part les chiffres, vous sourit et vous dit que cela vous rendra les choses plus faciles dans un domaine qui effraie tous les gens de lettres ... Bref, c’est super !

Ou avoir l’opportunité de faire un exposé sur l’écriture et la méditation aux étudiants d’une personne qui fait du coaching, faisant ainsi connaître mon travail…

Ou rester déjeuner avec le directeur d’une entreprise de formation consciente avec les mêmes valeurs pédagogiques que moi… Ce sont des petites choses, des fils qui se maillent à chaque rencontre.

Mais pour moi, le plus important, c’est la base solide d’ouverture et de conscience d’où peut être fabriqué ce tissu. Les connexions qui se font de cette façon sont honnêtes, sans tricher par rapport à la personne que vous êtes, sans condition ni bouclier. 

C’est la seule communauté professionnelle dans laquelle j’ai trouvé que la vulnérabilité est une valeur en hausse. »

Isabel Cañelles, entrepreneure sociale et directrice de l'écriture et de la méditation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Mis à jour le 13/04/2020
SOUTIEN EN HAÏTI

SOUTIEN EN HAÏTI  

 

En Haïti, la colère gronde. Le pays connaît un mouvement de contestation depuis plus d'un an. Mais c'est une pénurie d’essence, il y a 2 mois qui a craqué comme une allumette,  tuant au moins 42 personnes (sources ONU). Lâchés par leur gouvernant, la population exaspérée dénonce la corruption et l’inflation galopante, que rien paraît pouvoir endiguer...

 

Inquiets par cette situation, nous avons envoyés à nos groupes locaux RIEH tout notre soutien. Malgré les difficultés environnantes, dignes et solidaires, il s'organisent pour le bien de tous. Ils témoignent de l'Economie humaine, en refusant de renoncer à leur humanité.

 

Amis lecteurs, nous partageons cette correspondance...

 

 

 

 

Samedi 7 déc. 2019 11:37  

 

Chers amis du Réseau international pur une économie humaine en Haïti,


Les nouvelles qui nous parviennent de la situation en Haïti sont catastrophiques. La violence se déchaîne, le pays est paralysé, l'impasse politique est totale, la misère et le désespoir s'étendent.
Sans nouvelles précises sur la situation de chacun d'entre vous, nous imaginons que toute action collective est quasiment impossible, que la vie quotidienne est très difficile et que les problèmes de sécurité planent en permanence sur vos têtes et celles de vos proches.
Nous nous sentons impuissants, la seule chose que nous pourrions faire étant de soutenir toute action visant à trouver les bases d'une bonne politique, économique et sociale radicalement nouvelle. Cela peut apparaître comme une perspective totalement impossible. Et pourtant, il faudra bien que s'élabore une plate-forme de sortie de crise, définie par les haïtiens eux-mêmes et que les amis étrangers pourront soutenir.
En attendant, nous pouvons au moins nous faire écho des messages que vous souhaiteriez nous transmettre.

N'hésitez pas à le faire. Nous les publierons sur notre site.
Vous n'êtes pas seuls. Nous croyons que dans les pires situations l'espérance n'est pas vaine.

 

Pour le Réseau international pour une économie humaine,

Michel Tissier, secrétaire exécutif

 

 

 

Samedi 7 déc. 2019 13:05  

 

Bonjour Michel et l'équipe du RIEH,

 

Par cette lettre, je tenais à vous remercier de tout mon cœur pour l' attention que vous nous portez.

Nous vivons effectivement une situation exceptionnelle d'incompréhension entre le pouvoir et ses opposants. Ce bras de fer a totalement livré la population à elle-même, encore plus qu’avant.

Ce n’est ni des intempéries ou des tremblements de terre cette fois-ci, c’est juste un problème entre humains.

Votre signe de présence à nos côtés, ces derniers jours, va nous aider à surmonter cette période de turbulences encore plus vite, même si la vie semble normalement revenir peu à peu depuis bientôt une semaine.

Recevez toute ma reconnaissance et toute mon amitié,

AUGUSTIN Dieuseul

 

 

 

Mercredi 11 Déc. 2019   3:52

 

Merci Michel pour ce message de solidarité qui m'est apparu comme un sérum apportant de l'énergie pour poursuivre le chemin de l'économie humaine.

A Haïti tout n'est pas fini. Il y a encore des communautés, des femmes et des hommes convaincus du développement durable.

A Grosse Roche nous n'avons pas baissé le bras. Nous arrivons encore à identifier nos ennemis, de nos amis. Nous avons pris du recul pour apprécier les acteurs politiques qui se font passer pour dirigeants ou démocrates. Nous parvenons à la maturité : " l'échec n'est pas un mal en soi, au contraire, il nous enseigne à nous relever ". Aujourd'hui, nous ne sommes ni désespérés, ni abattus. Nous sommes simplement plus déterminés sur l'avenir que nous voulons.

Cela nous concerne tous, nous d'abord, pas seulement les politiciens ou le gouvernement, sans vouloir les remplacer. Nous responsabiliser c'est en accepter les droits et les devoirs. C'est d'ailleurs ce qui nous a motivé à agir en conséquence pour faire fonctionner notre école avec plus de 450 élèves de septembre à cette date. Nous sommes la seule communauté du département du Nord qui a pu faire ça et en plus mobiliser plus de 250 jeunes et 50 parents autour de l'aménagement de la route dangereuse, qui menaçait la vie de nos femmes enceintes, nos enfants, nos commerçants, nos agriculteurs qui doivent transporter leur produit au marché.
Nous ne sommes ni désespérés, ni abattus. Nous gardons l'espoir en travaillant, pour changer notre situation de honte et de misère. Personne d'autre n'est responsable que nous-mêmes.

Nous voulons la solidarité dans la dignité.
Merci Michel pour votre message.
Ensemble vers un monde plus juste.

 

Anice LADOUCEUR

 
Mis à jour le 31/03/2021

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Miracle au Bangladesh

Miracle au Bangladesh  

 

 

MADE IN BANGLADESH Bande Annonce (2019)

 Date de sortie : 4 Décembre 2019

© 2019 - Pyramide Distribution

 

 

 

Le libéralisme, c’est aussi la liberté des femmes ouvrières de s’organiser...

 

 

 

Courez voir le film Made in Bangladesh de Rubaiyat Hossain, réalisatrice bengalie, tourné en bengali.

 

J’ai eu la chance de le voir en avant-première. Il raconte l’histoire d’ouvrières du textile, confrontées à des conditions de travail très difficiles, à des risques d’accident du travail avec une rémunération qui  couvre à peine le prix d’un loyer et qui se battent pour créer un syndicat.

Le Code du travail le permet, mais l’employeur se donne tous les droits et l’administration laisse traîner le dossier. Elles doivent aussi faire face à la réprobation de leur mari et de leurs familles. Mais elles se battent et se soutiennent entre elles.

 

Le hasard du calendrier me fait lire juste après avoir vu le film un article du journal que je lis régulièrement,  Le Monde, intitulé « Au Bangladesh, un miracle économique durable ? » (20/11/2019).

On y lit que le Bangladesh a connu une croissance annuelle de 6,5% au cours des dix dernières années. « D’où vient ce miracle ? De l’industrie textile, d’abord. Celle-ci a décollé grâce à l’abondance d’une main d’œuvre féminine peu coûteuse, mais au prix de conditions de travail difficiles et d’une absence de liberté syndicale ».

 

Ainsi pour connaître la croissance, il faudrait accepter des conditions de travail difficile et refuser la liberté syndicale ?

Les femmes qui se battent pour leur droit agiraient donc contre l’intérêt du pays ?

Elles devraient accepter de subir leur sort en attendant que la fameuse croissance du PIB ait à long terme des retombées positives sur leur vie ? 

C’est à l’évidence ce que pensent les employeurs qui les font travailler, les multinationales qui sont donneurs d’ordre de ces entreprises et les autorités qui refusent d’appliquer le droit qu’ils affichent dans les instances internationales.

 

 

Mais ce n’est pas ce que pensent ces ouvrières. Elles veulent voir leur vie changer maintenant.

 

Reconnaître leur dignité, accepter qu’elles parlent d’égal à égal avec leur patron et leurs contremaîtres compromettrait-il les résultats de leur entreprise ?

Quand on voit la toute petite part que compte leur rémunération dans le prix final auquel sont vendus les vêtements, on peut en douter. On peut même penser qu’en les écoutant, en négociant avec elles,  on réduirait les accidents du travail qui ont aussi un coût et on améliorerait l’organisation du travail qui garantit la qualité, ce qui fidélise le client/donneur d’ordre.

Elles ne cherchent pas à chasser les multinationales, ni leurs patrons. Simplement à travailler dignement et à bénéficier d’une part légitime de la richesse qu’elles produisent.

 

Le vrai miracle est qu’elles sortent de l’ombre et que le pays se développe non pas en les humiliant et les exploitant mais en leur faisant leur place.

 

Michel Tissier

Secrétaire exécutif du RIEH

 

 
Mis à jour le 03/12/2019
RDC : Des jeunes entrepreneurs de Bukavu mutualisent leurs forces

RDC : Des jeunes entrepreneurs de Bukavu mutualisent leurs forces  

 

CEPRESS

S'allier, c'est adopter une posture de survie. Mieux vaut vivre à plusieurs que mourir seul ! De jeunes entrepreneurs de la ville de Bukavu s’engagent à mutualiser leurs efforts pour monter leurs petites entreprises. Pour eux, le Sud-Kivu regorge d’opportunités (terres arables, tourisme, clientèle,…) mais que les jeunes, étant trop dispersés sur le territoire, n’arrivent pas à  saisir  compte tenu de l’état délabré des infrastructures et le manque de lieux de réunion pour que les jeunes puissent se réunir.

 

Une prise de conscience collective s’est opérée, lors d’une séance de réflexion sur les menaces et opportunités de l’entrepreneuriat des jeunes. Organisée  à l’hôtel Bulungu, le 20 Novembre 2019, par le Centre de Partage en Ressources et Savoirs, CEPRES, organisme habitué à réunir les jeunes dans des cafés forums où ils échangent leurs expériences.

 

En plus de mutualiser leurs compétences, ils souhaitent être mieux formés sur la fiscalité.

Toutefois, ces jeunes disent se heurter au  problème de financement de leurs activités  mais aussi à la multiplicité des taxes. « Il faut diffuser la nomenclature des taxes dans les réseaux sociaux, travailler avec des alliés pour accompagner les réclamations des jeunes entrepreneurs lésés le plus souvent par méconnaissance des dispositions légales et entrer en contact avec les services habilités pour être bien informé sur les taxes réelles et fictives », propose Carine Neema, très intéressée par le marketing relationnel.  

 

Malgré ces défis à relever, des opportunités apparaissent.

« Où trouver de l’argent pour commencer ? Les tontines et groupes d’économie solidaire sont opérationnels pratiquement partout sur le continent. Pourquoi ne pas s’inspirer de ces expériences qui ont réussi pour  constituer un capital de démarrage pour des petits épargnants? », propose Judith Igega, la vingtaine.

Pour sa part, Henri Chakirwa, jeune leader de la ville et modérateur du jour, l’entrepreneuriat c’est possible. Il faut juste oser. Il faut y mettre son intelligence et sa vison pour relever le défi du chômage.  « L’opportunité d’un emploi  rémunéré pour les jeunes n’est pas chose  aisée, étant donné que le nombre d’emplois disponible est infime par rapport aux demandeurs  déversés sur le marché par des universités qui poussent comme des champignons y compris dans des villages ».

 

Les  leçons tirées de ce type de  matinées semblent  être une semence tombée  sur un sol fertile. Déjà, juste avec l’échange d’expériences, des initiatives naissent de partout : « Depuis la dernière fois que nous nous sommes vus, j’ai réuni 25 jeunes de ma communauté de Rukumbuka pour leur parler de l’entreprenariat. Des initiatives en sont sorties. Une station de lavage des véhicules et un garage sont à l’étude pour occuper les jeunes de Kadutu », explique fièrement  Aurélie Muhimuzi.

 

Face à cette jeunesse déterminée à faire bouger les lignes et à prouver que c’est possible de faire de Bukavu la « Silicon Valley » de la RDC, Prosper  Hamuli, modérateur du groupe local du Réseau International pour une Economie Humaine, demande  de  se ranger en ordre de marche pour  remplir les critères des potentiels financeurs.

« Il faut réunir tous ces jeunes qui ont des projets d’investissement bancables parce que les fonds d’appui aux initiatives des jeunes, annoncés  dans le programme accéléré de lutte  contre la  pauvreté et les inégalités en RDC, par le chef de l’Etat ne seront alloués qu’à travers des systèmes apparentés aux banques. D’un autre coté, pour être compétitif, Ils devront disposer de compétences juridiques et techniques nécessaires pour concevoir et formuler des projets pouvant intéresser les investisseurs ».

 De ce fait, se placer dans les critères d’éligibilité,  est une priorité d’urgence et s’associer pour un plaidoyer efficace une priorité d’importance. « Ce qui  signifie que ces jeunes doivent affronter les défis  de se  former, apprendre en groupe, créer un réseau professionnel pour échanger leurs expériences, apprendre à négocier avec les services publics et à monter un plaidoyer efficace pour la défense de leurs intérêts », conclue Prosper Hamuli.

 

En définitive, il reste à  pérenniser cette alliance  en amenant tous les participants à cette dynamique  à ramer  dans le même sens. En effet,  au-delà des avantages économiques, un autre atout lié au travail en groupe existe.  Il s'agit du réseau qui leur permettra de rencontrer d'autres entrepreneurs pour rentabiliser l’auto emploi, l’auto financement et l’auto promotion. 

 

 
Mis à jour le 03/12/2019
Niort, France les 6-8 novembre 2019

Niort, France les 6-8 novembre 2019  

 

FORUM NIORT

 

Forum de l’Economie sociale et solidaire et de l’Innovation sociale

 

Michel Tissier, secrétaire exécutif du RIEH, a participé au Forum de l’Economie sociale et solidaire et de l’Innovation sociale qui s’est tenu à Niort, en France du 6 au 8 novembre 2019.

Il y a notamment rencontré Laurence Kwark, qui participe à titre personnel depuis de très nombreuses années au RIEH et est secrétaire générale du Forum mondial de l’Economie sociale, en anglais Global Social Economy Forum (GSEF).

Il rend compte ici de ce qu’il retient de ce Forum.

 

Ce Forum est la cinquième édition d’une manifestation qui réunit tous les deux ans les différents acteurs de l’Economie sociale et solidaire en France. Il a une dimension internationale avec la participation du GSEF ainsi que la présence de délégations venues du Québec, de Corée du Sud, d’Italie, de Tunisie, du Burkina Faso.

Il a pour but principal de permettre des échanges et le réseautage et de donner de la visibilité à l’ESS.

En 2019, il a retenu le thème général suivant :

« En quoi l'Économie sociale et solidaire & l'Innovation sociale sont des outils au service des territoires et des réponses aux défis de société ? »

 

Avec comme déclaration liminaire :

« L'aspiration à une société plus égalitaire et plus juste, à une société plus participative où chacun peut agir, à une société qui relève énergiquement le défi écologique, s'affirme de plus en plus. Face à ces grands défis, l'ESS et l'innovation sociale constituent des options réelles et pertinentes. Elles affichent des modèles de développement social et économique différents et expérimentent des méthodes créatives et collaboratives pour faire ensemble ».

 

L’accent a été principalement mis sur cinq thématiques :

la transition écologique,

la transition numérique,

la coopération territoriale pour une autre économie,

la Silver Economie-bien vieillir,

l’égalité Femmes/Hommes.

 

Ce forum témoigne de la vitalité de l’ESS en France, avec plusieurs centaines de participants, une grande majorité de jeunes, des méthodes participatives et créatives tant dans la préparation de l’événement que dans son animation (table-ronde inversée basée sur les questions de la salle, recours à des outils numériques pour recueillir en temps réel les opinions ou les questions des participants, méthodes d’élaboration collective).

La visibilité dans la ville de Niort était aussi assurée par l’implantation de grandes tentes sur la place principale de la ville et l’utilisation de divers bâtiments en centre ville.

Voici quelques réflexions que ce forum inspire au secrétaire exécutif du RIEH.

 

 

Innovation sociale

 

A l’expression Economie sociale et solidaire, il est ajouté celle de l’Innovation sociale. C’est le cas pour le forum, comme pour l’intitulé du poste de Haut-Commissaire créé dans l’actuel gouvernement français.

On comprend bien l’intention : montrer que l’ESS est un facteur de dynamisme dans la société.

Mais on s’interroge quand même…

L’innovation sociale est multiforme : l’usage généralisé du smartphone est une innovation sociale majeure, le mariage homosexuel également.

Dans l’histoire de France, la mise en place des congés payés en 1936 et de la Sécurité sociale en 1945 également.

Comment un forum ou un ministère peuvent-ils embrasser un tel objet ?

Par ailleurs les innovations sociales sont-elles toujours un progrès ?

On peut se poser la question pour Airbnb ou Uber.

 

 

Les deux périmètres de l’ESS

 

De quoi parle-t-on quand on parle d’ESS ?

Il y a une première acception à laquelle il est fait fréquemment référence dans un tel forum : c’est un secteur de l’économie. C’est notamment le cas quand on donne un pourcentage du PIB généré par l’ESS, un nombre d’entreprises, un nombre de salariés. On s’intéresse alors au statut juridique, aux règles applicables en terme de fiscalité, au type de soutien attendu de la part des pouvoirs publics.

Il y a aussi une définition beaucoup plus large, à laquelle on se réfère aussi dans un tel forum : ce sont toutes les actions que mène la société civile pour répondre aux besoins collectifs de ses membres.

L’accent n’est alors pas mis sur les statuts, mais sur les valeurs.

Dans le champ économique proprement dit, sont concernées toutes les entreprises et les organisations qui se donnent comme objectif non pas de créer du profit par la concurrence, mais de répondre à des besoins sociaux par la coopération.

On peut, selon son point de vue, considérer qu’il y a là soit une source de confusion, soit une tension dynamique.

 

 

ESS et Objectifs de développement durable

 

Plusieurs ateliers et la table ronde de clôture ont été consacrés aux ODD (Objectifs de développement durable). Rappelons que ces 17 objectifs ont été adoptés par l’ONU pour tous les pays, quel que soit leur niveau de développement. Voir https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/objectifs-de-developpement-durable.

L’intérêt de ces ODD est double.

Ils couvrent un champ très large, bien au-delà de la seule croissance économique, prenant en compte de façon cohérente la diversité des besoins et des droits humains. Par ailleurs ils constituent une référence mondiale, retenant la diversité des cultures et des civilisations.

Le Forum s’est attaché à montrer comment l’ESS contribue à l’atteinte des ODD. De la même manière, nous pouvons dire que l’économie humaine est la façon dont la société s’organise pour progresser vers les Objectifs de Développement durable.

 

 

Economie sociale et solidaire et Economie humaine

 

Commençons par une remarque qui incite notre Réseau à l’humilité.

Une telle manifestation montre à quel point l’Economie sociale et solidaire s’est imposé dans le paysage français, européen et mondial.

Tout un ensemble d’institutions ont été créées, qui promeuvent l’ESS, font du lobbying/plaidoyer auprès des pouvoirs publics pour soutenir ce secteur, font l’objet d’une reconnaissance par le biais d’un statut juridique ou d’un volet des politiques publiques, suscitent des recherches universitaires. Les événements comme les salons, les forums, les rencontres sont multiples. Rien de tel pour l’Economie humaine.

 

Une des façons de combler cet écart est de considérer qu’au-delà des mots, tout cela relève d’un même mouvement : que les personnes et les organisations qui se réfèrent à l’une ou l’autre des expressions ont les mêmes valeurs, la même vision de la société, la même stratégie de transformation du monde, du local au global. C’est, me semble-t-il la position de Laurence Kwark qui estime qu’il faut être pragmatique et éviter de se quereller pour des mots.

 

Pour ma part, et je m’exprime ici à titre personnel, je crois que tout en reconnaissant les convergences et les terrains de recouvrement, il faut faire des distinctions qui évitent la confusion.

 

L’ESS doit garder son sens d’être un ensemble d’entreprises dont la finalité n’est pas le profit mais la réponse à des besoins sociaux. Ces entreprises doivent être viables et soutenables dans les environnements juridiques divers où elles existent. Elles produisent des biens et des services, elles ont un compte d’exploitation, elles emploient des personnes. On y utilise le mot économie au sens habituel du terme.

 

L’économie humaine s’inscrit dans une autre logique : C’est, avant tout, un projet de société dans lequel nous sommes tous acteurs du changement, unis par ce qui nous rassemble pour répondre au bien commun. Comment la société, à ses différents niveaux – local, régional, national, continental, mondial – s’organise pour répondre aux besoins de ses membres. On y emploie le terme économie dans un sens inhabituel, celui d’organisation de la maison commune.

Dans ce sens l’économie humaine englobe l’économie sociale et solidaire, mais ne s’y réduit pas.

 

Un des débats du forum portait sur la question récurrente : "comment l’économie sociale et solidaire peut-elle devenir la norme de l’économie internationale ? Comment peut-elle changer d’échelle ?" 

Je ne crois pas que ce soit en étendant ses caractéristiques juridiques et statutaires à l’ensemble de l’économie.

C’est plutôt en considérant que ce secteur particulier, qui restera limité, est porteur avec d’autres, d’un projet plus vaste qui porte le nom d’économie humaine.

 

Voilà une position qui ne manquera pas de susciter des débats. Eh bien, ayons ces débats !

 

 
Mis à jour le 09/12/2019

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NOYAU LOCAL RIEH DE BUKAVU

NOYAU LOCAL RIEH DE BUKAVU  

 

Journée Internationale pour l’Eradication de la pauvreté 2019 :

 

Les jeunes de Bukavu s'expriment sur ce qu'ils demandent à l’État pour s'en sortir.

 

      

                                              

                                               
GLB1

 

 

Ce mercredi 16 octobre, à Kinshasa, devant un parterre de ministres et de membres du corps diplomatique accrédité en RDC, le Chef de l’Etat a lancé son « Programme accéléré de lutte contre la pauvreté et les inégalités en RDC ». Dans son discours le président de la République a annoncé que ce programme contient trois composantes, à savoir :

 

  • 1 - Accroitre l’accès de la population aux services de base entre autres l’habitat, l’électricité, l’eau potable et la santé ;
  • 2 - S’assurer que les populations des villages notamment disposent des sources de revenus améliorées et stables ;
  • 3 - Développer une culture de l’autonomie.

 

A Bukavu ce jeudi 17 octobre 2019, conviés à une réflexion libre sur « comment agir ensemble pour lutter contre la pauvreté » par le Centre de Partage en Ressources et Savoirs (CEPRES), membre du Noyau Local RIEH de Bukavu, dix jeunes ont célébré de cette manière la Journée Internationale pour l’éradication de la pauvreté.

- Que peuvent faire les pouvoirs publics pour les jeunes de Bukavu et de l’intérieur du pays ?
- Quelles initiatives des jeunes peut-on présenter à toute instance prête à les appuyer ?
- Que peut faire le jeune pour lui-même ?

 

Au lieu de rêver au paradis promis dans les discours des politiciens, le jeune doit avoir comme clé de lecture de tout ce qui lui est présenté comme opportunité, qu’il y a ce que l’Etat peut faire et ce qui n’est pas en son pouvoir. En principe, « On ne peut attendre des pouvoirs publics que la facilitation des conditions dans lesquelles peuvent s’exprimer les initiatives privées : routes, écoles, sécurité, électricité, etc » (Dieudonné Akilimali). Mais aussi et spécialement pour la RDC, « L’Etat doit mettre en place un système de taxation qui soutienne le développement et non pas qui tue les initiatives existantes. » (Justin Shamamba). C’est aussi une obligation que « Les services étatiques procèdent à l’identification des jeunes détenteurs d’un savoir-faire bancable et des institutions publiques et privées à même de les accompagner » (Ladeige Mbombo). Toutefois, « Le gouvernement doit garantir les crédits contractés par les jeunes qui entrent dans la vie active sans rien à présenter comme garantie devant les exigences des banques. » (Justin Shamamba). Il est souhaitable aussi que « Le gouvernement garantisse la mise en place d’un système de crédits rotatifs aux jeunes par un fond d’appui tiré des impôts et taxes payés par les citoyens » (Ladeige Mbombo). Cela parce que, quel que soit ce qui est promis, l’accès à ces crédits ou appuis de l’Etat passera par des systèmes qui ressemblent aux banques. Or, « Une banque ne peut pas aider les pauvres. Pour être ‘’aidé’’, il y a toujours des critères. » (Dieudonné Akilimali). C’est pourquoi, « les jeunes qui commencent leurs expériences entrepreneuriales devraient être exonérés au moins au début de leurs initiatives. » (Olivier).

 

Les initiatives actuelles des jeunes sont-elles de nature à leur faire accéder aux aides et appuis de l’Etat ?

Qu’est ce qui doit être fait pour y parvenir ?

 

Il est impératif de « fédérer les initiatives entrepreneuriales des jeunes comme innovation des jeunes pour une synergie capable de soutenir un plaidoyer pour leur accès aux fonds d’appui et opportunités à mettre sur pied pour concrétiser les ambitions exprimées par le Chef de l’Etat et son gouvernement. » (Carine Neema Munguankonkwa). Et le dire n’est pas rêver, parce que des initiatives qui en donnent l’image existent.  C’est le cas de « l’expérience Youth Connect déjà opérationnelle à Bukavu et reconnue par le gouvernement congolais. C’est un espace accompagné par le PNUD et qui est à capitaliser pour un plaidoyer en faveur de l’appui aux initiatives des jeunes. » (Didier Katembera) De son côté, « La Synergie des Organisations pour l’Aménagement de l’Espace pour la Paix et le Développement (SOAEPAD) est une plate-forme œuvrant dans le domaine agricole en Territoire de Walungu qui nécessiterait des fonds pour produire plus de vivres. » (Emmanuel Shanganyi).

Dans tout ceci, il y a certainement ce que le jeune peut faire pour lui-même à l’instar de ce jeune qui pense que « toute la ville de Bukavu se plaint du problème des immondices. Et pourtant il est possible de transformer les sachets plastiques en pavés et d’autres déchets ménagers en engrais ou combustible. » (Prince Kitumaini). En premier lieu, le jeune devrait s’insérer dans les étapes du processus à suivre pour atteindre l’aide du gouvernement. Pour ce faire, un appui peut lui être fourni par le PNUD ou USAID en collaboration avec Youth Connect ou une synergie des jeunes entrepreneurs à contacter après avoir élaboré un document de plaidoyer.

 

Mais, le plus important, c’est l’effort que le jeune doit faire sur lui-même pour changer ses habitudes et comportements. Certains y sont parvenus en participant à des conférences-débats sur le leadership transformationnel en vue de répondre au besoin de s’adapter, pour mieux affronter les défis présents dans la communauté.

Enfin, cette conscience acquise, il est salutaire pour la société de s’investir dans un processus de changement des mentalités dès le plus jeune âge, par des initiatives d’encadrement des enfants dans la découverte et la valorisation de leurs talents.

Le changement durable est à ce prix. A Bukavu, un certain nombre d’initiatives vont dans ce sens.

C’est le cas de l’expérience du ‘’Mouvement TAPORI’’ accompagné par ATD Quart Monde, du mouvement scout, de Bukavu Youth Action Center et du préceptorat SOAEPAD qui veulent orienter les jeunes selon leurs aptitudes.

 

 

Bukavu, 17 Octobre 2019

Prosper Hamuli Birali

Modérateur du Noyau Local RIEH de Bukavu

 

 

GLB 2

 

 

 

 

 

 
Mis à jour le 19/10/2019
« Mon pays, la RDC est un géant assis sur un sac d’or, qu’il ne peut atteindre…

« Mon pays, la RDC est un géant assis sur un sac d’or, qu’il ne peut atteindre…  

 

Enfant Goma

 

Le 17 octobre de chaque année, les plus pauvres et tous ceux qui refusent la misère et l'exclusion, se rassemblent dans le monde entier, pour témoigner de leur solidarité et de leur engagement pour que la dignité et la liberté de l’Homme et de tous les hommes, soient respectées. Le Réseau Internationale d’Economie humaine en témoigne, dans ses actions locales et dans son combat quotidien à travers le monde.

 

Le point de vue d’un jeune congolais de la RDC, portant toute l’espérance d’un pays s’exprime :

 

« Mon pays, la RDC est un géant assis sur un sac d’or, qu’il ne peut atteindre…

Nous en sommes réduits à n’être qu’un colosse aux pieds d’argile ! Nous avons un magnifique pays qui regorgent de ressources naturelles de toute nature : 155 millions d’ha de forêts, plus de la moitié de notre territoire moitié est estimé deuxième poumon mondial, par sa surface ; les richesses de notre sous-sol sont innombrables : plus de 1 100 minéraux et métaux précieux ; 80% de terres arables pourraient nous nourrir à satiété et pourtant, notre population qui compte 90 millions d’âmes sur une superficie de 2 345 409 km², est parmi les plus pauvres du Monde

                                                                                                                                     

Comment gérer ce paradoxe !

 

De fait, selon la Banque Mondiale, la population de la RDC vit avec environ moins de 2 $ ou € par jour. Ceci se justifie par le fait que certains besoins vitaux ne sont pas satisfaits et poussent la jeunesse de tout un pays dans ses retranchements. Des milieux d’enfants ne vont pas à l’école, on relève un taux de malnutrition très élevé, ainsi que la prostitution des mineurs et l’abandon des familles par les pères…

Alors certes, pour António Guterres, Secrétaire général de l'ONU, on ne pourra mettre fin à la pauvreté des enfants sans s’attaquer à la pauvreté des ménages, la première procédant souvent de la seconde. L’accès à des services sociaux de qualité doit être une priorité, alors même qu’aujourd’hui près des deux tiers des enfants n’ont aucune protection sociale. Rien n’est plus vrai qu’en RDC.

Peut-être une situation due, en partie, à la présence des groupes armés qui fourmillent, dans certains coins du pays, comment ne pas réagir devant des champs et des villages entiers décimés par la violence, obligeant les habitants qui ont tout perdu, à errer dans les villages voisins (Beni, Butembo, Fizi, Kalehe et Kasaï) …

mais aussi, peut-on y lire un manque de volonté de nos dirigeants pour qu’une bonne gouvernance, moins corrompue, devienne un pilier porteur de notre territoire. Selon l’ancien conseiller du président Joseph Kabila, la RDC perdrait 15 milliards de dollars  par an à cause de la corruption (Rapport 2018 de Luzolo Bambi).

Le vœu de toute la population est de voir le Congo devenir un pays de droit, libre et démocratique. Un pays qui prône la justice en punissant les coupables.

   

                                                                                                                                      17 OCTOBRE RIEH

 

Pourtant notre pays est fort de sa jeunesse !. Il faut une prise de conscience collective forte pour que la pauvreté ne soit plus au rendez-vous, au pays de Lumumba.

Pour surmonter ces difficultés, des communautés se réunissent pour trouver des solutions.

Déjà au Kasai après le phénomène Kamwina Nsapu qui a endeuillé et dévasté plusieurs villages, la vie revient petit à petit. Des villages sont en reconstruction, des champs ont repris leurs verdures.

Dans les Kivu, malgré ses difficultés, Beni et Butembo continuent à être le grenier des villes de Bukavu et de Goma ; pour ne pas citer Kalehe et Fizi.

Des jeunes s’engagent dans l’entreprenariat soutenues par le gouvernement, certaines entreprises jadis aux arrêts sont remises en marche comme la Sucrerie de Kiliba au Kivu, les entreprises minières au Katanga et dans les Kasai.

Leila Zerrougui, à la tête de la mission de l’ONU au Congo, reconnait les avancées, de la RDC devant le Conseil de Sécurité. Elle s'était notamment félicitée des nouvelles dynamiques positives en RDC à la suite de la transition pacifique du pouvoir en début d’année.

 

Pour rappel, le Monde célèbre la journée internationale de la lutte contre la pauvreté. Elle est célébrée sous le thème :

« Agir ensemble pour donner aux enfants, à leurs familles et à la société les moyens de mettre fin à la pauvreté »

 
Mis à jour le 19/10/2019
MAHATMA GANDHI 150° anniversaire de sa naissance

MAHATMA GANDHI 150° anniversaire de sa naissance  

 

MAHATMA GHANDI

 

October 2, 2019 marks the anniversary of the birth of Mohandas Karamchand Gandhi also known as "Mahatma" (noble soul) Gandhi

More than one million students in 60 countries around the world are expected to join this event. More than 11.5 million students in more than 50,000 schools in Gujarat State have planted 15 million young trees since June 15 to pay tribute to him.

Given the current political climate in India and around the world, Gandhi's vision of non-violence is still relevant.

The UN General Assembly of 15 June 2007 declared October 2 the International Day of Non-Violence. 

Gandhi's wisdom of nonviolence remains an enlightened philosophy in a world where differences are growing and people have more reason to be indignant. 

During India's struggle for freedom, he showed the world that freedom can be peacefully achieved through non-violence. 

Gandhi has obtained rights for nearly 75,000 Indians living in South Africa. He did it without violence. Gandhi was deeply convinced that people could never win their rights otherwise.

He used a new form of protest " Satyagraha " - derived from the Sanskrit words "truth" and "force".

 

Nonviolence

 

 

 

 
Mis à jour le 31/03/2021
RIEH-ASIE L'EVENENEMENT COMME SI VOUS Y ETIEZ... des photos à partager

RIEH-ASIE L'EVENENEMENT COMME SI VOUS Y ETIEZ... des photos à partager  

 
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Le RIEH-Asie, Réseau International pour l’Economie Humaine (INHE-Asia) s’est organisé, en tenant sa première réunion d’orientation avec ses partenai-res continentaux, les 9 et 11 septembre 2019 à Kattalai Village, dans le district de Karur District en Inde.

Des membres du RIEH-Asie venus du Sri Lanka, du Népal et de l’Inde ont participé à cet évènement de 3 jours pour échanger sur les perspectives de l’économie humaine à travers les initiatives qu’elle promeut. L’organisa-tion a été assurée par AREDS (Inde) facilitée par ARREDS Trust (Inde).


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Parmi les participants, membres du RIEH-ASIE, étaient présents des acteurs locaux engagés, menant des actions identifiées dans le cadre du Programme : « Territoires en chemin vers l’Economie humaine ». Nous avons donc, eu le plaisir d’accueillir :

  • M. Sivapragasam d’HDO-Sri Lanka, représentait les territoires de Kandy et Ampara.
  • M. Gamini Thilakaratne de NAFSO-Sri Lanka, représentait les territoires de Polpithigama & Karu-walagaswewa.
  • MM. C. Nicholas et P. Murthy de TNLRF-India, representaient les territoires de Villupuram et Pudu-cherry (Pondicherry).
  • MM. Gauri et Arivarasu d’AREDS India, representaient le territoire de Karur.
  • MM. Khadka et Tillotam Paudel de CYCN Nepal, representaient le territoire de Devchuli (Nawalpur District).

 

Les autres membres du RIEH, contributeurs de cette rencontre d’orientation et de consolidation étaient :

  • M.. L.A. Samy, Vice-President INHE (International) et fondateur d'AREDS, India et ARREDS Trust, India.
  • Mme Christina Samy, administratrice d’ARREDS Trust, India.
  • Mme Manjula administratrice d’ARREDS Trust, India.
  • M. R. Saravanan, administrateur d’ARREDS Trust, India.
  • M. R. Kalaimani, administrateur d’ARREDS Trust, India.
  • M. Solomon Chelladurai de l’Inde, membre du conseil d’administration de la Communauté des Evaluateurs d’Asie du Sud et membre de RIEH-Asie.
  • M. Sundara Babu, Facilitateur de RIEH-Asie.
  • M. Michel Tissier, Secrétaire Executif International du RIEH.

 

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Deux porteurs d’actions locales n’ont pas pu nous rejoindre pour des raisons de calendrier :

  • M. P. Niphot de Thaïlande, animateur de la RTRC, pour le territoire des collines au nord de Chiang Mai.
  • Les organisations des participants ont pris en charge les coûts de déplacement et les coûts logistiques de la réunion ont été assurés par

    AREDS Inde.

Les organisations des participants ont pris en charge les coûts de déplacement et les coûts logistiques de la réunion ont été supportés par AREDS, Inde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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A l’ordre du jour était inscrit l’organisation de RIEH Asie avec pour objectif principal d’animer, d’orienter et de consolider le programme « Territoires en chemin vers l’économie humaine ». Les membres qui ont participé à la réunion ont convenu d’élaborer des plans d'actions durables à long terme pour leurs interventions territoriales et de s’efforcer à mobiliser collectivement les ressources, y compris la collecte de fonds.

 

 

 

 

 

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Rejoignez-nous... Des informations sur leurs organisations respectives et sur les actions locales menées sur leur territoire par les participants seront bientôt disponibles sur ce site web. On y trouve également les résolutions finales de la réunion.

L'Economie humaine est l'affaire de tous, sur cette planète.

 Il y va de la volonté commune pour que la vie soit durable et meilleure pour tout l'homme quel que soit l'endroit où il nait, quel que soit l'endroit où il vit.     C'est pourquoi les efforts de chacun compte...

Si vous vous sentez concernés, rejoignez-nous ou soutenez-nous

Pour toute information : un mail contact@rieh.org. 

Nous avons tant de choses à partager !

 
Mis à jour le 31/03/2021
PROGRAMME D’ACTIONS TERRITORIALES EN ASIE : C’EST PARTI ET BIEN PARTI !

PROGRAMME D’ACTIONS TERRITORIALES EN ASIE : C’EST PARTI ET BIEN PARTI !  

 

PROGRAMME D’ACTIONS TERRITORIALES EN ASIE : C’EST PARTI ET BIEN PARTI !

 

Du 9 au 11 septembre 2019, une importante rencontre s’est tenue à Kappalai, un village du district de Karur au Tamil Nadu en Inde, où AREDS, l’Association qui supporte le RIEH en Asie (INHE Asia), a son siège.

Invité par les organisateurs en qualité de secrétaire exécutif international du RIEH, j’ai eu le plaisir de partager ce bel évènement avec Samy, coordinateur du RIEH pour l’Asie, en collaboration avec son épouse Christie et par Babu, le facilitateur d'INHE Asia.

La rencontre a été forte de ses membres, qui mènent une action locale sur le continent asiatique tout à fait remarquable, dans le cadre du Programme "Des territoires en chemin vers l’économie humaine" .​

Conformément à la décision de décentralisation prise par le C.A., en Juin 2019, les organisations des participants ont pris en charge leurs propres frais de transport et AREDS a assuré la logistique de l'évènement, sur place.

L’objectif de la rencontre était d’organiser le travail de RIEH Asie pour animer le Programme Des territoires en chemin vers l’économie humaine.

Les sept organisations présentes ont toutes une expérience de plusieurs dizaines d’années sur des enjeux d’économie humaine :

  • ​lutte pour le respect des droits et l’amélioration des conditions de vie des dalits (intouchables) ;
  • promotion des droits et de l’autonomie des femmes ;
  • soutien aux jeunes pour prendre leur place dans la vie sociale et économique ;
  • promotion de la paix suite à de violents conflits ;
  • promotion d’une spiritualité fondée sur le pluralisme ;
  • la démocratie et le respect de la nature.

Et cette action se mène dans des conditions particulièrement difficiles et violentes que ces organisations affrontent avec un courage qui force l’admiration et la reconnaissance.

 

En participant au programme, elles décident de franchir une étape dans leur engagement, dans trois dimensions :

1/ Choisir un territoire particulier où elles vont mobiliser leurs partenaires et tous les acteurs prêts à participer pour que la population vive dans de meilleures conditions.
2/ Sur ce territoire, élargir leur action sur d’autres enjeux de l’économie humaine que ceux qui les ont mobilisées depuis des années, en s’appuyant sur sa vision : tout l’homme, tous les hommes, par tous les hommes, en harmonie avec le vivant.
3/ Mener cette action ensemble au sein du RIEH Asie et international dans une démarche de recherche-action.

 

Au nom du RIEH, merci pour ce temps fort partagé. A travers nos regards croisés, nos savoirs-faire et nos savoirs- être, nous contribuons a installer cette force vivante pour l'économie humaine. 

 

La présentation des personnes présentes, de leurs organisations et de l’action territoriale qu’elles mènent sera mise très rapidement sur le site. On y trouvera aussi les conclusions de la rencontre.

 

Michel Tissier

 
Mis à jour le 24/09/2019
RDC : Le comité local RIEH de Bukavu, s’engage à travailler dans l’unité : « nous sommes encore petits, mais il est possible d’agir grand ! »

RDC : Le comité local RIEH de Bukavu, s’engage à travailler dans l’unité : « nous sommes encore petits, mais il est possible d’agir grand ! »  

 

PHOTO RIEH  FAMILLE

 

Le comité local du réseau international d’économie humaine de Bukavu, a vu le jour en janvier 2017, dans cette province du sud Kivu en République Démocratique du Congo. C’était à l’issue d’une conférence-débat sur l’économie humaine organisée par le Forum des Jeunes Entrepreneurs. La graine était semée… Deux ans après, les mêmes membres s’engageaient à porter haut, l’idéologie de l’économie humaine par l’action. Pour eux, c’est ensemble que le changement sera possible !

Le 07 Juillet 2019, c’est L’ISDR (Institut Supérieur de Développement Rural) de Bukavu (commune de Kadutu), qui a accueilli les responsables des organisations et structures membres du comité local.

Présidé par le responsable Afrique du RIEH ; Gilbert Masumbuko a ouvert les débats en remerciant les membres présents, du travail accompli, parfois dans des conditions difficiles. Il a souligné combien la dynamique humaine du comité local de Bukavu, est exemplaire. Son engagement apparaît dans toutes leurs actions de terrain : les comptes-rendus d’activités leurs participations régulières écrites pour éclairer le quotidien du territoire.

Il souligne l’importance des contributions extérieures issues des adhérents pour le fonctionnement d’un comité local. « L’adhésion est annuelle et s’élève à 50 euros pour une personne physique et de 200 euros pour une personne morale. Cet apport et la vente du livre « Chemins de l’économie humaine » sont des ressources qui contribuent au bon fonctionnement de votre groupe local et à l’intérêt général. Ce qui se passe sur notre continent doit être connu et rendu visible à la lumière de nos valeurs humaines » a précisé Gilbert.

« La présence de Gilbert est une bouffée d’air pure » remarque un membre de l’assemblée. Ensemble, ils émettent le vœu de voir toujours de telles rencontres s’organiser à Bukavu.

« Ces moments sont très importants pour apprendre à se connaître. Au niveau de Bukavu, nous devons travailler davantage pour que notre comité rayonne. Le réseau RIEH nous offre de nombreuses opportunités et nous devons les saisir. Certes nous sommes encore petits, mais il est possible d’agir grand », a rappelé le professeur Bosco Muchikiwa, Directeur Général de l’Institut Supérieur de développement rural (ISDR).

Les participants à cette réunion, ont souhaités que les formations soient organisées au niveau de Bukavu par souci d’ économie et puis être formé sur certains thèmes de l’Economie Humaine pour être capable de transmettre la connaissance, mais aussi acquérir les techniques rédactionnelles pour rendre compte de ce qui se passe et écrire l’histoire de notre pays. Notre ambition est de pouvoir témoigner dans la revue Civilisation et Développement et participer ainsi à une réflexion intercontinentale.

« Lors de la prochaine réunion, réfléchissez sur la façon d’inviter d’autres personnalités à témoigner de leur vécu, des structures à adhérer au comité. N’oubliez pas, le groupe local est la pierre angulaire pour que le réseau rayonne à travers le Monde. Nous sommes tous engagés dans cette aventure pour un développement humain, intégral, solidaire et participatif, en harmonie avec le vivant. Un objectif fort qui nous responsabilise tous », conclut Gilbert Masumbuko.

Parmi les participants, étaient présents : AVUDS (Action des Volontaires Unis pour le Développement et la Santé), ISDR Bukavu, CEPRES, (Groupe Espoir de Vie et Union pour la Solidarité Fraternelle). Ces organisations ont en commun, tout comme les autres territoires des groupes locaux RIEH dans le monde, de vouloir collectivement améliorer leurs conditions de vie, se prendre en charge pour vivre ensemble.

Elles font siennes cette phrase de Michel Tissier, directeur exécutif du RIEH selon laquelle, « le Monde peut changer et ceux qui peuvent le changer existent. Il suffit de les mobiliser ».

 
Mis à jour le 27/07/2019
RDC: AVUDS, 20 ans au service de la communauté

RDC: AVUDS, 20 ans au service de la communauté  

 

Pendant plus de 20 ans l’organisation "Action des Volontaires Unis pour le Développement et la Santé" : AVUDS , met l’homme au centre de ses actions. Avec le concours de ses partenaires locaux et étrangers, des activités ont été mis en place qui aident les communautés à se relever. C’est dans ce contexte, qu'AVUDS a construit  la coopérative des pêcheurs du lac Tanganyika, des centres de santé et maternités. Elle a aussi mis en place plus de cent mutuelles de solidarité qui ont permis que les communautés Twa, longtemps marginalisés, vivent actuellement avec la communauté Havu dans le Territoire d’Idjwi et  le territoire de kalemie en province de Tanganyika favorisant ainsi une cohabitation pacifique. En analysant bien les activités de AVUDS, on remarque d’emblée que ses activités ont eu un impact considérable dans l’économie humaine. 

Défis de l’humanité, notre cheval de bataille

Cette organisation de droits congolais, a su orienter ses actions sur  l’économie humaine . Avec  la construction des centres de santé, elle s’attaque au défis de l’humanité.  Par la construction de ces bâtiments,  AVUDS a allégé les souffrances des habitants qui devaient faire plusieurs kilomètres pour atteindre un centre de santé où une   maternité. A Lweba, nous avons recueilli les témoignages d’une femme qui, lors de l’accouchement de  son premier né, avait fait plus de 10 Km à pied pour arriver à la maternité.

« Je suis contente. Avant nous quittions  la maison pour aller rester à la maternité êtres loin de la famille. Et pour y arriver, il fallait parcourir plus de 10 Kilomètre. Avec cette maternité, nous sommes soulagés », affirme Noella Kazibyo.

Elle rassure être prête à payer pour les services que ces structures vont offrir pour permettre à  ce quelle soient durables pour l’intérêt des générations futures

Réaliser le bien commun, notre combat

 

Le sud Kivu possède plusieurs rivières et lacs très poissonneux, mais par ricochet, sa population meurt de Kwashiorkor. Ceci parce que la pêche se fait toujours de façon artisanale  et de manière individuelle. AVUDS a mis en place après échange avec les communautés sur les mécanismes de trouver une solution à ces problèmes. Après analyse,   une coopérative a été créée  sur demande des communautés. Avec cette coopérative qui regroupe des pêcheurs du lac Tanganyika vivant à Kalemie dans la province de Tanganyika, leurs revenus ont augmenté et ils ont accès aux outils de pêche moderne précise Emmanuel Marara, coordonnateur national de AVUDS. Dans le même objectif, des kit de pêche écologiques ont été donné à des pêcheurs du Territoire d’Idjwi exerçant leurs travails activités au lac Kivu. Avec ce kit, ces pêcheurs  ont augmenté leurs productions.

Répondre aux besoins humains, notre leit motiv

Par ses actions sur terrain, AVUDS fait construire des ponts pour permettre les transport des personnes et des leurs biens. Elle venait d’ailleurs  de construire un pont à Luhihi dans le territoire de Kabare  à plus de 40 km de la ville de Bukavu dans la province du Sud-Kivu. Avec ce pont,  les produits sont bien acheminés aux centres des consommations ce qui va produire de la valeur ajouté pour les producteurs. Par la même occasion , des Mutuelles de solidarité ont été initiés dans le territoire de Kalehe où actuellement on compte plus 100 MUSO  (Ndlr) qui regroupent des femmes vulnérables  et des démobilisés de l’armée. Avec ces Mutuelle de solidarité, des membres ont augmenté leurs revenus. Ils sont à mesure de faire scolariser leurs enfants et supporter leurs charges sanitaires et  d’autres.

L’homme au centre de son action

 

Les activités que nous menons  visent  à résoudre un problème avec les communautés mais surtout à mettre l’homme au centre de son action. C’est dans ce contexte, que par la mise en place de la pêche communautaire,   des communautés jadis ennemie vivent ensemble grâce à ces activités,  le peuple Twa vit en symbiose avec la communauté Havu. Aussi, des jeunes démobilisés considérés à tord comme des voleurs, vivent dans leurs communauté. Grace au crédit  solidaire, il parviennent à soutenir leurs membres de famille et ainsi participer à l’économie du pays, conclut Marara.

AVUDS exécute toute ces activités grâce aux soutiens de ses partenaires dont PNUD, UNICEF, NCA(Norvagian Church International), OXFAM International, Action aid international et le Fond social de la République démocratique du Congo.

MURHULA NKUMBARHI JUSTIN

 
Mis à jour le 26/07/2019

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Découvrez notre nouvel ouvrage : "Rencontre Internationale dans le Mené : Du souffle pour nos territoires"

Découvrez notre nouvel ouvrage : "Rencontre Internationale dans le Mené : Du souffle pour nos territoires"  

 

Découvrez notre nouvelle publication : "Rencontre Internationale dans le Mené". 

Le livre rend compte de la rencontre internationale dans le Mené en juin 2018 " Du souffle pour nos territoires est disponible" ! Parcourez-le.

Cet ouvrage ne reprend pas seulement ce qui s’est dit, mais ce qui s’est vécu durant ces deux journées.

On y retrouve la présentation des cinq exemples de territoires en chemin vers l’économie humaine : Gao au Mali, Karur au Tamil Nadu (Inde), Villa El Salvador au Pérou, Songhaï au Bénin, Le Mené en Bretagne (France) ainsi que les enseignements que l’on a pu tirer de chacun d’entre eux. On restitue les débats qui ont permis d’analyser les conditions de réussite des dynamiques territoriales. On dégage des convictions communes et des questions partagées.

Les portraits de tous les intervenants et de toutes les personnes qui ont participé à la préparation et à l’animation sont croqués, permettant de percevoir la convivialité qui a marqué la rencontre.

Ce livre donne envie de continuer la démarche et c’est ce que proposent le RIEH et Le Mené avec le projet « Des territoires en marche vers l’économie humaine ».

(voir Nos Actions)

 

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Mis à jour le 31/03/2021
Découvrez le nouveau numéro de la revue sur le "Forum mondial de l'économie sociale

Découvrez le nouveau numéro de la revue sur le "Forum mondial de l'économie sociale  

 

Economie sociale et villes : l’avenir de la démocratie ?

 

Forum mondial pour l’économie sociale : GSEF selon l’acronyme anglais. C’est un réseau original qui réunit des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) et des villes, communes et collectivités locales. Tous les deux ans se tient un forum, à Bilbao en octobre 2018, après Séoul et Montréal. Le secrétariat se trouve à Séoul et la secrétaire générale est Laurence Kwark qui a travaillé jadis à Paris au …..

 

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Mis à jour le 21/02/2019
Réseau des femmes croyantes, médiatrices de la paix

Réseau des femmes croyantes, médiatrices de la paix  

 

 

Non, ce n’est pas une organisation confessionnelle, dirigée par des clercs, qui mène des actions caritatives, comme son nom semble l’indiquer.


Certes elles affichent leur foi, mais elles appartiennent aux trois confessions très majoritaires dans tout le pays : catholiques, musulmanes, protestantes. C’est même une caractéristique statutaire, puisque l’association est obligatoirement dirigée par une Présidente et deux vice-Présidentes appartenant à chacune de ces trois religions. Elles ne sont reliées à aucune église, chapelle ou mosquée. Elles ne sont pas dirigées par un pasteur, un imam ou un évêque.


Et si la foi les rassemble c’est pour les pousser à agir dans la société, agir comme médiatrices de la paix. La religion telle qu’elles la vivent et la pratiquent ne vise pas à donner accès à une autre vie compensant les misères de ce bas monde, mais à s’engager dans celui-ci pour qu’il s’organise autour des valeurs de paix, de résolution pacifique des conflits, de solidarité pour prendre en charge les situations d’abandon sociales qui sont les racines de la violence.


Les conditions de naissance de l’association sont significatives de ce qu’elle est et de ce qu’elle veut. En décembre 1996, une grave crise est à son comble entre l’armée qui s’est mutinée pour exiger des augmentations de salaires et le Président Patassé. L’armée a donné un ultimatum le 22 décembre pour obtenir satisfaction et menacé de faire sauter les réserves pétrolières qui sont sous son contrôle.

 

Trois femmes, formatrices dans une école d’infirmières, décident d’intervenir.

 

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Toutes trois catholiques, elles obtiennent la participation de femmes des deux autres confessions.

 

Ensemble, après avoir organisé un rassemblement de prière, elles s’adressent à l’opinion publique et à chacun des deux camps et une trêve est signée le jour même où expire l’ultimatum. C’est ainsi que les responsables actuelles de l’association que j’ai rencontrées, Valérie, Mariam et Arlette, racontent l’histoire. Certes beaucoup d’autres institutions ont tenté d’obtenir un accord, mais elles considèrent que leur intervention comme mouvement de femmes croyantes a été décisive. Le mouvement ainsi constitué de façon informelle va se prolonger et finir en 1999 par prendre une forme d’organisation officiellement  reconnue. Depuis 2001, des hommes aussi en font partie.

 


L’association se propose d’agir sur la cohésion sociale en étant le vecteur de valeurs communes.

Citons quelques uns de ses objectifs.

 

« Promouvoir chez les femmes et les hommes de différentes croyances un esprit d’unité, promouvoir une éthique de fraternité et de solidarité » ;
« Promouvoir l’amour du prochain, l’acceptation de la différence dans le respect de l’autre » ;
« Promouvoir la dignité humaine par l’éducation spirituelle, morale et civique ».

 

 

L’association ne dispose que des cotisations de ses membres et du revenu de la vente des produits d’un champ que les militantes cultivent.

 

Elle compte aujourd’hui plus de 1000 médiatrices et médiateurs de la paix, à Bangui et dans six régions, où elle cherche actuellement à disposer d’un local. Ces militantes et militants, formées à la médiation dans les conflits mènent des campagnes de sensibilisation pour s’inscrire sur les listes électorales, pour voter lors des élections, car l’association considère que la démocratie est une condition de la paix. Des campagnes aussi sur le dépistage précoce du VIH. Ces campagnes, ce sont des opérations de porte à porte, de contacts dans la rue et la capacité de l’association à occuper ainsi le terrain est déterminante.L’association organise des ateliers, des conférences pour la paix et le développement durable. Elle organise aussi des rencontres culturelles de partage (contes, danses, artisanat)

 

L’association prend position dans la presse sur les conditions de la paix. Elle a récemment dénoncé le fait que les pourparlers pour un accord de paix se tiennent à Khartoum et non pas en RCA, en privilégiant les responsables de la guerre et de la violence aux dépens des victimes, des déplacés et de toutes les forces de l’intérieur du pays qui veulent restaurer le vivre ensemble. Elle refuse avec force une amnistie sans justice, où les responsables des tueries et des atrocités sans même reconnaître leurs crimes accèderaient au pouvoir.


Valérie, Mariam et Arlette font part de leur foi commune en Dieu, même si chaque religion se relie à Lui par des voies différentes. Pour l’essentiel elles sont d’accord. Ce que Dieu attend de l’homme, c’est qu’il vive dans une société solidaire où chacun satisfait durablement ses besoins essentiels. Elles citent « les cinq verbes de Boganda », le père fondateur de la RCA : nourrir, loger, vêtir, soigner, instruire. Pour elles, c’est ainsi que la société doit être organisée et c’est aussi la volonté divine. Elles agissent et elles ont confiance en Dieu pour que leur action soit un succès.


Elles vivent cependant très durement les changements intervenus avec la crise. Elles expliquent qu’elles ont connu la période où la cohabitation entre religions était paisible. Les traditions voulaient que dans les quartiers les grandes fêtes chrétiennes comme Noël et Pâques et les grandes fêtes musulmanes comme le Ramadhan ou l’Aïd el Kbir soient aussi célébrées par les croyants de l’autre religion. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et la personne qui voudrait le faire subirait une lourde condamnation de la part de sa communauté. Le choix de la religion qu’elles décrivent comme relevant auparavant d’une décision individuelle – au point que de deux sœurs jumelles, l’une était musulmane, l’autre chrétienne - est désormais assigné par la communauté.


Pourra-t-on retrouver cette cohabitation paisible même après la fin des violences ?

Ce sera manifestement très difficile, mais ces médiatrices de la paix y croient.

 

Michel TISSIER , Bangui, 1 février 2019

 
Créé le 18/02/2019
Person in Need Relief Mission (PNRM)

Person in Need Relief Mission (PNRM)  

 

Voici une organisation dont le rôle dans la survie de la population et du pays et dans sa future reconstruction est essentiel…et très méconnu.


Elle est en effet capable d’intervenir sur le terrain dans des zones très touchées par la misère, l’insécurité et l’absence de services publics. Elle est le bras opérationnel par lequel les institutions de l’ONU distribuent les financements internationaux là où l’Etat centrafricain est quasiment absent.

 

Elle réunit plusieurs qualités remarquables : la capacité d’aller au contact des populations, de les écouter, de les informer, notamment bien sûr en parlant la langue, mais aussi en connaissant les fonctionnements formels et informels de ces sociétés ; la capacité à animer les communautés dans lesquelles elle intervient de telle façon que l’aide apportée soit effectivement utilisée efficacement ; la capacité à trouver le bon équilibre entre la distribution d’aides d’urgence et des interventions de développement structurel ; une grande rigueur dans la gestion des moyens attribués ; une capacité à répondre aux exigences administratives très élevées (et même très bureaucratiques) des institutions internationales. Le tout étant porté par un niveau d’engagement très élevé, sans céder au découragement dû à la multiplicité des problèmes à résoudre, dans une démarche totalement désintéressée.

 

PNRM Photo

L’association compte un nombre limité de membres, appartenant plutôt aux élites du pays, qui lors du déclenchement de la crise en 2013 ont décidé d’agir. Ils ont commencé à s’organiser en mobilisant leurs fonds personnels. Désormais l’association vit en obtenant des ressources de la part de bailleurs de fonds, principalement de l’ONU, avec la difficulté de fonctionner par programmes, très lourds à instruire et à gérer, d’une durée limitée dans le temps. Le staff est ainsi constitué de personnes recrutées temporairement, en fonction des contrats passés.


L’association intervient sur quatre préfectures de l’intérieur du pays pour un nombre de bénéficiaires d’environ 45 000 chaque année, dans les domaines de la sécurité alimentaire, de l’éducation, de la relance économique et de la mise à disposition de terrains.


Un exemple montre toute la complexité de la tâche, une action dans la sous-préfecture de Kouango. Sur la zone sont présents deux groupes armés, un seleka et un anti-balaka, sans compter les peuhls qui sont aussi armés et commettent aussi des exactions. La région compte un grand nombre de personnes déplacées, les circuits économiques traditionnels ont été détruits (par exemple les semences sont utilisées pour la consommation), la population ne prend qu’un repas par jour.

 

Il y a beaucoup de conflits entre les pasteurs peuhls qui ne peuvent plus se rendre sur leurs terrains de parcours traditionnels pour des problèmes d’insécurité et les agriculteurs. Il n’y a pas de réseau routier praticable. L’action compte principalement trois volets : la relance de la production agricole par la distribution de semences et d’instruments aratoires, en privilégiant les productions à cycle court permettant de faire face rapidement aux besoins alimentaires et d’apporter des revenus ; la distribution de vivres ; la prévention et le règlement des conflits entre agriculteurs et pasteurs.

 

Les autorités traditionnelles et les leaders communautaires sont associés aux décisions.

 

Une attention particulière est portée pour que les plus vulnérables accèdent bien aux aides apportées.

 

Et il faut même prendre contact avec les groupes armés pour obtenir le respect de périmètre de sécurité. Une autre caractéristique de l’action est de faire revenir sur la zone des services de l’Etat, notamment ceux de l’assistance technique agricole.


On voit ainsi l’importance  et la difficulté de l’action menée par PNRM, qui a décidé d’adhérer au Réseau international pour une économie humaine, parce que l’association partage avec le réseau la vision de la société à reconstruire en respectant la dignité de tous et en faisant appel au travail de tous. Elle se concerte avec les autres membres du réseau en RCA pour influencer ensemble les politiques publiques.

 
Mis à jour le 18/02/2019
La Plateforme de la Société Civile de République Centrafricaine (SCRCA)

La Plateforme de la Société Civile de République Centrafricaine (SCRCA)  

 
Suite au déclenchement des violences et des forts déplacements de population qu’elles ont entraînés, 45 organisations de défense des droits humains et de promotion des droits des femmes ont décidé en 2014 de se regrouper dans une Plate-forme de la Société Civile décidée à agir pour la cohésion sociale et le vivre ensemble.

 

Elles ont au départ bénéficié d’une formation organisée par l’ONG internationale d’origine américaine Search for common ground, qui continue à soutenir la plateforme. La plateforme a reçu aussi des financements de la Minusca, la force militaire d’interposition de l’ONU.


Elle mène beaucoup d’actions de sensibilisation


Elle a animé un observatoire des élections présidentielles et législatives de 2016

 

Photo SCRCA 2

La plateforme réalise des cartographies des réalités humaines du pays qui contribuent à lever les préjugés qui nourrissent la violence. Elle a par exemple décrit la situation des populations du nord du pays, dans une zone proche de la frontière avec le Tchad.

 

Les liaisons routières avec la capitale sont particulièrement difficiles car il faut compter une semaine de voyage sur des routes souvent très peu praticables. Et la liaison est même impossible durant la saison des pluies. Tout naturellement la population de l’extrême nord (Vakaga, Bamingui-Bangoron) franchit la frontière avec le Tchad car les liaisons sont beaucoup plus faciles. Elle a recours aux services de santé et aux écoles situées aux frontières tchado-centrafricaines, côté Tchad. Ils s’habillent aussi comme les Tchadiens, compte tenu de la proximité. Pour autant l’enquête menée par la plateforme montre que ces populations parlent le sango et sont attachées à l’unité centrafricaine. Présenter publiquement les résultats de telles enquêtes contribue à une meilleure compréhension réciproque.


Les enquêtes mettent aussi en évidence la situation des minorités, notamment Pygmées et Peuhles. Cela contribue à lever les préjugés alors que les Peuhls sont souvent accusés de pratiquer des violences.


Les organisations rassemblées dans la plateforme jouent un rôle d’intermédiaire entre la population et les institutions du pays, notamment celles chargées de la sécurité, de la justice. Elles dénoncent les pratiques de corruption et les excès de pouvoirs et inversement elles font connaître le rôle de ces institutions. Elles informent la population des tarifs qui sont légitimement pratiqués pour accéder à certains services administratifs alors que les fonctionnaires concernés demandent souvent davantage, exploitant la méconnaissance de la population.

 

Elles contribuent ainsi à la restauration de la confiance dans l’autorité de l’Etat.

 
Mis à jour le 13/02/2019
Women act for living together (WALT), Les femmes agissent pour le vivre ensemble.

Women act for living together (WALT), Les femmes agissent pour le vivre ensemble.  

 

Elles ont choisi de donner à leur association un nom en anglais alors que les documents qu’elles produisent sont en français et que leur langue de travail entre elles est le sango, la langue véhiculaire de la RCA. Peut-être comme un signe de modernité, une volonté de sortir des cadres considérés comme étouffants. Sans doute aussi parce qu’elles travaillent beaucoup avec les instances internationales comme l’ONU. Et c’est vrai qu’elles ont un peu toutes l’allure de Business Women, ces militantes de WALT, à commencer par Angeline Kaïgama, la Présidente. Personnages aux vêtements chamarrés, hautes en couleur, avec le verbe assuré de celles qui ne s’en laissent pas compter et savent dire leur fait, même aux puissants.

 

Un double mouvement les anime.

 

La volonté de participer à la reconstruction de la capacité de vivre ensemble dans le pays et celle de voir les femmes prendre toute leur place dans la gouvernance du pays.

 

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Et les deux ne sont pas sans lien, car comme le dit Angeline : les hommes occupent seuls le pouvoir dans ce pays depuis plus de cinquante ans et avec des résultats très décevants, voir catastrophiques si on considère la crise actuelle. Il est temps d’essayer autre chose, avec une gouvernance réellement partagée. Elle considère que les femmes sont beaucoup plus soucieuses d’apporter des réponses pratiques aux problèmes de la population, sans se contenter de déclarations de principe. Elles sont capables d’exercer le pouvoir dans l’intérêt du pays et non pas pour leur intérêt propre et celui de leur clan.

 

Ces deux orientations fondamentales se retrouvent dans les axes stratégiques de l’association. D’un côté mener des actions très concrètes pour la cohésion sociale et le développement durable : scolarisation des enfants soldats, formation des jeunes sur des petits métiers avec remise d’un kit de démarrage, distribution de kits solaires et formation à leur utilisation, mise en place de comités de paix dans les villages et les quartiers et renforcement de leurs capacités.

 

De l’autre, mise en place de clubs d’excellence dans les lycées pour promouvoir le leadership des filles, atelier d’évaluation de l’application des mesures de la loi sur la parité Hommes femmes en RCA, actions d’alphabétisation des femmes, soutien à la création d’activités génératrices de revenus pour les femmes, prise en charge psychologiques et sanitaires des femmes victimes de violences.

 

WALT fait tout pour être elle-même une organisation d’excellence. Elle de dote d’axes stratégiques déclinés en actions avec pour chaque action des responsables désignés et des indicateurs permettant de mesurer des résultats, définition de procédures et respect de ces dernières, notamment dans la gestion financière, processus régulier d’auto-évaluation. La rigueur de l’organisation est reconnue, notamment par les financeurs institutionnels, qui ont confiance quant à l’usage de leurs subventions.

 

Dans les rapports avec les pouvoirs publics, WALT se montre à la fois coopérative et exigeante. Coopérative, car l’association se propose d’accompagner les plans d’action gouvernementaux. Dans un pays où l’autorité de l’Etat est mise en pièces, la société civile ne peut pas selon WALT se déclarer hostile par principe aux pouvoirs publics. Au contraire, elle doit s’engager pour contribuer à la restaurer. Exigeante, car elle ne se contente pas de discours, mais insiste pour que les textes soient appliqués, que les programmes annoncés soient exécutés. Pour dénoncer aussi toutes les situations où les pratiques contredisent les intentions annoncées, notamment en matière de corruption.

 

Il me paraît particulièrement intéressant de mentionner l’action de WALT en matière de sécurité. On peut en effet penser que c’est un secteur qui relève exclusivement des fonctions régaliennes de l’Etat, en dehors donc du champ d’intervention d’une Organisation de la société civile, a fortiori de femmes. En fait, WALT est très active en ce domaine et va l’être encore plus dans le cadre d’un vaste plan de la mobilisation de la société civile qui va accompagner un plan Etatique de réorganisation, d’équipement et de formation des forces de sécurité, avec l’appui de l’Union européenne. Cette action vise la sensibilisation de la population aux problèmes de sécurité, mais aussi la formation des forces de l’ordre sur leurs conditions d’intervention et le respect des droits humains. Et même la restauration de bâtiments comme des commissariats ou des postes de police, car WALT sait se montrer efficace dans des travaux de ce genre, notamment dans le respect des délais.

 

WALT se rend par exemple dans les prisons pour constater les conditions de détention, s’entretenir avec les détenus, leurs familles, les personnels de surveillance. Sur ces bases, un rapport est établi et des mesures correctives sont apportées. Des questions comme la collecte des armes légères et de petit calibre, comme le fonctionnement de systèmes d’alerte font l’objet de concertation entre des comités de paix rassemblant les citoyens et les forces de l’ordre.

 

L’engagement de WALT en faveur de la paix et du leadership féminin a valu à l’association de
recevoir en 2017 le Prix Madeleine Allbright.

 

L’association est aussi un des piliers du développement du Réseau international d‘économie humaine en Afrique.

 

Michel TISSIER, Bangui, le 3 février 2019

 
Mis à jour le 12/02/2019
Angeline et Valérie, Michel et Gilbert animent un atelier sur l’économie humaine à Bangui le 2 février 2019

Angeline et Valérie, Michel et Gilbert animent un atelier sur l’économie humaine à Bangui le 2 février 2019  

 

Un atelier rassemblant une cinquantaine de personnes s’est tenu le samedi matin 2 février 2019.

 

Il rassemblait des personnes qui voulaient en savoir plus sur l’économie humaine. La plupart des participants appartenaient à des organisations : organisations de femmes, de jeunes, de défense des droits humains, de défense des victimes de violences ; une professeure d’université et un enseignant-chercheur de l’Institut supérieur de Développement rural ; des organisations catholiques, musulmanes et protestantes ; des auto-entrepreneurs ; une représentante de la Fédération des PME de RCA ; un représentant de l’ONU ; des journalistes.

 


A la fin de la présentation de Michel, les participants souhaitent qu’on trouve une formule pour définir ce qu’est l’économie humaine et il est retenu :

 

« L’économie humaine, c’est la façon dont nous organisons notre maison commune pour répondre durablement aux besoins de chacun et de tous, dans leur diversité, grâce au travail de tous ».

 

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Des questions sur l’histoire du réseau sont posées par un public qui ne connaît ni Lebret, ni l’encyclique Populorum Progressio et pour lequel les figures de l’indépendance comme Senghor ou Mamadou Dia n’évoquent rien. Boganda reste cependant une référence pour ces personnes engagées et on peut présenter la convergence entre sa pensée et son œuvre et l’économie humaine. Il donne en effet à l’action politique l’objectif premier de répondre aux cinq besoins fondamentaux : nourrir, vêtir, loger, soigner, instruire. Il veut que tous les Centrafricains en bénéficient et il considère le travail comme la seule source de développement.


Plusieurs veulent savoir d’où viennent les ressources du RIEH et sont un peu déçus de savoir qu’elles viennent d’abord de ses membres.
Une toute jeune femme, découvrant la liste des membres du Conseil d’administration du RIEH,  critique l’absence de femmes.
Cinq livres Chemins d’économie humaine ont été vendus sur place.


A la fin de la réunion, plusieurs organisations se déclarent décidées à constituer un groupe local pour l’économie humaine, sans lui donner nécessairement une forme juridique officielle. Pour échanger sur les valeurs qu’ils partagent, pour porter ensemble la vision d’une société centrafricaine où la personne humaine est au centre, pour mener ensemble un projet dans le cadre du programme d’action du RIEH Des territoires en marche vers l’économie humaine.


La présentation de Michel : Fichier Powerpoint

 
Mis à jour le 12/02/2019
A Bangui, Michel rencontre l'association Femmes en danger

A Bangui, Michel rencontre l'association Femmes en danger  

 

Femmes en danger est une ONF internationale, créée à Paris en 2013, suite au déclenchement de la crise en RCA,

par une Centrafricaine travaillant en France comme assistante sociale, Mme Edwige ZOE BONDRA et un avocat de RDC, Ghislain MABANGA, avocat auprès de la Cour Pénale Internationale. En RCA, c’est une association officiellement enregistrée, dont la présidente est Hélène NZINGAZO, elle aussi une ancienne assistante sociale centrafricaine ayant longtemps travaillé en France et qui est maintenant retournée à Bangui.

 

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J’ai été reçu par une dizaine de membres, femmes mais aussi hommes, bénévoles, qui ont tous dit s’être engagés dans l’association, parce qu’ils ont été sidérés par la monstruosité de la violence, qui ne correspond en rien à leur vision de la société et du pays et qu’ils voulaient agir pour reconstruire les bases du vivre ensemble.

 

La démarche suivie en RCA a été de se rendre là où étaient regroupées les personnes déplacées qui avaient dû s’enfuir de leur habitation dans les différents quartiers de Bangui et avaient été regroupés sur la zone de l’aéroport international de M’poko où elles vivaient dans des conditions d’une grande précarité. Et de commencer par écouter ce que disaient ces personnes et d’identifier leurs besoins. Cela reste une démarche de base de l’association : aller sur le terrain, se rendre dans les zones y compris celles réputées les plus dangereuses, non pas du fait des groupes armées qui se sont constitués dans tout le pays, mais de la violence quotidienne. Et permettre aux victimes, qui sont parfois d ‘anciens bourreaux et qui risquent de le redevenir de s’exprimer, d’être entendues.

 

Il est d’ailleurs remarquable que cette pratique de terrain a conduit l’association à s’adresser aux anciens enfants soldats « démobilisés », censés être en reconversion mais en fait laissés à eux-mêmes et au désœuvrement, d’autant plus attirés par le retour à la violence qu’ils ont très mauvaise réputation au sein de la population.

 

 

La seconde caractéristique de l’action de Femmes en danger est que les militantes et militants qui se rendent ainsi sur le terrain n’apportent pas d’abord des solutions d’urgence, mais proposent aux personnes des opportunités d’agir elles mêmes, y compris pour disposer d’un revenu.

 

Un des modes d’action privilégié est de mettre à disposition un terrain pour pratiquer le maraîchage qui, compte tenu des bonnes conditions climatiques et de fertilité des sols, peut assez rapidement générer un revenu. Une autre est d’organiser une tontine où chacun cotise régulièrement une petite somme, dont l’accumulation permet d’apporter un capital significatif à un des membres.

 

La formation est une activité importante avec deux volets : l’alphabétisation et la formation aux activités génératrices de revenus : maraîchage, tricotage, couture, aviculture.

Deux autres activités méritent d’être mentionnées car elles sont bien adaptées au contexte : l’organisation de matchs de foot pour les garçons et de danses traditionnelles pour les filles. Les militants notent que c’est souvent par de telles activités que les jeunes sortent du désœuvrement et deviennent motivés pour reprendre une formation ou se lancer dans une activité économique.

 

Il faut noter que toutes ces actions sont relativement peu onéreuses, l’association ne bénéficiant que de très peu de subventions. Elle agit surtout grâce aux cotisations des membres et envisage d’ailleurs de pratiquer pour elle-même le maraîchage.

 

Il est frappant de voir que la prise en charge des femmes victimes de violences n’apparaît pas au premier rang des activités.

 

La principale raison est que les femmes concernées le plus souvent n’en parlent pas.

 

Ce n’est que peu à peu avec la confiance gagnée par les activités menées en commun que peut émerger l’expression de la souffrance. Les militantes jouent alors un rôle d’écoute. Elle les oriente en fonction des besoins vers l’Association des femmes juristes ou vers l’UMIRR, unité mixte d'intervention rapide  et de répression des violences basées sur le genre.

 

La reconstruction du pays, ne passe-t-elle pas d’abord par ce travail de présence sur le terrain, d’écoute, de propositions d’actions collectives accessibles facilement à toute la population que mènent les militantes et les militants de Femmes en danger ?

 

Michel TISSIER, Bangui, 31 janvier 2018

 
Mis à jour le 07/02/2019
Soutien à la population de RCA

Soutien à la population de RCA  

 

Michel TISSIER, Secrétaire exécutif du RIEH, se rend à Bangui en République Centre Africaine du 26 janvier au 3 février 2019. Il rencontrera Gilbert Masumbuko, coordinateur du réseau pour l’Afrique ainsi que des associations membres. Cette mission est un signe de la solidarité du RIEH avec la population de ce pays meurtri par la guerre civile et avec les personnes et les organisations qui continuent d’agir pour la dignité de tous, malgré un contexte très difficile.
Michel donnera régulièrement sur le site des informations sur les rencontres qu’il aura à Bangui.

 
Mis à jour le 24/01/2019
Colloque sur les Droits de l’Homme, le 15 décembre 2018 à Paris

Colloque sur les Droits de l’Homme, le 15 décembre 2018 à Paris  

 

A l'occasion du 70eme anniversaire de l'adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH), un collectif d'associations, parmi lesquelles le CCFD-Terre Solidaire, Justice et Paix, l'ACAT et le Ceras, s'est mobilisé autour d'une journée où les questions soulevées par les droits de l'homme trouveront un écho dans des moments artistiques. 

 

Pour connaître le programme de la journée, vous pouvez télécharger le document ci-joint.

 

Pour participer à la journée "Droits de l’Homme : construire le Bien commun", vous êtes invités à vous inscrie à la page: https://www.helloasso.com/associations/pax-christi-france/evenements/relever-les-defis-d-aujourd-hui-les-droits-de-l-homme-comme-repere

 

 

 
Mis à jour le 29/10/2018

Le bulletin du mouvement Église-Wallonie parle de la rencontre " Du souffle pour nos territoires "  

Le mouvement Église-Wallonie, membre du Réseau International pour une Economie Humaine (RIEH), considère le développement local comme un important défi à relever. 

 

Le bulletin n. 3 d’août 2018 du mouvement Église-Wallonie porte sur la rencontre internationale sur le développement local participatif « Du souffle pour nos territoires » qui a eu lieu du 14 au 15 juin 2018 au Mené, en Bretagne.

 

Son auteur, Jacques Briard, délégué d'Église Wallonie, traite des questions du développement local et mondial selon une logique participative, des défis pour une véritable démocratie qui mette l'homme au centre des politiques publiques ainsi que des participants venus contribuer de tous bords.

 

Si vous êtes intéressés à lire le bulletin, vous pouvez le télécharger plus bas.

 

 

 
Mis à jour le 30/12/2019

Un monde commun, un avenir pour chacun - Rapport sur la modernisation de la politique de partenariats et de solidarité internationale  

Le 27 août 2017, le rapport sur la modernisation de la politique française de développement et de solidarité internationale à été remis par Hervé Berville, député, au Président de la République, Emmanuel Macron.

 

Ce document repense le sens et les modalités d’action de la politique de développement au regard des transformations globales en cours. Il est axé sur 5 priorités : l’éducation, la stabilité et la lutte contre les fragilités, le climat et l’environnement, l’égalité femmes-hommes et la santé. Le rapport comprend 12 propositions.

 

Vous pouvez consulter l'ensemble du document en accédant à la page suivante: https://www.herveberville.fr/rapport

 

 

 

 

 
Mis à jour le 06/10/2019

Hommage à Kofi Annan  

Le Réseau International pour une Economie Humaine partage la tristesse qui a frappé le monde à l’annonce du décès de Kofi Annan. Homme de dialogue, homme de paix, lucide et généreux, il a mis ses talents au service des Nations Unies, au service des peuples qu’elles rassemblent.

 

Nous prenons pour guide de notre action cette phrase  de la préface qu’il a écrite pour notre livre Chemins d’économie humaine: « S’il est une chose que nous avons comprise au fil du temps, c'est que les scénarios catastrophes et les critiques destructrices … n'ont jamais poussé les peuples et les gouvernements à agir. Ce qui fait bouger les choses, c'est un dessein positif, le sens des responsabilités de chacun, le tracé de chemins d’économie humaine… »

 

 

 
Mis à jour le 06/10/2019
« Amer et Enchantant », expo à Bâle, en Suisse, avec une selection d'oeuvres d’artistes haïtiens (entre le 18 août et le 8 septembre 2018)

« Amer et Enchantant », expo à Bâle, en Suisse, avec une selection d'oeuvres d’artistes haïtiens (entre le 18 août et le 8 septembre 2018)  

 

 

Entre le 18 août et le 8 septembre 2018, « Amer et Enchantant » présente une sélection d’ouvres d’artistes haïtiens qui seront exposées à Bâle, en Suisse.

 

Vous trouverez tous les détails et le programme d’accompagnement de l’expo dans le document contenu dans cette page.

 

 

 
Mis à jour le 26/07/2018
« Du souffle pour nos territoires » : une rencontre internationale sur le développement local participatif

« Du souffle pour nos territoires » : une rencontre internationale sur le développement local participatif  

 

« Du souffle pour nos territoires » : une rencontre internationale sur le développement local participatif au Mené en Bretagne. 14-15 juin 2018